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L'Editorial du moment de LibanVision
Y aurait-il un conflit d’intérêts entre l’Amérique et la France au Liban?
Après la polémique soulevée par le plan français sur la conclusion de mesures de sécurité entre le Liban et Israël pour rétablir le calme et la stabilité dans le sud, et le report de la conférence de soutien à l'armée libanaise, qui devait se tenir dans la capitale française,
A Paris, le 27 février, on a appris que Washington ne soutenait pas ce plan français et que, derrière l'obstruction de la conférence militaire de Paris, le journal n'avait pas l'approbation d'Israël, qui préfère que le médiateur américain Amos Hochstein poursuive sa médiation. N'est-il donc pas justifié de penser dès lors qu'il existerait un conflit d’intérêts entre les États-Unis d’Amérique et la France concernant le Liban?

L'ancien ambassadeur à Washington, Riyad Tabbara, a ainsi confirmé à l'agence de presse libanaise Al-Markazia que "stratégiquement, il n'y a pas de désaccord, car les Etats-Unis et la France ne veulent pas la guerre au Sud-Liban et cherchent à l'éviter, mais chacun à sa manière ".
Les États-Unis ont leur représentant, Amos Hochstein, à qui cette tâche a été confiée, mais je crois que Washington a décidé de faire tout ce qui était nécessaire pour empêcher une guerre ouverte au Liban et en France également, à travers le papier que j'ai également envoyé pour calmer la situation dans le sud.
Tabbara estime que "les Américains abordent l'opération en entraînant l'armée et en lui fournissant des armes, tandis que les Français travaillent sur des bases politiques. Mais je pense que l'armée appartient aux Américains. Ils parlent tous les deux avec la même logique, mais leur approche diffère". L’un d’eux (les amércains) tente de renforcer l’armée et de convaincre les Libanais que l’armée constitue la base de la protection des frontières, tandis que l'autre (les Français) cherchent à résoudre le problème politiquement en rassemblant les voix des hommes politiques au Parlement. Je ne pense pas qu’il y ait des différences stratégiques, mais seulement des différences tactiques".
Il a ajouté : "Je ne pense pas qu'ils travaillent en fonction d'intérêts personnels. La popularité du président français Emmanuel Macron augmentera-t-elle en France s'il n'y a pas de guerre entre Israël et le Liban ? Je ne pense pas que les Français soient impliqués à ce point". dans la politique libanaise, et les Américains ne se soucient pas non plus de nous. Ces questions sont en train d'être abordées. "Au niveau des administrations américaine et française, je ne pense pas qu'il y ait une dimension populaire au sein de ces deux pays pour que ses fruits puissent être récoltés. Les Américains sont préoccupés par d'autres sujets, à savoir les élections primaires des partis, et c'est une tâche dans laquelle la question palestinienne et la guerre entre Israël et le mouvement Hamas sont fortement impliquées à ce niveau. Regardez les résultats, nous voyons que le nombre de délégués qui sont contre le président américain Joe Biden, ou plutôt les neutres, vont au vote final sans instructions pour qui ils voteront. Ces votes rejettent Biden, et leur pourcentage atteint 15% " Dans l'État du Michigan, il y a donc des réactions à ce niveau. "Mais pas au niveau de la saisie des intérêts au Liban.
Où va la situation vers le sud ? Sommes-nous confrontés à une guerre totale ou la diplomatie l'emportera-t-elle ?

Tabbara répond : "Il n'est pas possible de prédire le cours des événements, mais la logique veut qu'aucun des acteurs sur la scène du Sud-Liban n'ait intérêt à une guerre ouverte. Les Américains n'en veulent certainement pas parce qu'ils ne veulent pas obtenir " Ils ont décidé de mener une guerre élargie parce qu'ils en paieront le prix fort si elle se produit. Les Israéliens veulent se débarrasser du sud. Je pense qu'ils menacent tous les jours et serrent les muscles depuis deux mois. Je ne pense pas qu'ils veulent la guerre parce qu'elle coûte très cher à Israël, surtout après qu'ils ont payé le prix de plus de 4 000 morts. les forces israéliennes. Je ne pense pas qu’elles soient prêtes à entrer dans une guerre ouverte à moins qu’il n’y ait une menace pour leur entité. Cela ne s’est pas produit jusqu’à présent. De plus, le Hezbollah ne veut pas la guerre. Si nous regardons les acteurs, non on veut la guerre. Mais est-ce que cela arrivera ? Il y a beaucoup de guerres qui se produisent en dehors de la logique, comme la Première Guerre mondiale, par exemple. Mais la logique dit que tout le monde laissera le jeu tel qu'il se déroule actuellement, jusqu'à ce qu'une solution ou une issue soit trouvée qui est acceptable pour les deux parties et sauve la face pour les parties en conflit.

Texte de Yola Hachem traduit de l'agence centrale de presse
Al Markazia - 29 février 2024

1701: le vrai-faux bon numéro pour le Liban ?
Voilà le chiffre que l'on ne cesse d'entendre au Liban et dans les chancelleries surtout depuis le mois d'Octobre 2023 qui marqua un retour des hostilités militaires entre notamment le Hezbollah et Tsahal, l'armée israelienne, suite à l'attaque surprise du Hamas contre l'état hébreu.


Pour rappel, 1701 est le numéro d'une résolution de l'ONU votée en Août 2006 au lendemain de la fin d'une séquence de 33 jours qui vit une véritable guerre entre ces deux parties suite à une riposte folle et disproportionnée d'Israel faisant suite à une incursion d'éléments du Hezbollah au-delà de la frontière du Sud-Liban. Cette résolution confirme la résolution 1559 votée en 2004 demandant le désarmement du Hezbollah, encourage le repli de celui-ci au nord du fleuve Litani et suggère une action coordonnée de l'armée libanaise et des forces de la FINUL pour maintenir la paix et la souveraineté de l'état libanais au sud du fleuve.
Nous voilà donc dans la dix-huitième année suivant cette résolution qui est depuis restée lettres mortes sur le terrain.
On devrait même dire que pour tous ceux qui dénoncent un mini-état ou Hezbollah Land au sud-Liban et la main-mise du parti chiite sur l'évolution de la vie politique et institutionnelle du Liban, la situation n'aura fait qu'empirer avec un soutien grandissant de l'Iran et l'implication du Hezbollah lors de la guerre en Syrie depuis 2011.

Est-il aujourd'hui davantage raisonnable de penser que dans le contexte actuel cette résolution servirait soudain de cadre à une solution diplomatique globale entre le Liban et Israel alors qu'il n'en a rien été durant près de 18 ans? Alors que l'envoyé spécial du président français est au Caire pour réaffirmer cette position du fameux quintet, les États-Unis et quatre de leurs alliés européens espèrent annoncer dans les prochaines semaines une série d'engagements pris par Israël et le Hezbollah pour désamorcer les tensions et rétablir le calme à la frontière israélo-libanaise.
En effet, si tout accord ou proposition est absolument nécessaire pour aboutir à l'État final et non pour conserver le mini-État persistant, c'est que l'accord d'avril en 1996 a conservé le mini-État, ainsi que le retrait israélien en 2000, la sortie syrienne du Liban en 2005 et la résolution 1701 après la fin de la guerre de juillet 2006. Cependant, faire appliquer aujourd'hui cette dernière résolution parait bien idéaliste et constituer une démarche manquant d'imagination de la part des diplomates internationaux comme des acteurs libanais feignant de croire à cette solution-miracle.
Au-delà de la faisabilté materielle en tant que conjugaison des moyens de l'armée libanaise et de la FINUL, le fait que le fleuve Litani constitue une sorte de nouvelle limite apparait très gênant tellement il correspond à ce qu'il représente dans les actions passées d'Israel et dans le rôle qu'il a souvent joué en pointillé dans ses projets. Aurait-on oublié la création de la fameuse zone dite "de sécurité" en 1978 et le rôle stratégique du fleuve dans la période qui précéda l'invasion terrestre jusqu'à Beyrouth en 1982?

Alors, cette résolution 1701 apparait comme une solution à la fois de facilité mais aussi comme un leurre dans les circonstances actuelles. Il faut toujours se méfier des consensus trop larges et le recours à cette résolution pourrait déboucher sur une situation potentiellement encore bien plus perverse ou violente à long terme.
Aujourd'hui, cette résolution qui contenterait à court terme des diplomates quelque peu paresseux ou à court d'imagination serait une sorte de pansement sur une jambe de bois et risquerait de vite se révèler inopérationelle et pire peut-être plus déstabilisatrice que fondatrice de paix à long terme.
La situation géopolitique du Proche-Orient est encore bien plus complexe que dans les années 2000 et les velleités Israeliennes expansionnistes du Netanayahu de 2024 plaident plutôt pour une solution actualisée et adaptée au moment présent. Une élection d'un président de la république libanaise qui serait facilitée par le Hezbollah et une avancée sur la problématique de la présence sur le sol libanais de centaines de milliers de réfugiés palestiniens, comptant parmi eux des éléments générateurs de violence guerrière et de troubles sociaux, constitueraient déjà un progrès notoire vers un Liban plus souverain en mesure de davantage compter sur lui-même que sur une multitude d'influenceurs étrangers aux intérêts le plus souvent divergents.

Certes, tant que le mini-État existe, le Liban est en face de projets de guerre ouverts de façon permanente et continue mais ce n'est surement pas le seul numéro 1701 qui saurait permettre au pays de gagner le gros lot de la paix.

JM Druart
LibanVision - 11 Février 2024

La Jordanie plutôt que le Liban ou le "No Show d'une chocotte"
On se demande encore encore bien pourquoi la rumeur de la venue d'Emmanuel Macron a couru une bonne partie de la semaine de cette mi-décembre. Le voyage au Liban de la ministre des affaires étrangère française, Catherine Colonna, prévu pour le samedi 16 mais finalement remise au Lundi 18 pouvait laisser penser à certains qu'il pourrait s'agir d'un voyage préparatoire. Cependant, avant même le vote favorable du parlement libanais sur la prorogation du mandat du général Joseph Aoun à la tête de l'armée libanaise et, à fortiori de "l'envol" de Mme Colonna pour Beyrouth, le palais de l'Elysée annoncait dans la soirée de Jeudi 14 que le président français avait finalement opté pour une autre destination que le Liban: la Jordanie ou sont également postées des troupes de l'armée française auprès desquelles, comme il est de tradition, il pourra apporter son soutien à l'étranger en partageant la bûche de Noel.

Vint ensuite l'épisode de la communication du voyage avorté de Madame Colonna le samedi pour une affaire de problème technique de son avion dans le ciel italien, l'obligeant à un retour sur Paris. Cet avatar dont on ne connaitra jamais le fin mot de l'histoire aura tout de même eu une conséquence passée quelque peu inaperçue puisque la ministre des affaires étrangères aura ensuite redécollé de Paris mais pour une autre destination; Tel-Aviv...
Croyez-vous que cela soit vraiment un détail? Cela ne prête t-il pas à croire plutôt qu'avant d'aller au Liban, la diplomatie française, peut-être sur l'insistance d'Israel a considéré qu(il était plus approprié de passer par Tel-Aviv avant de se rendre au Liban?
A en juger par les déclarations du chef de la diplomatie israelienne le dimanche et selon laquelle "la France pouvait jouer un rôle important au Liban pour éviter une escalade", on pourrait légitimement penser qu'il s'agissait là s'une sorte de permission ou de feu vert à se rendre à Beyrouth pour tenter d'apaiser les tensions croissantes au Sud-Liban enre Tsahal et le Hezbollah. C'était d'ailleurs le Sud-Liban qui devait faire office de point d'orgue de la visite de Madame Colonna avec la visite programmée au contingent français de la FINUL basé à Deir Kifa et fort de quelques 700 hommes; là encore, changement de programme, Madame Colonna se contentera d'une rencontre à Beyrouth avec le commandant en chef des forces de la FINUL... S'aventurer au-delà du fleuve Litani dans les circonstances présentes aura été jugé trop téméraire.

C'est justement ce contingent à qui Emmanuel Macron aurait du rendre visite au Liban s'il n'avait pas décidé de changer sa destination au dernier moment... Alors, pourquoi donc ce changement, pourquoi avoir laissé se répandre la rumeur d'un voyage au Liban comme cela fut d'ailleurs déjà le cas l'année dernière? Pourquoi encore donner l'image d'une confusion palpable dans le déroulement des actions diplomatiques de la France?
Après avoir dissous le corps diplomatique voici plus d'un an, les tensions entre le quai d'Orsay et la cellule diplomtique de l'Elysée sont un secret de polichinelle. Des diplomates chevronnés dont certains ambassadeurs en exercice n'ont pas hésité à critiquer officiellement les choix stratégiques du président notamment depuis le début de la guerre entre Israel et le Hamas. Nombre d'observateurs n'ont toujours pas compris pourquoi le président français empétré dans un "en même temps permanent" frisant la schizophrénie n'a pas participé à la marche institutionnelle contre l'antisémitisme. Sa célébration de la fête juive d'Hanouka au sein même du palais de l'Elysée, comme pour se rattraper de cette absence a rendu encore plus ridicule cette soumission déplacée et spontanée à un rabbin rusé lors d'une cérémonie de remise de prix. Cet allumage de bougies a été le plus souvent jugée comme une grossière entorse au sacro-saint principe de la laicité à la française.
Pour évaluer les causes de cette absence à la marche, au-delà des conjectures d'analyse politique, en figure une qu'il ne faut sûrement pas occulter; la peur!

Macron est devenu un président qui ne peut plus aller au contact des français sans un impressionnant cordon de sécurité. Il a été contraint de défiler sur les Champs-Elysées devant des trottoirs déserts pour garantir sa propre sécurité. Alors, que dire lorsqu'il aurait été question de visiter le quartier général des forces françaises de la FINUL au coeur du Sud-Liban à quelques encablures d'un terrain de guerre, là ou gronde le bruit des bombardements échangés entre Israel, le Hezbollah et autres milices pro-palestinennes.
Fallait-il aussi craindre la réaction courroucée du gouvernement Israelien qui aurait pu juger une telle visite comme trop proche ou conciliante avec ses ennemis.

A l'image de la fameuse formule attribuée au journaliste Raymond Cartier à la fin des années 1950 au coeur du processus de décolonisation "La Corrèze plutôt que le Zanbèze", le logiciel macronien a du accoucher en cette délicate circonstance et à la dernière minute de la formule "La Jordanie plutôt que le Liban". Après tout, on ne s'éloigne pas de la région.
En français populaire, la chochotte désigne en premier lieu quelqu'un de maniéré et prétentieux mais "en même temps" de plutôt peureux. Imaginons que cette séquence se déroulât au moment de Pâques, nous n'aurions pu que sournoisement céder à la tentation de conseiller à Monsieur Macron d'ouvrir une " chasse aux Beydat
* "
A la lumière de ses tergiversations de décembre, on ne peut donc que se résigner devant le renoncement du président Macron qui aura inconsciemment écrit une fable de Noel sur le dos du Liban que l'on pourrait finalement intituler: "Le No Show d'une Chochotte".

*
Les Baydat qui se traduisent par Oeufs en libanais, désignent aussi de façon imagée et en argot populaire les parties intimes de l'homme symbolisant sa virilité.

JM Druart - LibanVision - 18 décembre 2023

"Bonne fête de l'attachement"...

