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Le Liban est un pays francophone bien particulier.
Au Liban, le Français est plus une langue seconde qu'une langue étrangère et s'utilise en priorité comme une langue de culture. Les libanais sont souvent trilingues et adaptent ainsi leur pratique de la langue en fonction des circonstances.
Sur le web, la francophonie apparait en retrait tout en montrant néanmoins une belle diversité que LibanVision a pour objectif de structurer pour vous en faciliter l'accès et l'usage.
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L'Editorial du moment de LibanVision

Octobre 2020
Suite aux derniers développements des évènements au Liban et à l'implication personnelle d'Emmanuel Macron, Henry Laurens, membre du Collège de France livre son point de vue sur la relation franco-libanaise.
« La France et le Liban sont comme les membres d’une famille recomposée »
Depuis la double explosion qui a ravagé Beyrouth au mois d’août, la France, par la voix d’Emmanuel Macron, est très engagée auprès du Liban, tant dans l’aide humanitaire que dans les négociations politiques pour la formation d’un nouveau gouvernement. L’historien Henry Laurens, professeur au collège de France où il dirige la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, explore les origines du lien intime qui unit la France et le Liban. >> Lire son entretien pour le magazine La Vie


Lettre ouverte à Emmanuel Macron
par Abdallah Naaman
en prévision et à la veille du 1er septembre (1920-2020)
Plusieurs pays européens, dont les Constitutions affirment la laïcité de l’État et l’égalité des religions devant la loi, accordent des places privilégiées aux religions influentes. En Italie, l’Église catholique a une situation privilégiée et l’État reconnaît l’indépendance et la souveraineté de l’Église catholique dans son ordre propre. En Espagne, les religions « profondément enracinées » bénéficient d’un traitement de faveur et l’État signe avec eux des traités et des accords. En Grèce, l’article 3 de la Constitution déclare la religion grecque-orthodoxe la religion dominante en Grèce, sans la mentionner expressément comme religion d’État. En revanche, depuis la loi de 1905, la France laïque soumet tous les cultes au même régime.
Le droit des religions, ou droit des cultes, qui étudie le statut juridique des groupements religieux, ainsi que leur relation avec le droit étatique, au Liban, ploie sous le poids de l’Histoire qui a donné à un certain nombre de communautés, dites « historiques », des privilèges juridiques et juridictionnels.
C’est l’arrêté numéro 60 L.R. du 13 mars 1936, émanant du haut-commissaire français Damien de Martel, qui a fixé le statut des communautés religieuses qui sera modifié et complété par l’arrêté numéro 146 L.R. du 18 novembre 1938. Cet arrêté a voulu poser les fondements du droit des cultes en Syrie et au Liban, tous deux mis sous mandat français, avec plus ou moins de succès. L’arrêté numéro 60 L.R. consacra son premier titre aux « communautés à statut personnel », autrement dit les communautés historiques qui bénéficient d’une autonomie législative et juridictionnelle dans leurs affaires de statut personnel.
Le deuxième titre de l’arrêté numéro 60 est consacré aux « communautés de droit commun », sans les définir, mais, par élimination, et à travers les dispositions du titre, nous pouvons conclure qu’il s’agit là du cadre juridique des communautés non historiques.
Derrière l’arrêté numéro 60 L.R., on reconnaît les législateurs républicains français qui ont une vision laïque des institutions de l’Etat et de la séparation des pouvoirs religieux et civil. Ils ont dû concilier les principes avec lesquels ils étaient familiers en France, avec les prérogatives des communautés présentes en Syrie et au Liban ; en d’autres termes, concilier les droits des communautés avec les droits des individus et des citoyens. Cette catégorie des communautés de droit commun, autrement dit la possibilité d’opter pour un statut laïc, n’est toujours pas appliquée.
Dans sa version initiale contenait, le fameux arrêté de 1936 reconnaît seize communautés : maronite, grecque-orthodoxe, grecque-catholique-melkite, arménienne grégorienne (orthodoxe), arménienne-catholique, syrienne-orthodoxe, syrienne-catholique, assyro-chaldéenne (nestorienne), chaldéenne, latine, sunnite, chiite, alaouite, ismaïlienne, druze et israélite. La communauté protestante (évangéliste) fut ajoutée par l’arrêté n° 146 L.R. de 1938 et la communauté copte-orthodoxe en 1996, ce qui élève le nombre à 18. Malgré la mansuétude du mandataire, certains groupes religieux étaient exclus, tels que les yézidis ou les zoroastriens. Ils le sont encore.
Il est pourtant étonnant de remarquer que dans les années 1920, la population de la Syrie et du Liban était estimée à 2 millions (dont environ 600 mille pour le Liban). De plus, il est à noter que les chaldéens comptaient alors moins de 1300 personnes, et pourtant leur communauté fut reconnue au même titre que les maronites qui comptaient 187000 fidèles. Par ailleurs, faut-il croire que les ressortissants fraîchement installés au Liban (comme par exemple les bouddhistes) seront également reconnus et ajoutés pour compléter la mosaïque et compliquer davantage le puzzle ?
Un dernier mot au président Emmanuel Macron : Essayez de réparer l’erreur majeure des hommes du mandat (1920-1943) : appelez solennellement la communauté internationale à réclamer la laïcisation de votre protégé Liban qui a été porté sur les fonts baptismaux par vos prédécesseurs. Il y va de l’honneur de la France et surtout de l’avenir de la perle du Levant.


