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Les libanais: une contribution croissante à la vitalité de la francophonie nord-américaine
Le phénomène de l'émigration libanaise

à Montréal & au Canada
UN ÉCRIVAIN CANADIEN D'ORIGINE LIBANAISE HONORÉ À DUBLIN
Un écrivain montréalais a remporté l'un des prix littéraires les plus lucratifs, le 12 Juin 2008, à Dublin. Pour son premier roman intitulé "De Niro's Game", mettant en scène deux amis d'enfance durant la guerre civile au Liban, Rawi Hage a mérité une bourse de 155,000 dollars du IMPAC Dublin Literary Award. La compétition regroupait 136 livres de 45 pays, tous publiés en langue anglaise en 2006. M. Hage est le deuxième Canadien à remporter ce prix, après Alastair Macleod, en 2001, pour son roman "No Great Mischief". Rawi Hage, âgé de 44 ans, a fui la guerre au Liban au début des années 1980. Il a étudié la photographie à New York et s'est établi à Montréal en 1991, où il s'est forgé une carrière de photographe et d'essayiste.

Festival du monde arabe de Montréal


Le Festival du Monde Arabe de Montréal a dévoilé, en présence de nombreux officiels, partenaires et artistes, à la Cinquième salle de la Place des Arts,
sa programmation pour l'édition 2006, développée sous le thème
Prophètes rebelles.
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La guerre de Juillet 2006 au Liban:


À Montréal, la communauté libanaise se mobilise pour protester contre l’offensive israélienne au Liban. Au moins 200 personnes ont manifesté ce vendredi 14 Juillet dans les rues du centre-ville.

Les manifestants se sont présentés devant le consulat israélien sur le boulevard René-Lévesque, à l’intersection de Peel.

Chaque vendredi, des Palestiniens et Israéliens manifestent à cet endroit afin que la violence cesse au Proche-Orient.

Mais, cette fois-ci, des Libanais se sont joints à eux pour montrer leur opposition aux bombardements de l’État hébreu.
Cliquez sur l'image pour voir une vidéo de l'evènement

Les libanais de Montréal réagissent et se mobilisent


Ambassade du Liban au Canada
640 Lyon Street - K1S 3Z5 - OTTAWA (ONTARIO)
tél: +1(613) 236.58.25 - 236.58.55 fax: +1(613) 232.16.09
Consulat à Montréal

40, Chemin Côte St. Catherine Outremont,
Tél (1514) 2762638 - 2762639 - 2764529 Fax (1514) 2760090
courriel/email: consuliban@qc.aira.com

Décembre 2005: un nouvel Ambassadeur du Canada au Liban

Son portrait

Manifestation des libanais de Montréal
Au moins 150 personnes, pour la plupart des étudiants, se sont réunis, devant le consulat du Liban, le Lundi 21 Février vers 17h, pour manifester leur solidarité avec les libanais du Liban face à la situation engendrée par la mort violente de l'ex-premier ministre Rafic Hariri. C'est principalement la présence syrienne au Liban qui a été dénoncée par les manifestants scandant des slogans hostiles à la Syrie et demandant son départ immédiat du Liban.

Le COLCO (Conseil des Organisations Libano-Canadiennes , assimilé au C.P.L) coordonne la préparation et le déroulement de la plupart des démonstrations à Montréal et au Canada.
<<< Cliquez pour les détails

Liban et Canada : Deux partenaires privilégiés de la coopération
sur la scène internationale

Association canadienne libanaise-syrienne du Québec
40, rue Jean-Talon Est Montréal (Québec) H2R 1S3 Téléphone : (514) 274-3583
Librairie du Moyen-Orient 877, boulevard Décarie Saint-Laurent (Québec) H4L 3M2 Téléphone : (514) 744-4886

Quelques traits généraux de la Communauté libanaise du Québec
à travers le milieu scolaire

Une libanaise partie défendre sa culture au Canada
Zalfa Chelhot, une sirène au pays des pingouins…
Elle fait partie de ces Libanais qui ressentent l’irrépressible besoin de déployer leurs ailes au-delà de cette mince bande de terre, à la fois enfer et paradis, où ils sont nés. Surtout lorsque, comme Zalfa Chelhot, ils débordent de dynamisme, de curiosité et de joie de vivre. « Je n’ai pas quitté le Liban à cause de la guerre. Je suis partie pour aller plus loin », affirme d’emblée cette trentenaire à la bouille sympathique de boute-en-train.

À Montréal, cette ex-DJ à Radio Nostalgie, « sous le pseudonyme de Joanne », ex-comédienne de Plisson et de Berje Fazlian et ex-actrice de feuilletons télévisés (Nissaa fi al-Assifa ou encore Ahla Biyout Ras Beyrouth de Marwan Najjar) a fondé une agence artistique pour jeunes adolescents. Elle enseigne aussi le théâtre dans les écoles et fait de la figuration, de la narration et du doublage à la télévision.
Ce changement d’univers ne s’est pas fait sans temps d’adaptation, d’autant qu’en émigrant, Zalfa Chelhot ne s’est pas départie de sa culture initiale. « J’ai emporté avec moi la musique, la beauté et la chaleur humaine du Liban, dit-elle. Et je les ai amalgamé à tout ce qui est bon et beau dans mon pays d’adoption », assure-t-elle.
D’ailleurs, aujourd’hui encore, après sept ans de vie à Montréal, lorsqu’on lui demande si elle est libanaise ou québécoise, elle répond, avec une pointe d’accent canadien, « je suis les deux ».
Cet attachement aux deux pays du Cèdre et de l’érable, elle le prouve à travers un projet de comédie musicale intitulé Zalfa au pays des pingouins.
Mixant entre le roman jeunesse et la comédie musicale théâtrale, ce projet défend l’idée de l’enrichissement personnel qu’apporte la rencontre des cultures, l’ouverture aux autres et leur acceptation dans leurs différences.
« J’ai commencé l’écriture de ce conte en 2002 », indique la jeune femme. C’est mon expérience d’exil qui a été mon premier moteur. Je ne comprenais ni le pourquoi ni le comment de cette merveilleuse chose qu’est le voyage, l’aventure… Je n’en connaissais pas les risques, les périls non plus ! Qu’importe notre âge, on a besoin de partir pour grandir. C’est cela que j’ai voulu raconter à travers ce conte qui parle de l’expérience d’une jeune sirène de 15 ans, partie à la recherche du bonheur, de l’amour au pays des pingouins… ».
Un conte qui va bientôt être édité en France et qui s’adresse en premier lieu aux jeunes.
« J’y traite plusieurs sujets, qui tourmentent les jeunes, tels que : qui a-t-il là-bas ? Pourrais-je réussir si je pars ? La peur de l’éloignement, l’apport de l’aventure. La différence. Apprendre à aimer et comprendre l’autre même s’il n’est pas comme nous. Tout cela avec un brin d’humour et surtout avec beaucoup d’espoir et de courage », indique la jeune femme. Qui ne se limite pas à la publication et a déjà mis en chantier la comédie musicale qu’elle va en tirer. « Un cocktail de poésie, d’image et de jeu », annonce-t-elle. La musique est prête. Un mixe de rythmes orientaux (dont une composition spéciale d’Élias Rahbani) et occidentaux qu’elle a enregistré au Canada, mais y a fait participer des chanteurs libanais et canadiens. Et les préparatifs de scène vont bon train.
Les représentations commenceront d’ici à quelques mois au Canada et se poursuivront au Liban, avant de continuer avec d’autres étapes le voyage, comme l’espère l’infatigable Zalfa Chelhot. Voyageuse dans l’âme…