... On ne CEDRA jamais!
Pour la plupart des libanais, il est bien difficile aujourd’hui de « fêter » une indépendance qui semble davantage appartenir à un imaginaire collectif fantasmé qu’à une réalité factuelle: aujourd'hui, c'est un sentiment justifié de déconstruction accélérée de l'indépendance qui prédomine. Comme elle parait abstraite et lointaine cette indépendance de 1943 accompagnée de la conclusion d’un Pacte national défini par ceux qualifiés de "pères", Béchara el-Khoury et Riad Solh, premier président de la République et premier chef du gouvernement du Liban indépendant.
Ces états d’âme et regrets exprimés, affirmons qu’on ne « CEDRA » jamais et fêtons donc notre indéfectible "Ta3allouq" (attachement) au Liban en louant pour l’occasion cette belle langue française en partage qui permet ce jeu de mot si vrai et si puissant ne devant rien au hasard. JMD




JM Druart -29 octobre 2023
Ne volez pas notre Liban
Le Liban est ce pays-message qui réunit toutes celles et ceux qui veulent croire en une nation pouvant transcender les différences et incarner les valeurs de partage et de respect mutuel.
Cette nation bâtie autour de cet idéal parait plus que jamais inachevée et continue de se construire au prix de luttes, de sang et de sacrifices au point de parfois douter de sa survie et de sa pérennité comme les évènements de ces quatre dernières années nous le rappelent sans répit au risque de nous faire céder.
Mais cette nation libanaise dépasse largement ses frontières avec en premier lieu sa diaspora mais aussi tous ses amis intimes, fidèles et sincères qui le défendent corps et âmes.
Alors, NON, personne ne pourra voler ce Liban chéri mais bien trop et trop souvent convoité dont les citoyens et défenseurs, résidents comme d'ailleurs, ne se soumettront jamais.
Nous saurons résister à tous les voleurs quels qu'ils soient et ne seront unis que par une seule et même religion, celle du Liban puisqu'au final:
Lubnan Akbar!

De Cana à Gaza
Du sang en offrande sur l'autel de la paix?


Plus de 27 ans séparent ces deux massacres de civils dans le cadre du conflit entre l'état hébreu et ses voisins libanais ou palestiniens.
Malgré le massacre supposément commis par Israël contre les Palestiniens sans défense à l'hôpital Baptiste de Gaza et les positions qui s'en sont suivies, le front ne s'est pas vraiment calmé et les avertissements diplomatiques émis envers les ressortissants étrangers pour les inciter à quitter le Liban se sont intensifiés à l'image de la France et surtout des américains alors même que le président Biden était encore en visite chez le voisin.


Des sources diplomatiques arabes ont déclaré que le massacre de l'hôpital de Gaza pourrait ressembler au massacre de Cana, le 18 avril 1996, lorsque les forces d'occupation israéliennes ont bombardé le centre de commandement du bataillon fidjien des forces de la FINUL dans le village de Cana, au sud du Liban, après que des civils s'y sont réfugiés pour échapper à l'opération "Raisins de la colère" lancée par Israël contre le Liban, qui a entraîné la mort de 106 civils et des centaines de blessés.

L’analogie ne réside pas dans la qualité du crime israélien illimité (Israel finit par reconnaitre celui de Cana...), ni dans le bilan final du nombre de martyrs, le massacre de Gaza semblant bien supérieur, mais dans ce qui a suivi le massacre de Cana et qui pourrait suivre le crime de ce 17 octobre.
En effet, l'opération Raisins de la Colère, qu'Israël a lancée contre le Liban pendant seize jours, s'est terminée par le massacre de Cana, alors que la guerre s'est arrêtée avec un accord de cessez-le-feu interdisant les attaques contre les civils le 27 avril 1996, et qu'on peut s'attendre à ce que l'opération "déluge d'Al Aqsa" puisse conduire à un résultat similaire.
Selon certaines sources, des négociations pourraient même bientôt commencer en ce sens.


Sous le poids de l'ampleur de la tragédie et de la pression internationale, un accord pourrait être trouvé qui pourrait mettre fin à la barbarie israélienne et arrêter l'action du Hamas: des aventures aux conséquences incalculables de part et d'autre, qui ont rappelé aux Libanais ce que disait le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, le 27 août 2006, soit deux semaines après la fin de la guerre de juillet, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU:
« Si j’avais su que l’enlèvement de deux soldats israéliens aurait conduit à une série de violences de 34 jours, nous ne l’aurions pas fait. »
Ne serait-il raisonnable de considèrer que l'unité des Arabes derrière l'Autorité palestinienne (avec un nouveau chef?) en tant que seul porte-parole du peuple palestinien, compte tenu des fléaux que la guerre lui a causés, constituera la porte d'entrée vers un règlement et, peut-être au-delà, vers la mise en place de la solution à deux États?
Le temps presse désormais de se remettre autour d'une table de négociations après tant d'horreurs, en vue de mettre fin à une longue période de conflit sanglant et d'ouvrir la page de la stabilité et de la paix dans les pays du Moyen-Orient, avec, enfin, l'achèvement du chemin de la normalisation des relations entre les pays et peuples de la région.

Les semaines qui viennent diront si le sang des Gazaouis aura été une offrande sur l’autel du règlement global ou, à minima, du retour de l'espoir pour une paix durable qui, il est vrai, parait encore si utopique à cet instant.

JM Druart - LibanVision - 19/10/2023

Le Liban veut la paix!
Parce que la mémoire ne doit pas être sélective et concerne tous les acteurs de l'Histoire


Parce que l'Histoire ne doit pas être un éternel recommencement


Parce que le Liban a trop connu la guerre dans son Histoire pour qu'elle recommence...

< Souvenons nous de Cana en 1996
Attirer le Hezbollah dans la guerre à Gaza pour l’éliminer,
un objectif israélien ?


Depuis le début de l'opération "déluge d'Al-Aqsa", les voix locales et les appels des grands pays n'ont pas cessé, exhortant le Hezbollah à ne pas se laisser entraîner dans la guerre à Gaza, à s'impliquer dans le conflit israélo-palestinien et à plonger le Liban dans une fournaise de feu dont il ne peut pas résister aux flammes, détruisant ainsi ce qui reste à l'intérieur : les institutions, les infrastructures et les moyens de subsistance.

Le 13 Octobre, l'attention s'est concentrée sur la visite du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, au Liban, et sur les implications qu'elle pourrait avoir, que son objectif soit de calmer ou d'allumer les fronts, d'autant plus que de nombreux pays occidentaux ont pointé du doigt l'Iran, le considérant comme être derrière l’opération « Déluge d'Al Aqsa».

Les médias israéliens ont depuis changé de ton et commenté la rencontre entre le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et Abdullahian, notant que « le parti a désormais placé toutes ses forces de combat en état d'alerte élevée et que la préparation dans les rangs du Hezbollah est à son apogée en prévision du déclenchement d'une crise avec une confrontation dans le Nord. Ce n'est d'ailleurs pas une coincidence si Israel a bombardé les aéroports syriens la veille et bombardé plus intensivement la frontière du sud-Liban causant au passage, la mort d'un journaliste...
D’un autre côté, les milieux libanais craignent qu’Israël n’ait attiré les États-Unis d’Amérique en lançant cette vaste guerre contre Gaza, dans le but de cibler le Hezbollah au Liban. Ce scénario est-il possible ?

L'ancien député libanais Fares Souhaid a déclaré que "c'est une erreur de parler de finalité alors que nous n'en sommes encore qu'au début de cette guerre. Nous en sommes aux premières heures. La guerre durera des semaines et des mois et ses résultats changeront la carte politique du Moyen-Orient, et donc la question du « Hezbollah » et du « Hamas, du Fatah, l'avenir du Liban et la construction de l'État, etc … Toutes ces questions sont importantes, mais les résultats de ce qui se passe à Gaza ne seront pas immédiats, mais apparaîtront dans les jours, semaines et mois à venir.

Vous considérez que « le seuil que le Hamas a franchi était un mur
« intelligent » et technologique, et que ce qui s'est passé pourrait être le résultat d'une fermeture des yeux ou d'une grave erreur commise. »
Souhaid répond : « Il s'agit d'une décision politique majeure à laquelle un pays de la région a participé. Les États-Unis ont essayé de lui dire : « Je vous ai vu, mais je n'entrerai pas avec vous ». Le guide iranien Ali Khamenei a déclaré : « Nous n'avons aucun rapport avec ce qui s'est passé à Gaza.


Le parti peut-il être entraîné dans la guerre ? "Le parti se leurre et a une théorie dite de l'unité des arènes. Cette théorie de l'unité des arènes tombera et son rôle prendra fin car s’il intervient, il provoquera des désastres sur lui-même et sur nous. »

Le nouveau Moyen-Orient signifie-t-il un changement dans la carte des pays ou dans les alliances ? "Le changement ne portera pas sur la détermination des frontières géographiques, mais plutôt sur les frontières d'influence politique, économique et culturelle dans la région. C'est une grande opportunité pour la famille arabe de mener la bataille pour une paix véritable par laquelle elle forcera Israël à accepter la solution à deux États. Nous sommes sortis de la guerre de 1967 avec deux résultats.

Le premier est que les Arabes ont vécu depuis cette date jusqu'à hier dans la honte à la suite de la défaite, et Israël a vécu avec sa supériorité sur les Arabes. et son langage leur disant qu'ils ne pouvaient rien faire, et l'opération « Déluge d'Al-Aqsa » est venue le 7 octobre pour laver la honte des Arabes et les sortir de l'embarras qui les accompagnait et annoncer à Israël qu'il le pouvait. Tel a été finalement le cas avec cette opération.

Par conséquent, pour certains acteurs de la région, il faut profiter de cette opportunité. Les deux seuls pays régionaux capables de profiter de cette opportunité sont probablement le Royaume d'Arabie Saoudite avec le prince héritier Mohammed ben Salmane et l'Egypte. Rien n'est cependant joué car il est probable que l'Iran et le Hezbollah ont senti le piège ambiant et ne se jetteront pas tête baissée dans la gueule du loup.

LibanVision - 14 octobre 2023

Aprés Gaza:
et si, à une condition, il fallait être optimiste pour le Liban ?

Au Liban, après l'attaque du Hamas hors de Gaza et avant le déclenchement d'une opération spéciale d'Israel pour tenter de neutraliser ce mouvement sans doute "autant islamiste que palestinien", c'est clairement un sentiment d'attente dans l'angoisse et l'inconnu qui domine.

En préambule, il faut rappeler que cette attaque peut être qualifiée de terroriste dans la mesure ou elle n'a pas ciblé que des objectifs militaires et qu'elle a essentiellement engendré le massacre de civils, ce qui n'est excusable sous aucun prétexte et qui a bien semé la terreur.

Bien entendu, c'est autour du Hezbollah que se concentre l'attention pour évaluer les scénarios du futur proche et les conséquences de cette opération sur le Liban.
Force est de constater que trois jours après, la réaction du parti chiite est somme toute restée mesurée et qu'on est encore loin de l'ouverture d'un nouveau front au Sud-Liban.

Certes, l'échange de bombardements a causé la mort de quelques combattants mais on ne peut parler pour l'heure que d'une nouvelle poussée de tension et non d'un front de guerre.
Depuis le début de l'opération, une question taraude bon nombre d'observateurs concernant les failles des services de renseignement israelien qui n'auraient rien vu venir.
Pour développer notre raisonnement débouchant sur une lueur optimiste, nous allons partir du principe que, compte tenu de ses moyens de surveillance et de contrôle, cet autisme israélien temporaire, au-delà d'être très surprenant n'est simplement pas possible et que l'on peut sérieusement émettre l'hypothèse d'un choix stratégique du laisser-faire.

Cette hypothèse est à la fois choquante et irrationnelle pour un cerveau occidental qui a largement éliminé la notion de sacrifice dans les actes et le rapport à la mort.
Mais voilà, nous sommes ici dans le contexte de l'Orient régi par la loi de Talion ou beaucoup sont capables de sacrifices allant jusqu'à la mort pour parvenir à leurs objectifs et, à ce titre, cela peut valoir pour les deux parties du présent conflit.

Il ne faut pas oublier que ces évènements surviennent quelques semaines après la décision d'élargissement des BRICS dans lesquels doivent entrer début 2024, l'Iran et l'Arabie Saoudite. Soulignons que celle-ci était sur le point de normaliser ses relations avec Israel ce qui est demeure inacceptable pour les éléments radicaux de la région, au premier rang desquels le Hamas. Or, Israel ne pouvait prendre l'initiative d'une opération d'élimination du Hamas sans être sévèrement condamné par la majeure partie de la communauté internationale. On ne peut aussi passer sous silence le financement par le Qatar des dirigeants du Hamas dont curieusement peu d'observateurs se sont émus depuis les faits.
Créer les conditions préalables pour être la victime et pouvoir ainsi passer à l'offensive pour éliminer le Hamas avec un blanc seing quasi-général devient alors un scénario cynique mais plausible qui ne serait pas une première.

A ce stade, en quoi cette hypothèse pourrait-elle au final être salutaire pour le Liban?
En "laissant faire" l’offensive du Hamas pour mieux pouvoir le détruire ensuite, Israel aura ainsi la tache plus facile pour tenter d’établir un nouvel ordre au Moyen-Orient, comme l’a d'ailleurs insinué Benjamin Netanyahu dans son discours du 9 octobre. Cela est certes du ressort d'un paradoxe inoui mais… répètons-le une grande question se pose sur les faits atroces du samedi 7 octobre: est-il véritablement possible que les gros préparatifs ainsi que les immenses moyens humains, matériels, militaires et logistiques, qu’a nécessité l’attaque lancée par le Hamas, soient passés totalement inaperçus dans une bande territoriale aussi exiguë que Gaza aux frontières humainement et technologiquement hyper surveillées?

Si une guerre totale était déclenchée, elle le serait alors par Israël plutôt que par l’Iran, via le Hezbollah. Quel intérêt aurait en effet l'Iran, et a fortiori le parti chiite, d’ouvrir un second front au Liban-Sud, alors que l’objectif macro-politique, stratégique et psychologique recherché par Téhéran, au stade actuel, a déjà été largement atteint par l’attaque du 7 octobre?

Le but d'Israel parait désormais d'établir une paix durable au Moyen-Orient après une normalisation avec l'ensemble de ses voisins, seule démarche sans doute envisageable aujourd'hui pour assurer sa survie. Cela passe donc par l'abandon de la stratégie dite de "l'ennemi proche" et par l'élimination des derniers obstacles et trouble-fêtes à ce choix politique.
Dans ce cas, l'Iran futur membre des BRICS qui a récemment amorcé un adoucissement de ses relations avec les USA et la France par exemple, pourrait très bien se montrer en sous-main coopératif dans cette stratégie et progressivement relâcher son soutien au Hezbollah dont la main-mise sur le Liban s'atténuerait elle aussi progressivement.

Derrière l'émotion et l'analyse des faits à chaud, il y a souvent des raisons d'Etat pour tenter de comprendre l'inexpliquable.
L'Orient subtil et compliqué n'est-il pas un terrain de prédilection pour appliquer ce principe? Dans ce cas, le pari de notre raisonnement est peut-être aussi osé que celui d'Israel qui n'a pas le droit à l'échec ou à l'enlisement pour parvenir à ses fins miltaires puis politiques.

Si la prochaine séquence des évènements peut se révèler dramatique, elle peut donc aussi conduire dans une seconde étape à un apaisement général dont le Liban ne pourrait être que bénéficiaire avec, enfin, un réequilibrage des forces qui le gouverneraient pour le sortir de l'ornière dans laquelle il se trouve. Un peu d'optimisme n'a jamais fait de mal...