Editorial du 20 Août
Beaucoup de franco-libanais ou de libanais proches de la culture française voient dans le remplacement du système confessionnel par un système laic la meilleure solution pour sortir le Liban de sa crise systémique.
Mais cette proposition est-elle vraiment réaliste et concrètement envisageable? Le Liban est bien trop spécifique pour se contenter de copier d'autres systèmes. Certes, Il pourra s'en inspirer mais il lui faudra surtout s'en inventer un qui lui soit propre et assez visionnaire pour s'assurer une pérennité et une stabilité après tant d'années de chaos.
A ce titre, la communication ci-après de Mr Jean-Pierre Chelhot apparait tout à fait pertinente...


Le paradoxe du Liban ou l'impossible laicité
par Jean-Pierre Chelhot, du Canada

« Deux négations ne font pas une nation. » C’est ainsi que Georges Naccache a résumé en 1949 la situation du Liban, six ans après l’accession à l’indépendance.

Si les Libanais, toutes appartenances religieuse, confessionnelle, communautaire ou politique confondues, se sont ensemble, main dans la main, battus pour l’indépendance, ce ne fut pas pour les mêmes raisons ni pour les mêmes objectifs. On réclamait, certes, tous et exigeait tous l’indépendance mais les objectifs divergeaient grandement.

Arabiser les chrétiens et libaniser les musulmans, tel fut le fameux pacte national de 1943 édifiant le nouveau pays. Un pays fondé sur un paradoxe.

L’Empire ottoman qui régna sur le Liban pendant près de quatre siècles n’a jamais cessé d’exacerber les tensions entre les différentes communautés religieuses libanaises, toutes minoritaires. Aucune d’entre elles ne pouvait et ne peut jusqu’à nos jours, démographiquement parlant, réclamer une majorité de plus de 50 %. Les incidents de 1840, ceux de 1852 avec Tanios Chahine (ce qu’on a communément appelé la révolte des paysans), pour finir avec ceux de 1860 témoignent de la gestion viciée des ottomans du Liban où le principe du « diviser pour régner » prévalait.

L’identité libanaise en tant que telle n’existe pas et n’a jamais existé. C’est l’identité religieuse qui prime avant tout dans un contexte où 16 ou 17 communautés religieuses cohabitent malgré elles (héritage des subdivisions administratives sous le règne ottoman et par la suite des accords Sykes-Picot de 1916) dans un climat d’absence de confiance. Dans un climat où chaque communauté, minoritaire, se sent menacée par l’autre communauté elle aussi minoritaire. Je suis donc chrétien avant d’être libanais chrétien, je suis sunnite avant d’être libanais sunnite, etc. Et même au sein de la communauté chrétienne, il existe des rivalités. Je suis d’abord maronite avant d’être chrétien et avant d’être libanais…
L’identité à la nation telle qu’on la connaît, par exemple en France ou aux États-Unis, n’existe pas au Liban. La référence à l’identité religieuse minoritaire est primordiale et dicte la vie des citoyens. On se réfugie sous l’étendard de la religion et non sous l’étendard de la nation. Ce qui ouvre largement la voie à toutes sortes de corruption et de clientélisme.

