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La Diaspora libanaise dans le Monde:
"le coin de ciel bleu du Liban?"

L'actualité des libanais du monde

de la diaspora libanaise
et
du Liban d'Outre-Mer



source iLoubnan.info


20 Octobre 2008
Quand l'émigration libanaise devient un thème théâtral:
Cherche visa désespérément
par
Colette KHALAF

Des jeunes Libanais de tous bords et tous milieux attendent devant les
portes de l’ambassade. Seul objectif : le départ.
« Longue était la nuit aux portes de l’ambassade » est un spectacle musical
et vivant de Nidal al-Achkar, présenté au théâtre al-Madina jusqu’au 30 décembre.
Pour le Liban, l’immigration a, depuis deux siècles, marqué l’histoire et la géographie de ce pays. Plus des deux tiers de la population libanaise se trouvent éparpillés à tous les coins du monde. Pour aborder ce thème cuisant et douloureux, l’actrice et metteur en scène Nidal al-Achkar a dû recourir au verbe du poète et écrivain Issa Makhlouf pour illustrer les douleurs et les déchirures d’un peuple. Tout en prenant appui sur cette réalité, la pièce de théâtre, en langue arabe et en chansons, avec sous-titrage français, évoque la capacité de l’homme à affronter son destin.
C’est un huis clos teinté de modernité que propose al-Achkar, qui explique que « le découpage des scènes constituait l’essentiel du travail, car il sous-tendait l’enchaînement dramatique des événements ».
À l’ouverture, le spectacle semble déjà osciller entre réel et imaginaire, puisqu’elle représente la longue file de candidats au visa comme un bétail allant à l’abattoir.
Mais au fur et à mesure que les événements s’enchaînent et que les bruits des bombes et des mitraillettes (orchestrés sur du matériel improvisé) obligent quinze personnages à passer la nuit ensemble, la dérision l’emporte parfois sur le réel et l’absurde prend place.
Sur fond dramatique, rythmé par les percussions, le bouzouk, la guitare ou le oud de quatre musiciens formant un coryphée moderne, les textes s’animent et se teintent de fantaisie. Rap et chansons du passé s’entrelacent illustrant le Liban d’aujourd’hui.

Envoyez la musique
Devant la porte de l’ambassade, l’enfermement ouvre la voie à l’imaginaire. À bord de moyens de transport fabuleux déambulant sur un grand écran, les spectateurs s’envolent jusqu’aux tréfonds de l’Afrique peuplée de baobabs pour immerger dans les quartiers de NewYork, la brousse de l’Australie ou le désert des pays arabes.
Autant de destinations qui font rêver ces jeunes. Mais qui s’achèvent sur un quotidien amer. Et les comédiens-musiciens retombent dans cette triste réalité que sont les querelles intestines de leur pays.
Après donc un long travelling, qui s’étire un peu et qui pèche par instants par la faible sonorisation (moyens financiers obligent), l’action rebondit dans la seconde partie du spectacle, plus énergique et plus créative. À travers des chorégraphies dynamiques et colorées, des brefs hommages sont rendus aux grands « musicals » du siècle, comme West Side Story ou All That Jazz. Lesquels sont suivis par des portraits d’immigrés, un exercice ludique auquel s’adonnent les comédiens avec plaisir.
On dirait que ces quatorze acteurs réunis sur scène (« des débutants, sauf Nada Abou Farhat, mais qui ont beaucoup de potentiel », dira Nidal al-Achkar) avaient commencé par tâter le terrain, baliser les planches pour mieux s’adapter au public.
Longue était la nuit aux portes de l’ambassade est comme une pâte qu’on pétrit. Les boulangers l’ont faite avec beaucoup d’amour, y mettant tous les ingrédients nécessaires. Il faudra attendre seulement que le levain la gonfle.
Les comédiens qui ont déjà relevé le défi auront certainement le temps de réagir et de « grandir » avec leur audience. Alors le levain aura fait son effet.
Le spectacle sera présenté à 20h00, sans relâche,
au théâtre al-Madina jusqu’au 30 décembre.

Fiche artistique
Design éclairage : Judith Greenwood.
Musique : Khaled Abdallah.
Assistant au metteur en scène : Raghda Mouawad.
Costumes : Mohammad Khadra, assisté de Marwan Aoun.
Chorégraphie : Nadim Bahsoun.
Graphisme et animation : Omar Khoury et Fadi Baki.
Consultants artistiques : Mona Knio et Nagy Souraty.
Photographe : Houssam Mcheimech.

Acteurs
Assile Ayach, Édward Abbas (rap), Bassam Abou Diab, Rafic Féghali, Rawia Alchab, Suleiman Zeidan, Ali Alhout, Abed Koubaisy, Ali Younès, Mohammad Najmi, Mohammad Assaf, Nisrine Hmeidan, Nasreddine Elcharbaji Elmazik (rap) et Nada Abou Farhat.

Juin 2008
Rapport de l’Economist Intelligence Unit
L’économie libanaise de plus en plus tributaire de la diaspora
Un rapport édité par The Economist Intelligence Unit (EIU) a indiqué qu’en dépit de la paralysie au niveau politique qui a négativement affecté le Liban pendant deux ans, l’économie a continué à bien fonctionner. Comme les autres sources de croissance ont séché, le pays est devenu de plus en plus dépendant d’un seul facteur, qui est l’engagement des expatriés libanais travaillant à l’étranger à transférer des fonds vers leur patrie, selon le bulletin économique de Byblos Bank, Lebanon This Week.
Le rapport a souligné que le PIB a enregistré une hausse de 4 % en 2007 par rapport à l’année précédente. La consommation du secteur privé est restée élevée, les restaurants et les commerces de Beyrouth continuant à prospérer sauf dans le centre-ville. Des investissements se sont poursuivis dans l’immobilier qui est demeuré en bonne santé, alors que le tourisme a tenu bon jusqu’à un certain niveau.
Le plus important demeure le fait que les dépôts bancaires en devises sont restés constants, permettant aux établissements de crédits de continuer à couvrir la dette publique qui représente 190 % du PIB.
The Economist Intelligence a souligné que toutes ces sources de croissance dépendent de plus en plus de la diaspora libanaise dont le nombre dépasse de loin celui des résidents. Cette diaspora, qui travaille à l’étranger, est bien éduquée et rémunérée, notamment celle occupant des postes dans les pays du Golfe et en Afrique. Elle est en outre réputée pour être très attachée au Liban.
À titre d’exemple, les dépôts bancaires se sont accrus grâce notamment aux expatriés libanais. Comme dans leur grande majorité ils utilisent des adresses locales, leurs fonds transférés sont classés en tant que fonds résidents. Le secteur touristique est de même dynamisé par les expatriés libanais qui remplissent les cafés, les restaurants et les bars et soutiennent une consommation continue dans le secteur des produits de luxe. Mais ces expatriés ont tendance à résider chez des parents ou des amis, ce qui explique le faible taux de remplissage des hôtels, équivalent à seulement 30 %. De même, l’activité dans le secteur immobilier est soutenue par les Libanais d’outre-mer, dans la mesure où ceux-ci acquièrent des résidences dans l’objectif ultime de retourner un jour s’installer définitivement au pays. De toute façon, ils trouvent les prix d’achat de résidences dans les villes où ils travaillent comme prohibitifs et l’enregistrement de ces pied-à-terre comme légalement complexes. Ces expatriés sont demandeurs d’appartements d’une ou deux chambres, mais aussi d’appartements de luxe.
La plus importante contribution de la diaspora libanaise est le transfert de fonds vers la patrie, estimés à près de 6 milliards de dollars en rythme annuel.


Novembre 2007
Ils étaient une dizaine en 1897, ils seraient 30 000 aujourd’hui
dont 10 000 naturalisés*
Les Libanais du Sénégal : dynamisme, débrouillardise et génie du business
Dans un pays ravagé par une pauvreté galopante, la communauté libanaise préserve sa réussite dans les affaires et son aisance financière, malgré la suspicion des Sénégalais et les revers de fortune.
La scène a pour théâtre la frontière ivoiro-ghanéenne. « Papiers ! » mâchonne le douanier. « Nationalité ? » « Libanaise », réplique le voyageur au teint clair. « J’ai dit : “nationalité !”», beugle le gabelou. « Libanais », insiste le fils du Cèdre, interloqué. La réplique cingle : « Mais enfin, ce n’est pas une nationalité, c’est une profession ! » L’anecdote suffit à dévoiler les clichés et les fantasmes que charrie l’épopée africaine des enfants du Levant, lointains héritiers des Phéniciens qui accostèrent jadis dans les parages du Cap-Vert.
Vieille histoire. Dès le milieu du XIXe siècle, des heurts confessionnels secouent la montagne libanaise. Souveraine, l’élite chrétienne maronite refoule des cohortes de paysans musulmans vers les terres ingrates et rocailleuses du Sud. Dès lors, les bannis chercheront à fuir la pauvreté sur d’autres continents. Mais le premier aventurier connu, parti de Miziara (Nord), se nomme Élias Khouri Younès, signalé en 1882 au Nigeria. Ce défricheur maronite voulait, comme tant d’autres, échapper ainsi à la conscription – le « badal » – imposée par l’occupant ottoman et aux persécutions du sultan Abdülhamid II. Cap sur le Gold Coast, le futur Ghana, le Liberia, la Côte d’Ivoire et, bien sûr, le Sénégal.
Bienvenue au pays de la Teranga, berceau et épicentre de l’épopée. On y dénombrait en 1897 une dizaine de Libanais, « colporteurs sans installation fixe ». Ils seraient aujourd’hui environ 30 000, dont 10 000 naturalisés. Parmi eux, une centaine de médecins, une trentaine d’avocats, autant de pharmaciens, une cinquantaine d’ingénieurs, des enseignants, et, bien sûr, des milliers de commerçants ou hommes d’affaires. Tous témoins d’une intégration qu’atteste aussi cette rue de Dakar dédiée à Abdou Karim Bourgi, prince de l’immobilier. Un autre Bourgi, Faez de son prénom, a accédé au rang de général. Les députés Samir Abou Rizk et Mahmoud Saleh siègent à l’Assemblée nationale.
Plus encore que l’ampleur de leurs flux migratoires, c’est la faculté d’adaptation des Libanais qui impressionne (…). Le dynamisme, la débrouillardise, le génie des affaires des descendants des Phéniciens forcent l’admiration, même s’ils suscitent parfois aussi l’agacement, la jalousie. En quelques années, le quincaillier ambulant troque sa carriole contre une échoppe puis, pour peu que la chance lui sourie, lègue à ses fils un commerce prospère.
1937. Le paquebot Champollion, parti de Beyrouth, cingle sur une Méditerranée démontée, avec le jeune Moussa Sharara à son bord. Un mois plus tard, après une escale à Marseille, ce villageois du Liban-Sud débarque à Dakar, la capitale de l’Afrique occidentale française (AOF). Il y retrouve son cousin Sleimane, un grand commerçant, tout comme lui de confession chiite, arrivé 13 ans plus tôt. Vendeur de cigarettes, puis négociant d’arachide en brousse, il s’improvise photographe ambulant, apprend le wolof en huit mois, s’offre, avec ses premiers revenus, des cours de grammaire et d’orthographe françaises. Le voici armé pour importer du papier photographique, négoce qui fera sa fortune.
« On gagne son franc à la sueur de son front », répéta inlassablement le vieux Moussa Sharara, aujourd’hui âgé de 98 ans, à ses 13 enfants. Aujourd’hui, Kazem, Fayçal, Amoudé et autres Zeinab, nourris à la leçon du père, sont tous dans les « affaires ». Et ils ne sont pas les seuls Libanais du Sénégal ou Sénégalais d’origine libanaise à faire prospérer le business de famille par le travail, encore le travail, toujours le travail, même si les fortunes et les manières de réussir sont diverses.