JM Druart - LibanVision - 10/10/2023

Au Liban, que fera le Hezbollah?
La tension monte au Sud-Liban depuis le lancement du «Déluge d’Al-Aqsa» par le Hamas. Avec une question: le Hezbollah s’engagera-t-il dans la bataille?
Les Libanais ont retenu leur souffle pendant plusieurs heures lundi après-midi après l’annonce de frappes aériennes et de tirs d’artillerie de l’armée israélienne aux abords des villages frontaliers d’Aïta al-Chaab et Dahira, dans la partie occidentale du Sud-Liban. Une riposte à une tentative d’infiltration depuis le Liban de «plusieurs suspects armés», selon l’armée israélienne. Si les regards se sont immédiatement portés vers le Hezbollah, celui-ci a aussitôt démenti son implication, revendiquée à 18h30 lundi, par les Brigades al-Qods, la branche militaire du Djihad islamique.
Cette opération se serait soldée par la mort de «plusieurs suspects armés», selon l’armée israélienne, ainsi que de trois membres du Hezbollah, tués dans le bombardement, selon le mouvement chiite. «La tension grimpe crescendo depuis samedi», s’inquiète Hanane, une quinquagénaire habitant le village de Srifa, près de Tyr, qui avait été détruit par les bombes israéliennes lors de la guerre qui avait opposé le Hezbollah à l’Etat hébreu, à l’été 2006. «Même si nous sommes habitués aux montées de fièvre, on sent que ce n’est pas pareil cette fois», poursuit-elle.
«Ni le Hezbollah ni Israël ne souhaitent d’escalade sur le front libanais»
Depuis le début de l’attaque lancée par le Hamas contre Israël, tous les regards des Libanais sont rivés sur le puissant Hezbollah, dont l’éventuelle participation au conflit aurait des conséquences dramatiques sur le pays, en grave crise économique depuis 2019. «Tant que la situation reste dans cette configuration, ni le Hezbollah ni Israël ne souhaitent d’escalade sur le front libanais», estime Joseph Bahout, directeur de l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à l’Université américaine de Beyrouth.
Si le parti chiite a «félicité» dès samedi le Hamas pour une «opération héroïque à grande échelle» et «victorieuse» contre Israël, le gouvernement sortant de Nagib Mikati s’est muré dans un silence pour le moins assourdissant, malgré les risques d’embrasement au Sud-Liban. «Le Hezbollah sait que la situation libanaise actuelle ne lui permet pas de s’aventurer dans le conflit», avance Joseph Bahout, qui rappelle également que «depuis l’accord sur la frontière maritime du 27 octobre 2022 et le début des explorations pour l’extraction de gaz en Méditerranée, Israël comme le Hezbollah ont beaucoup à perdre en cas de guerre».
L’effet potentiel d’une offensive terrestre à Gaza
Pour l’heure, le parti de Hassan Nasrallah se contenterait d’envoyer des «messages» à son ennemi israélien, comme l’a rappelé dimanche un haut responsable du mouvement, Hachem Safieddine. Ce même jour, peu avant 6h du matin, le Hezbollah avait «attaqué trois positions» israéliennes à coups d’obus d’artillerie et de missiles guidés, dans le secteur des Fermes de Chébaa, «en solidarité avec la résistance et le peuple palestiniens». «Le Hezbollah fera de temps en temps des tirs symboliques, comme à Chébaa, Israël répond et ça s’arrête là, comme c’est le cas depuis 15-20 ans», reprend Joseph Bahout, pour qui l’objectif du mouvement chiite est «de remettre la question palestinienne au premier plan au moment où il y a des normalisations avec les pays arabes».
Tendue, la situation pourrait toutefois évoluer. «Dans le cas d’une incursion terrestre ou d’une occupation de Gaza par Israël, le Hezbollah pourrait être obligé d’intervenir afin d’alléger la pression sur ce front», observe Joseph Bahout. Une analyse partagée par le général retraité Amine Hoteit, qui avait dirigé la délégation libanaise pour le tracé de la Ligne bleue en 2000. «Si Israël opte pour une offensive terrestre à Gaza, où s’il détruit l’enclave comme il l’avait fait en 2006 dans la banlieue sud de Beyrouth, l’intervention du Hezbollah serait alors mise sur la table», présage-t-il.

Jenny Lafond pour le journal suisse Le Temps" 10/10/2023

Le Liban est-il encore la « porte de l’Orient »?

L’annonce lors du G20 de New Delhi du lancement du «corridor économique Inde - Moyen-Orient - Europe» est un développement géopolitique majeur dans le cadre de la confrontation entre l’Occident d’un côté, la Chine et la Russie de l’autre; et la relégation du pays du cèdre sur le banc des oubliés devrait en faire réfléchir plus d'un...
Même l'Orient-Le Jour, peu réputé pour une défiance virulente vis à vis du voisin vient de constater les dégâts en titrant:
"Corridor commercial du G20 : le Liban, « porte de l’Orient », au banc des oubliés. Si, après la Nakba de 1948, le port de Beyrouth a vu son rôle prendre de l'ampleur, aujourd'hui, c'est Haïfa qui lui vole la vedette.".
Ce n’est pas un hasard si le G20, devenu l’un des principaux instruments de l’hégémonie occidentale, a choisi l’Inde pour annoncer le lancement, le samedi 9 septembre, du gigantesque projet baptisé le «corridor économique Inde - Moyen-Orient - Europe».

Cinquième économie mondiale et 1ère économie des pays émergents, l’Inde, qui est membre des Brics et de l’Organisation de coopération de Shanghai, est le socle sur lequel l’Occident a choisi de bâtir sa stratégie pour contrer l’ambitieux projet chinois appelé les «Nouvelles routes de la soie».
Cette initiative, lancée il y a tout juste dix ans par le président Xi Jinping et rebaptisée «L’initiative de la ceinture et de la route» (BRI, en anglais), prévoit de connecter 150 pays en Eurasie et en Afrique à travers des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars dans les infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et dans le domaine des télécommunications. Ces projets ont permis la création de centaines de milliers d’emplois dans les pays concernés et ont contribué au développement de leur économie.
Le projet occidental, annoncé par le président américain Joe Biden l’an dernier au sommet du G20 de Bali, est une réponse directe aux «Nouvelles routes de la soie».

Après avoir dans un premier temps surmonté les réticences de la France et de l’Allemagne, qui hésitaient à s’engager dans une confrontation commerciale et économique avec la Chine, les Américains ont dévoilé leurs intentions qui visent en premier et dernier lieu à pérenniser leur hégémonie planétaire à travers des alliances militaires (Aukus) et des partenariats économiques.
Le nouveau projet occidental est un corridor reliant l’Inde à l’Europe via le Moyen-Orient, équipé d’une liaison ferroviaire, d’un câble transcontinental haut débit et d’un futur gazoduc à hydrogène.

Si aucun investissement global n’a encore été annoncé, la participation de l’Europe s'élèverait à hauteur de 300 milliards d’euros, entre 2021 et 2027.
Les pays arabes sont directement impliqués dans cette initiative car le nouveau corridor passera par les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie et «Israël», de fidèles alliés de Washington malgré les timides velléités de diversification des relations étrangères affichées par le prince héritier saoudien Mohammad Ben Salmane.

On comprend maintenant le véritable but de la «normalisation» des relations entre certains Etats arabes et «Israël» entamée il y a des années sous l’impulsion des Etats-Unis et la raison de l’empressement des pétromonarchies du Golfe à normaliser leurs rapports avec l’entité sioniste sans aucune contrepartie politique, économique ou autre au bénéfice du peuple palestinien.

Le Liban est totalement absent de ces aménagements géopolitiques régionaux et internationaux en gestation. Ses alliés présumés occidentaux et ses «amis» arabes l’ont oublié. Même la France, son ami de toujours qui l'a toujours placé au centre de sa stratégie derayonnement au Proche et Moyen-Orient en tant que "porte de l'Orient" semble l'avoir sacrifié au nom d'intérêts globaux supérieurs.

Le Liban a perdu presque tous ses atouts

Par un malheureux hasard, la destruction des principaux secteurs qui faisaient la force du Liban dans la région s’est accélérée ces quatre dernières années. D’autres secteurs n’étaient déjà plus une valeur ajoutée depuis une vingtaine d’années, comme l’édition et les médias, qui se sont développés dans certains pays arabes.

Mais depuis 2019, nous assistons à un démantèlement en règle de secteurs-clé qui constituaient des atouts pour le pays du cèdre, comme les banques, les hôpitaux, l’éducation.

Sachant le rôle direct joué par les Etats-Unis dans l’effondrement du secteur bancaire (de l’aveu même de l’ex-diplomate David Schenker), on s’interroge si cette destruction systématique des points forts du Liban est une simple coïncidence ou un plan orchestré visant à mettre le pays hors-jeu dans la compétition régionale au profit des alliés régionaux des Etats-Unis, « Israël » en tête. A qui d’autres profite, par exemple, la destruction du port de Beyrouth, qui était de tout temps un hub de transit vers l’hinterland arabe?

Vu à travers ce prisme, l’explosion du 4 août 2020 n’est-elle pas un événement «providentiel et coup de pouce» permettant au port de Haïfa de s’emparer de ce rôle ?

Toutes ces questions deviennent légitimes lorsque l’on constate que le nouveau corridor imaginé par les Américains s’articule, dans sa partie moyen-orientale, autour d’«Israël», de l’Arabie saoudite, de la Jordanie et des Emirats arabes unis, en excluant le Liban, la Syrie et l’Irak, des pays qui ne sont pas dans l’orbite politique de Washington. Trois pays qui sont soumis à des pressions économiques ou des sanctions financières sans précédent, et, dans le cas de la Syrie, à une occupation militaire directe.

Face à la perte des atouts qui ont fait la force du Liban et lui ont permis de jouer un rôle central dans la région, les élites politiques et économiques semblent rester spectatrices et passives. Dans le meilleur des cas, cette attitude relève d’un acte d’irresponsabilité, dans le meilleur il s’agit de complicité avec des plans visant à marginaliser le pays.

Les élites occidentalisées fonctionnent toujours selon le même logiciel assez simpliste qui présume que les intérêts du Liban résident dans un alignement aveugle sur les politiques et les choix économiques de l’Occident.

L’Occident n’a plus le monopole du développement

Pourtant, l’évolution actuelle montre que le Liban n’a pas sa place dans les nouveaux aménagements en cours et les événements des quatre dernières années prouvent qu’il a été poussé de force vers la sortie.

Pour ne pas être marginalisé, voire disparaître dans ce monde mouvant, la seule option pour le Liban est de diversifier ses options dans le domaine des relations extérieures. Ses élites dirigeantes doivent cesser de faire obstruction à l’établissement de rapports politiques et économiques avec les puissances montantes des BRICS. Elles doivent admettre que l’Occident n’a plus le monopole du développement et qu’il n’est plus le seul pôle sur lequel il faut s’aligner aveuglément quitte à hypothéquer toutes les autres options.

Bien sûr, l'entrée de l'Iran dans ce club puissant dès Janvier 2024 constitue t-il pour une partie des élites libanaises un obstacle majeur pour accélèrer en ce sens par peur de voir l'influence iranienne via le Hezbollah prendre des proportions encore plus dangereuses et inacceptables pour une majorité de libanais.
Il leur incombe donc de trouver une solution d'équilibre interne permettant d'atténuer une forme "d'abus de position dominante" du parti chiite afin de réequilibrer l'influence des blocs extérieurs dans l'intérêt du pays et de son redressement au bénéfice des libanais.

Cette recherche d'équilibre commence d'ailleurs par l'urgence de la nomination dans les meilleurs délais d'un président de la république consensuel. A cet effet, la France qui apparait très affaiblie sur la scène internationale tente de faire bonne figure à travers les bons offices de Mr Le Drian, envoyé personnel du président Macron à la stratégie trop souvent perçue comme bien confuse par beaucoup de parties libanaises elles-mêmes.

Il faut, surtout, que ces élites réalisent enfin que les puissances occidentales ne placent plus le Liban en tête de leur priorité et que leurs préférences, dans quasiment tous les domaines, vont à son voisin «Israël» comme la place de Haifa dans le dispositif évoqué ci-dessus en témoigne malheureusement pour le pays et Beyrouth, son port et sa capitale.

Jean-Michel Druart
15-09-2023 - LibanVision


« Où en seriez-vous si... »
4 Août 2023- Au dernier jour de Juillet, Anne Grillo, Ambassadrice de France au Liban a fait ses adieux au Liban pour s'en retourner au Quai d'Orsay à Paris ou elle poursuivra une mission plus large à la direction pour les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient d'où elle pourra ainsi continuer à suivre le pays du cèdre.

Son dernier discours marquant fut celui prononcé à l'occasion de la fête nationale française à la célèbre résidence de pins à Beyrouth ou, vantant l'action de la France au Liban durant ces dernières années (elle était en poste à Beyrouth depuis Août 2000), elle formula l'anaphore « Où en seriez-vous si... » un peu à la manière d'un François Hollande et son "Moi président" en 2012 face à Nicolas Sarkozy.

Nommé envoyé spécial de la France au Liban, l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a séjourné longuement dans ce pays durant l’été. Il a proposé l’organisation d’une conférence de tous les acteurs politiques au mois de septembre.

Mais le discours prononcé par Anne Grillo, l’ambassadrice de France au pays du Cèdre illustre le maintien par Paris de choix qui se sont révélés négatifs pour le pays et a suscité une vive réponse de l’ancien ministre libanais Charbel Nahas, aujourd'hui Secrétaire général du parti libanais d'opposition Citoyens et citoyennes dans un État.
Nous vous proposons ici le contenu de ce droit de réponse plutôt musclé que Mr Charbel Nahas a exercé à travers le site Orient XXI.

Une réponse qui prend encore plus de sens le jour ou le Liban commémore l'explosion du port de Beyrouth et ou l'immense majorité des libanais déplorent l'absence de lumière et de justice depuis.
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L'échec de la séance du 14 juin:
une aubaine programmée pour certains?