Le leurre de la laïcité
La laïcité au Moyen-Orient demeure une utopie, et gare à ceux et celles qui y croient. L’islam ne connaît pas la laïcité. En islam, la laïcité n’existe pas. Pour l’islam, la laïcité est synonyme d’athéisme. Ce qui est une aberration en soi. De nos jours, les sociétés occidentales peinent à préserver leur laïcité face à une montée de l’intégrisme musulman. Que dire alors du Moyen-Orient ?
Instaurer la laïcité au Liban équivaut à effacer toute présence chrétienne au Liban. Cela serait un désastre pour une présence plus que millénaire. Au lendemain de l’indépendance de la Syrie, les chrétiens représentaient 10 % de la population. Aujourd’hui, ils en sont à 1 %. Même si aux origines le parti Baas de Michel Aflak prônait haut et fort la laïcité, cela à mes yeux demeure une utopie. En fait, ce fut une attitude défaitiste. Nous sommes minoritaires, nous chrétiens, dans cette région du monde, et nous créons donc cet amalgame ou ce fourre-tout de laïcité pour échapper à l’extinction. Cela malheureusement n’a jamais fonctionné (le principe de laïcité), et la création de l’État d’Israël en 1948 est venue mêler les cartes, chambarder les équilibres géopolitiques et semer le chaos.

Le modèle confessionnel
Ailleurs qu’au Liban, où le modèle confessionnel n’a pas fonctionné, certains pays l’ont adopté et il semble bien fonctionner. Prenons l’exemple de l’île Maurice où chrétiens, hindous et musulmans se partagent le pouvoir sans aucune anicroche. L’exemple de l’Éthiopie est aussi révélateur. À la seule différence que dans ces pays, les communautés confessionnelles ne se tournent pas chacune vers une puissance étrangère pour demander protection et garantir leur survie une fois qu’elles se sentent menacées. Dans ces deux pays, on prête avant tout allégeance à son propre pays, à sa propre nation, avant de porter allégeance à sa religion ou à une puissance étrangère.
Au Liban, les évènements du XIXe siècle cités plus haut (1860, alliance chrétiens-France-Égypte vs alliance druzes-Empire ottoman-Angleterre) en plus des troubles de 1958, suivis de la guerre civile de 1975-1990, nous confirment l’échec du système confessionnel car chaque confession s’est jetée dans les bras d’une puissance étrangère au détriment de l’unité du pays.
Le modèle confessionnel peut fonctionner au Liban et à mon avis il est le seul modèle à adopter. Celui-ci pourra garantir la stabilité du pays, ainsi que la présence et la pérennité des chrétiens au Liban – à l’opposé de la laïcité qui conduira à vider le Liban du peu de chrétiens qui lui reste – à condition de ne prêter allégeance qu’au pays, le Liban, et de ne jamais se tourner vers l’étranger. Le principe de neutralité active prêchée tout récemment par l’Église maronite prend tout son sens. Il est temps pour le Liban d’adopter un nouveau pacte national basé sur les principes de neutralité et d’allégeance au pays et seulement au pays, au-delà des différences religieuses, communautaires et sectaires. Renoncer à être dicté par son appartenance religieuse tout en gardant un système confessionnel serait-il viable ? Voici un nouveau paradoxe pour un nouveau Liban. Deux négations ne font pas une nation, mais une affirmation en fait une.

L’exemple canadien
Le Canada, composé de trois nations distinctes et combien rivales, s’est construit en 1867 autour d’une seule affirmation, la volonté d’édifier un seul pays fort et uni pour ne pas se faire avaler par l’expansionnisme américain de l’époque, et cela au-delà des différences linguistiques, culturelles et religieuses, et surtout au-delà de l’absence d’une histoire commune, d’un héritage commun ou d’une mémoire collective commune. Cela ne ressemble pas par hasard au cas libanais ?