Libanais, nationalité ou profession ?
Au début, la première activité économique de ces Libanais était le commerce de tissus, d’arachide, d’articles divers. Aujourd’hui, leurs fils ou leurs petits-fils s’activent dans d’autres domaines comme le transport, l’industrie, l’alimentaire, l’immobilier et tant d’autres.
« Libanais » est-ce une nationalité ou une profession ? « Ce n’est pas faux, sourit un des leurs. Très présents dans les professions libérales et l’industrie, les Libanais sont les premiers investisseurs du Sénégal. Ils possèdent 60 % des PME-PMI. Et pèsent lourd en termes d’emplois. » Khalil Basma, casquette bien vissée, est assis dans un coin d’une boutique achalandée de tapisseries à l’avenue Blaise Diagne de Dakar. Né en 1938 à Dakar, le vieux, qui s’est rendu au Liban une seule fois en 1983. (…)
M. Badaoui, 51 ans, trouvé derrière le comptoir de l’un de ses deux magasins spécialisés dans la vente de tissus et de cartables au marché Sandaga, ne déroge pas au cliché. Originaire d’un petit village libanais, situé à 10 km de la ville de Tyr, il dit avoir quitté son pays d’origine pour le Sénégal à l’âge de 5 ans avec ses parents (…).
Pour M. Badaoui, pas question de retour au bercail. (…) Pourtant, aujourd’hui, « les recettes ont connu une baisse avec les Sénégalais qui sont devenus de grands commerçants. » Il consent : « Cela ne gêne pas, car c’est la loi du marché. » (…)
Citoyens « à part entière » mais aussi « entièrement à part », les « Libanais » sont-ils des Sénégalais comme les autres ? Beaucoup de la nouvelle génération, qui « supporteraient sans hésiter les Lions s’il y avait un match de foot Sénégal-Liban », revendiquent haut et fort leur « sénégalité » : « Nous sommes bel et bien des Sénégalais d’ethnie libanaise ! Car, si nos parents étaient venus avec l’idée de faire fortune et de retourner au pays, notre génération, elle, a coupé les ponts avec le Liban. » Alors pourquoi vivent-ils repliés sur eux-mêmes ? « On nous reproche le peu de mariages mixtes. Mais l’intégration ne se joue pas au niveau de la ceinture, avait balayé, en 2002, d’un revers de la main, l’homme d’affaires, Fayçal Sharara. Le fond du débat consiste à savoir si les Libanais participent au développement du pays et partagent des aspirations communes avec le reste de la nation. La réponse est oui. »
Témoin : la restauration qui reste un domaine de prédilection des Libanais au Sénégal. Les restaurants, Le Régal dont le gérant est Jamal Joer, Ali Baba géré par Kamil Hage Ali, La Fourchette de Sharara Amoudé, Les Ambassades des Omaïs, pour ne citer que ceux-là, sont parmi les tables les plus prisées de Dakar. (…)
Jadis hésitantes, bien des dynasties de la communauté libanaise, souveraine dans le commerce, ont su marcher sur les pas des Fayçal Sharara et autres Saïd Fakhry (SAL) pour investir le tissu industriel sénégalais. (…) La liste est loin d’être exhaustive de la panoplie d’industries gérées par les Libanais au Sénégal. Qui sont également réputés dans le domaine de la médecine. (…) Et partout, dans le business comme l’exercice des professions libérales, c’est le sens des affaires, la capacité d’adaptation, le désir de « réussir à tout prix » qui prévalent.
Parfois tapageuse, la réussite des « visages pâles », boucs émissaires commodes, éveille les jalousies. C’est la rançon du succès : ces talentueux businessmen sont quelque peu jalousés, accusés d’être à la source de toutes les corruptions. « C’est bien connu : chaque Libanais a un douanier et un policier dans sa poche », affirment sans nuance certains Sénégalais pure souche. Dans les coulisses des affaires dakaroises, on accuse, à tort ou à raison, certaines familles libanaises de faire dans des affaires illicites : pratiques usuraires, blanchiment ou transfert d’argent, trafic d’armes, etc. (…) « C’est normal, se gratte un vieux Libanais. Sénégalais, Libanais ou Américains, il y a toujours et partout des brebis galeuses. » (…)
De la suspicion, de la sueur. Et beaucoup d’argent. La fortune et ses revers. Libanais, une profession ? Soit. Un métier d’avenir au Sénégal ? Voire.
B. B. F.
(*) Article paru dans Weekend Magazine, Sénégal.

Août 2007
L’Union libanaise culturelle mondiale et ses objectifs
L’ULCM : 341 branches dans 50 pays pour soutenir le Liban et renforcer les liens avec les émigrés

Youssef as-Saouda, le juriste et poète, premier ambassadeur du Liban au Brésil, nommé en 1945, s’était rendu, un beau jour, auprès de l’ambassadeur britannique à Rio de Janeiro. « Ne soyez pas trop fier, lui a-t-il dit. Il est vrai que vous représentez un empire que la lumière du soleil ne quitte guère. L’empire que je représente n’est pas moins étendu, à la différence que votre empire disparaîtra un jour et le nôtre restera. » En 1893, le Brésil comptait déjà, à lui seul, 7 214 émigrés libanais (selon l’ouvrage du professeur Abdallah Mallah, al-Hijra min moutassarrifiyyat Jabal-Loubnan, 1861-1918) à une époque où le total de la population du petit Liban (le Mont-Liban) n’excédait pas les 400 000 personnes.
Le président du Cercle des ambassadeurs du Liban, Fouad Turk, l’un des pères fondateurs de l’Union libanaise culturelle mondiale (ULCM), ne tarit pas d’anecdotes sur « la mondialisation entamée par les émigrés libanais, un siècle avant la révolution numérique », comme il plaît au plus grand des poètes arabes, Saïd Akl, de la qualifier.
En 1937, Choucri Khoury, propriétaire du journal Aboul-Haoul, écrivait ces lignes : « S’il y avait une route qui menait à la Lune, vous auriez aperçu un Libanais muni de son paquet de marchandises prendre cette route et vous auriez aperçu un second Libanais parti sur cette route, pour fonder sur la Lune un journal ou une école. »
À l’heure où une large délégation de l’ULCM poursuit, au Liban, une tournée marathonienne auprès des dirigeants politiques, des chefs spirituels, des présidents d’instances économiques et sociales, il est devenu indispensable de braquer les projecteurs sur celle que les intimes appellent simplement « al-Jami’aa », l’Union.
Fondée en 1959 au Mexique à l’initiative des Libanais de Mexico, sous le parrainage du président de la République Fouad Chéhab, elle s’appelait, à l’origine l’Union libanaise mondiale. Mais il a fallu ajouter le terme « culturelle » par respect de la loi mexicaine qui n’autorisait pas les « lobbys étrangers » sur son territoire.

Une véritable démocratie
Le premier congrès s’est tenu au Mexique en 1960. Ce congrès a approuvé les premiers statuts et le règlement interne qui stipule que l’élection d’un nouveau président mondial, des vice-présidents (pour chaque continent il y a un vice-président, un assistant et un secrétaire général) et des différents comités devrait avoir lieu tous les deux ans, avec interdiction de se faire renouveler le mandat. Seul le secrétaire général n’est pas élu mais désigné. « Il y a une véritable démocratie que nous acceptons avec gaieté de cœur », souligne Antoine Menassa, vice-président pour le continent Europe.
À l’ULCM, on parle de six continents : les cinq continents géographiques plus le Brésil qui accueille à lui seul plus d’un million d’habitants d’origine libanaise. En 2007, l’ULCM regroupe un ensemble de 341 branches, clubs et associations, répartis sur 50 pays, sur les six continents.
Selon le Centre libanais pour la recherche sur l’émigration (LERC), présidé par Guitta Hourani, le nombre total des émigrés libanais ou d’origine libanaise se chiffre, aujourd’hui, à entre quatre et six millions, contrairement à la légende qui veut que les Libanais de la diaspora soient au nombre de 14 millions.
Du 25 au 27 mai dernier, pour le 15e congrès de l’Union, ils se sont retrouvés à São Paolo, au Brésil. Ils étaient une centaine de participants venus des cinq continents et deux cents délégués venus du Brésil, représentant au total 341 branches (dont 110 se trouvent au pays de la samba), à qui se sont joints une centaine d’invités d’honneur (députés, sénateurs, gouverneurs) du Brésil et des Amériques.
À São Paolo, le participant au congrès était soit un votant soit un visiteur. Le votant est le représentant au moins d’une branche. Pour être membre d’une branche, il suffit au candidat de prouver qu’il est libanais, ou d’origine libanaise, ou qu’il a un conjoint libanais. Il faudra ensuite payer une cotisation annuelle d’un montant symbolique.

Les objectifs
Il convient de signaler que « les portes de l’ULCM sont grandes ouvertes aux Libanais de tous bords, toutes communautés et toutes classes socioprofessionnelles confondues », comme le précise le secrétaire général, Georges Abi Raad.
Comment créer une branche ? Il suffit que trente personnes se rassemblent, remplissent le formulaire d’adhésion, créent un statut juridique, et le soumettent au secrétaire général local ou mondial. Ensuite, chaque succursale s’autofinance.
Les anciens responsables et les futurs anciens responsables de la Jami’aa peuvent rejoindre le sénat de l’ULCM qui réunit également des membres d’honneur nommés parmi les Libanais de l’étranger.
À ses débuts, l’ULCM a siégé au club Monte Libano (à Mexico). Ensuite, le siège s’est déplacé avec les nouveaux présidents élus. Bientôt, « la maison de l’Émigré » sera inaugurée à Quincy, dans l’État de Massachusetts.
En ce qui concerne les objectifs de l’ULCM, ils se définissent comme suit :
– Revendiquer le droit de vote pour les émigrés, à travers les représentations diplomatiques.
– Restituer la nationalité libanaise aux descendants d’origine libanaise.
– Mener des campagnes auprès des émigrés pour les pousser à inscrire leurs enfants et leur épouse.
– Organiser des manifestations culturelles et folkloriques pour sensibiliser les émigrés et leurs enfants à la culture libanaise.
– Construire un site web pour apprendre l’arabe et le dialecte libanais.
– Demander aux pays hôtes d’aider à sortir le Liban de sa crise.
L’Union des Libanais dans le monde exerce également du lobbying, au niveau politique, pour aider le Liban à surmonter les difficultés auxquelles il fait face. « Nous avons renouvelé le soutien de la diaspora au peuple libanais, lors de nos entretiens à Beyrouth, indique sur ce plan Antoine Menassa. Nous avons prié les hommes politiques de revenir aux concertations. Nous avons plaidé pour la loi tant attendue qui devrait permettre la restitution de la nationalité aux émigrés d’origine libanaise. Et nous avons voulu montrer l’exemple à tous les émigrés qu’il est possible de passer l’été au Liban, pour prouver que le terrorisme ne nous empêche pas de continuer notre vie et de visiter notre pays. »
Mais l’action de l’ULCM ne se limite pas au volet politico-national ou aux aspects en rapport avec le patrimoine du Liban, mais elle englobe aussi un apport humanitaire ou une contribution au développement. Ainsi, l’ULCM s’est engagée à faire campagne pour équiper l’hôpital de Aïn Ebl, au Liban-Sud. Et d’une manière plus globale, l’Union tente également de « collaborer avec l’association Bader pour faciliter l’accès des nouveaux diplômés à des fonds afin qu’ils créent leur propre entreprise », comme le précise Antoine Menassa.
Cet attachement des émigrés à la mère patrie a été exprimé par une formule lapidaire d’André Bercoff, ancien collaborateur au Jour, qui a souligné dans son dernier ouvrage Retour au pays natal : « Le Liban est moins fait pour guerroyer que pour jouir. »

Le périple libanais de la délégation de l’ULCM

La délégation de l’ULCM qui vient d’effectuer une visite à Beyrouth regroupait de hauts responsables et de l’Union, représentatifs de toute la mosaïque libanaise. La délégation comprenait ainsi Élie Hakmé, président de l’ULCM, Haïfa Chédrawi, présidente de l’Union des femmes de l’ULCM, Georges Abi Raad, secrétaire général, Joseph Chidiac, conseiller de l’ULCM à Beyrouth, Sarkis Hakmé, homme d’affaires au Brésil, Antoine Menassa, président pour l’Europe, Chakib Rammal, président pour l’Afrique, ainsi que Samir al-Ghazal, Antoine Kaddissy et Eid Chédrawi.
La délégation a été reçue au cours de son séjour, notamment, par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, le Premier ministre, Fouad Siniora, les ministres Hassan Sabeh (Intérieur), Tarek Mitri (Affaires étrangères p.i.), Charles Rizk (Justice), Jihad Azour (Finances), Ahmad Fatfat (Jeunesse et Sports), Joe Sarkis (Tourisme), l’ancien président de la République, Amine Gemayel, le « Amid » du Bloc national Carlos Eddé, le chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, le chef du Courant du futur, Saad Hariri, le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères Hicham Dimachkiyé, le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, le président de la Ligue maronite, Joseph Torbey, l’ancien président de la Ligue maronite, Michel Eddé, le député Neemtallah Abi Nasr, le chef du Bloc parlementaire de Zahlé, Élias Skaf, le chef de la Rencontre démocratique, Walid Joumblatt,
et les promoteurs du projet Bader.