Le 14 juin 2023 n'aura donc pas permis d'élire un nouveau président de la république et peut donc être considéré en termes de résultat comme un échec.
Cependant, c'est la première fois que se faisaient clairement face deux candidats principaux et qu'un résultat assez cohérent s'est dégagé avec seulement six voix manquantes pour Mr Azour. Au final, le fait marquant de cette séance aura sans doute été le défaut de quorum à priori prémédité pour empêcher la tenue d'un second tour et donc une possible issue favorable.
Il n'aura échappé à personne que Monsieur Macron a nommé six jours avant cette séance un "envoyé personnel" au Liban en la personne de Mr Le Drian et que, le jour même de la séance, la visite officielle de prince saoudien Mohammed Ben Salmane, alias MBS, était annoncée par l'Elysée pour le vendredi 16 juin. De plus, la veille de la séance, l'Elysée faisait savoir que Mr Le Drian devrait faire son premier déplacement au Liban, la semaine suivant celle-ci...
Partant de l'hypothèse très raisonnable que le dossier libanais sera à l'ordre du jour de la rencontre entre Macron et MBS, comment ne pas voir dans cet enchainement trop bien huilé pour être le fruit du hasard, la démonstration que le scénario de cette douzième séance était prévisible et potentiellement orchestré de l'étranger?
La nomination d'un envoyé spécial par Macron doit permettre à ce dernier de sauver la face dans un dossier qu'il a jusqu'à présent géré avec désinvolture et superficialité au point de remettre en question le rôle traditionnel de la France au pays du cèdre.
Cet échec de la séance du 14 juin était donc pour lui une nécessité afin de revenir dans le jeu avec la complicité de MBS en recentrant sa position avec celle de l'Arabie Saoudite et des Etats-Unis autour d'une autre candidature sur laquelle un consensus pourrait enfin naitre.
Nul doute qu'à Beyrouth, le président du parlement, Nabih Berri, attend l'issue de l'entrevue entre Macron et MBS à Paris et l'issue du voyage de l'envoyé spécial personnel dudit Macron pour fixer la date d'une treizième séance et la possible émergence d'un nouveau candidat dont beaucoup d'observateurs libanais ou étrangers pensent qu'il devrait s'agir de Joseph Aoun jusqu'à présent à la tête de l'armée libanaise qui symbolise encore l'unité de la nation.
Au final, s'il y a un échec qui pourrait donc bien arranger beaucoup d'acteurs locaux et externes, c'est bien celui de cette fameuse séance du 14 juin qui semblait bel et bien programmé comme une étape nécessaire pour avancer. A ce jeu, Monsieur Macron, expert en cynisme et du "en même temps" aura donc trouvé une aubaine pour éviter un naufrage dans la gestion du dossier libanais et pourra encore affirmer sans foi ni loi , d'ici quelques semaines, qu'il a joué un rôle essentiel dans le dénouement de la crise libanaise... Restera alors à démontrer que l'élection d'un nouveau président pourra vraiment permettre au Liban d'entrer dans un long processus de redressement.

JM Druart - LibanVision

Le Drian: une nomination symbole d'une humiliation générale et d'une grande illusion

Le 8 juin 2023, Emmanuel Macron a fait savoir que Jean-Yves Le Drian était nommé en tant que représentant personnel au Liban pour sortir le pays de l'impasse.
Deux jours plus tard, Madame Anne Grillo, ambassadrice de France au Liban faisait savoir qu'elle ne tarderait pas à informer des responsables libanais sur le contexte de cette nomination.
Au-delà du timing qui interroge alors qu'une session parlementaire doit se tenir le 14 Juin et qu'elle est sans doute la plus proche de pouvoir aboutir depuis le début des tractations pour le choix d'un successeur à Michel Aoun comme président de la république, cette démarche ôte tous les doutes permis sur la désinvolture et le mépris avec lesquels Monsieur Macron gère le dossier libanais.

En effet, compte tenu que Monsieur Le Drian est le prédécesseur de l'actuel ministre des affaires étrangères, Madame Catherine Colona, on peut s'interroger sur l'appréciation par le président français des compétences de son propre ministère pour instruire le dossier libanais.
Ensuite, si Monsieur Macron était lucide, il se souviendrait de son attitude de fanfaron et de faux sauveur lors de ses déplacements à Beyrouth en 2020.
On suspectait déjà une propension à se faire du mal, cet épisode viendra renforcer la conviction de ceux qui analysent la personnalité de ce président décidément atypique. Cette nomination d'un envoyé personnel sonne plutôt comme un aveu d'impuissance personnelle et de reconnaissance d'une inéfficacité endémique de la diplomatie française au Liban depuis au moins trois ans ou les acteurs locaux ont d'ailleurs progressivement compris qu'il ne fallait pas trop compter sur les promesses décalées et voeux pieux d'un président dont la pratique du "en même temps" ne parait pas compatible avec l'art du paradoxe libanais et des subtilités locales.

Nombreux sont les libanais qui croyaient encore au rôle essentiel de la France et en la parole de leur président en Août 2020 et qui se demandent encore comment, en 2023, il a pu se prendre à un tel point les pieds dans le tapis en soutenant la candidature de Frangié tout en clamant bien sûr qu'il n'a jamais pris position pour qui que ce soit...

Mais nommer un représentant personnnel à ce moment est aussi une humiliation pour tous les libanais en général alors même qu'ils sont proches de la solution. En réalité, Macron, après sa mystérieuse embardée pro-Frangié est en grosse difficulté dans ce dossier libanais vis à vis des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite. Il se retrouve dans les cordes et tente in-extremis de sauver la face et de corriger le tir pour se remettre en ligne avec ces deux autres acteurs externes de la politique libanaise. Comme souvent, il s'adonne au jeu de la grande illusion pour montrer que la France joue toujours un rôle éminent dans les affaires libanaises, mais personne, tant au Liban qu'à l'extérieur n'est dupe de cette dernière manoeuvre qui vise d'abord à sauver son égo.

Monsieur Macron imaginerait t-il tirer profit de celle-ci dans l'hypothèse ou elle interviendrait par exemple dans les jours ou semaines suivant des déplacements de Le Drian au Liban? Monsieur Macron cherche t-il à entretenir l'illusion que sous son règne, la France serait encore la dernière puissance à pouvoir revendiquer un rôle singulier au Liban? On imagine les moqueries qui doivent actuellement essaimer certaines chancelleries au moment même ou les libanais assistent à des travaux d'une ampleur considérable à Awkar sur le site de l'ambassade des Etats-Unis.

Monsieur Macron, le Liban n'est plus sous mandat français depuis quatre-vingt années et votre nomination d'un "envoyé personnel" qui ferait penser à un poste de Consul parait pour le moins déplacée. N'exportez pas au Liban l'arrogance et le mépris dont de nombreux français se sentent victimes et gardez-vous de tirer une quelconque récupération d'une issue prochaine de l'élection d'un nouveau président libanais.

Voilà, Monsieur Macron, une mise au point qui paraissait nécessaire de la part d'un ami d'un Liban libre et indépendant qui ne saurait vous servir d'instrument.
Ce Liban là, Monsieur le président, on se doit de le défendre avec sincérité et loin de tout petit calcul incompatible avec sa portée hautement symbolique.

La seule consolation dans cette affaire est que Monsieur Le Drian est un diplomate indiscutablement expérimenté qui, au final, représentera la France dignement et sérieusement, loin de vos gesticulations et "macroneries" verbales.
Après tout, l'essentiel est que l'élection d'un nouveau président ouvre la voie aux réformes indispensables pour le Liban et à une amélioration des conditions de vie des libanais. Ce nouveau président sera normalement toujours en poste lorsque votre mandat touchera à son terme et pourra alors ouvrir une nouvelle page de la belle relation franco-libanaise dans un climat bien plus respectueux, serein et équilibré...

JM Druart - LibanVision

Servir la France ou la Macronie au Liban, that is the question!
Promouvoir l'attractivité de la France est louable et nécessaire, encore faut-il le faire dans le respect de soi-même et avec une certaine "idée de la France"...

Entré en 2017 dans le Petit Robert mais seulement en 2022 dans le Larousse, le mot Alumni, issu du latin signifiant "élève ou disciple" est défini par ces dictionnaires de référence de la langue française, comme un anglicisme puisqu'il désigne dans le monde contemporain et originellement anglo-saxon un ancien élève diplomé de grande école ou d'université américaine.
Encore peu usité dans l'univers francophone au tout début de notre siècle, il s'est imposé progressivement au sein des réseaux académiques pour finir par être reconnu: nous ne laisserons donc pas pièger sur ce seul mot en entrant dans une nouvelle polémique d'usage ou de respect de la langue française, notamment au Liban.


Nous avons trouvé particulièrement tendre et savoureux que la rédactrice d'un article du journal L'Orient Le Jour sur l'évènement prévu le 24 mai 2023 qualifie sa rubrique de "réseautage" lorsque, dans son entretien avec la conseillère de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France, cette dernière présente ledit évènement comme un "afterwork" ou que sur l'affiche de promotion (voir ci-dessus), le public est invité à un apéro time! Mais que dire lorsque cet évènement lui-même est intitulé FRANCE ALUMNIDAY?
Cette fois, pas de doute, nous assistons à une sortie de route par rapport au dictionnaire et à un choix délibéré qui sort de l'usage quotidien pour revendiquer une portée politique. Au-delà du terme, c'est même l'expression qui s'aligne sur une syntaxe américaine!

Cet "Alumniday" est digne d'entrer au Panthéon de "l'anglo-canonisation" de la culture française. Sommes-nous encore à l'institut français du Liban ou plutôt dans l'espace de la Macronie au Liban qui se croit autorisée à toutes ces dérives en usant du cadre d'une ambassade que ses bâtisseurs ont pensée, il y a à peine vingt ans, dans le respect d'un pays et d'une culture?

Ce printemps 2023 semble marquer un moment d'accélération dans la profanation certaine de la mission de représentation culturelle au moment même ou la politique du président Macron au Liban interroge beaucoup d'observateurs tant français que libanais.
Cet enchainement de style dans la communication d'évènements, certes très valables et utiles sur le fond mais catastrophiques ou provocateurs dans la forme, est particulièrement troublant et sans doute inquiétant s'il devait ouvrir la voie à quatre autres années de la même veine.

Ne nous y trompons pas, du "Choose France" de Versailles le 14 mai à cet "Alumniday" de Beyrouth le 24 Mai, le cheminement et la cohérence macronistes sont bien là et démontrent qu'il s'agit bien d'un choix politique et réfléchi de gangrénage en réseau, d'une mise en danger de l'influence de la France et de la francophonie auxquelles les libanais sont cependant tant attachés.
Puissent les représentants de la France en être conscients et rester en mesure de corriger le tir à moins qu'ils aient opté pour l'asservissement volontaire et l'abandon de leur liberté!

JM Druart - LibanVision



En Mai, dis ce qu'il te plaît!:

"Face à la logique défendue par la France,
c’est désormais un sentiment de colère que l’on perçoit dans les milieux chrétiens libanais"
Liban: Une République en suspens
Mai 2023-...Ce qui rend le tableau encore plus sombre au Liban, c’est notamment la position de la France vis-à-vis de l’élection d’un des alliés les plus sûrs du Hezbollah et du régime syrien. Le parti pris français commence en effet à créer un certain malaise au Liban. Le palais de l’Élysée est soupçonné par beaucoup de Libanais d’avoir rejoint le tandem chiite dans sa bataille politique visant à imposer M. Frangié à la présidence – cela malgré la forte opposition qu’expriment les principales forces politiques chrétiennes au Parlement, ayant réussi jusqu’à présent à faire barrage au candidat du tandem chiite. Néanmoins, la position de Paris, qui concorde avec celle du Hezbollah et du mouvement Amal, suscite une vague de critiques chez une grande partie des Libanais qui s’insurgent contre cet état de connivence contre-nature visant à imposer un candidat dépendant du tandem chiite à la présidence de la République – poste qui revient, selon l’accord qui régit le partage du pouvoir entre les différentes composantes confessionnelles du pays, à la communauté chrétienne maronite.
Face à la logique défendue par la France, c’est désormais un sentiment de colère que l’on perçoit dans les milieux chrétiens libanais. En effet, Paris peine à convaincre l’opinion publique chrétienne de se rallier au camp soutenant la candidature de Frangié, présenté comme le résultat d’un rapport de force qui penche en faveur du Hezbollah. La France semble ainsi craindre que ce dernier n’aille plus loin encore dans sa paralysie de l’appareil de l’État. Toutefois, Paris n’a toujours pas réussi à dissiper la colère d’une large portion de l’opinion publique chrétienne qui refuse de se soumettre au fait accompli que veut imposer le tandem chiite avec le concours de la diplomatie française qui, jusque-là, se refuse à voir cette opposition grandissante au dictat du Hezbollah. En attendant, le Liban reste une République en suspens...
>
Lire toute la chronique d'Ali Hamadé...


Sur le dossier libanais aussi, Macron...macrone!
> Lire...


Samir Assaf, le candidat de Macron à la tête de la Banque du Liban?

1er Mars 2023- Dans toute carrière de haut niveau bien construite, il y a une logique vers un aboutissement. Cette logique est d'autant plus forte lorsque l'on bénéficie au moins d'une double culture, que la vie vous a emmené à bonne distance de votre berceau et qu'à la soixantaine venue, des forces intérieures et extérieures semblent vous pousser à un retour vers vos racines.

Longtemps partagé entre Londres et Paris, Samir Assaf qui lança vraiment sa carrière comme chef de la salle des marchés de la banque française CCF est un homme assez discret qui s'est tout de même fait remarquer en dehors de son champ principal de compétence en agissant en coulisses pour le financement de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron dès l'Automne 2016. Ce dernier lui en a été reconnaissant au point de lui décerner le rang de chevalier de la Légion d'honneur lors de la promotion de fin 2020 quelques mois après le fameux déplacement présidentiel du 6 Août 2020 qui restera à plus d'un titre gravé dans les mémoires... Il faut dire qu'entre temps Samir Assaf présidait la Barclays Bank et qu'il participait au Forum économique de Davos, de quoi apater le Young Global Leader installé à l'Elysée...

A l'heure ou l'étau se resserre autour du gouverneur de la Banque du Liban et qu'il ne fait plus de doutes que les jours de ce dernier son comptés à la tête de cette institution, voilà que Samir Assaf se rapproche curieusement de Beyrouth via une nomination à la présidence d'une société d'investissement américaine.

Il se murmure que Macron, dans sa connaissance très approximative de la complexité libanaise avait déjà pensé à Samir Assaf comme candidat potentiel à la succession de Michel Aoun comme président de la république. Mais cette idée s'est vite révèlée aussi fantaisiste que son instigateur. Néanmoins, compte tenu du profil de Mr Assaf, elle pourrait bien refaire surface mais cette fois comme une solution plus adaptée en ce qui concerne la Banque du Liban.
On sait que Macron qui ne pèse plus guère sur le plan international et sous le "règne" duquel l'influence de la France s'est diluée et rétrécit comme peau de chagrin au Moyen-Orient, tient à exister au Liban, dernier pré carré ou il jouit encore d'une certaine audience. La dernière nomination dans la société américaine Général Atlantic pourrait signifier que les Etats-Unis sont prêts à faire cette concession à leur petit laquais de Paris et que cette nouvelle fonction de Mr Assaf dans la région Maghreb-Moyen-Orient ne serait alors que sa dernière rampe de lancement pour le catapulter, le moment venu, à la tête de la BDL.

A priori, on pourrait penser que l'intéressé se prête au jeu. Il ne lui reste qu'à tirer profit de son nouveau poste d'observation pour décider si le jeu en vaut bien la chandelle. Rien n'est en effet moins sûr lorsqu'on constate le succès des initiatives prises jusqu'à présent par son jeune parrain...


Jean-Michel Druart
LibanVision



11
Février 2023
Damien Abad, le député "au-dessous" de tout soupçon qui préside le Groupe parlementaire français d'amitié France-Liban

C'est une nouvelle quelque peu passée inaperçue et qui n'a pas fait les gorges chaudes du milieu franco-libanais car tout semble s'être déroulé dans une grande discrétion et pourtant: Mr Damien Abad, député "Renaissance" ex-républicain passé dans le camp de la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron a été choisi début décembre 2022 par ses pairs pour présider le groupe d'amitié France-Liban de l'Assemblée nationale française.
Jusque là, me direz-vous, rien de spécial à signaler... Sauf que Mr Abad, a été quelques mois plus tôt ministre éphèmère du gouvernement français et qu'il a du à la hâte démissionner suite à diverses plaintes pour viols et harcèlement sexuel et c'est bien là que ce choix parait aujourd'hui si choquant et préoccupant pour pouvoir représenter sereinement l'amitié franco-libanaise dans le cadre de l'action diplomatique de la France.

