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Le Liban est un pays francophone bien particulier.
Au Liban, le Français est plus une langue seconde qu'une langue étrangère et s'utilise en priorité comme une langue de culture. Les libanais sont souvent trilingues et adaptent ainsi leur pratique de la langue en fonction des circonstances.
Sur le web, la francophonie apparait en retrait tout en montrant néanmoins une belle diversité que LibanVision a pour objectif de structurer pour vous en faciliter l'accès et l'usage.
LibanVision est à la fois un portail et un observatoire des acteurs de la francophonie libanaise au Liban,en France et dans le monde avec le but de contribuer à sa vitalité et sa pérénnité
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Au Liban, la francophonie scolaire se laisse distancer par l'anglais

Qu'il semble loin le temps ou le français représentait encore plus de deux tiers des effectifs scolarisés au pays du cèdre. Et pourtant, nous n'étions encore qu'au milieu des années 1990, à la sortie de la guerre.
Depuis le recul a été linéaire et malgré les louables efforts des diverses institutions dont certaines ont bien tardé à prendre la mesure de la vitesse du phénomène, le croisement des courbes a eu lieu à la rentrée 2019-2020 selon les statistiques officielles du Centre de recherche et de développement pédagogique (CRDP).
Face à ce reflux, l'argument du trilinguisme est brandi comme solution pour contenir la régression de la langue française car pour les jeunes Libanais, il constitue un atout d’employabilité à ne pas négliger. Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant pour les convaincre, eux comme leurs parents, notamment lorsqu'on prend en compte une crise économique plus que sévère qui éloigne certaines familles qui y étaient prédisposées de la possibilité d'un choix considéré aujourd'hui comme un luxe.
Lorsqu'une famille a le projet de s’installer à l’étranger dans un avenir proche, la décision de privilégier l’anglais comme première langue d’enseignement en milieu scolaire n’est plus une exception au pays du Cèdre. Elle illustre, au contraire, une tendance qui se précise depuis plusieurs décennies déjà, faisant de l’anglais la langue d’enseignement du plus grand nombre d’élèves désormais, sachant que les matières scientifiques sont enseignées en langue étrangère. De plus, la probabilité d'émigrer dans un pays anglophone reste supérieure à celle de partir dans un pays membre de la francophonie.
Selon les statistiques de l’année scolaire 2020-2021 du CRDP rattaché au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, le nombre d’effectifs dans l’enseignement anglophone a atteint 533 279 élèves, contre 520 677 dans l’enseignement francophone, sur un total de 1 053 956. Cela représente 50,6 % d’élèves dans le système anglophone, contre 49,4 % pour son alter ego francophone. Une réalité qui inverse la donne, dans un pays au système éducatif traditionnellement francophone. « Depuis trois ans déjà, les élèves anglophones sont plus nombreux que les élèves francophones, analyse le statisticien senior au CRDP, Raymond Bou Nader.
L’inversion s’est concrétisée au début de l’année scolaire 2019-2020. » Elle est le résultat « d’une baisse progressive du nombre d’effectifs dans l’enseignement francophone au fil des années ».

Même constat à l’ambassade de France. Selon Henri de Rohan-Csermak, conseiller adjoint de coopération et d’action culturelle chargé de l’enseignement du français, également inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, « la francophonie scolaire est effectivement en baisse régulière au Liban depuis un certain temps, face à l’anglais en hausse ». Et pourtant, le paysage éducatif compte toujours « davantage d’établissements privilégiant le français » (43,56 %, contre 33,91 % l’anglais, NDLR). « C’est dans les classes maternelles que la baisse du français a été particulièrement observée, remarque le conseiller adjoint. Mais il faut aussi compter avec la crise économique locale et la pandémie de Covid-19 qui a vu un recul mondial de l’âge de la scolarisation. »
Sur le territoire, quelques tendances basées sur des données chiffrées se précisent : le Nord est encore largement francophone, le Sud et Nabatiyé anglophones, et la capitale et ses environs trilingues. Le pays compte à ce titre 22,53 % d’établissements qui accordent autant d’importance à l’anglais qu’au français comme première langue étrangère. Le changement est, de plus, davantage perceptible à l’école privée que dans le public, où 207 000 élèves apprennent encore le français comme première langue étrangère et presque 178 000 l’anglais. « Le secteur public est incapable de se réformer et ses enseignants sont largement francophones, dans un contexte de crise inédite et de gel des embauches », observe Lama Tawil, présidente de l’Union des parents d’élèves et des comités de parents des écoles privées du Liban.

Un changement amorcé dans les années 90
Loin d’être une surprise, la baisse des effectifs dans l’enseignement francophone est le signe que l’anglais s’est imposé internationalement comme langue de la mondialisation, de la technologie et des affaires, de l’insertion professionnelle et de la mobilité sociale. « Dès les années 90, la mondialisation avec pour langue l’anglais a renforcé la tendance à l’international », constate le professeur en sciences éducatives Adnane el-Amine. Au Liban, le changement a été amorcé bien avant cela, lorsque, dans les années 80, est édifiée l’Université Notre-Dame (NDU), première université maronite anglophone. « La création de cette université (après celle de Balamand relevant de l’Église orthodoxe) a provoqué un tollé, car c’était la première fois que l’Église maronite, connue pour son attachement traditionnel à la francophonie, se tournait vers un enseignement supérieur anglophone », se souvient le chercheur. Et qui plus est, dans le fief maronite du Kesrouan. « Moins chère » que l’Université américaine de Beyrouth, « plus proche géographiquement » pour les étudiants de la région, évoluant « dans le giron de l’Église », la NDU attire alors. « C’est le début de la popularité de l’anglais au Liban. Un changement sociétal aussitôt répercuté dans les nouveaux programmes scolaires de 1997 », observe le professeur Amine. « À compter de cette date, le Liban compte deux premières langues étrangères, et non plus le français exclusivement », affirme-t-il. L’effet domino est garanti.

La crise syrienne et l’afflux de réfugiés au Liban dès 2011 ont renforcé l’engouement pour l’anglais comme première langue étrangère d’enseignement. « Nous avons été confrontés à une demande record des déplacés syriens pour l’anglais scolaire, observe le directeur général du ministère de l’Éducation, Fady Yarak. Pour ces élèves essentiellement arabophones, il a donc fallu faire le choix de l’anglais, en tenant compte par la même occasion de l’accès plus aisé aux universités anglophones. »

Le rapport d’Euromena Consulting de septembre 2021 sur « l’Accompagnement des écoles privées francophones du Liban dans la transition de leur modèle économique » décrit bien la réalité. Initié par l’ambassade de France et l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre du soutien du gouvernement français au Liban, il évoque « l’érosion d’une éducation francophone perçue comme moins attractive que l’éducation anglophone ». La crise locale économique, financière et sanitaire, à laquelle est venue se superposer la double explosion au port de Beyrouth, a « aggravé la tendance », faisant de « l’éducation francophone privée un produit de luxe », analyse-t-il. À titre de comparaison avec les années de gloire, l’enseignement francophone comptait 557 000 élèves en 2016-2017, contre 508 257 pour l’enseignement anglophone, selon le CRDP. « S’ajoutent à ces facteurs, qui nuisent au maintien de la langue française scolaire, le manque de ressources de qualité en français sur le net, des pratiques pédagogiques qui mériteraient d’être actualisées, et la représentation négative que les gens se font de la langue française », commente Cécile Saint-Martin, attachée de coopération éducative près l’ambassade de France, évoquant une langue française dépeinte comme « langue de la culture, qui fait peur car on croit qu’elle exige un bien-parler, face à une langue anglaise décrite comme langue de la technologie, de l’insertion professionnelle… »


Manque de vision, crise, erreur stratégique

L’absence de vision étatique n’est pas étrangère au recul de la francophonie scolaire au pays du Cèdre. Montrés du doigt, le manque de politique linguistique officielle, la grande fragmentation d’un système éducatif basé sur l’initiative privée et cette dichotomie entre un monde scolaire majoritairement francophone jusque-là, et un enseignement supérieur largement anglophone. « Il n’existe pas de politique linguistique officielle. L’enseignement est plutôt basé sur l’offre que sur la demande », regrette Maysoon Chehab, experte en éducation auprès de l’Unesco, espérant voir la question linguistique figurer dans la réforme annoncée de l’éducation. « Face à ce vide, les parents orientent leur choix scolaire en fonction des universités, largement anglophones dans le pays », relève-t-elle. Se superpose aussi « la problématique de choc de crise que subit le système éducatif libanais », souligne le directeur régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), Jean-Noël Baléo. Une crise qui, espère-t-il, « ne sacrifiera pas l’atout linguistique des Libanais, leur trilinguisme ».