Zena Zalzal pour L'Orient-Le Jour/Juin 2008

Coopération universitaire: signature d’un protocole d’accord
entre l’Usek et HEC-Montréal

Beyrouth, 27 Janvier 2005- Dans le cadre des efforts visant à développer la coopération avec les meilleures institutions universitaires mondiales pour promouvoir l’enseignement des sciences de gestion et s’aligner sur les nouvelles composantes de la globalisation, l’Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek) a signé un accord de collaboration avec la prestigieuse grande école des Hautes Études commerciales à Montréal (HEC), en présence de l’ambassadeur du Canada, Michel Duval, du directeur de HEC-Montréal, Jean-Marie Toulouse, du directeur général du ministère de l’Enseignement supérieur, Ahmed Jammal, du recteur de l’Usek, le RP Antoine al-Ahmar, ainsi que des doyens et des professeurs de l’université.
Prenant la parole, le recteur de l’Usek, le RP Antoine al-Ahmar, a affirmé : « Notre université a toujours axé sa stratégie sur l’excellence, et c’est dans cette optique qu’aujourd’hui nous sommes ravis d’avoir HEC-Montréal comme partenaire privilégié. L’Usek se veut un centre d’expertise et de valorisation, et nombre de ses enseignants-chercheurs sont engagés dans des actions de coopération bilatérales ou multilatérales à la demande d’organismes nationaux ou internationaux. » Pour sa part, le directeur de HEC-Montréal, Jean-Marie Toulouse, a passé en revue le volet international de HEC-Montréal ainsi que les différents programmes suivis en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Sénégal, en Russie, au Mexique, en Roumanie, en Chine et en Colombie. Et de conclure que « cette première forme de collaboration sera probablement complétée par un programme de formateur de cadres et de hauts dirigeants à l’intention des gens d’affaires du Liban ». Quant au directeur général du ministère de l’Enseignement supérieur, Ahmed Jammal, il a soutenu que cet accord de coopération est d’un intérêt majeur pour le Liban, car il s’intègre dans la stratégie du ministère, d’autant plus que la coopération internationale est l’un des critères pour l’évaluation institutionnelle des établissements.
Le recteur de l’Usek, le directeur de HEC-Montréal et le directeur général du ministère de l’Enseignement supérieur au Liban ont signé un protocole d’accord pour le lancement d’un programme international commun de DESS en sciences de gestion. Ce programme mettra à la disposition des cadres libanais l’expérience importante de HEC-Montréal dans le domaine de l’enseignement avancé de la gestion des entreprises, à laquelle viendront s’ajouter les relations locales développées par l’Usek et sa connaissance des spécificités du marché local et régional. Ce programme de 30 crédits, fondé sur le concept nord-américain de crédits comptabilisants, s’étale sur deux ans. Il vise les candidats titulaires d’une licence (bac+4) dans une discipline autre que les sciences de gestion-HEC de Montréal, qui vient d’accéder au rang des 10 meilleures grandes écoles internationales.
Le démarrage du programme est prévu pour le début du mois d’octobre 2005.


Décembre 2003:

Zeina El-Tibi s'entretient avec le Sénateur canadien d'origine libanaise Pierre Debané
sur la contribution des libanais au développement du Canada.

A lire dans

Michel Duval, Ambassadeur du Canada au Liban



Toute l'Actu en direct du Canada francophone!



Du 30 Octobre au 16 Novembre 2003, retour sur une programmation exceptionnelle avec Magida El Roumi en clôture

Une Culture,
Cà se partage!
Joseph Nakhlé et son équipe vous convie à l'Automne 2003 au IVème Festival du Monde Arabe de Montréal.

Evènement unique en Amérique du Nord et à la programmation de plus en plus riche, nous lui souhaitons un succès mérité et rappelons combien son rôle est essentiel dans l'intégration des toujours plus nombreux libanais et arabophones récemment installés dans la seconde métropole francophone du monde.

Le Programme du Festival
du Monde Arabe


Découvrez chaque Semaine "Outre Mer"
consacrée à l'Histoire et au Succès d'un libanais émigré
Sami Aoun
17 Oct 2003 - Un intellectuel parfaitement intégré, Professeur reconnu par ses pairs, analyste chevronné et spécialiste des questions du Proche et du Moyen-Orient, animateur d'un journal hebdomadaire sur Radio Canada International (RCI), Sami Aoun est l'un des rares Libanais qui ont réussi à se tailler une place de choix dans le milieu intellectuel du Québec. >>> Lire la suite...

CH Montreal
Canal Cable 14
TV-MAGAZINE LIBANAIS
Chaque semaine, l’animatrice Randa Hassoun couvre les sujets qui touchent la communauté libanaise de Montréal. Elle reçoit en entrevue des spécialistes de l’éducation, la santé et des services à la communauté. Le jeudi à 20h00. Langues : arabe, français et anglais
CH est la station de télévision multiculturelle de Montréal
CH est disponible dans le grand Montréal sur la position câble 14, au poste UHF 62 et à travers le pays au canal 209 sur le deuxième satellite de Bell ExpressVu.
Magazine d'Ici et d'Ailleurs:
le Liban
au menu du N° 22 d'Octobre 2003

Les Libanais, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs, ont quelque chose en commun : ils excellent dans le commerce. A Montréal, ils ont transformé le paysage de la restauration rapide. Le shish taouk rivalise en force avec le hot dog et la poutine. Ils sont musulmans et chrétiens et plusieurs d'entre eux vivent côte à côte même s'ils se sont entre-déchirés dans leur pays d'origine. D'autres, par contre, choisissent de quitter la communauté pour poursuivre d'autres horizons. Les libanais d'ici sont avant tout montréalais dans l'âme.