Editorial 23 Juillet 2020
Le Liban pris en otage
Nous avions bien pressenti que le mouvement né en Octobre 2019 ne serait pas cette révolution pleine d'espoirs et de promesses d'un chamboulement général. Il gardera avant tout sa part d'utopie et n'aura été qu'un signal fort du malaise social et profond d'un pays à un tournant de son histoire, qui plus est, à l'aube de la célébration de son centenaire.
La situation n'aura fait que se détériorer tout au long de l'automne et l'hiver jusqu'à ce que le pays se déclare officiellement en cessation de paiement le 9 Mars, une semaine seulement avant le début de la crise sanitaire généralisée, notamment dans les pays européens. Alors que cette faillite aurait dû être déclarée quelques mois plus tôt, ce choix a t-il été le fruit du hasard ou savamment orchestré de manière à activer une séquence bien pire encore telle qu'elle est vécue actuellement?
La déstabilisation monétaire cumulée avec l'atmosphère de crise sanitaire aura eu raison de la plupart de ceux qui se croyaient encore à l'abri d'une telle crise. Au moment de la visite du ministre des affaires étrangères français au Liban, il parait légitime de se poser la question si cette accélération de la détérioration de la situation n'est tout simplement pas organisée dans un timing aussi pervers que subtil pour acculer le Hezbollah et lui faire porter la responsabilité principale de celle-ci.
La position de la France est bien inconfortable comme prise en tenaille entre ses engagements atlantistes et son rôle de protectrice.
L'équation libanaise semble plus que jamais complexe et difficile à résoudre à tel point que c'est la survie même de la nation au-delà des errements de l'Etat qui est désormais évoquée par de nombreux spécialistes. Le Liban a déjà été en situation d'otage au cours des années 70. On a du mal à imaginer qu'il pourrait revivre un sort analogue aussi rapidement. Sans doute le Liban est-il une utopie, surtout au coeur de la région ou il se situe. Mais il faut être le diable pour croire qu'une utopie peut être prise encore une fois en otage: en effet, une utopie ne meurt jamais, et même si le Liban devait s'effacer un moment, le peuple libanais le reconstruirait à coup sûr. Gageons qu'avant un tel scénario, il sache contourner les plans machiavéliques qui le menacent et qu'il clame haut et fort qu'il refusera cet état d'otage permanent.

JM Druart

Editorial Juillet 2020

Baalbeck: de quelle résilience s'agit-il?
Le 5 Juillet, le festival de Baalbeck aurait brisé le silence grâce au concert "son de la résilience" ou plus exactement "Sound of resilience".
A priori, me direz-vous, la nuance parait infime; infime mais pourquoi pas infinie lorsqu'on se réfère au culte du paradoxe que cultivent mieux que quiconque les libanais.
Un concert à huis clos dans les ruines de Baalbeck était sans spectateur sur site mais a été offert aux millions de personnes qui ont voulu le regarder sur YouTube ou sur la quasi-totalité des chaines de tv libanaises. 1h20mn de pur bonheur musical dans un décor sublime, sans doute!
Des passages de Carmina Burana ont ouvert le bal suivi de Nabucco puis un très bel hommage aux frères Rahbani et Fayrouz dans une scénographie riche et raffinée mais pas seulement!
Au final et comme souvent lors de ce type de concert dont il a le secret, le temple de Bacchus aura brillé de mille feux !

Cependant, s'il est une résilience que ce concert n'aura pas su entretenir, c'est bien celle de la langue française au Liban. Mis à part quelques posts dans la langue de Molière, on aura bien remarqué que l'écrasante majorité de la communication de cet évènement
a fait la part belle pour ne pas dire écrasante à celle de Shakespeare.