Également critiquée pour son manque d’agressivité, la politique française de soutien à l’éducation au Liban, qui a privilégié les établissements privés à programme français, au détriment de l’éducation de masse. « La France a commis une erreur stratégique », regrette un expert de l’éducation sous couvert d’anonymat. « Elle a largement investi dans le soutien aux écoles francophones homologuées qui scolarisent l’élite. Mais elle n’a pas pesé de tout son poids sur la masse qui suit le programme libanais, à l’école publique ou dans le privé francophone de moindre envergure », explique-t-il. Selon le spécialiste, « l’Hexagone aurait dû élargir sa zone de travail et se positionner sur le territoire des autres ». Il reconnaît toutefois « un revirement de la politique française, depuis quelques années, à l’initiative du président Macron ».

Concurrence et avancée anglo-saxonnes

À cette réalité, s’oppose le dynamisme anglo-saxon pour soutenir un secteur éducatif terrassé par les crises et renforcer l’anglais à l’école, l’université ou auprès des populations. Celui des chancelleries américaine et britannique, et des organismes humanitaires et culturels de leurs États respectifs, l’Agence américaine pour le développement (USAID) pour la première, le British Council pour la seconde.

Côté américain, les aides se calculent en centaines de millions de dollars. Diversifiées, adressées à la fois aux secteurs public et privé, elles s’inscrivent dans la formation d’enseignants, l’alphabétisation, l’aide humanitaire, l’apprentissage intensif de l’anglais, l’octroi de bourses scolaires et universitaires. Avec pour particularité d’attirer les élèves arabophones et francophones. « Notre priorité est de promouvoir l’anglais », souligne à L’Orient-Le Jour la directrice des relations publiques à l’ambassade des États-Unis, Kristina Hayden. Les investissements américains touchent donc davantage le nord du pays, majoritairement francophone, que le Sud, déjà largement anglophone. « Nos programmes sont essentiellement destinés aux élèves des établissements francophones et arabophones, mais pas dans un esprit de compétition avec les autres langues », précise la diplomate. Pas question pour autant d’influencer le système en vigueur, ni de le changer. « Nous ne cherchons pas à passer au système anglais d’enseignement, mais soutenons le système éducatif en vigueur, en coordination avec le ministère de l’Éducation », assure Mme Hayden.

Côté britannique, même engagement pour soutenir le système éducatif local, concrétisé notamment par des formations professionnelles continues aux enseignants et chefs d’établissement ou la préparation des écoles publiques à la scolarisation des petits réfugiés syriens. Le Royaume-Uni met aussi l’accent sur « les compétences du XXIe siècle à l’école », le soutien à la pensée critique, à la créativité, à la citoyenneté, à l’alphabétisation, au leadership, à l’enseignement à distance. C’est de plus dans la langue de Shakespeare que se concrétise l’appui de Londres « aux communautés vulnérables, aux enfants libanais et syriens », souligne le directeur du British Council, David Knox. Et pour encourager les établissements scolaires à adopter une dimension internationale, « la norme de qualité International School Award (ISA) » est désormais instaurée. De même, le réseau de professeurs d’anglais du Liban figure « parmi les plus actifs de la région MENA ». Il faut dire que le British Council s’intéresse de près à « l’apprentissage des langues depuis plus de 20 ans ». À l’issue d’une étude récente sur l’avenir de l’anglais, M. Knox révèle la réflexion engagée par des experts locaux « pour une circulation encore plus importante » de cette langue considérée comme une « compétence-clé pour le travail et/ou la migration ».

Des notes d'optimisme tout de même...

Le bac français séduit toujours
Une chose est sûre. Le pays du Cèdre n’est pas près pour autant de se départir de l’enseignement en français. Sa communauté francophone y veille jalousement, brandissant l’avantage dont elle tire fierté par rapport aux anglophones : son trilinguisme. « Mes enfants étaient scolarisés au collège anglophone Saint oseph School. Je les ai récemment transférés au système français, au Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth. Nous voulions, mon épouse et moi, leur donner la chance que nous avons eue de baigner dans la culture française et d’être trilingues . » Le témoignage de ce père de famille, Halim A., résume l’attachement des familles libanaises francophones à un système scolaire qui leur apporte ce sentiment d’appartenance et l’ouverture véhiculée par la langue de Molière. Pour avoir vécu une dizaine d’années dans le Golfe, Halim et son épouse avaient d’abord été tentés par le système anglophone. « Nous avons rapidement regretté notre choix et fait le nécessaire », avoue Halim.

Un solide réseau d'établissements enseignant en français
Au sein des institutions éducatives, l’attachement au français est tout aussi prégnant, mené par un souci de reconnaissance de qualité. Avec quelques réajustements, toutefois, en faveur de l’anglais. Face à un bac libanais perçu comme obsolète et un IB peu répandu et particulièrement coûteux, le bac français comme diplôme de fin d’études scolaires continue de séduire. Pour l’accès à un enseignement supérieur de qualité, il est vu comme une valeur sûre. « Nos établissements, qui scolarisent 14 000 élèves, sont à 80 % francophones. Et dès l’année prochaine, nous proposons le bac français à une partie de nos élèves », révèle soeur Bassima Khoury, directrice du bureau pédagogique des sœurs Antonines et directrice du Collège des sœurs Antonines de Roumié. Mais pour répondre à une demande importante, « l’anglais occupe une place de choix dans l’emploi du temps des élèves, 5 à 6 heures par semaine, dès les petites classes », précise-t-elle. Une façon pour la responsable de revendiquer à la fois le trilinguisme et l’engagement de ses établissements sur la voie de l’homologation avec le soutien de l’ambassade de France. Un soutien de dizaines de millions d’euros à l’échelle nationale, qui n’a cessé d’augmenter depuis l’aggravation de la crise, face à la baisse du pouvoir d’achat des familles, la double explosion au port de Beyrouth, la pandémie de Covid-19. « Depuis notre homologation, nous nous sentons constamment soutenus par la France, financièrement et au niveau de la formation d’enseignants notamment », salue la responsable. « En l’absence de stratégie étatique pour l’éducation, ce soutien est très important », insiste-t-elle.

C’est dans ce cadre que le réseau de l’enseignement français au Liban poursuit son ascension. « Avec 56 établissements, dont celui de Damas, le réseau scolaire français compte aujourd’hui 60 000 élèves au Liban, soit 20 000 de plus qu’en 2011 », souligne Henri de Rohan-Csermak. Preuve du « dynamisme de ce réseau exceptionnel, le plus important dans le monde, sept nouvelles demandes d’homologation ont été récemment formulées », affirme le conseiller culturel adjoint. Pour la France, qui soutient institutions et élèves durement touchés par la crise financière, « cet enseignement est essentiel ». Le rapport Euromena rappelle à ce titre que « le secteur éducatif privé du Liban, qui scolarise 68 % des élèves, offre quasiment un service public ». Le défi qui se pose désormais est la viabilité économique et financière des établissements francophones privés du Liban, dans un contexte d’effondrement de la monnaie locale. D’où la nécessité, selon Euromena, « d’obtenir des financements alternatifs, d’optimiser les revenus, de réduire les coûts et de promouvoir le trilinguisme ». « Dans la concurrence entre l’anglais et le français, le trilinguisme est un atout », relève M. de Rohan-Csermak.