Diffusion sur Télé-Québec et TV5; Production Pixcom-Montréal


Coopération Liban Canada:
Deux partenaires privilégiés sur la scène internationale

Depuis la fin de la guerre, les mouvements migratoires entre le Liban et le Canada sont passés d’un flux de réfugiés à un flux d’immigrants économiques et universitaires. En quelques années les rapports entre les deux pays se sont considérablement accrus, grâce notamment à la dynamique culturelle qu’engendrent ces flux migratoires et aux investissements canadiens au Liban. Le Canada travaille à la modernisation du pays, que ce soit dans le cadre de la francophonie ou grâce à des initiatives privées (comme ce fut le cas pour la rénovation du système postal). Depuis un certain temps, le succès de l’intégration des Libanais du Canada inspire bon nombre de jeunes candidats à l’immigration, qui s’enthousiasment de plus en plus pour ce modèle canadien à mi-chemin entre une Europe riche mais peu dynamique et le libéralisme américain.

En trente ans, le Canada et le Liban sont devenus des partenaires privilégiés sur la scène internationale. Liés par la francophonie et une forte communauté libanaise au Canada, les deux pays ont approfondi leurs relations dans un climat d’entente profonde. Le Liban a besoin de capitaux pour sa reconstruction, le Canada, d’immigrants pour occuper son immense territoire. C’est la guerre du Liban qui a donné une impulsion décisive à l’immigration vers le Canada de milliers de Libanais, puisque les données montrent que le flux migratoire a été multiplié par dix pendant le conflit. Le choix du Canada ne s’est pas fait par dépit, parce qu’après quelques années, certains pays accueillant traditionnellement l’immigration libanaise ont réduit le nombre d’entrants autorisé. Si les USA ont ainsi durci leur politique de visas et l’Europe s’est unie autour des critères très sévères de la Convention Schengen, des pays comme le Canada ont développé à l’opposé une vraie politique favorable à l’immigration qui a permis à de nombreux Libanais de s’installer.
L’ambassade du Canada à Beyrouth estime officiellement à 1 000 par an le nombre de Libanais partis s’installer au Canada en temps normal, et avance le chiffre de 15 000 migrants par an durant la guerre. Ces statistiques témoignent du rythme soutenu de l’immigration libanaise.
Celle-ci ne s’est pas répartie également sur l’ensemble de l’immense territoire canadien, puisque 66 %, soit les deux tiers, sont allés s’installer au Québec. La ville de Montréal, la grande métropole de la province, rassemblant à elle seule une immense partie de cette communauté. La langue a sans aucun doute joué un rôle important dans ce choix, les Libanais se concentrant naturellement dans les zones francophones du pays. Mais les flux migratoires ont généralement des motivations économiques, comme c’est le cas pour l’immigration libanaise au Canada, et ils se dirigent habituellement vers les zones les plus prospères d’un pays, ce qui est le cas du Québec. Dans ce pays, mille fois plus grand que le Liban et seulement dix fois plus peuplé, le mythe américain des grands espaces à peupler vit encore, d’où cette politique très ouverte des pouvoirs publics en matière d’immigration. Le seul risque que souhaite éviter l’Administration fédérale reste les immigrants qui ne viendraient au Canada que dans le but d’obtenir avec un passeport canadien, le droit de libre circulation vers les États-Unis et ainsi contourner la législation des USA.
Outre sa tradition de terre d’immigration, le Canada possède d’indéniables qualités et des avantages (économie prospère, niveau de vie élevé, protection sociale efficace, enseignement de qualité) qui ont conduit bon nombre de migrants libanais à s’installer à Montréal, Québec, Toronto, Vancouver... Là-bas, ils ont découvert un univers qui correspond encore un peu au mythe de l’Amérique, du « go west », et un dynamisme économique qui laisse sa chance à tout le monde. Le fait que bon nombre d’entre eux aient choisi de s’installer au Québec ne doit pas laisser croire que la « Belle Province » n’est qu’un substitut francophone à une impossible immigration en France. Il y a au Québec un cosmopolitisme et un multilinguisme qui plaît aux Libanais, car il s’apparente en quelque sorte aux grands traits de la société libanaise actuelle, où l’on a pris l’habitude de jongler avec le français, l’anglais et l’arabe.
Les Libanais-Canadiens que l’on rencontre ne tarissent pas d’éloges sur le Canada et sur le Québec. Ils louent la simplicité des gens, leur ouverture et le dynamisme économique du pays. Dans l’esprit de bien de jeunes Libanais, le Canada a pris le relais de la France et ils sont de plus en plus nombreux à s’y rendre. Le Québec a, de fait, endossé le rôle d’une terre d’accueil un peu particulière où les Libanais peuvent profiter de la francophonie alors même que chez eux la pratique du français diminue. La conjugaison de cette tradition d’accueil et de l’incroyable pouvoir d’adaptation des flux migrants libanais a permis de développer entre ces deux pays une relation très particulière qui aujourd’hui produit ses effets.
Francophonie et investissements
Tout d’abord le Canada est devenu, par le biais du Québec, l’un des principaux défenseurs de la langue française au Liban. Il s’y est aussi affirmé comme l’un des tout premiers investisseurs, et les exemples ne manquent pas, que ce soit dans le secteur bancaire, postal ou touristique. Ces investissements dans la plupart des cas sont le fait de Libanais qui ont réussi professionnellement au Canada, ou qui y ont fait des études et qui ensuite reviennent travailler ou investir au Liban. Ces « retours économiques » ne sont pas la seule forme d’engagements canadiens au Liban. On trouve notamment des collaborations universitaires comme celle qui lie l’École supérieure et internationale de gestion de Beyrouth et l’Université du Québec à Montréal. Selon un responsable de l’ambassade canadienne, « la coopération universitaire est le prolongement logique de l’immigration ». L’action du Canada dans le domaine de la culture passe, elle, notamment par le canal de la francophonie. Lors du sommet de Beyrouth en octobre 2002 réunissant les représentants des États ayant le français en commun, le gouvernement du Québec a ainsi offert de financer l’installation de panneaux informatifs pour le site de Byblos. Le français étant une passerelle entre les deux États, chaque année un représentant de la langue de Gaston Miron vient à Beyrouth pour le Salon du Livre, comme ambassadeur de la littérature québécoise. En octobre 2002 il s’agissait de Christyne Brouillet. Depuis ce sommet, la francophonie a pris une tournure nettement plus politique et économique, sans pour autant abandonner son fondement littéraire. Pour ne pas laisser la francophonie devenir une table ronde poussiéreuse, ses membres se sont lancés dans des programmes de développement et d’investissement. Le Canada, qui développe notamment des projets d’hydrologie en Afrique, pourrait un jour être amené à travailler sur ce thème au Liban, car l’écologie est une de ses priorités. Pour l’instant, son programme d’aide se concentre sur la reconstruction du pays, la réforme du système de taxation et la formation professionnelle et technique.