Au-delà du message simplement culturel du contenu en terme de spectacle, nous ne pouvons que déplorer un message spectaculairement politique dans ce choix. Combien de temps encore, allons nous croire en cette chimère du plurilinguisme libanais quand l'anglais, langue étrangère et globaliste a cannibalisé l'arabe, langue officielle du pays et le français, reconnue en principe comme langue de culture au Liban depuis la création du Grand Liban voici un siècle? Lorsqu'on sait que parmi les principaux organisateurs de ce concert figurent des libanais francophones notoires, souvent binationaux, on ne peut qu'être interloqué par la gestion linguistique de la communication de ce concert. Le plurilinguisme y a été sacrément bafoué et cela parait de fort mauvais augure dans le contexte que vit le Liban depuis plusieurs mois. Pour rester optimiste, on pourra toujours admettre que la musique demeure cet art et ce langage universels qui sont censés unifier les citoyens et réduire leurs grandes différences en petites nuances, souvent le temps d'un concert...

La relégation du français autour de ce concert n'en demeure pas moins au-delà d'une anomalie, un symbole lourd:
les responsables de ce choix pourront toujours préparer leurs éléments de langage pour s'en défendre mais avant de le faire qu'ils y réflechissent à deux fois:
"que l'orchestre national du Liban de ce 5 Juillet à Baalbeck ne soit pas
un jour associé à l'orchestre du Titanic, prélude de son naufrage."


Nombreux sont ceux qui veulent encore croire qu'un Liban qui marginalise à ce point la langue française dans de telles circonstances ne sauraient être vraiment résilient. Un point de vue osé et contrarien peut-être, une conviction bien ancrée, sans aucun doute!

JM Druart

Place au concert!


Editorial Juin 2020

Liban: la révolte de la dignité...
Difficile de cautionner n'importe quelle violence alors que 8 mois plus tard, le pays s'est enfoncé encore davantage et que les acteurs de la révolte semblent avoir changé. Et même si, en apparence, un gouvernement de "bonne volonté" est en fonction depuis fin Janvier,
le Liban n'a pas changé de classe politique, la corruption reste exacerbée par les pénuries ou l'inflation et le peuple libanais s'enfonce dans la précarité.
L'environnement international, entre tensions régionales et gestion des conséquences économiques de la pandémie du Covid-19, au niveau national ou multilatéral, rend encore plus délicat le recours à l'aide internationale pour apaiser la situation et résoudre les problèmes structurels du Liban qui paraissent éternels.
Sans dignité de son peuple, que restera t-il du Liban?
Comment pouvoir encore parler de fête ou de célébration d'un centenaire d'un "Grand Liban" qui est en grand danger de dislocation? Quand on aime tant cette idée de Liban, on a mal au Liban...
Jean-Michel Druart - LibanVision -2020



Très bientôt André Bercoff nous fait l'honneur de sa chronique éditoriale
entre France et Liban


A
Pour patienter un peu, voici son dernier "Tweet" en date du 7 Juin
Les médiocres et les planqués détestent #DidierRaoult comme ils haïssent #DonaldTrump et tous ceux qui ont le talent et le courage d’avancer hors des passages cloutés de #BigBrother, et d’oser penser à l’extérieur de la machine à décerveler. Péchés capitaux pour les cons formatés.




La dernière révolution du Liban
par Antoine Joseph Assaf
Le pays du Cèdre est plongé dans une crise économique sans précédent. La révolte gronde contre la corruption et le pillage systématique. L’année du centenaire de la proclamation par la France de l’État du Grand Liban, le philosophe franco-libanais Antoine Assaf, partisan du général Aoun, s’interroge sur l’opportunité d’un gouvernement de salut public... Cliquez sur l'image du port de Beyrouth


La nécessité de l'idée de Nation
par Bahjat Rizk


L
La plupart des sociétés aujourd'hui ont des difficultés à redéfinir leur cadre national, à commencer par le Liban qui s'est défini dès le départ comme une association, à la fois consentie (Michel Chiha) et contrainte (Georges Naccache: deux négations ne font pas une nation) de communautés.

La nation est une construction idéologique dont le but est la cohésion sociale et de faire respecter l'autorité de l'Etat. Elle n'est jamais totalement acquise, ni entièrement satisfaisante, toujours sujette à des mutations mais elle est indispensable à l'établissement et la poursuite de tout projet stable, culturel et politique.