Pour davantage d’informations, visitez le site de l’ULCM
www.wlcu.com

Jad SEMAAN


Août 2006
Une diaspora inquiète et mobilisée

De la France au Brésil et des Etats-Unis à l'Afrique, la guerre entre Israël et le Hezbollah ne cesse de préoccuper l'importante diaspora libanaise

La nouvelle guerre au Liban a précipité le départ des ressortissants étrangers, touristes et expatriés. Mais aussi des Libanais installés à l’étranger (de double nationalité pour certains), retournés dans leur pays d’origine et qui rejoignent aujourd’hui précipitamment leur région d’accueil : Australie, Europe, Amérique, Afrique… Ils appartiennent à la grande communauté libanaise émigrée.

« C’est une communauté active et influente », explique Abdallah Naaman, historien et attaché culturel à l’ambassade du Liban à Paris. Parmi les plus célèbres de ses membres en France se trouve Carlos Ghosn, PDG de Renault (né en fait au Brésil) ; le général américain John Abizaïd, à la tête du commandement central des forces américaines au Proche-Orient (Centcom), en fait aussi partie.

Le pays du Cèdre a connu plusieurs vagues de départs depuis le début du XIXe siècle, quand les premiers émigrants sont partis vers l’Égypte. Entre 1850 et 1950, des milliers de Libanais choisissent les Amériques, Nord et Sud, avec notamment les États-Unis pour terre de prédilection. À la fin du XIXe siècle, une autre vague d’émigrants, pour beaucoup originaires du sud du Liban, se dirige vers les pays africains.

Une émigration accrue à partir de 1975

Les mouvements d’émigration prennent davantage d’ampleur à partir de 1975, avec le début de la guerre civile : jusque dans les années 1990, plus de 600 000 personnes supplémentaires (sur une population totale de quatre millions) quittent leur pays.
Jean-Claude Turquieh, consul honoraire à San Diego (États-Unis), a quitté sa terre il y a trente ans, à cause de la guerre et pour assurer un avenir à ses enfants. « À un moment donné, dit-il, il faut opter pour une certaine stabilité qui leur permettra de se faire une vie. Moi, j’ai choisi la Californie parce qu’elle me rappelle le littoral libanais, et aussi la Côte d’Azur française. »

Hady Farah, 42 ans, est conseiller financier. Il est arrivé en France en août 1981. Grec catholique (un des 18 rites religieux officiels du pays), il ne se sent pas enfermé ici dans une communauté religieuse. « Au Liban, c’est regrettable, mais tout est plus sectaire : pour obtenir ses papiers, on doit passer par le prêtre, l’imam, le rabbin. On vote en fonction de sa religion. » Dans les pays d’accueil, la population libanaise s’est souvent bien intégrée, au point qu’elle ne recense plus toujours ses enfants dans les ambassades.

« Beaucoup de gens partaient autrefois avec l’espoir de rester quelque temps à l’étranger, puis de revenir au Liban », explique Barah Mikaïl, spécialiste du sujet à l’Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris). « Mais ils se sont totalement intégrés, poursuit-il, même s’ils n’ont pas opté pour la nationalité locale tout de suite. Du coup, ils n’ont souvent pas perpétué la langue arabe. » Et cependant, la diaspora conserve des liens privilégiés avec ses origines.

«Ce mot de diaspora peut bien sûr être employé pour les Libanais dans le monde, car il existe une grande solidarité entre les émigrés et leur pays d’origine», juge Naji Farah, directeur de la rédaction du Journal des amis du Liban. En revanche, pour Jean-Claude Turquieh, «la communauté libanaise à l’étranger ne se reconnaît pas comme une diaspora, dans le sens d’un peuple en exil». Intégrés là où ils sont, les Libanais restent pourtant nostalgiques.
"Avide de films libanais, de culture libanaise"

« Rien n’est comparable au fait de prendre un café libanais en fumant son houka, dans un des cafés-trottoirs de Raouché ou du centre-ville de Beyrouth », dit ainsi Jean-Claude Turquieh. Philippe Aractingi, cinéaste installé en France, fait actuellement le tour du monde des pays où la diaspora s’est installée. Il recherche des fonds pour présenter aux Oscars son film Bosta (« L’Autobus ») (1), consacré à la réconciliation au pays. Il parle de cette diaspora qui a fait émerger à nouveau son identité, depuis que le Liban avait retrouvé un semblant de paix.

« Elle est avide de films libanais, de culture libanaise, dit-il. Cette identité se renforce avec la télé libanaise, qui diffuse par satellite ou Internet. » Barah Mikaïl date à bien plus tôt la prise de conscience de cette identité commune, notamment de la part des maronites aux États-Unis : « Lors de la guerre de 1967, les Arabes et musulmans d’Amérique ont tenté de se regrouper pour faire pression sur Washington et ne pas laisser trop de marge aux pro-Israéliens. Cela a fondé la prise de conscience d’une appartenance arabe chez les Libanais chrétiens à l’étranger. »

Hors des frontières du pays, c’est aussi la religion qui réunit : les maronites ont fondé aux États-Unis le NAM, National Apostolate of Maronites. Et quand on regarde la carte des Libanais dans le monde, on s’aperçoit qu’ils se sont plus ou moins répartis suivant leur religion : les chrétiens ont émigré vers l’Europe et les États-Unis, les musulmans se regroupent plutôt en Afrique. Tous se retrouvent par ailleurs dans les pays du Golfe.
"Les émigrés les plus influents ne reviendront pas"

La diaspora constitue une sorte de locomotive pour le pays. « Les émigrés les plus influents ne reviendront pas, car ils ne trouveront pas de place à leur niveau. Mais ils injectent de l’argent et leur savoir-faire, estime Philippe Aractingi. La diaspora est une richesse tant qu’il existe un aller-retour – notamment financier – entre elle et le pays d’origine. » Quant à l’influence politique sur les pays d’accueil, elle semble incertaine. Barah Mikaïl l’explique : « Aux États-Unis, il n’y a qu’un seul député d’origine libanaise, et il est plutôt favorable à Bush ! Les Arab Americans, qui comptent aussi des Libanais, sont nombreux mais pas vraiment organisés.

L’Arab American Institute est l’institution la plus structurée. Elle regroupe les panarabes de toutes religions, son président est chrétien libanais, mais son action est minée par d’autres groupes qui portent la bannière d’un islam politique et identitaire. Il n’y a donc pas de vrai lobby face à l’influence des pro-Israéliens. » À 42 ans, le cinéaste Philippe Aractingi vient de quitter le Liban pour la troisième fois. Il était retourné vivre au Liban depuis quelques années. « Cette fois, j’ai été évacué comme ressortissant français, par Chypre. À chaque fois, c’est l’amertume de ne pas avoir dit adieu au pays. C’est un sentiment connu de tous les émigrés de tout temps et de toutes origines : on part avec l’espoir de revenir. »

Marie JANSANA / La Croix

(1) Ce film a remporté le prix de l’Institut du monde arabe, pour la « première œuvre », à la 8e Biennale des cinémas arabes, à Paris, du 22 au 30 juillet.

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Des clivages exportés du pays

Reflet de la population du pays, les Libanais de l’étranger reproduisent souvent les divisions entre communautés religieuses : chrétiens (maronites, grecs-orthodoxes, arméniens…), druzes, sunnites, chiites. Les chiites de la diaspora se sentent ainsi bien plus proches du Hezbollah que les autres communautés. Le 15 juillet, plus d’un millier de personnes (en majorité libanaises) ont défilé à Paris au cours de deux manifestations séparées, favorable (pour l’une) et opposée (pour l’autre) au Hezbollah. Pourtant, la diaspora ne se sent pas enfermée dans ces divisions : « à l’extérieur du Liban, il y a plus d’échanges et moins de conflits entre groupes communautaires », analyse Hady Farah, conseiller financier installé en France.

DEUX à QUATRE millions de personnes

La diaspora est l’ensemble des membres d’un peuple dispersé à travers le monde, mais qui maintient des liens avec son pays d’origine. Au sens large, le mot est souvent utilisé pour « exil », ou pour « communauté étrangère ». Il s’agit de peuples qui ont souvent une habitude de migration, mais qui conservent une forte conscience collective. Une diaspora peut être constituée par un peuple (les Arméniens par exemple), ou par une appartenance religieuse (la diaspora juive).

Aussi nombreux à l’étranger que dans le pays, le nombre de personnes composant la diaspora libanaise varie suivant les spécialistes. « Ils sont au plus deux millions à travers le monde », juge Abdallah Naaman, historien, attaché culturel à l’ambassade du Liban à Paris, qui parvient à cette estimation en ne prenant en compte que la première génération installée hors frontières et ses enfants.

Certains experts avancent le chiffre de quatre millions de personnes : soit autant que dans leur pays d’origine. D’autres parlent de… 20 millions, mais cumulent, dans ce cas, toutes les générations et sans doute aussi les descendants des unions mixtes. En fait, ces chiffres varient parce que les populations émigrantes du Proche-Orient ont longtemps été comptabilisées comme « ottomanes », sans distinction. Le Liban et les pays voisins n’existaient pas encore sous leurs frontières actuelles.

Du Brésil à la Côte d’Ivoire

Le Brésil : pays qui compte le plus de personnes d’origine libanaise (entre 6 et 8 millions toutes générations confondues).
Les États-Unis : plus de 1,5 million de chrétiens libanais et un million de musulmans d’origine arabe (dont des Libanais).
Le Venezuela : 400 000 membres.
Le Canada : 250 000 personnes.
La France : plus de 100 000 personnes, sur les 400 000 qui vivraient en Europe.
La Côte d’Ivoire : la plus grosse communauté libanaise d’Afrique
(évaluée à 200.000 personnes) : 100 000 résidents.
L’Australie : 250 000 personnes.


19 Août 2005

Les Libanais de la diaspora doivent être représentés au Parlement, estime le patriarche Sfeir, depuis sa résidence d'été de Dimane:
" L’État devrait reconnaître et protéger les droits des émigrés".

Lors d’une cérémonie organisée en hommage aux émigrés, au jardin des patriarches à Dimane, Mgr Sfeir a planté un cèdre, baptisé « le cèdre de l’émigré », pour commémorer l’événement. Prenant la parole, Mgr Sfeir s’est dit « étonné du laisser-aller du gouvernement vis-à-vis de la diaspora ». « L’État, a-t-il dit, devrait être fier de ses émigrés et devrait reconnaître leurs droits, notamment en leur permettant de choisir leurs représentants au Parlement et en les aidant à enregistrer au Liban leurs enfants qui naissent à l’étranger. » « Si l’État perd les émigrés, il sera en train de perdre une richesse inestimable », a-t-il noté. Il a également invité les responsables à accorder aux émigrés leurs droits légitimes dans un pays qui leur doit beaucoup, souhaitant que « le Liban et ses émigrés ne fassent plus qu’un ».