C'est symboliquement que j'ai pris mon mal en patience pour exprimer mon coup de gueule, à la veille de la Saint-Valentin, et dénoncer ce choix qui fait passer la présomption d'innocence avant le respect des femmes françaises ou libanaises qui ne doivent pas ignorer cette situation nouvelle. Une des femmes qui a déposé plainte contre Monsieur Abad, elle-même française d'origine libanaise et journaliste d'investigation chez Médiapart s'est du reste indignée lors de ce choix mais cela n'a semble t-il pas suffi à inquiéter le moins du monde les députés du groupe de la majorité de Monsieur Macron.

A celles ou ceux qui ont fait part de leur étonnement ou de leur indignation, la majorité macronienne a simplement répondu par cette formule hallucinante:
"Damien Abad est un député comme un autre".
Jusqu'en Août 2020, Monsieur Macron bénéficiait d'une certaine cote d'amour auprès des libanaises, charmées par ses déambulations et belles promesses dans les rues de Beyrouth. Malheureusement, cette popularité s'est progressivement étiolée au fur et à mesure que cette opération est venue consacrer la superficialité et l'impuissance du personnage pour réellement aider le Liban à sortir de la crise qui le paralyse depuis trois ans et demi. Aujourd'hui, ce choix clairement incité par le groupe parlementaire affilié à la Macronie constitue une provocation de plus, une double atteinte à la dignité des femmes et à l'amitié entre la France et le Liban. Elle ne vient que renforcer le sentiment du déclassement de la relation franco-libanaise et du poids de la France au Moyen-Orient et au Liban en particulier. Cette nomination apparait comme littéralement destructrice et il serait souhaitable que les femmes qui n'en étaient pas informées et qui sont sensibles à la propreté de notre relation singulière se mobilisent et fassent pression pour abréger au plus vite cette présidence. Il en va de même pour les députés et députées du parlement libanais qui s'honoreraient en stigmatisant la présidence de ce groupe et en prenant leur distance avec toute initiative parlementaire française par son intermédiaire.

Oui, l'heure est grave, en France et bien sûr bien davantage au Liban. Engagé dans cette relation entre la France et le Liban depuis plus de vingt ans, notamment au travers de la sauvegarde de la francophone libanaise comme moteur de cette relation et l'un des éléments clé du patrimoine libanais, je tenais à m'indigner contre ce qui peut être considéré comme un pillage, un saccage, une souillure de cette amitié millénaire: certes, cette nomination peut n'être perçue que comme une secousse, mais au Liban, plus qu'ailleurs, on sait bien que les secousses précèdent souvent les tremblements de terre.


Agissons donc de manière réfléchie et responsable en exercant des pressions pour que Monsieur Abad, n'en déplaise à l'Elysée, redevienne effectivement et au plus vite un député comme les autres qui ne puisse se distinguer de ses pairs, auréolé d'une quelconque mission ou représentation du lien sacré entre la France et le Liban.

Jean-Michel Druart
LibanVision



21
Décembre 2022
Lettre ouverte à Mme Georgia Makhlouf, responsable du jury du prix France-Liban de l'ADELF

Madame,
Le prix France-Liban a été décerné la semaine dernière à Mr Sélim Nassib pour son livre paru aux éditions de l'Olivier, "Le tumulte".

Ce livre ou plutôt son auteur a fait l'objet d'une polémique dès sa sortie l'été dernier pour une affaire de plagiat concernant une phrase-clé y figurant non seulement en conclusion mais surtout utilisée pour sa promotion sur le bandeau de promotion encore visible chez les libraires qui le distribuent. Il ne s'agit pas ici de prétendre que l'ensemble du livre est un plagiat ou de remettre en cause sa qualité littéraire générale mais de souligner l'anomalie et le malaise que constitue sa récompense. Selon des sources très sûres, ce livre a été choisi "in-extremis" lors de votre délibération et c'est surtout en toute connaissance de cause vis à vis de cette affaire de phrase plagiée que vous en avez fait abstraction et que vous avez soutenu ce choix.

Faut-il vous rappeler que l'auteur a lui-même reconnu que la phrase
"Beyrouth te suivra jusqu’à ton dernier souffle, où que tu sois" dont la paternité revient à Mr Georges Boustany dans une rubrique de l'Orient-Le Jour en Octobre 2020, avait été l'inspiratrice de son livre? Cela, semble t-il, aurait du vous amener à ne pas considérer ce plagiat comme un détail et à "l'oublier". Seriez-vous assez naïve pour n'avoir même pas remarqué que la phrase originelle était d'ailleurs "Beyrouth vous suivra jusqu’à votre dernier souffle, où que vous soyez" ce qui alimente une suspicion de préméditation à travers une subtile modification de pronom qu ne doit sans doute rien au hasard...
Que penser aussi du fait qu'à partir de cette année, le lauréat fera partie du jury de ce prix jusqu'à la délibération de l'année suivante. Si cette initiative est sans doute pertinente, quelle double récompense pour son premier bénéficiaire...

Vous êtes responsable de ce prix littéraire de l'ADELF qui décerne une dizaine de prix chaque année parmi les quelques 700 prix littéraires décernés en France à chaque rentrée. Faut-il encore préciser que parmi cette dizaine de prix, le prix France Liban est le seul à bénéficier d'une dotation financière de 4000 Euros grâce au parrainage de la Fondation Boghossian.

Lorsque, sur ce choix, je vous ai interpellée sur Facebook et en messagerie privée, votre seule réponse a consisté à me bannir de votre liste de contacts dans les 24 heures.
Je vous y demandais si ce choix vous semblait correspondre aux valeurs de la francophonie et s'il n'était pas pour le moins maladroit et déplacé. Cette réaction radicale est-elle bien raisonnable et ne viendrait-elle pas alimenter quelque suspicion: vous n'êtes pas seulement responsable (et non présidente...) de ce jury mais vous engagez aussi l'image de tous ses membres, celle de l'association qui l'organise depuis plusieurs décennies, l'image d'un pays et particulièrement de son expression francophone.
Le 17 janvier 2023, une réception est même prévue à l'Ambassade du Liban à Paris pour "célèbrer" cette récompense...

Il va sans dire qu'à titre personnel mais aussi chez certaines personnes, tout cela génère un malaise qui m'évoque une oeuvre célèbre de Jean-Paul Sartre. Certes, nous ne parlons pas ici du prix Goncourt - je rappelle au passage que Sabyl Ghoussoub, distingué par le Goncourt des Lycéens pour Beyrouth sur Seine, était dans la sélection finale de votre prix-, mais d'un prix supposé incarner l'amitié franco-libanaise et la francophonie libanaise qui est en grande souffrance sans parler de celle du Liban...

Je vous rappelle, Madame, que le dialogue, l'ouverture et la tolérance sont des valeurs essentielles de la francophonie et que votre refus d'échanger sur un choix considéré par beaucoup à minima comme maladroit est totalement contraire à celles-ci.
J'ose espèrer qu'il ne faut pas chercher ailleurs que dans le champ littéraire, votre motivation à défendre ce livre pour permettre à son auteur et son éditeur un changement rapide de bandeau promotionnel leur permettant de ne plus bénéficier d'une bien jolie phrase qui ne leur appartient pas.

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'années et une réception très conviviale le mois prochain. Peut-être, d'ici-là, la méditation l'emportera sur le dénigrement et vous permettra ainsi de vous sentir pleinement à la hauteur de votre responsabilité.
Le Liban vit une période de grande difficulté et de grand malaise, pourquoi y avoir ajouté, de Paris, ce petit malaise supplémentaire? C'est bien souvent un petit détail qui finit par faire déborder le (et la...) vase... Merci d'y penser au présent et pour l'avenir!

Jean-Michel Druart
LibanVision



3 Décembre 2022

Lettre ouverte à Mr Michel Hélou, nouveau secrétaire général du parti politique libanais "Bloc National"

Cher Michel Hélou, cette missive ne se veut aucunement inamicale mais a pour but de vous interpeler sur la place que vous comptez accorder à la francophonie au sein de l'identité libanaise. Ne l'incarnez vous pas alors que vous êtes né à Genève, vous êtes diplomé de HEC Paris et que vous avez dirigé le seul quotidien libanais francophone l'Orient le Jour.

Dans son article du 2 décembre 2022, la journaliste Stéphanie Khouri vous y présente d'ailleurs comme suit:

Michel Hélou, 33 ans, ancien directeur exécutif de L’Orient-Le Jour, accède à la gestion du parti pour un mandat de quatre ans. Il apporte avec lui un héritage familial – petit-fils de Michel Eddé et arrière-petit-fils de Michel Chiha avec lequel il dit ne pas vouloir rompre. –
Il s’agira de « moderniser le discours des forces du changement » en acceptant de « se réconcilier avec l’identité libanaise ». Pour cela, trois mots-clés sont à l’ordre du jour : « égalité », « souveraineté » et « libertés ». Reprenant les grands principes du parti centriste fondé en 1946 par Émile Eddé (État de droit, citoyenneté, laïcité, social-libéralisme), le nouveau secrétaire général entend « redonner confiance dans la chose publique ».

A la lecture de cet article, je fus intrigué sur la photo par le pupitre mentionnant le site internet du parti "nationalbloc.org". Ressentant quelques craintes, je m'y suis donc connecté pour les vérifier en constatant que celui-ci ne propose hormis l'arabe qu'une version en anglais.
Comment est-il possible, à la vue de votre parcours et de votre héritage que vous puissiez laisser la chose en l'état? S'il y a bien un homme à la tête d'un parti libanais qui doit montrer l'exemple en la matière, n'êtes vous pas celui-là?
Je ne doute pas un instant que la francophonie appartient pour vous au patrimoine et à l'identité libanaise qui vous sont si chers.

Il vous appartient, me semble t-il de réparer au plus vite cette situation et cette omission en redonnant une place légitime à la langue française dans votre communication. Nous avons pu d'ailleurs remarquer que vous employez assez régulièrement le français écrit sur votre compte personnel Facebook. Alors?...

Je vous demande donc solemnellement de faire en sorte qu'une version de votre site internet officiel soit disponible en français le plus rapidement possible: cela paraitrait bien plus conforme à vos valeurs et serait une bouffée d'oxygène pour tous ceux qui se battent pour que la langue de Molière ne devienne à terme une langue étrangère au pays du cèdre. Ce n'est pas à vous que je soulignerai la force des symboles mais je pense que, s'il y a un homme politique de la jeune génération libanaise, qui ne doit pas négliger la francophonie, c'est bien vous!

Je me ferai bien sûr un plaisir de publier votre réponse à cette demande d'éclaircissement sur ce sujet sensible alors même, faut-il le rappeler, que le Liban est le pays phare de la francophonie au Moyen-Orient comme en attestent sa participation au récent Sommet de la Francophonie en Tunisie mais aussi et surtout l'ouverture du bureau régional de l'Organisation Internationale de la Francophonie à Beyrouth.

En espèrant que nous pourrons bientôt nous connecter sur "blocnational.org" et que votre pupitre s'enrichisse de notre belle langue commune, je vous prie de croire, cher Michel Hélou, en l'assurance de mes cordiales salutations.

Jean-Michel Druart,
Dr de la publication LibanVision, 1er portail de la francophonie libanaise depuis l'an 2000.


1er novembre 2022

Plus de président mais un bureau régional de la Francophonie...
Au lendemain du dernier jour du mandat du président Aoun, toute la presse internationale mentionne le vide et l'inconnu engendrés par l'impossibilité du parlement de lui désigner un successeur lors des séances du mois d'Octobre. Certains observateurs y voient même un risque de chaos au moment même ou se répandent des foyers de choléra dans divers secteurs ou camps insalubres du pays: tout un symbole pour frapper l'opinion internationale qui regarde le Liban comme un petit point sur la carte du globe voir même parfois un laboratoire.

Je ne vais pas ici en rajouter sur l'état dans lequel se trouve le pays au moment du départ de ce président qui aura davantage bâti sa notoriété dans le cadre de la guerre que dans celui de l'exercice du pouvoir institutionnel.
On retiendra essentiellment que c'est sous ce mandat qu'aura eu lieu une tentative de révolution en Octobre 2019 qui ne restera bien au final qu'un "Hirak", c'est à dire un mouvement...
Admettons que pour le lecteur francophone, le mot original en arabe dégage sans doute plus de puissance.
Bien sûr, comment occulter le plus terrible des traumatismes qui frappa dans sa chair Beyrouth lors de l'explosion monstrueuse du Port le 4 Août 2020. Là encore, plus de deux ans après les faits, la vérité sur les causes et la recherche des responsabilités font toujours défaut. Les entraves successives qu'ont subies les enquêtes sur ce fait historique sont perçues comme le symbole majeur de la corruption de la classe politique prête à sacrifier le peuple pour préserver ses rentes. Là aussi, faut-il croire que le terme arabe de Hakika est également plus fort et subtile que la vérité?

On en oublierait presque la déclaration du défaut de paiement sur la dette le 9 mars 2020, soit quelques jours seulement avant le tourbillon de la crise sanitaire du Covid: cela constitua néanmoins le point de départ d'une spirale infernale étalonnée par une monnaie qui n'en finissait plus de chuter passant ainsi de 1500 livres libanaises pour un dollar en début de mandat à près de 40000 une semaine avant le terme de celui-ci, tout un symbole encore...


Finalement, dans la dernière ligne droite, c'est un accord sur le tracé des frontières avec le voisin israélien en vue de l'exploitation d'un champ gazier qui pourrait laisser entrevoir une éclaircie dans un avenir plus ou moins proche. Gageons que la prospection soit à la hauteur des espérances pour qu'une inflexion économique et morale puisse être au plus vite palpable.

Mais alors, que retiendra t-on avec certitude comme évènement positif au bout de ces six années de mandat? Eh bien, même si cela paraitra bien léger ou symbolique aux yeux de certains, c'est sous l'angle de la francophonie que l'on doit entrevoir un peu de bleu quelque part dans un coin du ciel libanais: après quatre ans d'absence, la nouvelle formule "Beyrouth livres" du Salon du livre francophone dans sa nouvelle forme de festival itinérant aura été un sacré pari mais surtout une franche réussite.

Enfin, et c'est sans doute le plus beau des symboles, c'est le tout dernier jour du mandat présidentiel qu'a été inauguré au centre-ville de Beyrouth le bureau régional de la francophonie pour le Moyen-Orient érigeant en quelque sorte le Liban tout entier comme la maison de la francophonie pour un vaste territoire. Je voudrais y voir un moment clé et pourquoi pas un point d'inflexion pour un Liban meilleur dont les libanais francophones de la diaspora mais surtout ceux restés au pays contre vents et marées seraient parmi les acteurs principaux du renouveau.
En ce premier jour présenté comme incarnant le vide, cela peut paraitre un idéal ou un voeu pieux mais ces libanais portent dans leur coeur les valeurs et l'énergie qui pourraient bien dépasser le rêve: s'il y a un endroit ou l'on sait éviter le précipice lorsqu'il vous est promis, c'est bien au Liban et nulle part ailleurs!