Le trilinguisme, atout des Libanais

Nettement moins solide malgré des programmes de labellisation et de certification, la francophonie de masse est aujourd’hui la source principale d’inquiétude face à la hausse de popularité de l’anglais scolaire. Sauf que les autorités libanaises se veulent rassurantes. « La demande pour l’anglais est certes très importante. Mais la politique officielle vise à maintenir l’équilibre entre le français et l’anglais », tempère Fady Yarak, évoquant des raisons à la fois politiques et économiques, ajoutées au nombre insuffisant d’enseignants en anglais. « Le plurilinguisme est au cœur de la politique linguistique du ministère, décrite dans le plan quinquennal », promet le directeur général, rappelant qu’il est aisé pour les élèves francophones de poursuivre des études supérieures en anglais, le contraire n’étant pas évident.

Quel avenir dans ce cadre pour le français scolaire au Liban ? « Le français fait partie de notre réalité, de notre histoire, de notre capital linguistique. À moins d’une décision politique d’angliciser totalement l’éducation, il continuera d’exister au pays du Cèdre », soutient Adnane el-Amine. « Le français n’est pas qu’une langue. Il fait partie de l’identité libanaise, de la façon de penser et de concevoir le monde. Et puis, la majorité des chefs d’établissement sont francophones », renchérit Léon Lilzi, directeur du Collège patriarcal de Raboué.

Émerge alors une réflexion française pour le maintien, voire la dynamisation du français scolaire au Liban, forte d’une conviction que l’école publique du Liban ne va pas abandonner le français. « Nous imaginons un dispositif de coopération renouvelé en contexte postcrise qui n’en est encore qu’à ses prémices », révèle Cécile Saint-Martin. Face à la problématique actuelle liée aux budgets scolaires et aux difficultés logistiques, Paris souhaite apporter sa contribution « au système dans son ensemble », et « accompagner le mouvement de sortie de crise ». Outre la promotion du plurilinguisme qui constitue « la force des Libanais », l’accent est de plus mis sur le développement de plateformes numériques (telles le groupement Ed’Innov) destinées à doter l’environnement éducatif francophone de ressources de qualité. L’image de la langue française est également au cœur du débat : « La langue française se vit aussi indéniablement, comme celle de la mobilité sociale, de l’insertion professionnelle, de la technologie, des sciences et des affaires », martèle Mme Saint-Martin.

La situation est complexe, au point de dépasser le contexte scolaire. Elle représente aujourd’hui un enjeu pour l’employabilité de la jeunesse libanaise dans le monde. « Par rapport aux jeunes de la région, les Libanais ont toujours eu l’avantage d’être trilingues et d’avoir la capacité de se mouvoir dans les trois systèmes, libanais, arabe et occidental, observe Jean-Noël Baléo. Si le Liban perdait cette singularité, rien ne distinguerait alors un jeune Libanais d’un autre jeune dans le monde. » D’où la nécessité de préserver cet atout, de « soutenir le secteur éducatif public » et d’engager « des efforts de massification » du français.

Article du 16 décembre 2021 en collaboration avec le CRDP et
la journaliste de l'Orient Le Jour Anne-Marie El-Hage
La place de la langue française au Liban
vue par France 24 (Octobre 2020)



Communication du 20 Aout 2020
Réunion entre S.E.M. Charbel Wehbe, Ministre des Affaires étrangères et des Emigrés et S.E.M. Jean-Baptiste LEMOYNE, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie.

FRANCOPHONIE
1. La Francophonie a exprimé sa solidarité avec le Liban:
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie, s'est entretenue lundi 20 juillet avec Michel Aoun, Président de la République du Liban, au sujet de la crise financière, économique, politique et sociale que traverse ce pays. L'échange a notamment porté sur la dégradation dramatique des conditions de vie des populations, alors que le Liban fait également face à la pandémie de covid-19 ainsi qu'à une situation humanitaire particulièrement difficile avec l'accueil de près d'1,7 million de réfugiés et déplacés sur son territoire. La Secrétaire générale a exprimé au Président Aoun la pleine solidarité de la famille francophone au peuple libanais, qui porte la langue française et les valeurs universelles de la Francophonie au Moyen-Orient. Elle a marqué sa disponibilité à participer aux efforts de mobilisation internationale, notamment dans le domaine de l'éducation, secteur qui est particulièrement touché par cette crise majeure et qui revêt un caractère stratégique pour le redressement du pays.

2. Renouvellement du Pacte Linguistique signé
entre le Liban et l'OIF en 2010

Le Pacte renouvelé vise à renforcer davantage la présence de la langue française au Liban qui fait partie intégrante de l'identité culturelle libanaise et véhicule les valeurs de la Francophonie. Le Liban accorde une importance particulière à la signature du Pacte Linguistique avec l'OIF prévue bientôt. Ce pacte forme le cadre à partir duquel nous pourrons renforcer la coopération et traduire le support offert au Liban.
Le pacte propose trois axes prioritaires :
o L'éducation ;
o Les médias ;
o L'entreprenariat des jeunes et des femmes.
Et suite à la pandémie Covid-19 et l'explosion du 4 août 2020, des consultations entre l'OIF et les partenaires libanais ont été organisées et ont fait ressortir l'urgence d'un nouvel axe : le Numérique qui devrait s'intégrer au Pacte renouvelé.
Le Numérique
L'enseignement numérique devient incontournable. Il suppose des urgences en :
- Formation à distance (cadres, conseillers et surtout enseignants) dans les deux secteurs : public et privé, et aux deux niveaux : scolaire et universitaire.
- Matériels informatiques divers ;
- Matériels pédagogiques : manuels et documents divers numérisés.


3. Bureau régional de l'OIF
Le sommet d'EREVAN a décidé d'ouvrir un Bureau Régional de l'OIF à Beyrouth, vu l'engagement dynamique du Liban dans la francophonie ( utilisation du français, respect des valeurs véhiculées par le français dont notamment : la liberté d'expression, le dialogue, l'égalité entre l'Homme et la Femme et le respect des différences) et vu la montée de l'appel du français dans les pays du Golfe et en Iran (candidature de l'Arabie Saoudite à l'OIF ; déjà membres : le Qatar et les Emirats unis ; Extension de l'AUF dans les universités : autour de 80 membres).
L'ouverture est prévue en 2021.

Premier projet à monter :
" L'observatoire du français au Liban et au Moyen-Orient "
Il aura pour mission de :
1° A court terme : faire un premier état des lieux du français an Liban et au Moyen-Orient, en vue de l'élaboration d'une Stratégie francophone pour la région ;
2° A moyen et long terme : observer de façon régulière l'état du français, en vue de nouvelles actions a proposer.

LibanVision se félicite donc de la traduction politique et concrète de sa proposition faite depuis 2018: un observatoire institutionnel de la Francophonie verra le jour courant 2021 au Liban à travers l'ouverture d'un bureau régional de l'OIF. Parions que nous pourrons être un partenaire actif et utile de ce projet!

De 2000 à 2020:
une vraie évolution de la francophonie libanaise sur près de vingt ans

LibanVision est né le 26 Octobre 2000. L'idée à l'époque était de couvrir la préparation et la tenue du Sommet de la Francophonie de Beyrouth qui devait se tenir en Octobre 2001.
Les évènements du 11 Septembre ont alors engendré le report d'une année et le sommet s'est finalement tenu un an plus tard du 18 au 20 Octobre 2002.

Voilà donc quinze années déjà, quinze années qui ont connu au Liban comme dans le monde entier, la généralisation de la téléphonie mobile, l'accéleration de l'usage de l'internet, des sites web et plus récemment l'émergence des réseaux sociaux comme lien de communication.

Dans un pays comme le Liban, ou la francophonie constitue un attribut spécifique dans le cadre d'un trilinguisme de facto, il nous est apparu impératif de dresser un diagnostic de l'évolution de l'usage du français au Liban et dans les communautés libanaises du monde.
Au-delà de tous préjugés ou intérêts, nous ambitionnons de dresser un état objectif de cette francophonie libanaise sur le web et les réseaux sociaux comme dans la plupart des domaines ou elle est susceptible de se pratiquer et donc de s'évaluer.

Nous sommes persuadés que la particularité du Liban fait que sa Francophonie est un révèlateur, un enjeu et un symbole de la Francophonie au sens le plus large.
Comme il existe un usage courant du français bien particulier au Liban, la mise en place d'une veille continue sur cet usage qui fait la francophonie libanaise au quotidien s'impose aussi.