Fabrice BOSSOLINI

22 Août 2003



Regards sur Wajdi Mouawad
Biographie et bibliographie express Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad a vécu en France avant d’immigrer au Québec. Formé à l’École nationale de théâtre du Canada, cofondateur du théâtre Ô Parleur, il est comédien, auteur et metteur en scène. Figure marquante du jeune théâtre québécois, il signe des adaptations et des mises en scène pour les plus importants théâtres de Montréal. La création de Willy Protagoras enfermé dans les toilettes fut élue meilleure production à Montréal, en 1998, par l’Association québécoise des critiques de théâtre. Wajdi Mouawad triomphait à Limoges, à l’automne 1998, avec Littoral, qui a été créée au Festival de théâtre des Amériques en juin 1997 et présentée au Festival d’Avignon en 1999. Il dirige, depuis janvier 2000, le théâtre de Quat’Sous de Montréal. Il est l’auteur de dix ouvrages : Journée de noces chez les Cromagnons – 1992; Alphonse – 1993 (Leméac Éditeur, 1996) ; Willy Protagoras enfermé dans les toilettes – 1993 ; Les mains d’Edwige au moment de la naissance – 1995 (Leméac Éditeur, 1999) ; Le Songe – 1996, inspiré par Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare ; Couteau – 1997 (dans Contes urbains, Moebius n° 75, hiver 1997) ; Littoral – 1997 (Leméac Actes Sud – Papiers, 1999) ; Rêves – 1999 (Actes Sud - papiers, 2002) ; Pacamambo – 2000 (Éditions Actes Sud et Heyoka, Centre dramatique national pour l’enfance et la jeunesse de Sartrouville, 2000). L’ouvrage a donné naissance à un opéra, sur une musique de Zack Settel et dans une coproduction de Chants libres. Première à Montréal, le 1er décembre 2002) ;
Visage retrouvé (2002), Éditions Actes Sud – Leméac:

Premier roman du dramaturge libanais « Visage retrouvé », de Wajdi Mouawad : le deuil de la guerre...

Janvier 2004: Wajdi Mouawad triomphe en France
A Malakoff, en région parisienne, puis Angoulême, une quête des origines en forme de fable par le Québéco-Libanais Wajdi Mouawad. Le Liban, terre de feux
Incendies Texte et m.s. de Wajdi Mouawad au théâtre 71 de Malakoff, 3, place du 11-Novembre. Jusqu'au 1er février, mar.-sam. 20 heures, dim. 16 heures. Tél. : 01 55 48 91 00. Et au théâtre d'Angoulême les 10 et 11 février. Tél. : 05 45 38 61 62.

Lu dans Libération, l'article de Maroea Bouteillet

Rarement, on aura éprouvé au théâtre une telle sensation de traversée. Histoire de Jeanne et de Simon partis sur les traces de leur mère Nawal, et d'abord histoire de celle-ci, Incendies, du québéco-libanais Wajdi Mouawad, gagne à chaque pas une dimension plus universelle pour atteindre à la fable. Où la quête des origines conduit tout droit aux déchirements du Proche-Orient ­ berceau du Livre judéo-chrétien autant que terre de naissance de l'auteur.

Emotion.
Au terme des trois heures que dure le spectacle, chacun trouve enfin sa place au côté des autres, sur une rangée de chaises dépareillées, pour s'abriter sous la même bâche d'une pluie dense et fine. On se sent alors tout proches. Pris par l'émotion en tout cas. «Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux», ne cesse de se répéter Nawal, 14 ans, séparée de son amour et à qui bientôt on arrachera le bébé. Lequel, placé dans un orphelinat, deviendra plus tard sniper, puis violeur de sa propre mère dans la prison de Kfar Rayat. Laquelle, après avoir appris à lire et à écrire, est partie sur les routes pour retrouver son enfant, a traversé les camps de réfugiés et répandu «des idées dans la tête des gens»... A vue de nez, on est au Liban, au début des années 1980. De la rencontre de Nawal et de son fils, devenu le tortionnaire Abu Tarek, naîtront les jumeaux Janaane et Sarwane ­ Jeanne et Simon, que l'on retrouve vingt ans plus tard à Montréal, si on se fie à l'accent .>>>
Histoire d'une résistance ? d'une transformation ? Il n'est pas certain que le testament de la mère morte qui ouvre la pièce marque le départ du voyage. Il n'y a ni début, ni fin, mais le mouvement de l'éternel retour, avec ses morts, ses naissances et ce qui se transmet des uns aux autres. Trois actrices se transmettent le rôle de Nawal ­ une pour chaque âge ­, qui par leur chassé-croisé donnent à entrevoir l'évolution du personnage.

Mouvements croisés.
Et c'est ce mouvement où passé et présent se croisent sans cesse que Wajdi Mouawad réussit particulièrement. Avec deux fois rien et une grande fluidité. Des acteurs parfaitement dirigés sur un plateau nu ­ excepté ce mur en verre dépoli derrière lequel ils errent comme des ombres avant d'entrer en scène. Et une circulation d'objets très simples, qui traversent les époques et la géographie pour relier les pièces du puzzle. Ainsi, l'échelle sur laquelle Nawal adresse un dernier regard à son amant devient l'instant d'après la table d'accouchement sous laquelle passe la sage-femme et, plus tard, les hauteurs d'où le sniper vise ses victimes. Les trois seaux d'eau que réclame le notaire à l'enterrement de Nawal sont aussi ces récipients où seront jetés les bébés non désirés et les percussions de la révolte... Tout l'art de Wajdi Mouawad tient dans la qualité du geste, davantage que dans une écriture à la candeur par moments trop lyrique. «Lorsqu'on vous demandera votre histoire, écrit Nawal à ses enfants, dites que votre histoire, son origine, remonte au jour où une jeune fille revint à son village natal pour y graver le nom de sa grand-mère Nazira sur sa tombe.» Un jour, semble espérer Wajdi Mouawad, l'écriture et le savoir transmis viendront briser le cycle de la violence.