JM Druart


Mai 2022
Le flou persiste au Liban après les législatives
Il n'y guère de raisons de s'enthousiasmer après le scrutin du 15 mai, au-delà de tout esprit partisan autre que celui de l'avenir du Liban.
Le fait majeur restera le taux de participation particulièrement faible: 41% sur un plan global avec une différence marquée chez les libanais de l'étranger qui se sont tout de même mobilisés à 63%.
Cela signifie qu'au Liban même, ce sont 6 électeurs sur 10 qui sont restés spectateurs, de quoi relativiser la signification politique des résultats. Sans doute la faible mobiisation sunnite, notamment palpable à Beyrouth, a t-elle contribué à ce net reflux de la participation. En revanche, cela dénote certainement un fort esprit partisan, un vote de conviction et une fougue militante exacerbée chez les participants.

Comme on pouvait s'y attendre en observant, préalablement au scrutin, les réseaux sociaux, le parti des Forces Libanaises de Samir Geagea peut être considéré comme celui qui aura tiré le mieux son épingle de cet épisode démocratique. Il apparait qu'il a pris cette fois un ascendant assez significatif sur le parti présidentiel du CPL et que les plans de Gebran Bassil pour succèder à son beau-père Michel Aoun risque d'en être sérieusement remis en question et de susciter des convoitises.
Le corollaire de cette situation au sein du camp chrétien est que le Hezbollah est ressorti affaibli et qu'il aura bien du mal à reconstituer une majorité avec ses alliés traditionnels. On doit aussi souligner l'émergence progressive d'une opposition à son hégémonie au sein du camp chiite.
Il y a donc fort à parier que certains "indépendants" vont être prochainement très courtisés et se trouver en position de faiseurs de roi.
Il n'en reste pas moins que devant une situation potentielle de paralysie mortifère dans un environnement de souffrance économique et sociale de plus en plus insupportable, deux éclaircies sont apparues:
- d'une part l'émergence d'une douzaine de députés malheureusement épars, se targuant de cette fameuse indépendance dans la lignée du hirak (mouvement) de contestation d'octobre 2019 et,
- d'autre part, l'élection de huit femmes, ce qui, sans être bien entendu suffisant, marque au moins le début d'une tendance qui ne s'arrêtera pas là et qui illustre aussi une évolution salutaire des mentalités, qui plus est, au sein de toutes les confessions.

Ainsi, le climat au Liban s'annonce encore bien maussade pour les mois à venir malgré ces petites éclaircies dont il faudra profiter au mieux.
L'idéal serait qu'un nouveau président de l'assemblée soit rapidement choisi et que dans la foulée, un nouveau gouvernement soit formé afin d'initier ce fameux programme de réformes exigé par les bailleurs de fonds internationaux. Car, voilà ici l'autre volet fondamental de l'équation libanaise post-électorale: Le Liban reste, plus que jamais pris en otage par deux blocs bien distincts: le Hezbollah, même affaibli, demeure plus que jamais sous l'influence de l'Iran et ce n'est un secret pour personne que les Forces Libanaises recoivent un support de moins en moins dissimulé de l'Arabie Saoudite et de l'Occident.
Et la France, dans tout cela, me direz vous?
Fidèle à son dogme du "En même temps", le président Macron cultive une certaine ambiguité et aura refroidi bien des espoirs depuis son déplacement tonitruant du 6 Août 2020. Dans ce contexte, il sera de plus en plus délicat d'endiguer le reflux de l'influence française au pays du cèdre et, à cet égard, l'évolution de la francophonie libanaise demeurera un marqueur très significatif.

En conclusion, s'il est tout de même réjouissant que le Liban ait pu organiser ce scrutin d'une manière loyale malgré les circonstances difficiles que traversent les libanais, rien n'augure encore d'une amélioration palpable de leur vie quotidienne. Bien au contraire, le taux de change s'est vite dégradé au lendemain des résultats pour à nouveau tester les 30.000 livres pour un Dollar! Ce baromètre demeurera, lui aussi, majeur pour évaluer la situation globale au Liban.
Le Liban libre et indépendant n'en est encore malheureusement qu'à ses balbutiements et l'on se demande bien souvent si la dépendance du pays vis à vis des blocs de l'étranger n'est pas volontairement entretenue par ces derniers... Il reste à espèrer que le tempérament libanais et le soutien de plus en plus fort de la diaspora libanaise constitueront un contrepoids suffisant pour enfin assouvir cette soif de liberté et d'indépendance.
Sur le chemin de ce double objectif, la première exigence des libanais est, en attendant, de pouvoir enfin vivre avec une dignité retrouvée.

Jean-Michel Druart


Décembre 2021
Georges Naccache est l'auteur d'un célèbre éditorial paru dans le quotidien "L'Orient" le 10 mars 1949 sous le titre :
« Deux négations ne font pas une nation »
Cette publication lui valut trois mois de prison mais ne l'empêcha pas d'être plusieurs fois ministre ainsi qu'ambassadeur du Liban à Paris.



Un an à peine après le déclenchement d'un mouvement en Octobre 2019 qui redonna l'espoir de la reconstruction populaire d'un identité libanaise solide, ce dernier fut anéanti avec l'explosion du port de Beyrouth le 4 Août 2020. Depuis, le pays s'enfonce dans les divisions et la misère et seuls les optimistes croient encore en la souveraineté de la nation libanaise autour de laquelle devrait se cristalliser l'identité du peuple libanais, réunissant libanais du Liban et libanais de la diaspora au-delà des différences internes et des influences ou ingérences extérieures.
Voilà pourquoi il parait opportun de relire cet éditorial fondateur alors que le Liban venait d'acquérir cette dimension de nation indépendante à peine plus de cinq années auparavant.
A la lumière d'une écriture encore bien d'actualité, qu'il reste permis de rêver que l'identité libanaise pourra encore laisser une empreinte indélebile dans ce monde agité. > Lire...



Octobre 2021
Liban : il est encore possible d’éviter la guerre civile
Malgré l’exacerbation des tensions politiques et la course à l’armement entre le camp chrétien et le Hezbollah, la guerre n’est pas inéluctable, surtout que le Hezbollah veut éviter le retour des lignes de démarcation
> Lire la correspondance de Paul Khalifé de Beyrouth suite aux évènements de Tayouné du 14 Octobre...


Septembre 2021
Au Liban, la partition de facto pourrait devenir une réalité
Frappé par une crise multiforme, paralysé par de profondes divergences politiques et traversé par des influences extérieures, le Liban tel qu’on le connaît pourrait ne plus exister

La crise qui frappe le Liban est l’une des pires qu’ait connu le monde depuis 1850, affirme la Banque mondiale dans un rapport publié le 1er juin. Elle touche désormais tous les aspects de la vie quotidienne.
Les pénuries de médicaments, de carburants, de produits alimentaires, les longues coupures de courant électrique pouvant atteindre 23 heures par jour, l’effondrement de la monnaie nationale, l’envolée des prix, la disparition des filets sociaux, plongent une large majorité de Libanais dans le désarroi.
Ceux qui en ont les moyens sont déjà partis, beaucoup ne rêvent que de fuir ce qui est devenu pour eux un véritable enfer...
« Il y aura trois Liban », rectifie à MEE un diplomate européen en poste à Beyrouth. « Le Liban pro-occidental, le pro-iranien et le nord, laissé à lui-même, traversé par des influences multiples, y compris celle de mouvements islamistes extrémistes. »
>> Lire l'édito complet de Paul Khalifeh pour Middle Est Eyes...


Janvier 2021
Le Liban, un pays d'exception qui a besoin d’une nouvelle vision
" La simple action qui consiste à analyser et à présenter publiquement des solutions met en lumière cette opacité et la mauvaise gestion du gouvernement." >> L'éditorial complet de Khaled Abou Zahr
PDG d'Eurabia, une société de médias et de technologie et éditeur
d'Al-Watan Al-Arabi.



Novembre 2020
De L'Orient-le Jour à L'Orient-Aujourd'hui...
Depuis la mi-octobre, L'Orient Today cohabite avec L'Orient le Jour.
Ce lancement s'est effectué sans véritable effet de surprise tant on assistait depuis plusieurs mois à un tropisme prononcé du groupe vers la langue de Shakespeare à travers l'apparition de certains articles et traductions en anglais, tant pour le quotidien que pour le magazine économique Le Commerce du Levant.
Ce nouveau media d'information s'invite donc dans un groupe exclusivement et passionnément francophone depuis... 96 ans et un an tout juste après la disparition de Michel Eddé qui le dirigea durant 29 ans.

On pourra aussi relever que L'Orient Today fait son apparition dans le paysage médiatique libanais tout juste un an après le début du mouvement "révolutionnaire" d'Octobre 2019 qui eut pour effet, après quelques mois, la disparition de l'édition-papier du Daily Star, homologue anglophone de L'Orient Le Jour. L'anglais devient-il le meilleur vecteur d'expression de la révolution si chère à de nombreux libanais?
Sa devise est "Speak truth to power" soit "dire la vérité au pouvoir".
J'ai lu et relu l'éditorial fondateur du 15 Octobre avant de vous livrer une analyse au-delà d'un état d'âme qui eut été trop réactif.

Dans cet éditorial, une phrase a retenu mon attention:
"Lacunaire, parfois biaisée, l’information diffusée aujourd’hui nous permet difficilement d’appréhender les défis auxquels fait face le Liban. Nous manquons de clarté, de points de vue et d’un débat constructif sur les sujets-clés. C’est dans ce contexte que L’Orient Today, prolongeant, en anglais, la mission de L’Orient-Le Jour, traitera de politique, d’économie et de société...".

On doit donc en déduire que dans le Liban d'aujourd'hui la langue française ne suffit plus au groupe L'Orient-le Jour pour exercer sa mission d'information et qu'un "prolongement" lui est donc devenu nécessaire pour le faire correctement. Cet aveu vient conforter ceux dont je fais partie qui alertent sur l'incroyable optimisme des discours officiels nous vantant la bonne santé de la francophonie libanaise et son caractère endogène pérenne au sein de la société libanaise. Elle vient aussi mettre un sérieux doute sur la réalité d'une francophonie qui s'épanouirait davantage dans le cadre d'un multilinguisme ou l'anglais ou plutôt l'anglo-américain écrase bien souvent le paysage linguistique global. Toute enquête ou connaissance du terrain montre que depuis 20 à 25 ans, l'usage courant du français régresse sérieusement au Liban, notamment chez les moins de quarante ans.
Faut-il rappeler que la part de la scolarisation en français est ainsi passée de près de 70% en 1995 à tout juste 50% en 2020?
Ainsi, en mettant à mal les valeurs fondatrices du groupe L'Orient le Jour on peut se demander ce qui l'a poussé à adopter cette nouvelle stratégie au-delà des grandes affirmations de principe sur l'expression des valeurs du journalisme et la garantie accordée au maintien de l'expression francophone à long terme dans la diffusion de l'information et des opinions. On aimerait y croire mais il semble nécessaire de dépasser le stade de la naiveté et des croyances de bisounours.

Chacun connait la situation de crise économique et financière sans précédent que connait le Liban en cette période. L'embauche d'une dizaine de journalistes dont un ex-rédacteur en chef du Daily Star serait-elle un signe d'une étonnante et paradoxale prospérité du groupe de presse dans un secteur qui traverse une crise telle que les titres mettent la clé sous la porte les uns après les autres?
Il ne s'agit pas ici de mettre en cause la bonne foi du message qui accompagne cette décision stratégique mais d'éclaircir les raisons plus ou moins avouables de celle-ci. Il est en effet reconnu que ceux qui ont pris cette décision sont des francophones autant excellents que convaincus.

A notre sens, ces raisons sont de deux ordres: économiques et politiques.
Economique, tout d'abord car l'élargissement de l'offre à travers la langue élargit mécaniquement la cible et le potentiel de diffusion. Cette décision est donc en premier lieu une décision d'investissement qui attend un retour en terme de rentabilité à plus ou moins long terme. Elle assume clairement que l'anglais au Liban aura, si ce n'est pas déjà le cas, une audience plus large que le français. Quoiqu'en disent les décideurs pour se donner sans doute bonne conscience, elle assume que le français langue d'usage journalistique connaitra de plus en plus un statut de niche allant dans le sens à long terme d'une marginalisation inéluctable.
Politique aussi, car le choix d'usage d'une langue, à titre exclusif ou dans le cadre du multilinguisme, revêt un aspect géostratégique de plus en plus évident dans le monde actuel. Ce choix de diversité de l'offre linguistique s'inscrit donc davantage dans le cadre du mondialisme que dans celui de l'affirmation d'une différence ou d'une spécificité s'exprimant dans le cadre du souverainisme. En effet, chacun sait bien qu'il s'agit aujourd'hui de la vraie ligne de fracture idéologique qui s'exprime dans la grande majorité des pays notamment occidentaux. Comment douter que cette décision ne fut pas prise en toute conscience sur ce point? Comment leur en vouloir alors même que la France est gouvernée par un président se réclamant ostensiblement du mondialisme et manquant rarement une occasion d'employer des anglicismes incompris de ses compatriotes?

Oui, mais voilà, la francophonie libanaise ne se limite pas à la seule relation franco-libanaise. Les libanais ont eux-même enrichi la langue française avec de nombreuses expressions réunies sous le vocable franbanais. Ainsi, on ne peut que déplorer que ce type de décision en matière d'édition jounalistique ne vient que diluer le Liban dans le concert des nations et renforcer encore un peu une expression dominante.
Le Liban est dans une situation d'une telle faiblesse que nous aurions préféré que la sensibilité francophone de l'actualité du monde d'aujourd'hui se diversifie plutôt en arabe ou en dialecte libanais plutôt qu'en anglais. L'histoire ne démontre guère que la langue anglaise soit un allié précieux du modèle libanais. La langue officielle du Liban est l'Arabe et la constitution originelle confère même une petite place au français.
Alors, permettez-nous de dire, dans l'idéal francophone, que nous eussions largement préféré une toute autre version et un autre titre, dans la langue nationale, comme par exemple "L'Orient -Al Lyoum".
Les valeurs fondatrices du groupe L'Orient-Le Jour" en auraient été sans doute moins abîmées et l'identité libanaise bien mieux respectées.
On croit parfois bien faire mais les effets à long terme de certaines décisions sont parfois pervers et, en ce sens, il est plus que contestable que l'Orient Today favorisera à long terme la bonne santé et encore moins la vitalité de la francophonie libanaise.

Dans toute décision de cette nature il y a les pensées que l'on met en avant mais il y a aussi quelques arrière-pensées dissimulées ou pourquoi pas de "discrets" soutiens.
Au nom de la liberté d'expression, il paraissait utile de les imaginer et de les dévoiler au cas ou cela serait trop délicat à faire pour d'autres...