Voilà pourquoi, au-delà du diagnostic, nous voulons faire de LibanVision la pierre angulaire d'un authentique Observatoire de la Francophonie Libanaise et en y associant un certain nombre de personnalités reconnues en la matière. Notre objectif sera donc de constituer une force de propositions afin que cette francophonie au Liban garantisse sa vitalité et sa pérennité en y associant donc la jeunesse libanaise.

Jean-Michel Druart
Fondateur & directeur de publication

Vous avez dit bizarre?
Le Liban est un pays francophone, le français est une langue de contestation issue de la France qui incarne les valeurs de la révolution depuis 1789 mais, étrangement, le français n'est plus, après l'arabe,
la langue seconde qui exprime la contestation au Liban en 2019.


La jeunesse libanaise, principal moteur de la contestation de l'automne 2019
Derrière ce constat flagrant se profile bien des questions avec des réponses qui se trouvent aussi en France, aux Etats-Unis ou ailleurs...
Au moment ou devait se tenir le salon du livre francophone, la réalité est sévère mais réelle: le français est en danger au Liban et risque de vite devenir une langue étrangère au lieu d'être la langue seconde qu'elle est depuis plus de 150 ans. Cette révolution en est le dérangeant révèlateur, alors même que bien des libanais sont d'ardents défenseurs du français:
le Liban, certes, concentre les paradoxes mais envoie aussi des alertes.

La jeunesse libanaise s'affirme comme le principal moteur de la contestation de l'automne 2019 et veut inscrire une rupture avec un système politico-confessionnel.

L'observation objective du déroulement des évènements inciterait à croire que ceux-ci pourraient également marquer un tournant dans l'usage de la langue française dont les valeurs sont censées épouser les valeurs de la révolution mais qui est se révèle très en retrait sur le plan de l'expression et de la visibilité de la francophonie libanaise. C'est un indice peut-être bien plus inquiétant que troublant au moment ou le nombre d'élèves scolarisés en français au Liban est en passe de devenir minoritaire alors qu'il était encore de deux tiers il y a vingt ans. Il doit donc faire réfléchir tous ceux qui de près ou de loin oeuvrent pour la francophonie en général et pour cette francophonie libanaise à laquelle nous resterons attachés contre vents et marées.
JM Druart

Une discussion mettant en comparaison les révolutions française et libanaise se tient en Anglais à Beyrouth...
Un professeur de civilisations anciennes et études culturelles, Farid Khoury, animera une discussion autour de son étude portant sur les révolutions françaises et libanaises. Ce débat comparatif va couvrir le contexte historique, les causes, les caractéristiques et les résultats des deux révolutions.

Cet événement se déroulera le Mardi 19 Novembre 2019 à Home Sweet Home à Mar Mikhael de 18h à 20h et la discussion se fera en anglais.

Il faut être un fin observateur pour apercevoir ici ou là des pancartes
en Français au cours des manifestations de la révolution libanaise.


Le Liban a déployé sa thawra, littéralement sa « révolution », sur l’ensemble de son territoire, avec les deux moments très forts de la chaîne humaine du 27 octobre (où des dizaines de milliers de femmes et d’hommes se sont donné la main de la frontière Nord à la frontière Sud du pays) et du 22 novembre (où la Fête nationale a été célébrée dans de formidables rassemblements populaires, marginalisant les commémorations officielles du pouvoir en place). Quand ils ne recourent pas à l’arabe, les manifestants privilégient des slogans en anglais, dont ils espèrent la reprise par les médias étrangers et sur les réseaux sociaux. D’où la relative rareté des slogans en langue française, comme ici, le 19 Octobre 2019 à Beyrouth. Il faut dire que dans ce contexte particuier, l'usage d'une langue autre que l'arabe peut évoquer l'acceptation d'une ingérence étrangère...

Combien de libanais francophones dans le monde?
L'apport réel de la francophonie libanaise à la francophonie mondiale


Plus de 4 millions de libanais francophones dans le monde?

Pour tenter de parvenir à une évaluation aussi réaliste que juste, nous avons effectué des recoupements entre différentes études menées par l'OIF (Organistation Internationale de la Francophonie), les études locales entreprises par les ambassades de France au sein des principaux pays, foyers de francophonie et les études spécifiques sur la diaspora lbanaise dont la plus récente est celle du journaliste René Naba, réalisée en 2014.

1/ La francophonie libanaise au Liban:
Il convient en premier lieu de définir la population réellement libanaise au Liban car il faut rappeler que le Liban compte actuellement entre 6 et 6,5 millions d'habitants dont plus de 1,5 millions de réfugiés syriens et palestiniens. Pour notre étude, nous avons donc évalué la population libanaise du Liban à 4,5 millions de libanais.
Sur cette population, d'après les enquêtes les plus récentes et les statistiques du ministère de l'enseignement, il est réaliste de considérer que le Liban compte en 2018 près de
1.000.000 locuteurs (soit 20%) avec une bonne maitrise du français permettant un usage habituel et précis et environ 900.000 (soit autour de 18%) possédant assez de bases
pour permettre un usage occasionnel et de conversation basique.
Le nombre total de francophones au Liban peut donc être estimé
autour de 1,9 millions.

Pour information, le rapport officiel de l'Observatoire de la Francophonie placé sous l'égide
de l'OIF, Organisation Internationale de la Francophonie, estime à 38% de la population résidente au Liban, le nombre de francophones, soit 2,315 millions de locuteurs sur une population totale de 6,094 millions d'habitants. La différence avec notre évaluation se fonde d'une part sur une propension des institutions à embellir la réalité du terrain et surtout à prendre en compte que sur les 6,1 d'habitants au Liban, un maximum de 5 millions sont réellement de nationalité libanaise...


2/ La francophonie libanaise hors du Liban:
La diaspora libanaise est communément estimée à près de 13 millions de personnes dont 8,5 en Amérique latine et zone Caraibes.
Nous avons tenté d'affiner nos estimations en tenant évidemment compte de l'environnement francophone réel selon les pays ou vivent les libanais d'origine.
Il est bien évident que la francophonie des pays dont le français est la ou l'une des langues officielles doit être différenciée de celle d'un pays ou le français est une vraie langue étrangère. D'autre part, nous avons tenu compte d'un correctif en fonction de l'antériorité des vagues d'émigration, notamment pour le continent sud-américain ou la grande majorité des libanais n'ont pas reçu au préalable de rudiments ou d'enseignement du français dans le système libanais public et surtout privé.
En général, nous avons préféré délivrer des chiffres prudents plutot basés sur des estimations basses afin de rester dans le cadre d'une étude objective et réaliste prenant en compte les libanais que l'on peut qualifier de francophones réels.

Afrique de l'Ouest Francophone: 160.000
Afrique non Francophone: 40.000
Maghreb: 10.000
Europe de l'Ouest: 300.000
Autres pays d'Europe: 30.000
Canada: 200.000
Etats Unis: 280.000
Pays du Golfe: 80.000
Asie-Océanie: 50.000
Amérique du Sud , Centrale et Caraibes: 850.000
Soit un total de 2,1 millions de personnes minimum.

On peut donc estimer le poids démographique de l'ensemble de la francophonie libanaise autour de 4 millions de locuteurs réels equitablement répartie entre celle du Liban et celle hors du Liban.

Si on arrondit la population libanaise totale à 17 millions (sur la base de l'origine et non de la détention obligaoire du passeport libanais) on peut affirmer que la francophonie libanaise réelle pèse entre 20 et 25% des libanais dans le monde en 2018.
Il est donc acquis que l'apport de la francophonie libanaise dans le monde doit être considéré avec la plus grande attention, non seulement sur un plan quantitatif mais aussi (et surtout?) sur un plan quantitatif puisqu'il s'agit dans sa grande majorité d'une population bénéficiant d'un haut degré d'éducation et d'une dimension entrepreunariale évidente.
Cette estimation de la francophonie libanaise dans le monde est donc très encourageante d'autant qu'une part significative de celle-ci vit dans des zones ou le réservoir francophone est le plus important pour les prochaines décennies (notamment l'Afrique) et assez proches du Liban pour entretenir des synergies réelles et régulières avec la francophonie au Liban.