Elle est à la fois subjective et objective, intériorisée et incarnée puisqu'elle suppose une histoire dans le temps et une géographie dans l'espace. Elle peut être à la fois source d'enrichissement et de conflits. Comment établir un cadre de négociation qui préserve la paix et éviter les dictatures, les guerres civiles et les guerres entre nations?

Il serait peut-être utile de passer en revue brièvement quelques approches construites récentes de l'idée de nation. >> Lire la suite avec L'Agenda Culturel...


Didier Raoult interrogé par Zeina Trad pour Front Populaire:
"La recherche française est entrain de régresser"



Le Liban et la francophonie

Editorial Novembre 2019

Vous avez dit bizarre?

Le Liban est un pays francophone, le français est une langue de contestation issue de la France qui incarne les valeurs de la révolution depuis 1789 mais, étrangement, le français n'est plus, après l'arabe, la langue seconde qui exprime la contestation au Liban en 2019.
Derrière ce constat flagrant se profile bien des questions avec des réponses qui se trouvent aussi en France, aux Etats-Unis ou ailleurs...
Au moment ou devait se tenir le salon du livre francophone, la réalité est sévère mais réelle: le français est en danger au Liban et risque de vite devenir une langue étrangère au lieu d'être la langue seconde qu'elle est depuis plus de 150 ans.

Cette révolution en est le dérangeant révèlateur, alors même que bien des libanais restent d'ardents défenseurs du français:
le Liban, certes, concentre les paradoxes mais envoie aussi de sérieuses alertes:

La jeunesse libanaise s'affirme comme le principal moteur de la contestation de l'automne 2019 et veut inscrire une rupture avec un système politico-confessionnel.

L'observation objective du déroulement des évènements inciterait à croire que ceux-ci pourraient également marquer un tournant dans l'usage de la langue française dont les valeurs sont censées épouser les valeurs de la révolution mais qui est se révèle très en retrait sur le plan de l'expression et de la visibilité de la francophonie libanaise. C'est un indice peut-être bien plus inquiétant que troublant au moment ou le nombre d'élèves scolarisés en français au Liban est en passe de devenir minoritaire alors qu'il était encore de deux tiers il y a vingt ans. Il doit donc faire réfléchir tous ceux qui de près ou de loin oeuvrent pour la francophonie en général et pour cette francophonie libanaise à laquelle nous resterons attachés contre vents et marées.
JM Druart

Editorial Mars 2019
LibanVision a la plaisir de publier ce billet des lecteurs paru dans l'OLJ adressé par Mr
Bassam Tourbah, à l'occasion de la fin du mois de la francophonie au Liban.


La langue française a toujours été partie intégrante de notre conscience nationale. D’aucuns disent de notre patrimoine culturel, voire pour certains de notre identité… « mère patrie », « mère affectueuse »… Notre façon de penser le régime politique que nous avons choisi pour notre pays. Notre Constitution n’est-elle pas inspirée de la Constitution française de 1945 ? Certains vont jusqu’à appeler, à tort, notre président du Conseil Premier ministre dans la lignée de la Constitution française de 1958, ce qui est carrément contraire à notre Constitution de 1990 et à celle de 1926. Des Libanais de haut rang lui ont donné ses lettres de noblesse de par le monde. Penser à Michel Chiha, Charles Hélou, Georges Shéhadé, Salah Stétié… à Amin Maalouf qui a accédé, honneur suprême, à l’Académie française.

L’article 11 de la Constitution de 1926 stipule que la langue française est également la langue nationale officielle et la Constitution de 1990 précise que la loi déterminera les cas où la langue française serait utilisée. Ainsi le législateur a consacré la langue française comme pouvant être un véhicule national officiel de communication dans les domaines déterminés par la loi. Cas singulier où une langue étrangère pouvait être considérée comme langue officielle d’un pays.