En hommage à Michel Eddé qui nous a quitté le 3 Novembre 2019...
Jean-Michel Druart



Octobre 2020
Suite aux derniers développements des évènements au Liban et à l'implication personnelle d'Emmanuel Macron, Henry Laurens, membre du Collège de France livre son point de vue sur la relation franco-libanaise.
« La France et le Liban sont comme les membres d’une famille recomposée »
Depuis la double explosion qui a ravagé Beyrouth au mois d’août, la France, par la voix d’Emmanuel Macron, est très engagée auprès du Liban, tant dans l’aide humanitaire que dans les négociations politiques pour la formation d’un nouveau gouvernement. L’historien Henry Laurens, professeur au collège de France où il dirige la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, explore les origines du lien intime qui unit la France et le Liban. >> Lire son entretien pour le magazine La Vie


Lettre ouverte à Emmanuel Macron
par Abdallah Naaman
en prévision et à la veille du 1er septembre (1920-2020)
Plusieurs pays européens, dont les Constitutions affirment la laïcité de l’État et l’égalité des religions devant la loi, accordent des places privilégiées aux religions influentes. En Italie, l’Église catholique a une situation privilégiée et l’État reconnaît l’indépendance et la souveraineté de l’Église catholique dans son ordre propre. En Espagne, les religions « profondément enracinées » bénéficient d’un traitement de faveur et l’État signe avec eux des traités et des accords. En Grèce, l’article 3 de la Constitution déclare la religion grecque-orthodoxe la religion dominante en Grèce, sans la mentionner expressément comme religion d’État. En revanche, depuis la loi de 1905, la France laïque soumet tous les cultes au même régime.
Le droit des religions, ou droit des cultes, qui étudie le statut juridique des groupements religieux, ainsi que leur relation avec le droit étatique, au Liban, ploie sous le poids de l’Histoire qui a donné à un certain nombre de communautés, dites « historiques », des privilèges juridiques et juridictionnels.
C’est l’arrêté numéro 60 L.R. du 13 mars 1936, émanant du haut-commissaire français Damien de Martel, qui a fixé le statut des communautés religieuses qui sera modifié et complété par l’arrêté numéro 146 L.R. du 18 novembre 1938. Cet arrêté a voulu poser les fondements du droit des cultes en Syrie et au Liban, tous deux mis sous mandat français, avec plus ou moins de succès. L’arrêté numéro 60 L.R. consacra son premier titre aux « communautés à statut personnel », autrement dit les communautés historiques qui bénéficient d’une autonomie législative et juridictionnelle dans leurs affaires de statut personnel.
Le deuxième titre de l’arrêté numéro 60 est consacré aux « communautés de droit commun », sans les définir, mais, par élimination, et à travers les dispositions du titre, nous pouvons conclure qu’il s’agit là du cadre juridique des communautés non historiques.
Derrière l’arrêté numéro 60 L.R., on reconnaît les législateurs républicains français qui ont une vision laïque des institutions de l’Etat et de la séparation des pouvoirs religieux et civil. Ils ont dû concilier les principes avec lesquels ils étaient familiers en France, avec les prérogatives des communautés présentes en Syrie et au Liban ; en d’autres termes, concilier les droits des communautés avec les droits des individus et des citoyens. Cette catégorie des communautés de droit commun, autrement dit la possibilité d’opter pour un statut laïc, n’est toujours pas appliquée.
Dans sa version initiale contenait, le fameux arrêté de 1936 reconnaît seize communautés : maronite, grecque-orthodoxe, grecque-catholique-melkite, arménienne grégorienne (orthodoxe), arménienne-catholique, syrienne-orthodoxe, syrienne-catholique, assyro-chaldéenne (nestorienne), chaldéenne, latine, sunnite, chiite, alaouite, ismaïlienne, druze et israélite. La communauté protestante (évangéliste) fut ajoutée par l’arrêté n° 146 L.R. de 1938 et la communauté copte-orthodoxe en 1996, ce qui élève le nombre à 18. Malgré la mansuétude du mandataire, certains groupes religieux étaient exclus, tels que les yézidis ou les zoroastriens. Ils le sont encore.
Il est pourtant étonnant de remarquer que dans les années 1920, la population de la Syrie et du Liban était estimée à 2 millions (dont environ 600 mille pour le Liban). De plus, il est à noter que les chaldéens comptaient alors moins de 1300 personnes, et pourtant leur communauté fut reconnue au même titre que les maronites qui comptaient 187000 fidèles. Par ailleurs, faut-il croire que les ressortissants fraîchement installés au Liban (comme par exemple les bouddhistes) seront également reconnus et ajoutés pour compléter la mosaïque et compliquer davantage le puzzle ?
Un dernier mot au président Emmanuel Macron : Essayez de réparer l’erreur majeure des hommes du mandat (1920-1943) : appelez solennellement la communauté internationale à réclamer la laïcisation de votre protégé Liban qui a été porté sur les fonts baptismaux par vos prédécesseurs. Il y va de l’honneur de la France et surtout de l’avenir de la perle du Levant.


Editorial du 20 Août
Beaucoup de franco-libanais ou de libanais proches de la culture française voient dans le remplacement du système confessionnel par un système laic la meilleure solution pour sortir le Liban de sa crise systémique.
Mais cette proposition est-elle vraiment réaliste et concrètement envisageable? Le Liban est bien trop spécifique pour se contenter de copier d'autres systèmes. Certes, Il pourra s'en inspirer mais il lui faudra surtout s'en inventer un qui lui soit propre et assez visionnaire pour s'assurer une pérennité et une stabilité après tant d'années de chaos.
A ce titre, la communication ci-après de Mr Jean-Pierre Chelhot apparait tout à fait pertinente...


Le paradoxe du Liban ou l'impossible laicité
par Jean-Pierre Chelhot, du Canada

« Deux négations ne font pas une nation. » C’est ainsi que Georges Naccache a résumé en 1949 la situation du Liban, six ans après l’accession à l’indépendance.

Si les Libanais, toutes appartenances religieuse, confessionnelle, communautaire ou politique confondues, se sont ensemble, main dans la main, battus pour l’indépendance, ce ne fut pas pour les mêmes raisons ni pour les mêmes objectifs. On réclamait, certes, tous et exigeait tous l’indépendance mais les objectifs divergeaient grandement.

Arabiser les chrétiens et libaniser les musulmans, tel fut le fameux pacte national de 1943 édifiant le nouveau pays. Un pays fondé sur un paradoxe.

L’Empire ottoman qui régna sur le Liban pendant près de quatre siècles n’a jamais cessé d’exacerber les tensions entre les différentes communautés religieuses libanaises, toutes minoritaires. Aucune d’entre elles ne pouvait et ne peut jusqu’à nos jours, démographiquement parlant, réclamer une majorité de plus de 50 %. Les incidents de 1840, ceux de 1852 avec Tanios Chahine (ce qu’on a communément appelé la révolte des paysans), pour finir avec ceux de 1860 témoignent de la gestion viciée des ottomans du Liban où le principe du « diviser pour régner » prévalait.

L’identité libanaise en tant que telle n’existe pas et n’a jamais existé. C’est l’identité religieuse qui prime avant tout dans un contexte où 16 ou 17 communautés religieuses cohabitent malgré elles (héritage des subdivisions administratives sous le règne ottoman et par la suite des accords Sykes-Picot de 1916) dans un climat d’absence de confiance. Dans un climat où chaque communauté, minoritaire, se sent menacée par l’autre communauté elle aussi minoritaire. Je suis donc chrétien avant d’être libanais chrétien, je suis sunnite avant d’être libanais sunnite, etc. Et même au sein de la communauté chrétienne, il existe des rivalités. Je suis d’abord maronite avant d’être chrétien et avant d’être libanais…
L’identité à la nation telle qu’on la connaît, par exemple en France ou aux États-Unis, n’existe pas au Liban. La référence à l’identité religieuse minoritaire est primordiale et dicte la vie des citoyens. On se réfugie sous l’étendard de la religion et non sous l’étendard de la nation. Ce qui ouvre largement la voie à toutes sortes de corruption et de clientélisme.

Le leurre de la laïcité
La laïcité au Moyen-Orient demeure une utopie, et gare à ceux et celles qui y croient. L’islam ne connaît pas la laïcité. En islam, la laïcité n’existe pas. Pour l’islam, la laïcité est synonyme d’athéisme. Ce qui est une aberration en soi. De nos jours, les sociétés occidentales peinent à préserver leur laïcité face à une montée de l’intégrisme musulman. Que dire alors du Moyen-Orient ?
Instaurer la laïcité au Liban équivaut à effacer toute présence chrétienne au Liban. Cela serait un désastre pour une présence plus que millénaire. Au lendemain de l’indépendance de la Syrie, les chrétiens représentaient 10 % de la population. Aujourd’hui, ils en sont à 1 %. Même si aux origines le parti Baas de Michel Aflak prônait haut et fort la laïcité, cela à mes yeux demeure une utopie. En fait, ce fut une attitude défaitiste. Nous sommes minoritaires, nous chrétiens, dans cette région du monde, et nous créons donc cet amalgame ou ce fourre-tout de laïcité pour échapper à l’extinction. Cela malheureusement n’a jamais fonctionné (le principe de laïcité), et la création de l’État d’Israël en 1948 est venue mêler les cartes, chambarder les équilibres géopolitiques et semer le chaos.

Le modèle confessionnel
Ailleurs qu’au Liban, où le modèle confessionnel n’a pas fonctionné, certains pays l’ont adopté et il semble bien fonctionner. Prenons l’exemple de l’île Maurice où chrétiens, hindous et musulmans se partagent le pouvoir sans aucune anicroche. L’exemple de l’Éthiopie est aussi révélateur. À la seule différence que dans ces pays, les communautés confessionnelles ne se tournent pas chacune vers une puissance étrangère pour demander protection et garantir leur survie une fois qu’elles se sentent menacées. Dans ces deux pays, on prête avant tout allégeance à son propre pays, à sa propre nation, avant de porter allégeance à sa religion ou à une puissance étrangère.
Au Liban, les évènements du XIXe siècle cités plus haut (1860, alliance chrétiens-France-Égypte vs alliance druzes-Empire ottoman-Angleterre) en plus des troubles de 1958, suivis de la guerre civile de 1975-1990, nous confirment l’échec du système confessionnel car chaque confession s’est jetée dans les bras d’une puissance étrangère au détriment de l’unité du pays.
Le modèle confessionnel peut fonctionner au Liban et à mon avis il est le seul modèle à adopter. Celui-ci pourra garantir la stabilité du pays, ainsi que la présence et la pérennité des chrétiens au Liban – à l’opposé de la laïcité qui conduira à vider le Liban du peu de chrétiens qui lui reste – à condition de ne prêter allégeance qu’au pays, le Liban, et de ne jamais se tourner vers l’étranger. Le principe de neutralité active prêchée tout récemment par l’Église maronite prend tout son sens. Il est temps pour le Liban d’adopter un nouveau pacte national basé sur les principes de neutralité et d’allégeance au pays et seulement au pays, au-delà des différences religieuses, communautaires et sectaires. Renoncer à être dicté par son appartenance religieuse tout en gardant un système confessionnel serait-il viable ? Voici un nouveau paradoxe pour un nouveau Liban. Deux négations ne font pas une nation, mais une affirmation en fait une.

L’exemple canadien
Le Canada, composé de trois nations distinctes et combien rivales, s’est construit en 1867 autour d’une seule affirmation, la volonté d’édifier un seul pays fort et uni pour ne pas se faire avaler par l’expansionnisme américain de l’époque, et cela au-delà des différences linguistiques, culturelles et religieuses, et surtout au-delà de l’absence d’une histoire commune, d’un héritage commun ou d’une mémoire collective commune. Cela ne ressemble pas par hasard au cas libanais ?


Editorial 23 Juillet 2020
Le Liban pris en otage
Nous avions bien pressenti que le mouvement né en Octobre 2019 ne serait pas cette révolution pleine d'espoirs et de promesses d'un chamboulement général. Il gardera avant tout sa part d'utopie et n'aura été qu'un signal fort du malaise social et profond d'un pays à un tournant de son histoire, qui plus est, à l'aube de la célébration de son centenaire.
La situation n'aura fait que se détériorer tout au long de l'automne et l'hiver jusqu'à ce que le pays se déclare officiellement en cessation de paiement le 9 Mars, une semaine seulement avant le début de la crise sanitaire généralisée, notamment dans les pays européens. Alors que cette faillite aurait dû être déclarée quelques mois plus tôt, ce choix a t-il été le fruit du hasard ou savamment orchestré de manière à activer une séquence bien pire encore telle qu'elle est vécue actuellement?
La déstabilisation monétaire cumulée avec l'atmosphère de crise sanitaire aura eu raison de la plupart de ceux qui se croyaient encore à l'abri d'une telle crise. Au moment de la visite du ministre des affaires étrangères français au Liban, il parait légitime de se poser la question si cette accélération de la détérioration de la situation n'est tout simplement pas organisée dans un timing aussi pervers que subtil pour acculer le Hezbollah et lui faire porter la responsabilité principale de celle-ci.
La position de la France est bien inconfortable comme prise en tenaille entre ses engagements atlantistes et son rôle de protectrice.
L'équation libanaise semble plus que jamais complexe et difficile à résoudre à tel point que c'est la survie même de la nation au-delà des errements de l'Etat qui est désormais évoquée par de nombreux spécialistes. Le Liban a déjà été en situation d'otage au cours des années 70. On a du mal à imaginer qu'il pourrait revivre un sort analogue aussi rapidement. Sans doute le Liban est-il une utopie, surtout au coeur de la région ou il se situe. Mais il faut être le diable pour croire qu'une utopie peut être prise encore une fois en otage: en effet, une utopie ne meurt jamais, et même si le Liban devait s'effacer un moment, le peuple libanais le reconstruirait à coup sûr. Gageons qu'avant un tel scénario, il sache contourner les plans machiavéliques qui le menacent et qu'il clame haut et fort qu'il refusera cet état d'otage permanent.

JM Druart


Editorial Juillet 2020

Baalbeck: de quelle résilience s'agit-il?
Le 5 Juillet, le festival de Baalbeck aurait brisé le silence grâce au concert "son de la résilience" ou plus exactement "Sound of resilience".
A priori, me direz-vous, la nuance parait infime; infime mais pourquoi pas infinie lorsqu'on se réfère au culte du paradoxe que cultivent mieux que quiconque les libanais.
Un concert à huis clos dans les ruines de Baalbeck était sans spectateur sur site mais a été offert aux millions de personnes qui ont voulu le regarder sur YouTube ou sur la quasi-totalité des chaines de tv libanaises. 1h20mn de pur bonheur musical dans un décor sublime, sans doute!
Des passages de Carmina Burana ont ouvert le bal suivi de Nabucco puis un très bel hommage aux frères Rahbani et Fayrouz dans une scénographie riche et raffinée mais pas seulement!
Au final et comme souvent lors de ce type de concert dont il a le secret, le temple de Bacchus aura brillé de mille feux !

Cependant, s'il est une résilience que ce concert n'aura pas su entretenir, c'est bien celle de la langue française au Liban. Mis à part quelques posts dans la langue de Molière, on aura bien remarqué que l'écrasante majorité de la communication de cet évènement
a fait la part belle pour ne pas dire écrasante à celle de Shakespeare.

Au-delà du message simplement culturel du contenu en terme de spectacle, nous ne pouvons que déplorer un message spectaculairement politique dans ce choix. Combien de temps encore, allons nous croire en cette chimère du plurilinguisme libanais quand l'anglais, langue étrangère et globaliste a cannibalisé l'arabe, langue officielle du pays et le français, reconnue en principe comme langue de culture au Liban depuis la création du Grand Liban voici un siècle? Lorsqu'on sait que parmi les principaux organisateurs de ce concert figurent des libanais francophones notoires, souvent binationaux, on ne peut qu'être interloqué par la gestion linguistique de la communication de ce concert. Le plurilinguisme y a été sacrément bafoué et cela parait de fort mauvais augure dans le contexte que vit le Liban depuis plusieurs mois. Pour rester optimiste, on pourra toujours admettre que la musique demeure cet art et ce langage universels qui sont censés unifier les citoyens et réduire leurs grandes différences en petites nuances, souvent le temps d'un concert...