La société civile libanaise installée en France se mobilise pour donner encore plus d'élan démocratique au Liban à travers le projet VoteràParis2005



Les Libanais de Côte d’Ivoire: la désunion sacrée?
La communauté libanaise implantée en Côte d’Ivoire compte environ 100 000 personnes. Elle contrôle la majeure partie des industries, le commerce d’import-export, de la distribution et la commercialisation de produits agricoles tels que le café et le cacao. Cette omniprésence dans différents secteurs d’activité économique explique les liens privilégiés qui existent entre l’État ivoirien et les représentants de notre communauté. Malgré cette reconnaissance, celle-ci reste très mal organisée à tous les niveaux. Des représentants s’autoproclament porte-parole de tous les Libanais. Les représentent-ils vraiment ? Mais qui représente qui ? L’ULCM existe-t-elle encore ? Aurait-elle disparu avec la fin du parti unique ? Le communautarisme a-t-il eu raison d’elle ? Elle est devenue inexistante et obsolète. Plusieurs associations libanaises existent. Elles sont très communautarisées et très politisées. L’organisation d’activités socioculturelles reste très limitée et très ciblée par rapport à telle ou telle communauté et religion. Exemple :
– Al-Ghadir : obédience chiite, très proche du Hezbollah et de l’Iran.
– Association BIEN : obédience chiite, proche de Amal de Nabih Berri.
– AFLEC: tendance chrétienne maronite.
– ASLI: Association des Libanais laïque, soi-disant apolitique, mais dont certains membres appartiennent à un parti prosyrien, le PNSS.
Et bien d’autres… À quand la fin du communautarisme? Allons-nous un jour mettre en avant la citoyenneté libanaise avant la communauté et la religion? Dans tout cela, quel est le rôle de nos autorités consulaires? L’ambassadeur est-il au courant? J’en doute. Et notre ministère des Affaires étrangères?
Toutes ces questions méritent d’être posées. Nous, la majorité silencieuse, nous attendons des réponses de nos autorités. Notre ambassade doit nous tenir informés ; elle doit être plus active ; elle devrait jouer son rôle de porte-parole,
et placer sous son autorité toutes les associations et les structures représentatives des Libanais de Côte d’Ivoire.

Imad BADREDDINE , 3 Sept.2005
> Consultez "L'Orient-Afrique", le Blog de l'auteur, libanais de Côte d'Ivoire


28 Avril 2005
Création à Paris d’un comité d’intellectuels et de militants de droits de l’homme « Liberté Liban »
Dans la foulée des événements dont le pays est le théâtre, le comité « Liberté Liban» se propose de réunir des intellectuels, des militants et des défenseurs des droits de l’homme des deux côtés de la Méditerranée, afin de :
• rassembler et fournir des informations factuelles et des analyses relatives à l’évolution de la situation au Liban ;
• faciliter les contacts entre les diverses composantes du mouvement social et politique d’opposition au Liban ;
• mobiliser l’opinion publique et la société civile françaises autour de la question libanaise, en coopération et en échange avec les forces qui œuvrent pour une paix juste au Proche-Orient.
Le comité fondateur de « Liberté Liban » est formé de MM. Wadih el-Asmar, Joseph Bahout, Driss el-Yazami, Antoine Garapon, Alexis Keller, Joseph Maïla, Olivier Mongin et Joël Roman.
Dans un communiqué publié à Paris, le comité rappelle que « l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, a déclenché une mobilisation populaire sans précédent ». « Cela a amplifié un courant de protestation jusqu’ici cantonné aux universités, aux ordres professionnels et à différents cercles d’opposition politique ou intellectuelle. Ce 14 février 2005 fera date dans l’histoire du Liban. La volonté syrienne de satellisation du Liban, en dépit de l’accord de Taëf signé en 1989, le refus de Damas d’obtempérer aux injonctions des Nations unies à l’automne 2004, et la prolongation du mandat de l’actuel président Émile Lahoud ont contribué à l’essor de ce mouvement de protestation. Soutenir ce mouvement, comme l’ont courageusement fait une centaine d’intellectuels syriens, est d’autant plus un devoir pour tous les démocrates arabes que les manifestants de la place des Martyrs, à Beyrouth, envoient des messages qui prennent leur sens sur le plan libanais mais aussi dans le contexte régional et international », poursuit le communiqué. « Sur le plan régional, le “réveil libanais” prouve qu’il est possible de trouver des issues non violentes aux conflits qui secouent et ensanglantent la région, ce qui est porteur d’espoir pour la jeunesse arabe, au Liban mais aussi en Palestine et en Irak. Cela montre également que le monde politique arabe n’est pas condamné à osciller entre des régimes théocratiques et des pouvoirs dictatoriaux. Un Liban libre et démocratique est un motif d’espérance pour une région du monde qui subit depuis trop longtemps la violence d’États autoritaires. Revendiquer un Liban indépendant va de pair avec la construction d’un État palestinien libre et viable », ajoute le communiqué. « Enfin, le soulèvement libanais, soutenu par l’action de la communauté internationale en faveur d’un Liban libre et souverain, pluraliste et démocratique, est le meilleur contre-exemple aux thèses du choc des civilisations et des religions, et constitue une première pierre dans la construction d’un espace de démocratie dans le monde arabe », souligne le comité fondateur. « En même temps qu’elles lèvent le tabou de l’occupation syrienne et qu’elles inaugurent une ère nouvelle au Liban, ces manifestations renvoient à des questions concernant l’identité et l’avenir du Liban, et ce tant aux niveaux générationnel, social, confessionnel que politique », note-t-il. « Le désir des Libanais de recouvrer leur pleine indépendance doit se prolonger par l’intégration à ce processus historique des principales forces politiques chiites (Amal et Hezbollah).
Déjà les uns et les autres se revendiquent du drapeau national, si longtemps relégué au second plan », ajoute le communiqué.
Dans ce contexte, « et afin de donner au mouvement de recouvrement de la souveraineté libanaise toutes les chances de porter ses fruits, le comité “Liberté Liban” appelle à un certain nombre de mesures prioritaires :
1- Le retrait total et ordonné de l’armée et des services de renseignements
syriens du Liban.
2- Le renforcement du processus de démocratisation au Liban, à travers : la proclamation d’une charte d’honneur refusant le recours à la violence quels que soient les blocages à venir, la garantie de la tenue dans les meilleurs délais d’élections libres, impartiales et équitables, afin de renouveler la représentativité du corps social et politique libanais et de redonner vie au processus politique, et le souci de faire de cette nouvelle assemblée élue une constituante dont la tâche principale est la revitalisation de la démocratie libanaise, la consolidation d’un pacte national renouvelé et l’intégration de toutes les composantes et forces vives à la vie politique du pays, en couronnement d’une réconciliation nationale effective.
3- La refondation des relations libano-syriennes sur des bases saines et porteuses d’avenir, dans la perspective du bien-être et des intérêts des deux sociétés libanaise et syrienne. Cette réconciliation historique ne peut faire l’impasse sur la question douloureuse des Libanais détenus arbitrairement dans les prisons syriennes et sur l’impératif de faire la vérité sur le sort des disparus.
4- L’engagement de la communauté internationale en vue de garantir la transition démocratique libanaise, mais aussi la stabilité économique du Liban
pour la période à venir. »


Fin Mars 2005

Un Libanais nommé directeur des bureaux européens du
Fonds Monétaire International
Le FMI a nommé hier Saleh Nsouli au poste de directeur des bureaux européens de l’institution financière internationale. M. Nsouli, citoyen américain d’origine libanaise, remplacera Flemming Larsen. M. Nsouli, qui est diplômé en économie de l’Université américaine de Beyrouth, est entré au FMI en 1973. Il est actuellement directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Le bureau principal du Fonds en Europe est à Paris, deux autres branches étant installées à Bruxelles et à Genève. Le FMI souligne qu’outre les fonctions de liaison avec les institutions européennes ou internationales, comme l’OCDE et la Banque des règlements internationaux (BIS), les bureaux européens « jouent un rôle-clé dans les efforts du FMI pour maintenir le dialogue avec les organisations gouvernementales et autres publics en Europe ».

La diaspora libanaise au diapason

Mars 2005- Depuis le déclenchement à Beyrouth des grandes manifestations pour l'indépendance, les communautés libanaises installées à l'étranger descendent elles aussi dans la rue. Dans les pays d'Europe et d'Amérique où elles sont particulièrement importantes, plusieurs milliers de personnes ont manifesté ces derniers jours.
En France notamment, où près de 2000 Libanais, mais aussi quelques Français, ont défilé lundi soir dans le 7ème arrondissement de Paris, à proximité de l'ambassade de Syrie, à l'appel des représentants locaux de l'opposition. Au même moment, dans le sud du pays, ils étaient un peu plus de 200 réunis devant l'hôtel de ville de Marseille pour demander le départ des soldats syriens. Une semaine auparavant déjà dans la capitale, un millier de personnes s'étaient retrouvées devant l'ambassade du Liban, pour exiger que toute la lumière soit faite sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Au Canada et aux Etats-Unis, c'est surtout le week-end dernier que l'on s'est mobilisé. Samedi, plusieurs centaines d'individus se sont ainsi rassemblés à Ottawa, devant le siège du Parlement canadien. Dimanche, c'était au tour de la communauté libanaise aux Etats-Unis de se faire entendre: 1500 personnes se sont retrouvées devant le siège de l'Onu, à New-York. A chaque fois, les manifestants reprennent des slogans déjà entendus à Beyrouth, leur donnant toutefois une couleur locale. On pouvait ainsi lire par exemple sur une banderole de l'un des cortèges parisiens «France: n'oublie pas Louis Delamare», en référence à l'attentat qui avait coûté la vie à l'ambassadeur de France au Liban en 1981.
Au Brésil
Des milliers de Brésiliens d’origine libanaise se sont rassemblés mardi dernier dans la salle principale du Parlement brésilien, à São Paulo, pour condamner l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, et de ses compagnons, et pour réclamer que les commanditaires et les auteurs du crime soient démasqués. Ils ont également exprimé leur solidarité avec leurs frères libanais dans l’intifada de l’indépendance et appelé à la liberté, la souveraineté et l’indépendance du Liban. Dans la salle principale du Parlement à São Paulo, les personnes rassemblées ont brandi les drapeaux libanais et brésilien ainsi que les portraits de Rafic Hariri. L’assemblée a observé une minute de silence à la mémoire de l’ancien Premier ministre et de ses compagnons. Le chef du Parlement brésilien a ouvert la séance en présence de dignitaires religieux représentant les diverses communautés libanaises, de nombreux députés d’origine libanaise ainsi que de personnalités brésiliennes appartenant à la diaspora libanaise. Le chef du Parlement a souligné l’importance de la solidarité du peuple brésilien avec le peuple libanais dans ses revendications légitimes de liberté, de souveraineté et d’indépendance, appelant à faire la lumière sur l’assassinat de Rafic Hariri. Plusieurs Brésiliens d’origine libanaise ont pris la parole pour réclamer la formation d’une commission d’enquête internationale et l’organisation d’élections législatives. Une pétition présentant les revendications des Libanais du Brésil a été remise au président du Parlement afin qu’il en assure le suivi en collaboration avec le gouvernement brésilien.
A Bruxelles
Par ailleurs, en Belgique, à l’invitation de l’opposition libanaise, environ 500 personnes se sont rassemblées mercredi devant le siège de l’Union européenne à Bruxelles. Les manifestants ont adressé un message de remerciement aux responsables européens pour leur soutien au Liban qui lutte pour l’indépendance et la souveraineté. Ils les ont également appelés à intervenir « afin de protéger le peuple libanais, victime du terrorisme commandité par les services de sécurité libano-syriens, responsables de la tentative d’assassinat du député Marwan Hamadé, de l’attentat contre l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, ainsi que des explosions de New Jdeidé et de Kaslik ». Les manifestants rassemblés à Bruxelles ont mis en garde contre le fait de reporter les élections législatives, appelant à leur organisation en présence d’observateurs internationaux. Ils ont aussi rendu hommage « aux responsables de l’opposition, qui ne participeront pas à un gouvernement avant la démission des chefs de services de sécurité et avant que la lumière ne soit faite sur les assassins de Rafic Hariri ».

 


Tous les Samedis dans l'Orient Le Jour, l'actualité de la diaspora et le courrier des libanais francophones du monde entier.