… Pas seulement. La francophonie a séduit même des anglophones comme Saëb Salam à qui revient le mérite de nous avoir ancrés à « l’Organisation internationale de la francophonie », OIF. En effet, le Premier ministre français Jacques Chaban-Delmas, recevant le président Salam, alors président du Conseil, lui faisait remarquer que le Liban, malgré l’aide que la France ne cesse de lui prodiguer dans différents domaines depuis l’enseignement jusqu’à la santé, hésitait à adhérer à l’OIF. Le président Salam lui répondit : « L’aide de la France va essentiellement à une partie de la population du Liban, à une communauté précise, et les Makassed par exemple dont je suis le président n’a jamais bénéficié de ses subsides et malgré cela, moi, Saëb Salam, l’anglophone, le musulman, président des Makassed qui n’a jamais reçu d’aide de la France, je viens vous dire que le Liban souhaite adhérer à l’OIF. »

… Jusqu’à Rafic Hariri, l’anglophone qui avait choisi Paris pour résidence et qui se plaisait à user de la langue française comme preuve de sa réussite dans la vie. Il a acheté Oger, une société française, pour en faire un empire et a installé à Paris une branche de la fondation qui porte son nom couvrant l’Europe et l’Afrique du Nord. En inscrivant ses enfants à Paris, dans une école française, il me dit son regret de ne pas pouvoir s’y inscrire lui-même pour apprendre les secrets de cette langue qui le séduisait. C’est grâce à lui que le 9e sommet de la francophonie a eu lieu au Liban, faisant de notre pays une capitale reconnue de la francophonie. En reconstruisant Beyrouth, il a tenu à ce que le nom des rues et les différentes autres signalisations soient libellés en français en plus de l’arabe.

Les Libanais, fiers de leur appartenance à la famille francophone, ont institué le prix Phénix qui récompense le meilleur ouvrage écrit en français tout comme le prix France-Liban décerné par l’Association des écrivains de langue française, Adelf, reconnue d’utilité publique en France, pour le meilleur ouvrage écrit par un Libanais ou ayant pour thème le Liban. Le prix est remis annuellement au siège de l’OIF sous le patronage du secrétaire général de cette institution internationale et sponsorisé pendant plusieurs années par la Bankmed.

En ce mois international de la francophonie, le Liban, seul pays francophone de la région, se félicite de son appartenance à la famille francophone qui a bercé son passé et lui a ouvert des perspectives d’enrichissement pour son avenir.


Il faut sauver notre Office du Tourisme du Liban à Paris

Editorial Janvier 2019

NON A LA FERMETURE DE L'OFFICE DU TOURISME DU LIBAN A PARIS

En 2018, l'Office du Tourisme du Liban a fêté ses 50 ans...
2019 sera-t-elle l'année de la fermeture des portes de ce haut lieu de la présence libanaise en France et même en Europe ?

Des rumeurs persistantes se répandent comme chaque fin d'année sur la pérennité de l'OT Liban animé depuis une vingtaine d'années déjà par Mr Serge Akl.
La communauté libanaise de Paris et de France ainsi que tous les amis francophones du Liban reconnaissent unanimement combien cet organisme joue un rôle essentiel non seulement dans la promotion du tourisme vers le pays du cèdre mais aussi bien au-delà, principalement dans le domaine culturel et évènementiel.

Si les raisons budgétaires sont régulièrement mise en avant pour venir justifier une possible fermeture de l'OT Liban, cette année il se pourrait bien que le coup de grâce survienne avec d'autres enjeux en coulisses.
Certes, le retard de la formation du gouvernement, les maigres dotations d'un ministère du tourisme libanais pour lui-même et encore plus pour les structures extérieures sont autant menaces structurelles récurrentes. Depuis fin 2016 et le départ du ministre Pharaon, l'OT Liban vit dans la plus grande précarité au point d'avoir été contraint à une fermeture temporaire de facto ne pouvant plus payer ni salaires ni facture d'électricité! Terminées les participations aux salons professionnels tels que Top Résa ou au Festival de Cannes qui donnaient visibilité et envergure à ses actions et permettaient ainsi au Liban de rayonner, par son intermédiaire, en France et même, plus largement, sur la scène européenne.

Mais cette fois, il semble bien que ces raisons invoquées de gros sous et de surface habituellement mises en avant, ne soient pas les seules à mettre en danger cette institution. Certes, il n'est pas courant qu'un Office de tourisme se transforme en centre de gravité d'activités de promotion culturelle et de relations publiques pour un pays tout entier et qui plus est, dans un pays majeur pour son histoire et au coeur d'une des principales régions européennes. Une action se juge dans la durée et force est de constater que ce travail a été mené avec brio et efficacité et, autant que possible, au-delà des clivages communautaires et politiques.