La relégation du français autour de ce concert n'en demeure pas moins au-delà d'une anomalie, un symbole lourd:
les responsables de ce choix pourront toujours préparer leurs éléments de langage pour s'en défendre mais avant de le faire qu'ils y réflechissent à deux fois:
"que l'orchestre national du Liban de ce 5 Juillet à Baalbeck ne soit pas
un jour associé à l'orchestre du Titanic, prélude de son naufrage."


Nombreux sont ceux qui veulent encore croire qu'un Liban qui marginalise à ce point la langue française dans de telles circonstances ne sauraient être vraiment résilient. Un point de vue osé et contrarien peut-être, une conviction bien ancrée, sans aucun doute!

JM Druart

Place au concert!


Editorial Juin 2020

Liban: la révolte de la dignité...
Difficile de cautionner n'importe quelle violence alors que 8 mois plus tard, le pays s'est enfoncé encore davantage et que les acteurs de la révolte semblent avoir changé. Et même si, en apparence, un gouvernement de "bonne volonté" est en fonction depuis fin Janvier,
le Liban n'a pas changé de classe politique, la corruption reste exacerbée par les pénuries ou l'inflation et le peuple libanais s'enfonce dans la précarité.
L'environnement international, entre tensions régionales et gestion des conséquences économiques de la pandémie du Covid-19, au niveau national ou multilatéral, rend encore plus délicat le recours à l'aide internationale pour apaiser la situation et résoudre les problèmes structurels du Liban qui paraissent éternels.
Sans dignité de son peuple, que restera t-il du Liban?
Comment pouvoir encore parler de fête ou de célébration d'un centenaire d'un "Grand Liban" qui est en grand danger de dislocation? Quand on aime tant cette idée de Liban, on a mal au Liban...
Jean-Michel Druart - LibanVision -2020



Très bientôt André Bercoff nous fait l'honneur de sa chronique éditoriale
entre France et Liban


A
Pour patienter un peu, voici son dernier "Tweet" en date du 7 Juin
Les médiocres et les planqués détestent #DidierRaoult comme ils haïssent #DonaldTrump et tous ceux qui ont le talent et le courage d’avancer hors des passages cloutés de #BigBrother, et d’oser penser à l’extérieur de la machine à décerveler. Péchés capitaux pour les cons formatés.




La dernière révolution du Liban
par Antoine Joseph Assaf
Le pays du Cèdre est plongé dans une crise économique sans précédent. La révolte gronde contre la corruption et le pillage systématique. L’année du centenaire de la proclamation par la France de l’État du Grand Liban, le philosophe franco-libanais Antoine Assaf, partisan du général Aoun, s’interroge sur l’opportunité d’un gouvernement de salut public... Cliquez sur l'image du port de Beyrouth


La nécessité de l'idée de Nation
par Bahjat Rizk


L
La plupart des sociétés aujourd'hui ont des difficultés à redéfinir leur cadre national, à commencer par le Liban qui s'est défini dès le départ comme une association, à la fois consentie (Michel Chiha) et contrainte (Georges Naccache: deux négations ne font pas une nation) de communautés.

La nation est une construction idéologique dont le but est la cohésion sociale et de faire respecter l'autorité de l'Etat. Elle n'est jamais totalement acquise, ni entièrement satisfaisante, toujours sujette à des mutations mais elle est indispensable à l'établissement et la poursuite de tout projet stable, culturel et politique.

Elle est à la fois subjective et objective, intériorisée et incarnée puisqu'elle suppose une histoire dans le temps et une géographie dans l'espace. Elle peut être à la fois source d'enrichissement et de conflits. Comment établir un cadre de négociation qui préserve la paix et éviter les dictatures, les guerres civiles et les guerres entre nations?

Il serait peut-être utile de passer en revue brièvement quelques approches construites récentes de l'idée de nation. >> Lire la suite avec L'Agenda Culturel...


Didier Raoult interrogé par Zeina Trad pour Front Populaire:
"La recherche française est entrain de régresser"



Le Liban et la francophonie

Editorial Novembre 2019

Vous avez dit bizarre?

Le Liban est un pays francophone, le français est une langue de contestation issue de la France qui incarne les valeurs de la révolution depuis 1789 mais, étrangement, le français n'est plus, après l'arabe, la langue seconde qui exprime la contestation au Liban en 2019.
Derrière ce constat flagrant se profile bien des questions avec des réponses qui se trouvent aussi en France, aux Etats-Unis ou ailleurs...
Au moment ou devait se tenir le salon du livre francophone, la réalité est sévère mais réelle: le français est en danger au Liban et risque de vite devenir une langue étrangère au lieu d'être la langue seconde qu'elle est depuis plus de 150 ans.

Cette révolution en est le dérangeant révèlateur, alors même que bien des libanais restent d'ardents défenseurs du français:
le Liban, certes, concentre les paradoxes mais envoie aussi de sérieuses alertes:

La jeunesse libanaise s'affirme comme le principal moteur de la contestation de l'automne 2019 et veut inscrire une rupture avec un système politico-confessionnel.

L'observation objective du déroulement des évènements inciterait à croire que ceux-ci pourraient également marquer un tournant dans l'usage de la langue française dont les valeurs sont censées épouser les valeurs de la révolution mais qui est se révèle très en retrait sur le plan de l'expression et de la visibilité de la francophonie libanaise. C'est un indice peut-être bien plus inquiétant que troublant au moment ou le nombre d'élèves scolarisés en français au Liban est en passe de devenir minoritaire alors qu'il était encore de deux tiers il y a vingt ans. Il doit donc faire réfléchir tous ceux qui de près ou de loin oeuvrent pour la francophonie en général et pour cette francophonie libanaise à laquelle nous resterons attachés contre vents et marées.
JM Druart

Editorial Mars 2019
LibanVision a la plaisir de publier ce billet des lecteurs paru dans l'OLJ adressé par Mr
Bassam Tourbah, à l'occasion de la fin du mois de la francophonie au Liban.


La langue française a toujours été partie intégrante de notre conscience nationale. D’aucuns disent de notre patrimoine culturel, voire pour certains de notre identité… « mère patrie », « mère affectueuse »… Notre façon de penser le régime politique que nous avons choisi pour notre pays. Notre Constitution n’est-elle pas inspirée de la Constitution française de 1945 ? Certains vont jusqu’à appeler, à tort, notre président du Conseil Premier ministre dans la lignée de la Constitution française de 1958, ce qui est carrément contraire à notre Constitution de 1990 et à celle de 1926. Des Libanais de haut rang lui ont donné ses lettres de noblesse de par le monde. Penser à Michel Chiha, Charles Hélou, Georges Shéhadé, Salah Stétié… à Amin Maalouf qui a accédé, honneur suprême, à l’Académie française.

L’article 11 de la Constitution de 1926 stipule que la langue française est également la langue nationale officielle et la Constitution de 1990 précise que la loi déterminera les cas où la langue française serait utilisée. Ainsi le législateur a consacré la langue française comme pouvant être un véhicule national officiel de communication dans les domaines déterminés par la loi. Cas singulier où une langue étrangère pouvait être considérée comme langue officielle d’un pays.

… Pas seulement. La francophonie a séduit même des anglophones comme Saëb Salam à qui revient le mérite de nous avoir ancrés à « l’Organisation internationale de la francophonie », OIF. En effet, le Premier ministre français Jacques Chaban-Delmas, recevant le président Salam, alors président du Conseil, lui faisait remarquer que le Liban, malgré l’aide que la France ne cesse de lui prodiguer dans différents domaines depuis l’enseignement jusqu’à la santé, hésitait à adhérer à l’OIF. Le président Salam lui répondit : « L’aide de la France va essentiellement à une partie de la population du Liban, à une communauté précise, et les Makassed par exemple dont je suis le président n’a jamais bénéficié de ses subsides et malgré cela, moi, Saëb Salam, l’anglophone, le musulman, président des Makassed qui n’a jamais reçu d’aide de la France, je viens vous dire que le Liban souhaite adhérer à l’OIF. »

… Jusqu’à Rafic Hariri, l’anglophone qui avait choisi Paris pour résidence et qui se plaisait à user de la langue française comme preuve de sa réussite dans la vie. Il a acheté Oger, une société française, pour en faire un empire et a installé à Paris une branche de la fondation qui porte son nom couvrant l’Europe et l’Afrique du Nord. En inscrivant ses enfants à Paris, dans une école française, il me dit son regret de ne pas pouvoir s’y inscrire lui-même pour apprendre les secrets de cette langue qui le séduisait. C’est grâce à lui que le 9e sommet de la francophonie a eu lieu au Liban, faisant de notre pays une capitale reconnue de la francophonie. En reconstruisant Beyrouth, il a tenu à ce que le nom des rues et les différentes autres signalisations soient libellés en français en plus de l’arabe.

Les Libanais, fiers de leur appartenance à la famille francophone, ont institué le prix Phénix qui récompense le meilleur ouvrage écrit en français tout comme le prix France-Liban décerné par l’Association des écrivains de langue française, Adelf, reconnue d’utilité publique en France, pour le meilleur ouvrage écrit par un Libanais ou ayant pour thème le Liban. Le prix est remis annuellement au siège de l’OIF sous le patronage du secrétaire général de cette institution internationale et sponsorisé pendant plusieurs années par la Bankmed.

En ce mois international de la francophonie, le Liban, seul pays francophone de la région, se félicite de son appartenance à la famille francophone qui a bercé son passé et lui a ouvert des perspectives d’enrichissement pour son avenir.


Il faut sauver notre Office du Tourisme du Liban à Paris

Editorial Janvier 2019

NON A LA FERMETURE DE L'OFFICE DU TOURISME DU LIBAN A PARIS

En 2018, l'Office du Tourisme du Liban a fêté ses 50 ans...
2019 sera-t-elle l'année de la fermeture des portes de ce haut lieu de la présence libanaise en France et même en Europe ?

Des rumeurs persistantes se répandent comme chaque fin d'année sur la pérennité de l'OT Liban animé depuis une vingtaine d'années déjà par Mr Serge Akl.
La communauté libanaise de Paris et de France ainsi que tous les amis francophones du Liban reconnaissent unanimement combien cet organisme joue un rôle essentiel non seulement dans la promotion du tourisme vers le pays du cèdre mais aussi bien au-delà, principalement dans le domaine culturel et évènementiel.

Si les raisons budgétaires sont régulièrement mise en avant pour venir justifier une possible fermeture de l'OT Liban, cette année il se pourrait bien que le coup de grâce survienne avec d'autres enjeux en coulisses.
Certes, le retard de la formation du gouvernement, les maigres dotations d'un ministère du tourisme libanais pour lui-même et encore plus pour les structures extérieures sont autant menaces structurelles récurrentes. Depuis fin 2016 et le départ du ministre Pharaon, l'OT Liban vit dans la plus grande précarité au point d'avoir été contraint à une fermeture temporaire de facto ne pouvant plus payer ni salaires ni facture d'électricité! Terminées les participations aux salons professionnels tels que Top Résa ou au Festival de Cannes qui donnaient visibilité et envergure à ses actions et permettaient ainsi au Liban de rayonner, par son intermédiaire, en France et même, plus largement, sur la scène européenne.

Mais cette fois, il semble bien que ces raisons invoquées de gros sous et de surface habituellement mises en avant, ne soient pas les seules à mettre en danger cette institution. Certes, il n'est pas courant qu'un Office de tourisme se transforme en centre de gravité d'activités de promotion culturelle et de relations publiques pour un pays tout entier et qui plus est, dans un pays majeur pour son histoire et au coeur d'une des principales régions européennes. Une action se juge dans la durée et force est de constater que ce travail a été mené avec brio et efficacité et, autant que possible, au-delà des clivages communautaires et politiques.

Il est donc urgent de garantir la pérennité de cet organisme en capitalisant sur tous ses apports cumulés sur cette longue période et en lui garantissant une bonne fois pour toutes les moyens requis pour une action globale intégrant le tourisme sous toutes ses facettes y compris la culture et l'évènementiel.
Au cas ou un recentrage vers une promotion classique du tourisme stricto-censu serait décidée, il faudrait alors songer à la mise en place en parallèle d'un grand centre culturel libanais mais il n'est pas certain, qu'au bout du compte, cela soit une option bien judicieuse tant en terme de bonne gestion de l'argent public qu'en terme de visibilité et de qualité de l'action.
Après tout le tourisme n'est-il pas l'une des meilleures passerelles pour valoriser la connaissance et l'expansion de la culture libanaise.

Il est donc urgent de lancer une mobilisation de la communauté libanaise, franco-libanaise et des amis du Liban, notamment auprès des instances représentatives du Liban en France, pour que la situation de l'Office du Tourisme du Liban à Paris soit au plus vite clarifiée et que celle-ci ne devienne paralysée ou remise en cause sur fond de querelles politiciennes ou de volonté d'un quelconque noyautage...
Car aujourd'hui, dans la droite ligne de toutes les péripéties et atermoiements qui pourissent la situation du pays tout entier, il semble bien que le sort de l'Office du Tourisme du Liban à Paris soit menacé voir déjà scellé...

Nous avons tous NOTRE LIBAN et ce Liban à Paris et en France ne saurait devenir orphelin d'un Office du Tourisme éclairé et éclairant pour notre pays qu'il soit de cœur ou qu'il soit de sang... Comment accepter une telle régression en cette année précédant la célébration du Grand Liban en 2020. Y a t-il un représentant responsable de notre pays qui pourrait justifier une telle offense au peuple libanais?


Je souhaite donc à tous les libanais francophones et ses amis une année 2019 de bien-être et de raison, avec la détermination de pouvoir partager et poursuivre les belles actions en faveur du Liban à partir d'un Office du Tourisme à Paris rayonnant et solide dans l'intérêt du pays, de tous les libanais et toutes les libanaises du Liban ou de la diaspora.

JM Druart - Editeur de LibanVision - Janvier 2019


Positive Lebanese
On ne le dira jamais assez, et malgré le marasme actuel, le Liban est un pays riche. Riche dans sa diversité aussi bien religieuse, historique, archéologique, culinaire que culturelle. Et ces quinze dernières années, c’est bien cette extraordinaire vitalité de la société civile qui a attiré sur nos terres des milliers de touristes venus découvrir la Lebanese Way of Life. Cette façon bien à nous de célébrer la vie, de transcender la fatalité, de sublimer le quotidien, de faire exploser les frontières de l’artistique et d’inventer mille et une façons de survivre, d’exister et de s’affirmer. Et cela, Serge Akl, le dynamique directeur de l’Office du tourisme libanais à Paris, l’a très bien compris. Depuis sa prise de fonctions en l’an 2000, il redouble de créativité pour exporter une image positive de notre pays malmené et longtemps boudé par les tours opérateurs étrangers...

Lire tout l'article de Tania HADJITHOMAS MEHANNA paru dans L'Orient Le Jour en 2018


Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative, se tient un Libanais ou une Libanaise courageux, innovant, optimiste et plein d’amour pour son pays. Depuis 2018, une page Facebook remplace le website...




9 Janvier 2019

Le site LibanVision a indiqué dans son éditorial que l’Office du Tourisme du Liban à Paris, véritable institution depuis son ouverture dans les années 1960 est menacée de fermeture. Il s’agirait des premières conséquences pratiques pour les institutions libanaises menacées par un shutdown financier en raison de l’absence de la constitution d’un gouvernement depuis les élections législatives de mai 2018. >> Lire la suite...









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