L’Orient-Le Jour a lancé au début de l'été 2004 une rubrique consacrée aux Libanais de l’émigration des quatre coins du monde et particulièrement des pays francophones.
Ceux qui souhaitent s’exprimer dans cette rubrique ou nous envoyer des informations sur les activités de la diaspora sont priés d’envoyer leurs textes aux adresses suivantes :

redaction@lorientlejour.com ou info@libanvision.com


Après un traitement de vos suggestions, des communiqués seront diffusés dans le journal et dans les rubriques spécifiques des sites internet de l'Orient-le Jour et de LibanVision consacrées aux évènements qui touchent la communauté libanaise émigrée.

Octobre 2004
Roland Asmar, nouveau président de l’AMFL À Paris: un libanais à la tête d'un centre cardio-vasculaire modèle

À 47 ans, le professeur Roland Asmar vient d’être élu à la prestigieuse MFL (Association médicale franco-libanaise) qui regroupe plus de trois mille professionnels d’origine libanaise représentant divers secteurs de la santé. Le Dr Asmar incarne la réussite des Libanais de France qui ont pu se hisser aux premiers rangs dans leurs domaines professionnels respectifs grâce à un travail assidu et avec l’aisance de ceux qui, durant les années de guerre, ont trouvé aux quatre coins de l’Hexagone une seconde patrie.
Le professeur Roland Asmar dirige aujourd’hui le prestigieux Institut cardio-vasculaire créé en 1821 par le Dr Blanche et situé dans la rue du même nom, dans le XVIe arrondissement de Paris. Outre son titre de président de la ALFL, le palmarès de Roland Asmar comprend des distinctions et diplômes, dont le Prix du cardiologue en 2001, le titre de professeur associé des universités en thérapeutique, le premier prix de l’enseignement médical en cardiologie pour son ouvrage intitulé Mesure ambulatoire de la pression artérielle et d’autres distinctions pour ses travaux depuis qu’il a été diplômé de la faculté de médecine de Montpellier. Dans son bureau de l’Institut cardio-vasculaire, et après une visite des diverses sections de la maison qui occupe sept étages, le Dr Asmar nous parle de ses études secondaires au Liban, de ses études de médecine en France et de son intégration dans la vie française, tout en gardant de solides liens avec son pays natal.
L’institut est un peu son bébé, et il en parle avec amour et fierté. « La prise en charge des maladies cardio-vasculaires impose une démarche pluridisciplinaire qui s’articule autour de trois éléments essentiels », affirme le Dr Asmar, qui précise que ces éléments sont les soins, la formation et la recherche. Il ajoute que la mission principale de l’institut est d’« assurer une prise en charge globale et efficace de la prévention primaire et secondaire des maladies cardio-vasculaires, par une étude spécialisée, non invasive du système cardiaque, artériel et veineux, ce qui implique la participation de plusieurs spécialités médicales ».
En termes plus clairs, l’équipe de l’ICV a créé une entité dotée des équipements les plus modernes et a recruté les talents les plus performants pour être au niveau des établissements les plus réputés du monde. Les consultations et explorations précèdent les bilans et la réadaptation cardiaque et vasculaire, puis la gestion du stress. Un effort particulier est déployé pour l’arrêt du tabac, la nutrition et la diététique. À l’institut, on assure le suivi et une section entière est dotée des appareils d’effort les plus appropriés et les plus modernes. Il s’agit d’une « BioGym » qui prône, sous le contrôle de professionnels de haut niveau, des exercices reproduisant les mouvements naturels et biologiques de la vie quotidienne en utilisant divers appareils à travers un circuit défini et supervisé. Pour ce qui est du niveau de la médecine au Liban, le Dr Asmar a rendu un vibrant hommage à ses pairs libanais toutes spécialités confondues, affirmant que le Liban reste à un excellent niveau, tant pour les compétences de ses spécialistes que dans le domaine des équipements
. Il reconnaît qu’il reste beaucoup à faire et espère que l’AMFL augmentera sa contribution dans le domaine de l’aide au Liban.


Elie Masboungi pour

La diaspora libanaise présentée comme une solution à la crise économique lors de l’inauguration de Planet Lebanon

Juillet 2004 - Planet Lebanon 2004, le quatrième congrès du Conseil international libanais d’affaires (CILA), destiné à renforcer les liens entre Libanais résidents et émigrés, a été inauguré le 20 Juillet, au Biel, en présence du président de la République, Émile Lahoud, du président de l’Assemblée, Nabih Berry, du chef du gouvernement, Rafic Hariri, et de nombreuses personnalités politiques et religieuses. Le congrès, organisé par la société IFP, se déroule sur trois jours et avec la participation de plus de 600 hommes d’affaires libanais et arabes, ainsi que des Libanais émigrés, impliqués dans le commerce, mais aussi dans les domaines des médias ou de la culture, venus de 28 pays. Le président de la République a interprété le nombre grandissant de participants comme une preuve de l’intérêt de ces derniers pour le Liban. Il a affirmé que les investisseurs ont repris confiance en notre pays et qu’il fallait faire le nécessaire pour la maintenir. «La stabilité du Liban constitue le point de départ des projets de développement », a t-il déclaré. Le congrès comprendra sept ateliers de travail : les relations entre la diaspora libanaise et la mère patrie, le développement du secteur immobilier, les finances et le secteur bancaire, l’éthique de gestion et de gouvernement, l’industrie et le commerce, les opportunités liées au secteur de la technologie et des communications, le tourisme et l’environnement. Planet Lebanon n’a donc cessé de progresser (que ce soit en nombre de participants ou par rapport aux sujets évoqués) depuis sa première édition, en 2001, en Belgique. Les second et troisième congrès avaient été tenus, respectivement, à Dubaï et au Brésil. C’est donc la première fois que Planet Lebanon choisit le Liban comme pays d’accueil car « il était important de commencer par faire connaître le Liban et les opportunités qu’il présente à l’étranger », comme l’a expliqué Nassib Fawaz, président du CILA, lors de son discours d’ouverture. Il a aussi réaffirmé les buts de son organisation : faire en sorte que les hommes d’affaires libanais, quel que soit leur lieu de résidence, puissent travailler ensemble s’ils le souhaitent et aider, à travers la diaspora libanaise, la croissance économique du pays. C’est sur ce dernier point que M. Fawaz a le plus insisté. Selon lui, les Libanais de l’étranger, bien que parfois oubliés par la mère patrie, ont toujours, que ce soit avant, pendant ou après la guerre, soutenu le Liban. Les capitaux envoyés, par exemple, se chiffrent, en moyenne, à quatre milliards de dollars par an, soit 1000 dollars annuels pour chaque citoyen libanais, a dit M. Fawaz. Le président du CILA a aussi demandé au gouvernement de naturaliser jusqu’à 10% des étrangers d’origine libanaise souhaitant « renouer » avec le Liban. Cela aura un effet direct, mais à court-terme, sur les finances de l’État et un autre, plus important, mais qu’il faudra attendre plus longtemps. Nassib Fawaz a aussi demandé que 12 sièges du Parlement soient réservés à des Libanais de l’étranger (deux de chaque continent) afin qu’il puissent, se basant sur leur expérience, proposer les lois qu’ils jugeront utiles.

Marwan Hamadé, ministre de l’Économie et du Commerce, a ensuite pris la parole au nom du gouvernement. Il a insisté sur l’importance des capitaux provenant de l’étranger en indiquant qu’ils augmentent annuellement de 24% depuis une décennie et représentent quelque 30% de l’ensemble des importations, ce qui a permis de combler le déficit de la balance commerciale et donné au Liban la possibilité de « survivre » malgré ses dettes. Parallèlement, M. Hamadé a souligné l’importance des investissements directs en précisant que le Liban en avait reçu un montant considérable par rapport aux autres économies émergentes. Le ministre a aussi estimé qu’il serait d’autant plus intéressant d’attirer les richesses libanaises en cette période de privatisation. Et d’ajouter que le Liban, en renforçant ses liens avec les émigrés, consolide, par la même occasion, ses rapports avec les pays qui les accueillent. Enfin, il a affirmé que tout sera fait, légalement, pour aider les émigrés et a invité, par la même occasion, le président Émile Lahoud à trouver une solution au problème du service militaire.

Samih Barbir, président de l’Agence du développement des investissements (Idal), a déclaré vouloir « convaincre la diaspora que le Liban est une oasis pour les investissements dans cette région troublée ». «Notre agence a travaillé sur quatre projets de plus de 300 millions de dollars. Elle a 17 autres projets à l’étude (portant sur) 1 milliard de dollars et étudie la possibilité de trois autres de près de 900 millions de dollars », a-t-il indiqué. Mario Jamhouri, directeur général adjoint de la branche genevoise de la Banque Audi, a, pour sa part, affirmé que la plupart des banques libanaises ont désormais des experts qui tentent de convaincre les communautés libanaises à travers le monde d’investir dans leur pays d’origine. Selon certaines informations, la Banque Audi aurait obtenu près de 500 millions de dollars de dépôts rien que des émigrés libanais d’Amérique latine. Le potentiel à exploiter est ainsi immense.

Jad Sakhr

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Fadi Abboud appelle la diaspora à acheter libanais

Le président de l’Association des industriels, Fadi Abboud, a prononcé le 21 Juillet, un discours sur l’état de l’industrie et du commerce au Liban, lors de la deuxième journée du congrès Planet Lebanon 2004. Invité par le Conseil international libanais d’affaires pour modérer le 5e des sept ateliers de travail, il a affirmé que la promotion des investissements est un long procédé qui nécessite de la patience mais qu’il y a toutefois des mesures immédiates que le Liban se doit de prendre. Selon lui, il est important d’encourager les émigrés à visiter leur mère patrie. Cela leur permettra de mieux connaître les atouts culturels et les loisirs que leur pays peut leur offrir, ce qui, à terme, améliorera le tourisme. Quant aux hommes d’affaires, ils trouveront que l’économie libanaise est moderne, diverse et offre beaucoup d’opportunités. Le secteur privé, ajoute Fadi Abboud, est dynamique et ne cesse de s’améliorer, ce qui portera certainement ses fruits (en matière d’exportation ou de création d’emplois), à condition que les entrepreneurs libanais continuent à utiliser les avantages comparatifs du Liban. M. Abboud a aussi insisté sur l’importance des exportations pour un pays comme le Liban en donnant un exemple concret : si chacun des 15 millions (estimés) d’émigrés libanais importe des produits nationaux pour 100 dollars, en moyenne, par an, cela rapporterait 1,5 milliard de dollars au pays du Cèdre. Ces estimations doubleraient le montant actuel des exportations qui atteindraient les trois milliards, et alimenteraient, par la même occasion, l’économie locale de façon considérable. Le Liban devrait utiliser, comme point de départ, quelques-unes de ses industries les plus prospères comme celles de l’alimentaire, du vin, de la mode ou encore de la joaillerie. Enfin, le président de l’Association des industriels libanais a rappelé que le Conseil des industriels libanais émigrés (qui relève de l’Association des industriels) pourrait jouer un rôle important en unissant, en collaboration avec le Conseil international libanais d’affaires, les hommes d’affaires libanais des quatre coins du monde. Ainsi, de nouveaux partenariats économiques transnationaux pourront voir le jour.


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15 Juillet 2004
Prochaine tournée de la Ligue maronite dans les pays de l’émigration


Le président de la Ligue maronite, l’ancien ministre Michel Eddé, a annoncé hier qu’il allait entreprendre bientôt une tournée englobant les grands pays de l’émigration libanaise à la tête d’une délégation de la Ligue. Cette tournée aura pour objectif de s’informer de la situation des colonies libanaises dans ces pays et de se concerter sur les moyens de développer les relations entre le Liban et les États concernés, d’une part, et entre les émigrés libanais et leur mère patrie, de l’autre. M. Eddé a fait cette annonce lors d’un déjeuner qu’il a offert à Amchit en l’honneur d’une délégation de jeunes Mexicains d’origine libanaise. Étaient présents à ce déjeuner notamment l’évêque maronite du Mexique, Mgr Georges Abi Younès, et l’ambassadeur du Mexique à Beyrouth, Arturo Puente Ortega. Dans une allocution, M. Eddé a souligné la nécessité de « maintenir les ponts » entre le Liban et son outre-mer, exprimant le souhait que les activités prévues dans le cadre du « Mois du retour aux sources », récemment inauguré par la Ligue maronite, soient élargies au cours des prochaines années, de sorte que ces manifestations s’étendent à d’autres pays, notamment en Amérique du Sud, aux États-Unis, au Canada et en Australie. Après avoir relevé que l’approfondissement des liens entre le Liban et les émigrés libanais avait été retardé par la guerre, l’ancien ministre a évoqué la question de l’obtention de la nationalité libanaise par les émigrés de longue date qui l’avaient perdue, imputant à la fois à ces derniers et à l’État libanais la responsabilité des entraves qui empêchent d’avancer sur ce dossier.