Radio-Canada donne la voix aux jeunes ados canadiens et libanais
Les Pages Web "Liban" de Radio Canada

L’idée est extraordinaire. Les résultats aussi. En tout, soixante-dix élus parmi les jeunes adolescents libanais ont pris part à une émission produite par Radio-Canada dans le prolongement du sommet de la francophonie. À l’autre bout du monde, leurs correspondants canadiens, du même âge, ont voulu eux aussi échanger leurs opinions sur les problèmes de la planète et en apprendre un peu plus sur le Liban. Concepteur et réalisateur de cette émission, Louis-Yves Dubois, se consacre depuis de longues années à des émissions qui s’adressent exclusivement aux jeunes.
* Depuis deux ans, il a décidé de porter le plus loin possible l’écho de son programme Radio-Ados, en l’exportant « autour du monde », plus précisément dans les pays francophones. Cette semaine, c’était au tour des Libanais – après les Africains qui sont passés sur les ondes canadiennes l’an dernier – de parler de leur quotidien. Après une correspondance par e-mail, qui a duré plus de huit mois entre le Canada et le Liban, les jeunes ont choisi en toute liberté les sujets qui ont été débattus au cours de l’émission : politique, religion, guerre, paix, sida, drogue, sexualité, prostitution, mais aussi la fascination pour l’Occident, les inégalités sociales, les lois etc. Autant de thèmes qui intéressent les adolescents des deux côtés. Bref, une émission qui se veut une tribune libre pour les jeunes Libanais qui n’ont pratiquement jamais l’occasion de s’exprimer en public, mais aussi un échange culturel enrichissant pour les jeunes Canadiens avides d’en connaître un peu plus sur la culture de la région.
* Sélectionnés depuis un an auprès de quatre établissements scolaires dont trois privés et un public – l’école officielle de Chiah, le College International, le College Khadija el-Kobra et l’école Notre-Dame des Anges – les jeunes ont pu, deux heures durant, formuler leurs rêves, leurs espoirs, mais aussi leurs opinions sur un monde en perte d’idéal, ainsi que leurs craintes en un avenir de plus en plus incertain. Bien qu’ils s’intéressent à une pléthore de sujets sur lesquels ils ont souvent des avis mitigés, la politique reste leur préoccupation principale et leur souci majeur. À Annie Desrochers, la journaliste candienne qui a animé durant deux jours ces émissions, ils diront toute leur désillusion d’un pays qui ne fait plus cas d’eux. À les entendre, les jeunes ados du Liban sont amers, cyniques et désenchantés dès qu’on leur parle de la chose publique.
L’absence des libertés – illustrée par un constat : « le Liban n’est pas un pays démocratique » – la corruption, les inégalités sociales, la répression des jeunes, autant de maux dont souffrent le peuple libanais devant « l’indifférence totale » d’une caste de politiciens de plus en plus détachés de leur base, comme ils disent. Déchaînés contre leurs représentants, les jeunes ados ont su trouver les mots pour le dire. « C’est uniquement durant les élections législatives que nos députés s’intéressent au peuple. Une fois l’échéance passée, ils nous oublient complètement », confie Zeina, 17 ans. Ceux d’entre eux qui ont quelques souvenirs de la guerre estiment que celle-ci continue aujourd’hui, sous d’autres formes. Pour Youmna, la reconstruction du centre-ville a effectivement eu lieu, mais pour ouvrir une autre plaie occasionnée par les dettes qui ont accablé le Liban. Soutenu par ses camarades, Imad critique avec virulence la présence syrienne qui a complètement hypothéqué les libertés individuelles et publiques. « Le Liban n’est pas un pays indépendant. Nous avons une apparence de démocratie, mais toute la politique libanaise se décide en Syrie », dit-il. S’évertuant à expliquer comment l’opposition – en majorité chrétienne – « n’a pas beaucoup de pouvoir au Liban », Jihad réalise subitement qu’il est à la radio et met fin à sa tirade. « Je ne peux vous l’expliquer maintenant. Pas publiquement en tous les cas. Je vous le dirai tout à l’heure à la pause », dit-il en s’adressant à la journaliste. Un réflexe d’autocensure d’autant plus significiatif que les jeunes se sont précisément plaints, à plusieurs reprises, de la répression des libertés publiques. Si la majorité d’entre eux approuve « la censure de la violence » notamment au cinéma , ils critiquent par contre celle qui est exercée sur les publications ou les films qui font référence à la sexualité.
* Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que le thème de l’immigration – également débattu au cours de ces émissions – revienne sur toutes les lèvres. Rares sont ceux qui ne veulent pas quitter le pays. Annie Desrochers, qui pourtant n’est pas une familière des problèmes libanais, ne semble pas étonnée de voir une jeunesse aussi désillusionnée. « Ils ne sont guère différents des adolescents canadiens, qui sont complètement démobilisés. Eux aussi croient que tous les politiciens sont corrompus. D’ailleurs la plupart ne veut plus aller voter. La seule chose qui semble encore les captiver, c’est l’action de la société civile », confie Mme Desrochers. Pour Louis-Yves Dubois, les adoslescents libanais sont nettement plus matures que les jeunes Canadiens du même âge. « L’expérience est différente. Les jeunes d’ici ont été plus éprouvés. Il ne faut pas oublier que nous sommes au Moyen-Orient avec tout son cortège de problèmes politiques et sociaux », dit-il. Pour Jad, 18 ans, le message est passé, le courant aussi, et c’est ce qui importe. « Nous voulions faire connaître à nos amis canadiens ce que nous endurons. Le plus intéresssant est cet échange d’expérience et de culture, qui a pu avoir lieu grâce à l’émission », témoigne le jeune ado, qui affirme vouloir rester en contact – par mail – avec son correspondant canadien, Jonathan.
* Pour le Canada, ces émissions seront diffusées à partir du 12 mars prochain, à 19 heures, sur les ondes courtes de Radio-Canada (fréquence 12, 597 ghz). Les Libanais devront attendre un peu plus longtemps, puisque l’émission est prévue à une date ultérieure sur Radio Liban.
Pour les plus impatients, ils peuvent toutefois suivre le programme à partir du 12 mars sur Internet à l’adresse suivante : http: // radio-canada.ca/ados

Du Mont Liban à Mont Royal...
>>> La communauté libano-canadienne contribue à la vitalité de la culture francophone

-Source Ministère Canadien des Affaires Etrangères-

Alors que l'économie libanaise peine à pouvoir absorber les jeunes élites que forment ses -trop?- nombreuses universités, de plus en plus d'experts s'inquiètent d'une possible hémorragie vers l'étranger.Parmi les destinations prisées, figure au premier rang, le Canada, terre d'accueil traditionnelle, et plus particulièrement la métropole de Montréal très demanderesse d'émigration francophone...
Nous avons voulu faire le point sur la situation, entre histoire et perspectives, au moment ou quelques dossiers de presse au Liban comme à l'étranger se penchent sur ce phénomène de société.Faut-il y voir un danger pour l'avenir du Liban ou la perpétuation d'un des caractères essentiels de la Libanité? A chacun de se forger une conviction!