Face à la tendance de l'anglicisation rampante à l'intérieur du Liban, il faudra sans doute aussi compter sur les libanais de l'étranger pour agir et contribuer à une saine cohabitation.

Voilà pourquoi cette étude permet aussi de conclure sur la nécessité absolue d'aborder la francophonie libanaise avec une vision globale pour mieux lui garantir ancrage et pérennité!

LibanVision - Octobre 2018

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Pour en savoir plus sur la francophonie dans le monde: >> Lire...

Nos trois objectifs majeurs pour 2018/2020:

-Création d'une page Facebook intéractive et complémentaire au site-web
Cette page permettra à chacune et chacun de faire part de ses observations de terrain sur la situation et l'évolution de la francophonie libanaise notamment au Liban. Elle permettra aussi de nous soumettre des suggestions afin d'améliorer notre action et mettre en place des solutions pour la pérenniser et la moderniser.

-Création d'un comité d'observateurs locaux de la francophonie libanaise composé de 10 à 12 personnes dont les deux tiers environ au Liban.
Ces observateurs seront des personnalités reconnues dans divers secteurs
(Culture et littérature, Journalistes ou blogueurs, Monde des Affaires, etc...)
comme acteurs et "autorités" dans le domaine de la francophonie libanaise.

-Faire connaitre notre action et nos travaux auprès des Autorités politiques libanaises, françaises et des autres pays de la Francophonie
La visite d'Etat du Président de la République du Liban en France à la fin du mois de Septembre 2017 a mis en lumière l'importance de la Francophonie dans les relations des deux pays et la volonté politique d'en faire un pilier de la relation franco-libanaise à long terme.
Dans la perspective de la visite du Président de la République française au Printemps 2018 au Liban notre volonté sera d'intégrer notre démarche dans le dispositif de veille et de développement de la francophonie libanaise.
Nous sommes convaincus que la tendance à impliquer les initiatives de la société civile et la modernité de notre démarche permettra à celle-ci d'être un vrai succès pour:

Moderniser, vitaliser et pérenniser la Francophonie Libanaise


Le franbanais comme on le parle
A l'instar du Francolof au Sénégal ou du camfranglais au Cameroun,
le franbanais illustre au Liban l'un des joyeux métissages du français…


Les francophones du Pays du Cèdre usent d’une variété linguistique qui leur est propre, pour laquelle le mot-valise franbanais a été forgé. Il s’agit d’un code mixte où le français côtoie l’arabe libanais. Ne vous étonnez pas d’entendre que la jardinière (« éducatrice maternelle ») de vos enfants est partie estiver (« passer l’été ») dans la montagne : le franbanais conserve des emplois aujourd’hui vieillis en français général. Et si vous apprenez que votre voisine souffre d’une maladie infectueuse (« infectieuse ») due à une manucure (« vernis à ongles ») d’origine douteuse, mordez sur votre mastic (« chewing-gum ») et mettez vos mains dans l’eau froide (« retrouvez votre calme »). Carrefour culturel et linguistique, le Liban ne peut que vous surprendre…>> Lire l'intégralité de l'excellent article du quotidien
Le Soir (Belgique/Bruxelles) paru le 31 Août 2018.

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La francophonie libanaise: du Français "au" Liban au Français "du" Liban
Le franbanais et ses franbanismes: plus qu'une langue, une identité?
Table ronde au salon du livre et enquête à Beyrouth avec RFI



On parle assez souvent du français du Québec et de ses savoureuses expressions parfois difficilement compréhensibles pour un français de la métropole. Observer une langue, c'est aussi se pencher sur les mots et associations de mots d'une langue qui se mettent progressivement en place et deviennent parfois des expressions usuelles.
Le Liban n'est pas en reste concernant ce phénomène et les usages se réfèrent souvent à une pensée initiale dans la langue maternelle locale, le dialecte arabe libanais.
C'est aussi une des caractéristiques majeures de la francophonie libanaise qui peuvent freiner certains libanais à utiliser la langue de Molière ou au contraire en pousser d'autres à le faire suivant les circonstances! Nous vous présentons ci-dessous deux excellents articles sortis sur ce sujet en 2010 dans le quotidien francophone L'Orient-Le Jour ainsi qu'un précieux glossaire de bon nombre de mots et d'expressions typiques de libanismes ou de franbanais.

Une petite vidéo sympa pour illustrer ces libanismes franbanais?
https://www.facebook.com/lorientlejour/videos/1482937705143285/

Lorsque « libanismes » et « franbanais »
prennent d’assaut la langue française
Francophonie Libanismes et franbanais font partie du français que parlent et écrivent les Libanais. Richesse pour la langue de Molière ou signe de pauvreté ? Le débat est ouvert.

« Hi ! Kifak ? Ça va ? » C’est en ces termes que se saluent les Libanais, nullement conscients qu’ils mélangent dans cette petite phrase trois langues différentes, l’anglais, l’arabe et le français. Une autre phrase type de ce mélange est « Tayyib ! OK ! D’accord », où l’on dit la même chose, dans les trois langues. Lorsqu’ils s’expriment en français, les Libanais empruntent tout naturellement les mots à l’arabe ou à l’anglais, pour former des phrases que seuls eux comprennent. Ils diront alors « Merci ktir » pour « merci beaucoup » et ponctueront leurs propos de « yaané », « tayyeb », « enno », « bass », « inchallah », « khalass », « chou », expressions et mots de liaisons dialectaux. C’est aussi tout naturellement en libanais et au beau milieu d’une phrase en français qu’ils adresseront à leurs proches ou même à des personnes qu’ils rencontrent pour la première fois des marques d’affection telles que « hayété » (ma vie), « habibi » (mon amour), « aaïné » (mes yeux) ou « to’borné » (que tu m’enterres).
Un jour oui, un jour non
Le français tel que pratiqué au Liban est aujourd’hui célèbre. Célèbre au point d’être revendiqué par la jeunesse libanaise, qui exhibe fièrement ces expressions sur des T-shirts. Célèbre au point d’interpeller les étrangers de passage et d’être adopté par ceux qui vivent au Liban. Sœur Emmanuelle n’a-t-elle pas importé en France l’expression populaire arabe « Yalla » qui veut dire allez ?
Baptisé « franbanais » par certains (contraction de franco-libanais), « libanismes » par d’autres, le parler français du Libanais ne se contente pas de mélanger les langues. Il consiste aussi dans la traduction littérale en français de certaines expressions libanaises.
Le résultat, si amusant soit-il pour les étrangers, ne manque pas d’écorcher les oreilles des linguistes et puristes de la langue française. Le Libanais « crie sur quelqu’un », au lieu de le gronder ou l’engueuler ; il « rit aussi sur quelqu’un », lorsqu’il se moque de lui ; il appelle « tante » les mères de ses amis, même si elles ne lui sont pas apparentées ; il pratique une activité « un jour oui, un jour non » et non pas un jour sur deux ; il raconte à la ronde que son enfant « est brave », au lieu de dire tout simplement qu’il est doué pour les études ; lorsqu’il a envie de serrer son enfant dans ses bras, il lui dit « viens chez moi » ; mais il dit aussi à un ami qu’il espère revoir, « fais-toi voir », au grand dam des Français pour lesquels l’expression « va te faire voir » signifie « va te faire f… ». Lorsqu’il donne l’heure, le Libanais dit « il est huit heures et demie et cinq », au lieu de dire « il est huit heures trente-cinq ». Enfin, il veut « monter en haut », et lorsqu’il s’en va, il « quitte », à l’instar des francophones d’Afrique, et pourtant, le verbe est transitif. Certaines expressions sont aujourd’hui tellement populaires qu’elles font désormais partie du dialecte libanais. À votre « bonjour », un chauffeur de taxi, pas bilingue pour un sou, répondra « bonjoureïn » (deux bonjour), sans même réfléchir.
Calqués de l’arabe dialectal
Les exemples amusants sont légion dans ce pays qui tire fierté de son bilinguisme, voire de son trilinguisme. Le phénomène interpelle d’ailleurs linguistes et autres spécialistes de la langue française qui multiplient publications et études, sans pour autant se mettre d’accord. Le « franbanais » et les « libanismes » sont-ils aujourd’hui une richesse pour la langue française parlée et écrite au Liban ou, au contraire, une preuve du recul de la francophonie ?
L’écrivain, historien et linguiste libanais Abdallah Naaman, docteur ès lettres et auteur d’un essai sociologique intitulé Le français au Liban, trouve « surprenant, sinon ridicule, de dire la même chose, simultanément, en trois langues différentes ». Il estime, évoquant le « franbanais et les libanismes », que parler « d’acculturation », comme le font certains linguistes libanais, est « abusif et fantaisiste ». Ce phénomène résulte « d’une insuffisance, de pauvreté et d’une mauvaise assimilation des idiomes en présence ». « Le calque de l’arabe dialectal ou littéral est évident dans certains exemples » qui trahissent, pour la plupart, « une défectueuse connaissance du français et ou de l’anglais », souligne-t-il. « En voulant jongler avec plusieurs idiomes, les Libanais finissent par les perdre tous », observe-t-il. M. Naaman indique que « le chevauchement des langues et leur compétition malsaine aboutit à un sabir, à un charabia qui ne ressemble plus à rien ». Il considère aussi que « le trilinguisme ne peut réellement exister, ni au Liban ni ailleurs », égratignant au passage journalistes, politiciens, universitaires et intellectuels de renom, « dont très peu possèdent une seule des trois langues en présence ».
M. Naaman constate, de plus, que la francophonie est en régression continue :
« Baragouiner le français (ou l’anglais) est à la portée de nombre de Libanais, mais posséder une langue étrangère est le lot de quelques dinosaures en voie de disparition. » Il dénonce alors la guerre que se font les langues en compétition au Liban. Une guerre « qui profite surtout à l’arabe, langue maternelle et nationale des citoyens ». Il regrette, à ce propos, que les langues étrangères véhiculent au Liban plus un projet politique qu’une culture. Évoquant une expérience qu’il a vécue pendant la guerre civile, il raconte comment certains établissements scolaires et universitaires avaient, à l’époque, « menacé de renoncer au français » et d’enseigner plutôt l’anglais ou l’allemand, « à cause de la politique du Quai d’Orsay qui visait à limer le pouvoir politique des maronites, que la France jugeait exorbitant ».