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15 Août 2004
Que serait le Liban sans ses émigrés ? L’émigration profite-t-elle vraiment au Liban ?
Un appel aux Libanais d’outre-mer pour une renaissance culturelle
Malgré tout, j’ose encore rêver par JEAN-CLAUDE TURQUIEH,
publié dans l'Orient-le Jour le 14 août 2004
L'auteur est consul honoraire du Liban à San Diego (Californie, USA)

Né à Beyrouth et élevé au Liban, je me sens un "Libanais résidant" bien ancré dans cette "terre de lait et de miel". Cependant, j’ai émigré depuis plus de trente ans et je me sens appartenir à ce qu’on appelle le "Liban d’outre-mer". Cette double appartenance me permet néanmoins de faire, en même temps, partie intégrante de ces deux grandes communautés. Aussi, j’ai voulu me pencher sur une question d’une brûlante actualité, celle de l’émigration si chère à mon cœur, afin de clarifier certains aspects qui ne semblent pas avoir été traités avec la profondeur voulue. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’émigration libanaise datait de bien avant la dernière guerre du Liban en 1975, fait que beaucoup de politiciens prennent, plutôt à tort qu’à raison, comme une base "réaliste" pour expliquer voire justifier leurs doctrines et stratégies négatives. Elle va même plus loin que la fondation de Carthage par les émigrés libanais (814 AC). En fait, depuis des millénaires, nos ancêtres, comme nous aujourd’hui, ont vu leurs terres et ressources matérielles et intellectuelles convoitées par leurs voisins proches et lointains. Par conséquent, et vu la faible superficie de leur pays et de ses maigres moyens, ils se sont tournés vers la mer. C’est ainsi qu’ils ont commencé la grande aventure maritime et commerciale qui les a emmenés dans tout le bassin méditerranéen, en Afrique, en Angleterre, et peut-être même dans les Amériques. Aujourd’hui, il n’y a pas un point du globe où on ne trouve des Libanais. Au passage, ils auraient établi, entre autres, les principes de navigation, d’architecture, de commerce, d’industrie, de finance et de communication, couronnés évidemment par l’invention du premier alphabet phonétique (1250 AC). Au début du XXe siècle, ils ont amorcé en Egypte le mouvement de renaissance des lettres arabes. Cette épopée pacifique, que rarement le monde a connue, est à l'honneur du Liban résident et d'outre-mer. C'est un brillant témoignage du courant civilisateur libanais à travers le monde. En comprenant ce grand contexte historique, on analyse alors mieux les séquelles de la guerre de 1975, à travers un "pragmatisme positif" qui tient compte du grand tableau, au lieu du "réalisme négatif" qui analyse une petite étape de notre histoire sans bien la mettre en valeur. A partir de là, je dis "non" aux réalistes pessimistes : l’émigration libanaise n’est pas un fléau, c’est plutôt une mission honorable pour tous les Libanais et un bienfait pour le reste du monde.

Le fait qu’il existe depuis plus de huit mille ans d’histoire, et en dépit de toutes les convoitises, tel "un roseau qui plie mais ne casse pas", le Liban est un témoignage indéniable de la ténacité de son peuple et de son génie. Probablement, le négativisme que je rencontre chez bon nombre de Libanais résidants et d’émigrés nous vient de préjugés datant de l’époque de la cruelle occupation ottomane, qui a duré plus de quatre cents ans et qui a opéré en nous un "lavage de cerveau" néfaste. C’est pour cela qu’au stade où nous en sommes, je dirais que nous avons besoin d’une renaissance ! Oui, une Renaissance telle que l’Europe en a connu aux XVe et XVIe siècles, et qui l’a sortie du marasme de son Moyen Age, pour la catapulter de plain-pied dans le monde moderne. Une Renaissance qui nous aiderait à mieux connaître notre propre génie à travers le temps. Comment nos ancêtres ont-ils réussi à nous préserver ce beau Liban si convoité ? Comment ont-ils survécu ? Quels étaient leurs points forts et leurs points faibles ? D'ailleurs Socrate n'a-t-il pas dit : "Connais-toi toi-même, c'est le sommet de la sagesse ?" Nous savons tous que ce dicton est vrai. Ne serait-il pas intéressant de l'appliquer à l'histoire, au présent et à l'avenir de notre nation ? On comprendrait alors mieux notre pluralisme qui date de bien avant le Christianisme et l'Islam ; notre pragmatisme qui nous a permis de vivre ensemble dans la diversité ; notre sens du commerce qui nous a permis de réussir outre-mer... Dès lors, je lance un appel à tous les intellectuels, penseurs, historiens, philosophes, artistes, hommes de science du Liban résidant et d’outre-mer, pour qu’ils se mettent à l’œuvre immédiatement en vue d’amorcer un mouvement de renaissance culturelle qui nous fera passer le cap de notre propre Moyen Age et nous lancera dans l’engrenage du XXIe siècle. Je refuse de croire que le peuple qui a inventé l’alphabet phonétique fait partie de ce qu’on appelle, à tort ou à raison, le tiers-monde. Les Libanais méritent, rien que de par leur pluralisme culturel, d’être à l’avant-garde de l’humanisme universel. Au moment où en France, pays de la glorieuse Révolution de 1789, on débat encore, entre chrétiens et musulmans, de la question du port du voile, les Libanais eux, n’ont aucun mal à vivre ensemble, à plus de dix-sept communautés, en respectant la culture et la religion des uns et des autres. Quelle richesse culturelle et quel bel exemple d’humanisme dans un monde qui se veut de plus en plus radical et raciste ! J’ai toujours essayé, en tant que Libanais d’outre-mer, de faire quelque chose de positif pour les émigrés entre eux, et en même temps pour aider les Libanais résidants.
Voilà quelques idées qui vont dans ce sens :
Côté politique : 1– Maintenir de bonnes relations entre le pays d’émigration et le Liban. 2– Maintenir de bonnes relations entre les émigrés eux-mêmes. 3– Créer un système de recensement des émigrés (l’Internet en faciliterait la tâche). 4– Créer un processus légal à travers lequel les émigrés qualifiés et qui le désirent pourraient reprendre leur nationalité libanaise. 5– Participer en force aux élections municipales des villes d’émigration, afin d’en influencer les résultats. Un objectif modeste en apparence, mais néanmoins plus facile et plus utile à atteindre que celui qui consisterait à influencer des élections présidentielles. N’oublions pas qu’en général, les élections municipales ne sont pas partisanes, et par conséquent plus faciles pour rallier les voix des émigrés. Côté commercial : 1– Encourager le jumelage des villes d’émigration avec des villes au Liban. 2– Encourager les échanges commerciaux, industriels, bancaires, scientifiques, médicaux, artistiques, touristiques, estudiantins, ouvriers, etc. à travers les villes jumelles. 3– Envoyer, par conteneurs, de l’aide médicale, alimentaire et vestimentaire pour les défavorisés au Liban, par le biais des villes jumelles. En organiser la distribution par l’intermédiaire et sous la direction des émigrés eux-mêmes et de volontaires libanais résidants qu’ils auront choisis, afin que l’aide arrive à destination. 4– Créer un programme de tour-vacances pour nos millions d’émigrés et leurs amis à travers le monde, qui leur permettra de participer à titre individuel à ce programme, sans avoir à recourir aux "vols charter". Et ce en vue de renflouer le marché libanais en devises rares, d’une part, et d’encourager les émigrés à renouer avec leur mère patrie, d’autre part. Au passage, le Liban serait mieux connu touristiquement à travers les amis de nos émigrés. Une vraie situation de "Win Win", gagnant sur plusieurs tableaux. 5– Une idée romantique… mais ne sommes-nous pas le peuple de Gibran Khalil Gibran ? Réserver exclusivement aux émigrés libanais un des guichets de la Sûreté générale à l’Aéroport international de Beyrouth, avec une réception folklorique symbolique. N’a-t-on pas une petite dette de reconnaissance envers ces millions de "Hannon libanais" qui sillonnent mers, terres et airs depuis des millénaires, afin que la mère patrie survive aux vicissitudes des siècles, et que le nom du Liban soit porté haut partout dans le monde ? Je laisse au lecteur le soin de méditer sur cette idée romantique...

Pour ma part, je vais commencer à San Diego, en Californie, avec la participation de toute la communauté libanaise là-bas. On essaiera de faire cela en douceur, sans fracas inutile et sans démagogie. Les talents ne nous manquent pas ; c'est l'enthousiasme et la motivation qu'il nous faut. J’invite tous les émigrés de San Diego à mettre leur "five cents" dans cette action. Quand on aura réussi cette tâche, ce sera une expérience formidable pour nous, et un exemple à suivre pour d’autres communautés d’émigrés libanais, un même défi à relever.

 



Le courrier des émigrés
et la dernière page du
"Liban d'Outre-mer"
avec:

Libanais en France

Mme Sylvie Fadlallah, ambassadrice du Liban en France

M. Hani Chemaitelli,
consul du Liban à Paris.



Lire l'enquête...



L'Agenda Officiel des Relations France-Liban,
sur le site du Ministère des Affaires Etrangères, vous trouverez toutes les infos, photos, déclarations, notes et photos officielles diffusées notamment à l'attention de la Presse en ce qui concerne les visites non moins officiellesainsi que des notes de synthèses sur les relations bi-latérales.Vous voilà en quelque sorte sur le perron du Quai d'Orsay ou de l'Elysée dès qu'il se passe quelque chose de visible entre les deux pays!

-o-o-o-
Référence:
Amir ABDULKARIM
La diaspora libanaise en France : processus migratoire et économie ethnique
Paris : L'Harmattan, 1995

 


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Réunion préparatoire:
Les étudiants libanais des grandes écoles françaises décident de créer une association


On n’est jamais si bien servi que par soi-même, dit un vieux proverbe. En partant de ce constat, inspiré des enseignements de la vie quotidienne, les étudiants libanais des grandes écoles françaises nous font savoir qu’ils viennent de décider de se regrouper au sein d’une association. Celle-ci est appelée à réunir dans les mois, peut-être même les semaines (si tout continue d’aller bien) à venir tous les ingénieurs et les commerciaux issus des institutions les plus prestigieuses de l’Hexagone. On a beau avancer des chiffres – souvent contradictoires, il est vrai – sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler la diaspora libanaise, dès qu’il s’agit d’une forme quelconque d’entraide, on ne trouve plus personne, relève l’un des initiateurs du projet, Patrick Badaro. Les contacts préliminaires ont été établis dès le 14 mai. À cette date, en effet, un groupe restreint d’étudiants a organisé une conférence réunissant quelques jeunes des grandes écoles de France. Le thème choisi portait sur «les opportunités de carrière en Europe et au Liban». Un programme, à en juger par un tel titre, des plus ambitieux et qui répond aux besoins d’une frange de la population libanaise composée de jeunes à la recherche de réponses aux multiples questions qu’ils peuvent être appelés à se poser alors qu’ils s’apprêtent à entrer dans la vie active.
Une conférence présidée par Georges Corm
La conférence a été présidée par M. Georges Corm, ancien ministre des Finances dans le dernier gouvernement présidé par Sélim Hoss. Elle s’est tenue en présence de Mme Sylvie Fadlallah, ambassadrice du Liban en France. CMA-CGM, un grand nom de l’industrie française, s’est associé à l’événement, ainsi que la Chambre de commerce franco-libanaise (CCFL) et de nombreux journalistes libanais. Devant le succès remporté par cette première édition d’une manifestation appelée à avoir une suite, et toujours avec le soutien de l’ambassade du Liban à Paris, il y a tout lieu d’espérer que l’expérience soit renouvelée et qu’une structure permanente soit créée pour tisser un vaste réseau d’amis, de collègues et de professionnels libanais en France.