>>> Les Dessous de la tension Libano-Canadienne de Janvier 2003
par Zeina El-Tibi, dans la Revue du Liban du 17 Janvier

Maria Mourani, sociologue d'origine libanaise,
candidate pour le PQ au comté de l'Acadie à Montréal

Recensement 2001: faits saillants
et
Tendances linguistiques

A Montréal, l'arabe était, derrière l'italien, la deuxième langue maternelle non officielle la plus déclarée en 2001, prenant la place de l'espagnol. La population parlant l'arabe a crû, passant de 61 500 à 79 850, ce qui représente 12,0 % de l'ensemble des allophones et 2,4 % de la population totale. L'arabe était la langue le plus souvent parlée à la maison pour 1,6 % de la population totale.


Une Culture,
Cà se partage!
Joseph Nakhlé et son équipe vous convie à l'Automne 2003 au IVème Festival du Monde Arabe de Montréal.

Evènement unique en Amérique du Nord et à la programmation de plus en plus riche, nous lui souhaitons le succès mérité et rappelons combien son rôle est essentiel dans l'intégration des toujours plus nombreux libanais et arabophones récemment installés dans la seconde métropole francophone du monde.

Le Programme du Festival
du Monde Arabe



"Min Zamaan - Depuis Longtemps"
La présence syrienne-libanaise à Montréal entre 1882 et 1940
Exposition initiée par Mr Brian Aboud & présentée au Centre d'histoire de Montréal
du 10 octobre 2002 au 8 décembre 2002 et du 22 janvier au 25 mai 2003


Grand succès de la troupe Caracalla au Canada.

Les dernières représentations des Deux mille et une nuits ont eu lieu à Montréal, à l’invitation du Festival du monde arabe organisé par M. Joseph Nakhlé. La troupe Caracalla s’est produite sur les planches du théâtre Place des arts devant un public nombreux et enthousiaste. Une soirée placée sous le patronage du Premier ministre québécois, M. Bernard Landry, s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités arabes et étrangères. Au terme de la représentation, Abdel Halim Caracalla a offert à M. Landry une abaya en signe de reconnaissance pour son encouragement et le patronage de cette manifestation. En décembre prochain, la troupe se produira au Biel, centre-ville, avant de reprendre la route à destination de Paris, Londres et les États-Unis.


Les libanais à Montréal
avec


et dans le monde...
>>> Tout le Dossier paru fin Octobre 2002




Le restaurant-FastFood
libanais "Amir"

Saint-Laurent,
une ville (presque) libanaise

Durant les dix-sept années de guerre, un grand nombre de familles libanaises, à majorité chrétienne, ont décidé de plier bagage et de quitter pour le Canada. À la fin de la guerre, en 1991, plusieurs sont rentrées au Liban, mais la plupart se sont intégrées dans leur pays d’accueil et y ont commencé une nouvelle vie. Selon le consulat général du Liban au Canada, il y a près de 250 000 Libanais dans le Québec ; certains y sont installés depuis plus de 15 ans. La plus grande concentration de Libano-Canadiens se trouve dans la partie francophone du pays, à Montréal. La ville de Saint-Laurent abrite la moitié de ces émigrés libanais. « On dirait une ville libanaise mais avec un grand changement de décor », raconte M. Bassam Massoud, 34 ans, propriétaire d’un restaurant libanais à Montréal. M. Massoud est originaire du Liban-Sud mais vit au Canada depuis 1988. Après huit ans d’absence, il décide de rentrer dans son pays natal mais n’y reste que deux ans car, selon lui, il ne pouvait se réadapter à la « mentalité libanaise » et, de plus, la situation économique du pays était rien moins que rassurante. « Au Canada, je me sens chez moi. Quand je suis en voyage, j’ai le mal du pays et je ne me repose qu’à mon retour à Montréal », avoue-t-il. « Dans la rue, je salue tout le monde et 70 % des locataires dans mon immeuble sont d’origine libanaise », continue-t-il.