Le mélange, une richesse
De son côté, le professeur Hayssam Kotob, linguiste et enseignant au département de langue française de la faculté de pédagogie de l’Université libanaise, tient à distinguer « entre le franbanais et les libanismes ». Il estime que « le franbanais, mélange des deux langues libanaise et française au sein d’une même phrase, n’est pas forcément négatif, mais devient positif dès lors qu’il respecte les structures des deux langues ». « Ce mélange est souvent correct, et plus particulièrement lorsqu’il est observé chez les étudiants », souligne-t-il, affirmant que « le franbanais est une richesse plutôt qu’une marque de pauvreté », parce qu’il implique que les locuteurs maîtrisent les deux codes. M. Kotob note à ce propos que lorsque les Libanais s’expriment en français, ils glissent dans leurs phrases des termes affectifs en arabe, qui leur viennent tout naturellement.
Le professeur estime que « les libanismes, en revanche, sont un signe de pauvreté ». « Penser en arabe pour parler ou écrire en français ne peut qu’entraîner des erreurs choquantes au niveau de la structure syntaxique, car certains termes sont utilisés à tort », explique-t-il. À titre d’exemple, il raconte la confusion que les Libanais font dans l’usage de certaines expressions. « Avoir le bras long signifie en libanais être voleur. Alors qu’en français, il veut dire avoir de l’influence », précise M. Kotob. Il évoque aussi l’usage erroné de certains mots français par les Libanais, comme « jaquette » pour veste, « chalet » pour appartement au bord de la mer, ou « chalumeau » pour paille. Il note à ce propos que nombre de Français installés au Liban ont adopté les libanismes, pour se faire comprendre de la population. M. Kotob tient également à préciser que chaque langue véhicule une culture différente et exprime le monde à sa façon. « Certains termes libanais n’ont pas d’équivalent en français. Les Libanais les utilisent donc tout naturellement, comme "sahteïn" (deux santés) pour souhaiter bon appétit à quelqu’un qui mange ou qui a terminé de manger, ou encore "nahiman" qui pourrait signifier bon bain. »
Richesse ou pauvreté pour la langue française ? Indubitablement, la langue française pure et dure souffre de ces emprunts, de ces faux usages, de ces expressions incorrectes, dont certains ont été rapportés dans un texte caricatural intitulé « Les ennuis de Barhoum », à l’intention des étudiants. Mais « les libanismes et le franbanais » se portent bien, et le débat n’est pas près de prendre fin.
Article écrit par Anne-Marie El-HAGE | L’Orient-Le Jour du 22/03/2010.

Franbanais et libanismes : à prendre avec des pincettes ?
Quel enseignant de français au Liban n’a-t-il pas eu droit au célèbre « Mon ami est en train de rigoler sur moi », prononcé par un élève vexé d’avoir été la cible des moqueries d’un camarade de classe ? Cette traduction littérale d’une tournure syntaxique du dialecte libanais peut faire sourire un bon francophone de chez nous, mais prononcée devant un étranger, elle n’a sans doute pas beaucoup de sens.

Les exemples de libanismes saugrenus et insolites ne manquent pas. « Il a crié sur lui », « Il est monté en haut », « J’ai descendu une application sur mon téléphone » ou encore « Il a quitté » sont autant de libanismes qu’on peut entendre à Beyrouth et qui sortent des clous de la langue française. Ils font bon ménage avec le « franbanais », pratiqué par une grande partie des Libanais francophones, qui n’est autre qu’un mélange d’arabe dialectal et de français dans une même conversation, une même phrase. Les libanismes et le franbanais sont donc monnaie courante au Liban. Faut-il pour autant s’en réjouir ? Ces pratiques constituent-elles une source d’appauvrissement de la langue française ou, au contraire, sont-elles susceptibles de l’enrichir ?

Tirer la sonnette d’alarme
« Le libanisme est une expression arabe reproduite en français. C’est un calque du dialecte libanais », explique le linguiste et traducteur Serge Gélalian, qui considère que les libanismes ne devraient en aucun cas constituer une source de fierté. « Il faut tirer la sonnette d’alarme face à leur usage, car ils ne sont pas un facteur d’évolution de la langue française », estime-t-il. Quant à l’usage des « yaané », « habibi », « tayyeb » ou « yalla », souvent insérés dans des phrases en français, M. Gélalian explique que « ces termes font partie de la fonction phatique du langage (dont l’objet est d’établir ou de prolonger la communication entre le locuteur et le destinataire sans servir à communiquer un message, NDLR) et du terroir libanais ». Ils n’ont pas un rôle d’information, mais servent plutôt l’interaction sociale entre le locuteur et la personne qui l’écoute.

Quant au franbanais, le linguiste considère tout bonnement qu’il « n’existe pas comme langue à part entière ». « Ce que nous avons au Liban, c’est une alternance entre le français et le libanais, mais jamais un mixage des deux », constate-t-il. Et d’expliquer, par ailleurs, que le franbanais est à distinguer du bilinguisme. « Être bilingue, c’est maîtriser deux langues et passer d’une langue à une autre sans problème, ce qui n’empêche pas les calques. »

Que l’on parle de libanismes ou de franbanais, M. Gélalian est formel : « Non seulement ces phénomènes ne sont pas enrichissants et ne s’inscrivent pas dans une évolution de la langue française, mais ils empêchent la progression de la francophonie », dit-il. Estimant que « l’évolution de la langue se fait à partir du territoire français », il met en garde contre une volonté d’envisager les libanismes comme une évolution de la langue française. « Ce serait catastrophique. Cela dénaturerait le français, lance-t-il, d’où la nécessité de renforcer l’apprentissage du français à l’école et l’université. ».