Nouvelles du Liban d'Outre-mer

L’émigration s’intensifie englobant toutes les catégories et les communautés
Le Liban émigré revêt une grande importance. Ayant commencé à s’expatrier vers le début du siècle dernier, des centaines de milliers de citoyens ont suivi la trace du premier partant, de la famille Bachaalani et, en quelques années, surtout après la première conflagration mondiale (1914-18), bien de nos concitoyens se sont expatriés pour fuir la tyrannie de l’époque ottomane et la famine qui a fauché tant de familles. Aujourd’hui, beaucoup de Libanais de l’émigration font honneur au pays des Cèdres; ils occupent des postes de premier plan dans les domaines politique, professionnel, économique et social sous toutes les latitudes. De nouveau, la vague d’expatriation s’est intensifiée depuis la fin des douloureux événements, en raison de la situation socio-économique qui laisse à désirer. Mais ceux qui sont partis, ceux de la nouvelle génération, sont affligés de la nostalgie du retour. Ne pouvant se permettre encore de réintégrer le pays natal, ils réclament de jouir de leurs droits civiques et politiques, en tête desquels celui du vote et de l’éligibilité. D’autant que dix parlementaires ont présenté une proposition de loi attribuant douze sièges au parlement à des représentants de la diaspora libanaise.

>>> Ce qu'en pensent quelques personnalités.


Savez-vous que?:

Le Liban dispose de 75 ambassades et 15 consulats à travers le monde



Chucri Abboud : Recenser nos émigrés ? Impossible
« L’émigration, un phénomène naturel chez les Libanais »

L’Orient-Le Jour a rencontré l’ambassadeur Chucri Abboud, chargé ces dernières années du dossier de l’Union libanaise culturelle dans le monde (ULCM) et qui vient de rejoindre son nouveau poste d’ambassadeur en Tunisie. Pour le diplomate, la vague d’émigration que connaît actuellement le Liban n’est «pas trop inquiétante». Même s’il est vrai qu’elle est souvent liée à la crise économique ou au malaise politique, il considère qu’il s’agit là d’un «phénomène naturel» chez les Libanais. Dignes héritiers des navigateurs phéniciens qui ont conquis les mers et parcouru les terres, ils ne peuvent se contenter de leur étroit destin. Paraphrasant le poète Charles Corm, «vous emportez en vous l’indéfectible audace et les mâles ferments de vos hérédités dont l’esprit refoula les bornes de l’espace, et que nul n’a dompté», l’ambassadeur rappelle, à titre d’exemple, que sous le règne de l’émir Fakhreddine les Libanais ont construit des écoles et des couvents dans les «États du Saint-Père», en Italie. Qu’à Istanbul, les traducteurs et les conseillers de la Sublime Porte étaient aussi des Libanais. Qu’au début du XIXe siècle, le comte Rouchaid Dahdah, anobli par Napoléon III, a été conseiller du Bey de Tunis. Qu’en règle générale, le Libanais a «soif» d’aventures et demande à connaître le monde. En Afrique, en Amérique ou en Australie, il se fait une place au soleil, «mais il n’oubliera jamais que son trône est là où sa mère l’attend, comme le dit Saïd Akl », souligne l’ambassadeur. Répondant à ceux qui accusent le gouvernement de négligence envers les émigrés, M. Abboud signale que 75 ambassades et 15 consulats généraux assurent, à travers le monde, «la protection des intérêts libanais», et que le nombre de nos représentations diplomatiques est «proportionnellement très élevé» par rapport à ce qu’est le Liban. «Nous sommes le pays qui a le plus d’ambassades à l’étranger, même dans des pays avec qui nous n’avons pas de relations politiques étroites. Si nous sommes autant présents, c’est bien pour renforcer nos liens avec nos ressortissants établis en dehors du Liban», ajoute-t-il.

Des questions complexes… et une histoire ahurissante
En ce qui concerne la question du recensement des libanais vivant à l’étranger, l’ambassadeur Chucri Abboud est catégorique : «Il est impossible de faire un recensement parce qu’il est difficile de savoir qui est libanais ou qui ne l’est pas et jusqu’à quelle génération on l’est resté». À titre d’exemple, il dira qu’en Australie, 200 000 Libanais sont inscrits sur les registres du consulat : 80% sont des chrétiens et 20% des musulmans. Ce sont toutefois 80% de ces derniers qui inscrivent leurs enfants dès leur naissance, alors qu’il y a seulement 20% des chrétiens qui le font. Et cela ne se limite pas seulement à l’Australie. «Dès lors, qui est considéré libanais ? Uniquement ceux qui sont inscrits dans les registres des consulats ? Les enfants non enregistrés ne le sont-ils pas ? Les questions sont complexes mais je peux vous affirmer que, contrairement à ce qu’on dit, le nombre des émigrés ne se chiffre pas en millions. » Et l’ambassadeur de faire référence à l’ouvrage du père Sélim Abou, le Liban déraciné, pour évoquer les différents degrés d’intégration des générations dans leur nouvelle patrie. Prenant toujours à titre d’exemple l’Australie, il souligne l’importance de l’apport financier des émigrés au Liban. Il raconte que James Wakim, PDG de l’Arab Bank à Sydney, lui a dit que son institution opère «un transfert de un million de dollars par jour aux banques libanaises». «Le Libanais est un grand travailleur, il est apprécié partout où il se trouve, il adore son pays d’origine et reste attaché à ses racines. Alors, laissons-le tranquille », dit M. Abboud qui, rappelons-le, a occupé des postes diplomatiques dans les capitales ou les pays suivants : Buenos Aires, Venezuela, New York (Onu), Vatican, Moscou et Rio de Janeiro, Afrique du Sud, Colombie, Chili et Australie. Il a été ensuite envoyé en mission en Guinée et au Gabon, avant d’être chargé du dossier de l’Union libanaise culturelle mondiale et des associations libanaises à l’étranger. À la question de savoir quel événement l’a plus frappé au cours de ce long périple, il répond : « La situation des Libanais, en Afrique du Sud, sous le régime de l’apartheid. C’est une histoire que j’ai proposée à Amin Maalouf. » Il raconte qu’au début du siècle dernier, les émigrés libanais n’avaient pas le statut des Blancs, mais qu’ils étaient traités de «métisses», catégorie considérée comme inférieure à celle des Noirs. Les gouverneurs, qui étaient des « calvinistes fanatiques », prônaient le « développement séparé des races » et, par conséquent, tout sang-mêlé était jugé «péché d’orgueil commis contre Dieu». Évidemment, ces «mulâtres» n’étaient pas autorisés à vivre dans les quartiers réservés aux Blancs. Ghandour Moses (Moussa, originaire de Hadath al-Jebbé, au Liban- Nord), qui avait fait fortune en vendant de la bière (produit frappé de prohibition) à la population noire, en décide autrement. Il achète un immense terrain en plein quartier blanc. Mais l’Administration publique refuse d’enregistrer l’acte de propriété et Moses poursuit les autorités en justice. Il engage l’un des cabinets d’avocats les plus réputés de l’époque, les anglais Macintyre, Mottran & Pitts. Le procès qui va durer plus de dix ans se terminera par une « plaidoirie mémorable », basée sur la défense des droits d’un peuple issu d’une région qui a vu naître Jésus-Christ et, par conséquent, devrait bénéficier des privilèges que la loi accorde aux Blancs, au nom de Jésus. Le verdict rendu par le tribunal sera voté à l’unanimité par la Cour suprême. Le Libanais est désormais «blanc». Au Gabon, «le phénomène est inverse», souligne l’ambassadeur. Il relate à ce propos qu’alors qu’il était en excursion un jour avec des amis libanais, les membres du groupe s’étaient séparés, s’étaient perdus de vue et ne s’étaient plus retrouvés. «Nous rencontrons des laboureurs et nous leur demandons s’ils ont vu passer des Blancs par là ? Nous obtenons alors cette réponse ahurissante : Des Blancs ? Non. Mais nous avons vu passer des Libanais ! » Des goûts et des couleurs…

Entretien avec May MAKAREM

Libanais de l'étranger
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L'émigration libanaise


Retour sur la 7 ème émission diffusée en Août 3003
et centrée sur le sujet...



La nationalité, un droit naturel pour tout Libanais d’origine

M. Haïtham Jomaa.

Le droit à la nationalité libanaise pour les émigrés est le cheval de bataille de M. Haïtham Jomaa. Depuis 1993, le directeur général du ministère des Émigrés se démène pour stopper « l’hémorragie de l’identité libanaise » et promouvoir le « rapprochement entre les Libanais d’outre-mer et leur patrie d’origine ». Estimant que toute personne « de sang libanais » a droit à cette nationalité, Haïtham Jomaa évoque les raisons pour lesquelles plusieurs générations d’émigrés ne l’ont pas acquise. Il rappelle tout d’abord que les recensements effectués en 1921 puis en 1931 ont ignoré les Libanais qui avaient quitté le pays au milieu du XIXe et au début du XXe siècle et qui n’ont plus entrepris les formalités requises lorsque le gouvernement a décidé la prorogation de la loi sur la naturalisation en 1943, 1951 et 1958.
D’autre part, les Libanais qui ont traversé les décennies en essayant de s’adapter ailleurs et d’exceller dans une nouvelle terre d’attache ont souvent négligé d’enregistrer leurs descendants auprès des consulats. Ceux-ci ne figurent donc pas sur les registres de l’état civil. Le droit à la double nationalité, en vigueur dans la majorité des pays où ils se trouvent, a par ailleurs créé une certaine indifférence de leur part, signale Jomaa, qui met également l’accent sur le « laisser-aller », les « lenteurs » et « les rouages souvent complexes de l’Administration libanaise, ce qui décourage les meilleures volontés ». Il ajoute qu’en 2001, les pôles responsables ont tenu une série de réunions pour adopter des mesures permettant de mettre sur rails un dispositif dynamique et faciliter les démarches auprès des administrations concernées. Le directeur du ministère des Émigrés reconnaît toutefois qu’il faudrait une loi parfaitement claire, en vertu de laquelle la nationalité sera accordée « à toute personne ayant un lien de sang avec le Liban », ou encore à « ceux qui la méritent », rappelant que la Commission sur les naturalisations, créée en 1985, avait proposé «un projet de loi équitable, sauvegardant l’intérêt supérieur du Liban ». Mais cette étude, « élaborée loin des surenchères politiques et confessionnelles », est restée sans suite, enfouie dans les tiroirs des responsables. Jomaa signale que l’article 6 évoquait le cas des expatriés qui avaient quitté le pays avant le dernier recensement. Il tient aussi compte des personnes recensées en 1932 mais dont les noms ont été rayés des registres de l’état civil par « décision du Haut comité ». Le projet de loi a également abordé la situation des habitants des villages du Liban-Sud, de ceux de Wadi Khaled et de ceux établis sur le territoire libanais depuis des décennies. « L’octroi de la nationalité est un droit naturel pour toute personne d’origine libanaise, descendante d’un Libanais, mariée à une Libanaise ou née au pays, ou encore y vivant depuis 15 ans et ayant un métier, un revenu fixe et un casier judiciaire vierge », répète Jomaa, rappelant qu’au cours d’une conférence organisée en 1997, le député August Bakhos avait proposé, dans le but d’encourager les émigrés à acquérir la nationalité libanaise, « la prolongation de la loi sur la naturalisation (traité de Lausanne). Mais seulement quelques dizaines ont présenté une demande dans ce sens, avait avancé Bakhos ». En ce qui concerne le nombre de Libanais d’outre-mer, le directeur général du ministère des Émigrés est catégorique : « Aucun recensement n’a été fait. Ce genre d’opération est une entreprise gigantesque, qu’il nous est impossible de mener actuellement. On sait toutefois, grâce à des sources gouvernementales, qu’il y a quelque 350 000 personnes d’origine libanaise en Australie, 400 000 au Canada et 1 500 000 aux États-Unis », a-t-il dit.