L’intégration à la libanaise

Les Libanais sont partout à Montréal. Il suffit d’une simple promenade dans les rues de la ville pour remarquer à quel point ils sont parfaitement intégrés. Les restaurants libanais sont parmi les plus fréquentés à Montréal. Amir, un restaurant de spécialités libanaises, possède quinze branches réparties dans toute la ville, à chaque coin de rue et dans presque tous les centres d’achat. L’autre grand nom libanais est Adonis, un supermarché qui vend des produits importés du Liban : foul, tabboulé, kebbé, hommos... Les Libanais viennent faire leurs provisions ici, par nostalgie, d’une part, mais aussi pour garder le goût de la fine cuisine libanaise dans leur mémoire et pour partager cet héritage avec leurs enfants nés au Canada. « La cuisine libanaise est un grand réconfort pour nous », affirme M. Michel Boutros, originaire d’Achrafieh mais qui réside à Montréal depuis 1990. Après avoir obtenu la nationalité canadienne, M. Boutros décide de rentrer définitivement au Liban. Il avait vendu sa maison et ramené tous ses biens avec lui. « En 1997, je suis rentré à Beyrouth malgré la situation économique et le chômage. Je n’y suis resté qu’un mois ! » dit-il. Malgré ce bref séjour au Liban, il dit qu’il garde toujours l’espoir de revenir et il conseillerait à tous ses amis de rentrer au pays. Ses trois enfants, respectivement 11, 9 et 7 ans, parlent très couramment l’arabe et quand leur père leur demande s’ils aimeraient revoir le Liban un jour, ils répondent tous les trois par un « oui » enthousiaste. « J’ai enseigné à mes enfants l’arabe car on va rentrer un jour. J’ai déjà acheté une maison et un petit terrain au Liban car je veux que mes enfants grandissent là-bas », explique M. Boutros. « Il est vrai qu’il y a beaucoup de Libanais à Montréal, mais j’ai la nostalgie du pays », continue-t-il. La plupart des enfants des immigrés libanais résidant au Canada apprennent la langue arabe dans les écoles du pays. On entend parler l’arabe dans les cafés, les magasins et même dans les rues. Presque tous les Libanais à Montréal ont installé dans leurs maisons des antennes paraboliques afin de suivre les nouvelles de leur pays et de recevoir les chaînes de télévision libanaises et arabes. Mais certains gardent toujours vivaces dans leur mémoire les souvenirs de la guerre et de tout ce qui les avait poussés à fuir à l’étranger. D’autres, qui ne sont pas rentrés au Liban depuis plus de 20 ans, rêvent de retourner un jour ou même sont déjà en train de préparer leurs papiers. « Je vis ici depuis 1973 mais je veux rentrer chez moi, au Liban. Ma mère est mourante et elle souhaite passer le restant de ses jours dans son village du Nord », raconte un homme, à la soixantaine, assis dans l’antichambre du consulat général du Liban au Canada, attendant impatiemment ses papiers de retour. Une des raisons qui empêchent plusieurs Libanais de revenir est la situation économique. Les facilités dont les Libanais jouissent à Montréal sont incomparables : pension de retraite assurée, facture médicale et frais de scolarité presque nuls... « Je vis au Canada depuis 15 ans, j’ai une maison, une voiture, je suis marié et j’ai des enfants. C’est mon travail de coiffeur qui me permet de vivre aussi bien », indique M. Jean Khoury, 32 ans. « Je rentrerai au Liban si on me promet la même qualité de vie. Je ne demande rien de plus », continue-t-il. Le deuxième problème qui se pose est celui des enfants. Ce sujet constitue une source de conflit pour les immigrés libanais qui résident au Canada depuis une dizaine d’années, car, d’une part, ils aimeraient élever leurs enfants au Liban afin de leur inculquer les « valeurs » du pays et pour qu’ils gardent une « mentalité orientale ». Mais, d’autre part, ils voudraient leur assurer un avenir et ils ont peur d’être déçus par le Liban. M. Ghassan Matalani, 54 ans, est originaire d’Achrafieh mais vit à Montréal depuis 1989. Il avait toujours l’espoir du retour dans l’esprit mais ce n’est qu’en 1995 qu’il réalise son rêve et revient avec sa femme et ses enfants au Liban. Il ouvre un supermarché à Jounieh en partenariat avec un cousin et exempte ses enfants de l’arabe à l’école. « Ma fille qui avait 12 ans, à l’époque, n’était pas contente, mais mon fils, 10 ans, s’était habitué à la vie au Liban », explique M. Matalani. « Il fallait que je tente ma chance mais ma famille n’était pas satisfaite de ma décision et, en plus, l’État ne nous facilitait pas la vie. Tout était très compliqué », continue-t-il. En septembre 2000, M. Matalani est reparti avec sa famille au Canada. Il dit qu’il a subi deux grandes pertes, l’une morale et l’autre financière. « C’est très dur pour un homme de mon âge de vivre loin de son pays natal. Une partie de moi-même est au Liban et non pas à Montréal », indique-t-il. « Mes amis me disent que je vis dans un rêve et que le Liban n’est plus le même. Je réponds que tous ceux qui aiment leur pays doivent garder intacte leur foi en lui », conclut-il.


>>> Evaluation de l'émigration libanaise sur 20 ans
de 1975 à 1994

On pourra considérer que la part des libanais au Canada a encore considérablement augmenté depuis 1995

>>> Fier d'être libanais/
Proud to be lebanese

Annuaire-répertoire de libanais du monde ou les canadiens sont particulièrement présents et...fiers de l'être!

>>> Avant d'aller au Liban...


« Take off » de Letzva
Premiers pas musicaux de deux Libanais au Canada

Amateurs de rock, voilà un CD qui pourrait vous intéresser. Take off du groupe Letzva. Non, il ne s’agit pas d’une formation slave, loin de là. Ce sont plutôt deux jeunes libanais, Charles Assaf, 23 ans, et Fouad Abi Rached, 21 ans, qui sont les compositeurs, chanteurs et musiciens de ce CD. Étudiants en génie à Mc Gill University, Canada, Charles et Fouad ont fondé le groupe en 1999. Le nom? Un mot bilingue. Charles disait toujours «let’s va» pour «let’s go». Ils s’étaient rencontrés en 1996. Fouad avait formé un groupe intitulé LSD. Son compère s’y est joint et ils ont joué ensemble durant trois ans dans des concerts, lors d’évènements universitaires ou dans des clubs. Leur style? Inspiré des grands, comme The Doors, Jimmy Hendricks et Led Zeppelin. Avec le temps, leur musique est devenue de plus en plus liée à la sauce funk, plus un zeste de jazz moderne. Deux étudiants canadiens sont venus compléter le groupe. Dans ce premier opus disponible dans les grandes «cd-thèques» de Beyrouth, Charles Assaf est à la guitare, Fouad Abi Rached tient le micro, Andrew Weldon manipule la basse et Hugo Lavallee tape sur la batterie. Ils disent que leurs chansons sont inspirées de leurs petites histoires personnelles. Cela fait tout drôle quand même lorsqu’on entend des titres qui parlent de boissons, de Kamasutra, de copine au bord de la piscine en bikini, de clubbing, de septième ciel (Vanilla Sky), de révélation, d’élévation, de consommation… Bon, il est vrai qu’ils critiquent le «Rat Race», ou la ruée vers l’argent, et dédient même une chanson à un SDF. Le tandem libanais assure avoir rêvé de ce premier CD depuis l’âge de 15 ans. Ils ont pu le financer grâce aux recettes des concerts. Letzva a gravé Take off pour partager sa musique. Pas pour l’argent. Ils espèrent pouvoir, dans leur envol, balancer les deux, métier et carrière musicale. Bonne route, alors...


17 Janvier 2003




Y aura t-il une quatrième vague d'émigration libanaise massive vers le Canada?


L’église Saint-Georges à Mont Royal où se trouve
une grande communauté libanaise chrétienne