Il est donc urgent de garantir la pérennité de cet organisme en capitalisant sur tous ses apports cumulés sur cette longue période et en lui garantissant une bonne fois pour toutes les moyens requis pour une action globale intégrant le tourisme sous toutes ses facettes y compris la culture et l'évènementiel.
Au cas ou un recentrage vers une promotion classique du tourisme stricto-censu serait décidée, il faudrait alors songer à la mise en place en parallèle d'un grand centre culturel libanais mais il n'est pas certain, qu'au bout du compte, cela soit une option bien judicieuse tant en terme de bonne gestion de l'argent public qu'en terme de visibilité et de qualité de l'action.
Après tout le tourisme n'est-il pas l'une des meilleures passerelles pour valoriser la connaissance et l'expansion de la culture libanaise.

Il est donc urgent de lancer une mobilisation de la communauté libanaise, franco-libanaise et des amis du Liban, notamment auprès des instances représentatives du Liban en France, pour que la situation de l'Office du Tourisme du Liban à Paris soit au plus vite clarifiée et que celle-ci ne devienne paralysée ou remise en cause sur fond de querelles politiciennes ou de volonté d'un quelconque noyautage...
Car aujourd'hui, dans la droite ligne de toutes les péripéties et atermoiements qui pourissent la situation du pays tout entier, il semble bien que le sort de l'Office du Tourisme du Liban à Paris soit menacé voir déjà scellé...

Nous avons tous NOTRE LIBAN et ce Liban à Paris et en France ne saurait devenir orphelin d'un Office du Tourisme éclairé et éclairant pour notre pays qu'il soit de cœur ou qu'il soit de sang... Comment accepter une telle régression en cette année précédant la célébration du Grand Liban en 2020. Y a t-il un représentant responsable de notre pays qui pourrait justifier une telle offense au peuple libanais?


Je souhaite donc à tous les libanais francophones et ses amis une année 2019 de bien-être et de raison, avec la détermination de pouvoir partager et poursuivre les belles actions en faveur du Liban à partir d'un Office du Tourisme à Paris rayonnant et solide dans l'intérêt du pays, de tous les libanais et toutes les libanaises du Liban ou de la diaspora.

JM Druart - Editeur de LibanVision - Janvier 2019


Positive Lebanese
On ne le dira jamais assez, et malgré le marasme actuel, le Liban est un pays riche. Riche dans sa diversité aussi bien religieuse, historique, archéologique, culinaire que culturelle. Et ces quinze dernières années, c’est bien cette extraordinaire vitalité de la société civile qui a attiré sur nos terres des milliers de touristes venus découvrir la Lebanese Way of Life. Cette façon bien à nous de célébrer la vie, de transcender la fatalité, de sublimer le quotidien, de faire exploser les frontières de l’artistique et d’inventer mille et une façons de survivre, d’exister et de s’affirmer. Et cela, Serge Akl, le dynamique directeur de l’Office du tourisme libanais à Paris, l’a très bien compris. Depuis sa prise de fonctions en l’an 2000, il redouble de créativité pour exporter une image positive de notre pays malmené et longtemps boudé par les tours opérateurs étrangers...

Lire tout l'article de Tania HADJITHOMAS MEHANNA paru dans L'Orient Le Jour en 2018


Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative, se tient un Libanais ou une Libanaise courageux, innovant, optimiste et plein d’amour pour son pays. Depuis 2018, une page Facebook remplace le website...




9 Janvier 2019

Le site LibanVision a indiqué dans son éditorial que l’Office du Tourisme du Liban à Paris, véritable institution depuis son ouverture dans les années 1960 est menacée de fermeture. Il s’agirait des premières conséquences pratiques pour les institutions libanaises menacées par un shutdown financier en raison de l’absence de la constitution d’un gouvernement depuis les élections législatives de mai 2018. >> Lire la suite...









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