Source de richesse
Jarjoura Hardane, professeur d’arabe, de traductologie et de didactique à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, définit pour sa part le franbanais comme une sorte de « va-et-vient continu » entre le français et le libanais. « C’est un dérapage », observe-t-il. « Le franbanais naît de l’utilisation d’une structure syntaxique française à laquelle s’ajoutent des syntagmes de structure arabe », explique encore le directeur de l’école doctorale des sciences humaines et sociales à l’USJ. « Il s’agit de phrases dans lesquelles on mélange les deux langues. Un mélange un peu spécifique, un bilinguisme non équilibré. Mais ce n’est pas réellement un registre de langue », souligne l’expert.

Le discours que tient Emmanuel Khoury, professeur de langue française, de stylistique et de rhétorique, est nettement plus favorable au franbanais et aux libanismes. M. Khoury estime que ces phénomènes linguistiques peuvent être « source de richesse, car ils permettent d’élargir les horizons de la langue et de créer de nouveaux mots et de nouveaux concepts ». « Les langues évoluent naturellement, contre la volonté humaine, assure le professeur. Les linguistes considèrent que les langues évoluent, quoi qu’il arrive. » Étoffant ses propos d’exemples, M. Khoury explique que « pour certains Libanais, une langue française teintée de libanismes paraît non achevée ». Il constate à ce niveau « une compétition entre les Libanais vers ce qui est considéré comme une excellence ». En revanche, conclut-il, « pour certains Français, les libanismes pourraient donner de la saveur à la langue ».
Article écrit par Zeina Antonios| L’Orient-Le Jour du 03/04/2019.

Petit recueil & glossaire de libanismes et de vocabulaire franbanais

libanisme
Fais toi voir
ouvrir la porte des inscriptions
Allumer la télé
tu l'as aimé au Liban
Il est brave
de quelle famille est-elle?
Yalla
Merci ktir
Bonjourayn Bonjour
je viendrai après dix jours
Tante
découper en piastres

tirer le siphon
une boite de cigarettes

crier sur quelqu'un
rire sur quelqu'un
avancer en arrière
ouvrir le téléphone
Manger un coup

Blanchir la face
Frapper un boxe

C'est vrai
Il est venu
Ecouter la parole

Sortir de corps
Viens ici maman
Ma mère
Je pars
Quitter
Voyager
Présenter le bac
Demander une question
Faire un abonnement
Un jour oui, un jour non

Le chalumeau
Gagner quelqu'un

Long / court
Demoiselle

monter à la montagne/
descendre
de la montagne

sens/commentaire
reviens me voir
possibilité de s'inscrire
Brancher la télé
As-tu aimé le Liban
il travaille bien
quel est son nom de jeune fille
vite
merci beaucoup
deux bonjours,
en réponse à "bonjour"
dans dix jours
(traduction de l'arabe)
toute femme plus âgée
(marque le respect)
découper en rondelles, en morceaux
les piastres sont l'équivalent des centimes

tirer la chasse d'eau
un paquet de cigarettes
traduit de l'arabe 3ilbet swéguir
crier après quelqu'un (traduit de l'arabe)
se moquer traduit de l'arabe
reculer traduit de l'arabe
décrocher le téléphone
Etre dans une mauvaise situation

traduit de l'arabe
sauver la face, rendre ma fierté

donner un coup de poing

traduit de l'arabe darabo boxe

Ah bon
traduit de l'arabe
Il est arrivé
traduit de l'arabe
Obéir traduit de l'arabe isma'el kelmé
Attention de tomber
Aller à la selle
viens ici fiston
Mère supérieure
Je vais
S'en aller
"Tarak" veut dire quitter et partir
Partir en voyage sa far
Passer le bac
Poser une question
origine arabe sa'al sou'al
S'abonner
un jour sur deux
origine arabe nhar é,
nhar la'
la paille
Battre quelqu'un (à un jeu)
origine arabe rib7o

Grand/petit se réfère à la taille tawil, qassir
Mademoiselle variantes de prononciation: damozél, mzmozèl
Aller/Revenir de la montagne
En arabe on dit descendre en bas
Grâce à Dieu
une mastic
du tic au tac
C'est quoi ton histoire?
Allez vite un peu!
une jacquette
D'oú à oú?
Mettez vos mains dans l'eau froide
Yaani

Direction
Chambréyère
Estiver
je suis avec elle
Tu as touché?
Espadrilles
Je n'ai pas la patience de faire...
Descendre aux élections
Faire un petit
Sors dehors
porter ses habits
Acétone
Fermer la lumière
Tu descends au Liban?
Frappe le frein
Faire du ballet ou de la danse
Faire un accident
Rentrer dormir
Encore un peu
Presser le bouton
Il est "classe"
Ne me dis pas!
Bottine
Viens un peu
J'ai pas ta patience
il a doublé sa classe
il a pris une bonne note
Prendre quelqu'un quelque part
Se couper les cheveux
Le petit nom
Plus bon
Hausser la musique
Taper à la porte
Faire ses cheveux
Etre faché de quelqu'un
demander la facture
Débrouiller quelque chose
L'avant-midi
Qu'est-ce qu'il y a sur la télé .....
On a demandé de toi
Qu'est-ce qu'il travaille?
Cet objet est pour moi ...
Viens chez moi
Elles n'est pas derrière son bureau
Visiter quelqu'un
C'est joli
Monter de classe
Après deux heures, je vais...
Parler à propos de choses
Faire un problème
Chercher un bébé
Enlever l'âme de quelqu'un
Va jouer
Ce n'est pas une graine
Ils tapent telle ou telle région
Il a tardé
Je suis parente à lui
Antipathiser quelqu'un
Sympathiser quelqu'un
Donner sa voix
Faire régime
Service Taxi-service
Je vais bien réponse à "comment allez-vous?"
un chewing gum
du tac au tac

Quel est ton problème?
Dépêchez-vous!
une veste
pourquoi?
min wein la wein?
Soyez tranquille expression arabe
a peu près, ou à la limite sens initial: yaané= cela veut dire Finissage finition

Volant d'une voiture traduction du libanais
Chambre à air (roue)
Passer l'été en montagne
je suis d'accord avec elle
traduit de l'arabe
Tu as reçu ton salaire?
Baskets
Je n'ai pas envie
traduit de l'arabe
Se présenter aux élections
Faire l'amour
Sors!
S'habiller
traduit de l'arabe
Dissolvant
traduit de l'arabe
Eteindre la lumière
Tu vas au Liban?
Freine
suivre des cours de ballet
Avoir un accident
Dormir
Plus tard
Appuyer sur le bouton
Il a de la classe
C'est incroyable
Botte
viens ici
Tu m'énerves
il a redoublé
Il a eu une bonne note
Emmener quelqu'un
Se faire couper les cheveux
Le prénom
Meilleur
Hausser le volume
Frapper à la porte
Aller chez le coiffeur
traduit de l'arabe
Etre faché avec qqun
demander l'addition
se débrouiller
verbe intransitif en français
La matinée
.... à la télé
On a demandé de tes nouvelles
Quel est sa profession?
... est à moi
Approche-toi de moi
Elle n'est pas à son bureau
Rendre visite
C'est bien
Passer de classe
Deux heures plus tard, je vais...
Parler de choses
Avoir un problème
Avoir un bébé
traduit de l'arabe jeb walad
Agacer quelqu'un traduit de l'arabe
Laisse moi tranquille
Ne le sous-estime pas
Ils bombardent telle région
Il est en retard
c'est un parent
Le trouver antipathique
Le trouver sympathique
Voter
Suivre un régime
traduit de l'arabe
Taxis qui s'arrêtent et prennent plusieurs passagers
A vous
Bon appétit (à la fin du repas)

C'est un numéro
Cherche moi cet objet
Tu mets la faute sur moi
Chou fi ma fi
Respirer l'air
Regarde qu'est-ce que tu as fait
Allonger ses cheveux
Autostrade
Goute-moi ce plat
Appuyer sur le benzine
Mdabrass
Il te prend de hauteur
Ma maison est ta maison
Habiter dehors
Le manger
flanelle
Descends-moi ici
Ca n'a pas accroché!
Boire une cigarette
Dix heures et demi et cinq
Comme tu es!
Passer par quelqu'un
Les douceurs
Etre motorisé
Il est insortable
Un chalet au bord de la mer
Tu es avec moi?
Merci à vous En réponse à un merci
Sahtein (qui veut dire 2 santés)
dit à la fin du repas
Il est original Ici, en parlant de quelqu'un
Apporte-moi cet objet
Tu me fais assumer la faute
qu'est ce qui se passe
Prendre l'air
Regarde ce que tu as fait
faire pousser ses cheveux
voie rapide, autoroute
goute ce plat
appuyer sur l'accélérateur
déprimé
traduit de l'arabe
Prendre de haut traduit de l'arabe
Tu es le bienvenu chez moi
Habiter à l'étranger
La nourriture
Débardeur
Dépose moi ici
La ligne téléphonique ne marche pas
Fumer
dix heures trente cinq
interjection qui marque l'impatience
Passer le prendre
Les patisseries, sucreries
Avoir une voiture pour se déplacer
N'est pas sortable, infréquentable
une maison au bord de la mer
Tu me suis ?