L’émigration libanaise au Canada n’est pas très récente. La relation qu’ont les Libanais avec cet important pays d’émigration remonte à plus de cent ans et se maintient encore aujourd’hui. Parmi toutes les communautés libanaises vivant à l’étranger, celle du Canada est l’une des plus importantes. Présents dans tous les domaines, les Libanais du Canada forment un véritable « lobby ». Selon M. Khalil Habre, consul général du Liban au Québec et à Montréal, l’émigration libanaise au Canada s’est effectuée en trois phases distinctes. La première date de 1860. Elle a duré jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. La raison principale qui avait poussé les Libanais à émigrer à cette époque était les événements de 1860 et les massacres de chrétiens qui s’étaient ensuivis. En outre, la pauvreté régnait dans le pays, ce qui incita de nombreux Libanais à partir afin d’améliorer leur niveau de vie. « Ils se sont embarqués dans des bateaux tout en ne connaissant pas leur destination finale, souligne M. Habre. Certains sont arrivés en Afrique, d’autres en Amérique latine et plusieurs au Canada. Près de 90 % de ces Libanais étaient originaires de Rachaya. » Aujourd’hui, les Libanais issus de cette première vague d’émigration sont de grands industriels et d’importants hommes d’affaires établis à Montréal. La société canadienne les a accueillis et leur a permis de s’intégrer, au point que leurs noms ont subi une certaine déformation et n’ont plus leur consonance arabe (comme le nom Rossy, par exemple, qui est en réalité Rassi ou la famille De Bané qui est en fait Debbané). Le consul général souligne que les générations nées de cette première vague d’émigration ne savent plus parler la langue mère qui est l’arabe et sont complètement déconnectées de leur partie d’origine. La deuxième phase s’est effectuée entre 1930 et 1960. Ce sont surtout des Libanais qui étaient venus au Canada à la recherche d’un travail auprès de leurs familles déjà installées là-bas. La plupart de ces émigrés sont donc aussi originaires de Rachaya, mais cette vague d’émigration a également touché Chebaa et d’autres régions libanaises. « La vie de ces Libanais était très dure au début car ils se sentaient comme des réfugiés et non pas comme des émigrés, mais le gouvernement canadien les a aidés à s’intégrer », indique M. Habre. Aujourd’hui, les Libanais issus de la deuxième vague d’émigration sont aisés et jouissent d’une qualité de vie assez élevée. Quant à la troisième phase, elle s’est effectuée en deux temps : l’une s’étend de 1970 jusqu’à 1980 et l’autre de 1989 à 1991.


Des scouts libanais du groupe
Saint-Antoine-le-Grand.

Étudiants, puis résidents
Durant les années 70, le Liban a connu un fort exode de cerveaux. Les jeunes quittaient le pays pour suivre des études supérieures au Canada, mais décidaient, par la suite, de s’y installer. « Les autorités canadiennes ont encouragé à cette époque ces étudiants à s’intégrer, précise le consul général. La majorité de ces étudiants suivait des études de médecine. Certains hôpitaux canadiens ont demandé au gouvernement de leur faciliter l’obtention de papiers d’immigration. » Parallèlement à cette attitude adoptée par les autorités canadiennes, le déclenchement de la guerre libanaise a contraint de nombreux Libanais à quitter le pays. Cette vague d’émigration s’est accentuée, à l’évidence, entre 1989 et 1991. Durant les années de guerre, le Canada a annoncé qu’il ouvrait ses portes aux Libanais et avait même installé un bureau à Chypre, parallèlement à celui de Damas, pour faciliter l’octroi de visas d’émigration aux familles. Selon les statistiques du Bureau de l’emploi et de l’immigration du Canada, on comptait 3 143 résidants permanents d’origine libanaise en 1988. Ce chiffre a atteint 6 179 en 1989, puis 12 464 en 1990, ce qui place le Liban au troisième rang des dix premiers pays dont les ressortissants ont choisi le Canada comme source de résidence permanente, juste avant Hong Kong et la Pologne. Après le Liban viennent les pays suivants : les Philippines, l’Inde, le Vietnam, la Grande-Bretagne, la Chine, le Portugal et enfin les États-Unis. « La majorité des Libanais qui avaient choisi d’émigrer au Canada au cours de cette période était des chrétiens de toutes les classes sociales voulant fuir la guerre », explique M. Habre. Actuellement, ces familles sont très actives à Montréal, dans tous les domaines et secteurs de la société canadienne, de sorte qu’ils pourraient facilement former un « lobby ». Selon les estimations du consulat général du Liban au Québec, près de 250 000 Libanais résident à Montréal. Près de 45 000 d’entre eux sont rentrés au Liban entre 1993 et 1998, juste après l’obtention de la nationalité, mais 25 000 d’entre ceux-là sont repartis vivre définitivement au Canada en raison de la situation économique qui sévit chez eux. M. Habre explique, par ailleurs, que ceux qui sont rentrés au Liban peuvent être divisés en quatre catégories : les pères de famille qui avaient fermé leurs entreprises à Beyrouth durant la guerre et qui ont décidé de les rouvrir ; les professionnels qui n’ont pas pu exercer leurs métiers au Canada car leurs diplômes n’ont pas été reconnus ; les étudiants qui faisaient simplement leurs études de maîtrise à l’étranger et qui souhaitaient rentrer chez eux ; enfin, ceux qui attendaient la fin de la guerre pour pouvoir retourner. Mais l’une des principales raisons qui a poussé de nombreux émigrés à regagner le Liban est l’éducation des enfants. Ne voulant pas que leurs fils et filles grandissent dans un environnement qui n’est pas à proprement le leur, sur le plan humain ou spirituel, certains parents ont préféré revenir au Liban et élever leurs enfants dans un milieu où la cellule familiale et les valeurs traditionnelles restent, malgré tout, en vigueur. Mais depuis quelques années, le Liban est le théâtre d’une relance de l’émigration, surtout en direction du Canada et des États-Unis. Peut-on parler ainsi d’une quatrième vague d’émigration ? Force est de constater sur ce plan que la crise économique pousse plusieurs jeunes à quitter de nouveau le pays, à la recherche d’un meilleur niveau de vie, et la plupart d’entre eux décident de rester dans les pays d’émigration et ne rentrent au Liban que pour quelques semaines de vacances. « Je crois qu’il est encore trop tôt de dire qu’il existe une quatrième vague, souligne sur ce plan M. Habre. J’ai entendu dire que des autorités religieuses libanaises exercent des pressions pour ne pas ouvrir les portes à une nouvelle vague d’émigration car celle-ci aurait des conséquences négatives sur la démographie et la situation sociale du pays », précise-t-il. Il reste que le principal et, peut-être, le seul facteur qui serait susceptible d’endiguer une éventuelle nouvelle vague d’émigration est incontestablement la relance économique, accompagnée d’une stabilité et d’un équilibre politiques internes.

un article de

Rania Massoud



Passerelles entre les états :

Quand le Liban regarde le Québec, cela donne le livre de Zeina El Tibi : Le Québec, l’Amérique en français.
Une petite encyclopédie sur ce pays finalement peu connu, à l’usage de tous.


Les noms ou repères les plus célèbres du
Grand Montréal Libanais

Andalos,
boulangerie-patisserie, rue Lebeau, pour retrouver les mankouché comme au pays.

Adonis supermarchés,
trois succursalles* dans le grand Montréal pour dénicher tous les ingrédients de la cuisine orientale >>> un dossier Radio-Canada/Journal TV Montréal ce Soir du 2.12.2002
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