Signalons enfin que Haïtham Jomaa vient de publier un ouvrage intitulé L’émigration libanaise : réalité et perspective, qu’il signera samedi prochain 24 juillet, à 16 h, au Biel. Le livre, préfacé par Nabih Berry, aborde la question de l’émigration et de l’appartenance, de l’importance de l’enseignement de la langue arabe dans les écoles de la diaspora pour permettre aux nouvelles générations de renouer avec leurs racines et d’approfondir leur connaissance de leur pays d’origine. L’auteur se penche également sur la réorganisation de l’Union libanaise culturelle dans le monde (ULCM) ainsi que sur la création d’un organisme susceptible de mettre les émigrés à l’abri des tiraillements politiques et confessionnels. Un chapitre est également consacré aux émigrés d’Afrique et à leur lutte contre le lobby sioniste. Il propose un plan de secours et de rapatriement en cas de catastrophe.

May MAKAREM pour l'Orient Le Jour


Au Nord comme au Sud du Liban...
À Miziara et Jouwaya, la pierre raconte la « success story » des émigrés
Avion sur le toit à Jouaya
photos Michel Sayegh L'Orient-LeJour
Avion-Musée à Miziara
Souvent résidences d'été ou secondaires, les villas cossues prennent des allures de pyramide, de château d’Anne, de pagode chinoise ou même d’un avion !

Tableau touristique. Miziara, au Nord. Un vert pays baigné de magie où les vents vous parlent de rosée, de poètes et de sortilèges. Là, les gens mènent une existence sans histoire. Mais ils font l’histoire... du village. Il y a très longtemps, ils ont quitté le pays pour aller faire fortune en Afrique, principalement au Nigeria, mais aussi au Brésil et en Australie. Ils ont eu du génie et un destin heureux. Pourtant, ce ne sont pas des stars ; ils ne font pas la couverture des magazines ; ils ne vivent pas dans un perpétuel été. Ce qu’ils disent n’intéressent guère les radios ni les télés à l’heure du prime time. Mais ils rivalisent d’imagination pour donner un aperçu de leur « success story ». Leur village, niché à 800 mètres d’altitude, dans le caza de Zghorta, offre un spectacle insolite : une suite ininterrompue de villas cossues, construites à grands frais, qui se donnent des allures de pyramide de panthéon, de Trianon, de château d’Anne ou encore de mausolée de Vérone. Il y a même un avion, grandeur nature, pour assouvir un vieux rêve : être pilote. On raconte même que l’un d’eux a déboulonné cinq fois sa demeure avant d’obtenir satisfaction. Mais ce n’est pas tout. Les notables de Miziara ne construisent pas une maison, mais deux et parfois trois. Ces hédonistes qui recherchent la convivialité et les retrouvailles ont toujours « une maison ouverte pour les invités ; la troisième ? On verra bien, elle servira toujours à quelque chose », dit M. Chidiac, président de la municipalité. Pas de demi-mesure non plus pour Lallous Daaboul avec ses trois étages de 1 500 m2 chacun. Ni pour Raymond Neeman, ni pour Jacques Chaghoury dont la propriété comprend deux édifices : la demeure familiale qui déploie 3 700 m2 de construction et le « guest house », 500 m2. Le tout construit en pierre locale et présentant une grande diversité stylistique. Les travaux de boiseries ont nécessité « l’importation de 120 m2 de bois d’Apa, arbre qui n’existe que dans quelques régions du Nigéria » ; les vitres des fenêtres sont biseautées ; les salles de bains sont équipées de jacuzzi. Trois piscines de 12 mètres de long chacune, des salles de cinéma, de billard, de squash et de gym, et pour « Patricia », (la Lamborghini du maître des lieux) et les incontournables Mercedes 600, un garage dallé de marbre importé spécialement d’Italie. M. Chaghoury, qui assume la totalité de la conception architecturale, a des emballements qui changent à chaque étage. Ainsi, aux appartements modernes logés aux deux premiers niveaux succède un vaste sous-sol aux arcades voûtées « construites suivant le mode ancien ». Cet espace, à faire pâlir un sultan, abrite ses quartiers privés, son « majlis », ses cuisines, sa piscine d’hiver et une cheminée pour faire pousser d’immenses panaches bruns. En bref, à Miziara, c’est à qui fait plus grand, plus voyant. C’est la loi du milieu. Mais ce n’est pas une approche généralisée. L’architecture des pharaons ou celle de Palladio n’est pas du goût de tous. Certains, qui n’aspirent qu’à un juste retour aux sources, se sont repliés sur de petites bâtisses traditionnelles ou des villas sans enflures ni dorures, dont les jardins garnis d’arbres fruitiers, de chênes, de pins, de rosiers et de lavandes, offrent une palette d’éden.
Le « jackpot »
Miziara –village a aussi reçu sa part du pactole. Les émigrés ont investi dans l’électricité et dans les routes largement tracées, dont une avenue portant le nom du richissime Gilbert Chaghoury qui vient d’acquérir la maison de Dany Thomas, à Beverly Hills, Los Angeles. L’aîné, Marcel, a édifié, au milieu d’un parc de 200 000 m2, un lieu de prière et de pèlerinage au nom de la Mère des Miséricordes (Oum al-Marahem) : une énorme statue de la Sainte Vierge, sculptée dans un bloc de marbre de quatre mètres, repose sur une tour de 25 mètres de haut. Elle surplombe un jardin taillé à la française où une série de 60 sculptures mettent en scène la vie de Jésus : la nativité, le baptême, les noces de Cana (où, par un procédé chimique, l’on voit l’eau transformée en vin), l’exode, la Cène et la passion du Christ. Le tout sculpté par Yasser Makhoul dans son atelier à Beyrouth. Le périmètre abrite également un dispensaire et un hospice qui héberge gracieusement les personnes du troisième âge.
La Pagode de Jouaya
La maison-pagode de Jouaya !

Miziara a son pendant au Liban-Sud. Plus précisément à Jouwaya, à 16 km à l’est de Tyr, où les émigrés d’Afrique (Jaafar, Hammoud, Jammal, Fadlallah, Akar, Fawwaz, Dayekh, Saïdi) ont fait construire à grands frais de vastes demeures, avec un vif engouement pour la villa style hollywoodien, la pagode chinoise, la façade décorée de colonnes corinthiennes, le donjon ou encore l’avion Cessna rivé sur le toit d’une bâtisse. Si leur aspect paraît moins extravagant que celles du Nord, les maisons de Jouwaya dénotent tout autant l’opulence et l’aisance. Et à l’instar de Miziara, le village a touché le « jackpot ». Car là aussi, les émigrés n’ont mis aucun bémol à leur générosité. Plus de deux cents unités d’habitations ont été construites pour loger les plus démunis du village. Garderies, établissements scolaires, écoles techniques, centre pour handicapés et dispensaires ont été mis en place. De même, pour garder en mémoire un peu d’histoire, le vieux souk du village, ses ruelles pavées et sa mosquée datant du XIXe siècle ont été restaurés. En bref, au Nord comme au Sud, fantasmes et dollars révèlent la nouvelle architecture. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Avec le concours de May MAKAREM (l'Orient Le Jour).


RJLiban, une association qui se veut messagère de la vraie image du pays
Organisation de dîners-débats de Paris à Beyrouth

M. Naji Farah et son épouse Hiba (à gauche sur notre photo) et Michel Anfrol, président de l’amicale de l’Institut Charles de Gaulle (à droite sur notre photo), au cours d’un dîner-débat, organisé par RJLiban au restaurant « al-Mankal », à Paris.

Tout a commencé en 1985, à l’occasion de l’année de la Jeunesse mondiale ouverte par le pape Jean-Paul II. Un groupe d’étudiants libanais, qui poursuivent leurs études en France, croyant fort en leur pays natal, ont voulu montrer au monde la vraie image du Liban. Le Rassemblement de la jeunesse libanaise, RJLiban, a ainsi vu le jour en 1986, à Paris, grâce à l’initiative de Naji Farah et Habib Maaz. « À cette époque, le Liban subissait les effets de la désinformation, explique M. Naji Farah, président de RJLiban. Les pays étrangers ne connaissaient que le Liban ravagé par la guerre. Nous avons voulu améliorer cette image et créer un regroupement formé de Libanais et des amis du Liban, notamment de Français, avec pour objectif de préserver et de promouvoir le patrimoine culturel libanais. » Pour ce faire, le club, qui compte aujourd’hui plus de 400 membres, organise des dîners-débats à thème, à Paris. « Ces rencontres ont lieu tous les deux mois dans une ambiance libanaise, souligne M. Farah. Elles permettent aux membres de se réunir et aux personnes intéressées par notre pays d’établir un premier contact. Cette année, nous avons réussi à organiser quatre dîners. Nous avons de même organisé un concert au palais de l’Unesco, dans la capitale française, en collaboration avec la société Hiram Finance, l’association Partage, la délégation libanaise auprès de l’Unesco, l’Office du tourisme du Liban et la Chambre de commerce franco-libanaise. Les recettes de ce concert, auquel ont assisté quelque mille deux cents personnes, ont été versées au profit de l’association Anta Akhi. »

Combler le manque d’informations
En 2004, le champ d’activités de RJLiban a dépassé les frontières de l’Hexagone pour s’étendre au Liban. « En juin dernier, nous avons accompagné trente membres de l’amicale de l’Institut Charles de Gaulle pour un séjour de dix jours à Beyrouth, note M. Farah. La délégation était présidée par M. Michel Anfrol et comprenait des personnalités importantes, comme le colonel Jean Martin d’Escrienne, dernier aide de camp du général de Gaulle, et Mme Jacqueline Péry de la Rochebrochart, une ancienne résistante. La délégation a été enchantée par les lieux visités et, suite à ce voyage, il a été question de transformer la maison dans laquelle a habité le général de Gaulle, de 1929 à 1932, en un musée ou un espace culturel. » Et M. Farah de déplorer l’absence de centres culturels libanais en France ou d’espaces similaires où les Libanais peuvent se réunir. « En ce qui concerne notre regroupement annuel, il a réuni quelque deux cents membres et amis de notre club et s’est déroulé à Tyr, ajoute-t-il. Nous envisageons d’organiser des dîners-débats mensuels au Liban, ainsi que des journées et des week-ends à la découverte des régions méconnues, à l’intention des Libanais et des étrangers. D’ailleurs, toute notre action était orientée à la base vers le tourisme européen dans le but d’inciter les étrangers à venir visiter notre pays. Nous nous sommes ainsi mis en contact avec plusieurs associations françaises qui désirent se rendre au Liban. Nous leur proposons un tourisme personnalisé. Pour renforcer ce volet touristique, nous avons créé, il y a deux ans, le site francophone www.cedre-voyage.com, en collaboration avec la Mission culturelle française au Liban. À partir du mois d’octobre, ce site est devenu disponible en anglais, espagnol, portugais, italien et allemand. » Quels sont les projets futurs du club ? « Développer encore plus notre site Internet www.rjliban.com et élargir sa structure dans le but de réagir aux messages et aux demandes que nous recevons par mail, répond M. Farah. Ce site traite de l’actualité libanaise et proche-orientale sous forme de revue de presse. Nous avons ajouté une nouvelle rubrique, intitulée “ émigration ”, qui rend compte des activités culturelles des Libanais dans les pays de l’émigration. Nous pensons établir une structure permettant de répondre aux nombreuses demandes que nous recevons de personnes qui recherchent des amis libanais, à titre d’exemple. » Mais les projets de RJLiban ne s’arrêtent pas à ce stade. Les responsables de ce club comptent également entrer en contact avec des universités et de grandes écoles d’ingénieurs et de commerce en France, dans le but d’orienter les étudiants et les nouveaux diplômés libanais. Au niveau politique, M. Farah et ses collègues ont constaté le manque d’informations politiques sur le Liban et le Proche-Orient en France, « alors que cette région est au centre de l’actualité mondiale ». « Nous essayons de combler ces lacunes par des commentaires personnels », précise M. Farah.