Prolongez donc votre voyage en consultant la Base de données lexicographiques panfrancophone (BDLP) qui offre, pour des pays comme l’Algérie et le Maroc, une documentation de première main.
Quant au français du Liban, il fait actuellement l’objet d’une recherche visant à établir un Dictionnaire des libanismes.


Livre sur le franbanais
Faux et usage de fautes
Edité en 2006 au Liban par les éditions Tamyras puis diffusé é en France depuis 2009 par La Maison Indigo, le livre de Dounia Mansour Abdelnour comblera tous ceux qui sont passionnés par les franbanis les les saveurs de l'usage de la langue française au Liban. Il a d'ailleurs servi de support à un reportage de RFI sur les "saveurs orientales du français" dans le cadre du Salon du Livre de Paris en 2013.

Le Liban francophone contribue aussi à l'enrichissement de la langue française ou...
Découvrez comment
le mot Beyrouthin est entré dans l'édition Larousse 2017 sous l'impulsion de "Tamyras" maison d'édition francophone locale.

Le Libanais est également riche en proverbes et en dictons
"Dessine moi un proverbe"
Ecrit par Caroline Torbey et illustré par Renée Thomas, cet ouvrage paru à l'Automne 2017 présente une vingtaine de proverbes libanais. S'il est tout d'abord destiné aux enfants, il peut être lu par tous et s'articule autour de contes écrits en français et joliment mis en images à travers des saynètes se déroulant dans différentes régions libanaises. Voilà sans aucun doute un bel outil à la fois ludique et pédagogique.

Le français au Liban
Toutes les langues s'approprient des mots appartenant aux autres. Chaque peuple modifie, adapte, récupère un mot, une expression. Les Américains donnent des « Rendez-vous »,
les Français aiment la « Dolce vita » et les Libanais...

Les Libanais parlent l'anglais, l'italien - en matière d'habillement -, le turc et, bien sûr, le français. Si vous n'avez pas vu les spots publicitaires pour l'événement « La France au Liban », allez les voir sur YouTube, ils valent le détour. Parce que l'usage de la langue française par les Libanais est une énigme, une exception culturelle, une espèce de mystère dont même les Libanais ne comprennent pas l'origine. Ces libanismes, ces confusions de sens, ces inversions existent quasiment depuis la nuit des temps... Les plus surpris sont généralement les Français qui entendent pour la première fois la langue de Baudelaire revue et corrigée par une copine, un chauffeur de taxi ou une « tante » assise à la table d'à côté. « Bonjourak ». « Bonjourein ». « Bonsoir, tous les soirs ». Dès l'entrée, on est prévenu que le menu sera corsé. Les Libanais aiment l'excès, la surenchère. Deux fois bonjour ma chérie parce que tu le vaux bien. Nul besoin de relever tous ces mots français qui sont devenus des mots libanais à part entière, déclinés en verbes, en substantifs ou en adjectifs : « mhastra », « daprass », « pannak », « tmaqyajit », « cousinté » entre autres, mais surtout le plus répandu, le plus extraordinaire de tous, le fameux « bawmar ». Il n'y a que les Libanais pour transformer en action le point mort d'une voiture... Dans ce lexique personnel et propre aux Libanais, on trouve de tout donc. Des traductions littérales de l'arabe, des expressions travesties et des fautes de français que les Français eux-mêmes font parfois. Ce ne sont pas ces dernières les plus sympathiques, ce sont toutes les autres. Les réponses à un « merci »... à vous !
Les « tante » pour les femmes d'une autre génération et le « voyageur ». « Je ne peux pas venir ce soir, j'ai un voyageur. » Formule qui implique un collègue, un ami, un proche ou un patron automatiquement venu de l'étranger. Parce que le monsieur ou la dame a pris l'avion, le train, le bateau ou la voiture pour venir jusqu'à nous. C'est un « voyageur »... hahahahaha. Heureusement qu'on ne dit pas quand on l'invite au restaurant, c'est un mangeur ou quand on « veille » ensemble, c'est un « veilleur ». Parce que le Libanais veille. Il ne sort pas, il veille. D'ailleurs, « où tu pars veiller ? » - comprendre « où sors-tu ce soir ? ». Et il ne « quittera » pas tard parce qu'il a un « voyageur » demain, un « voyageur » qui le « parente » et qu'il « fréquente » depuis « 1980 et 11 ». D'ailleurs, ils ont rendez-vous à « 10 heures et demi cinq ». Ok, ce sont des fautes ou des traductions du libanais, mais on a le droit d'acheter une « crosse » de cigarettes, de boire son Coca avec un « chalumeau » ou de mâcher son « mastic ». Chacun son truc. Les Libanaises vont chez la « manicuriste », la même que la femme de celui qui « est descendu aux élections ». On monte et on descend beaucoup au Liban. On « monte de classe », on « monte à Faraya », on « descend à Beyrouth ». On « ferme » le téléphone car, « en tout cas », on se voit tout à l'heure. On est « fâché de lui » parce qu'il « a ri de moi ». On fait du sport « un jour oui, un jour non » avec ses nouvelles « espadrines »... On « demande » une question à une connaissance et on lui dit en fin de conversation lorsqu'on l'a croisée par hasard, « fais-toi voir ». « Ne me dis pas » que tu connais Flén !!! Je te jure, « moi et lui » on était ensemble à l'école et c'est aussi un « ami à » Far7a et Mar7a. Et des comme ça, il y en a des tonnes. Des fautes d'orthographe sur certaines enseignes, des fautes de sens, de grammaire, de compréhension, on en rencontre tous les jours. C'est ce qui fait le charme de cette langue, si riche et si drôle à la fois. Ces erreurs, ces petites fautes sont touchantes, attendrissantes. Elles sont libanaises, elles font partie de nous et c'est ce qui les rend belles. Nulle part ailleurs qu'ici, au pays de Khalil Gibran, des Cèdres et de Mika, vous entendrez quelqu'un appeler un garçon dans un restaurant : « maître ».
Yalla, c'est fini.
Médéa Azouri HABIB | 22/03/2010


DANS LES ÉCOLES LIBANAISES, LE FRANÇAIS OU L’ANGLAIS
Propos recueillis par Anne-Marie el-Hage | OLJ - 03/08/2015
Interviews croisées
Au terme de leur mission au Liban, les deux ambassadeurs de France, Patrice Paoli, et de Grande-Bretagne, Tom Fletcher, ont répondu aux questions de « L'Orient-Le Jour» sur l'évolution du français et de l'anglais dans le système éducatif libanais, et sur le rôle de leurs pays respectifs en ce sens. Malgré une tendance à la baisse, la francophonie a encore de beaux jours devant elle dans le système éducatif libanais, vu la réputation d'exigence de l'enseignement français. Preuve en est, la majorité des élèves du pays sont scolarisés dans les filières francophones.
Mais il n'en reste pas moins que l'anglais, réputé pour être plus facile et pour être la langue de l'Internet, se taille désormais une place de choix dans l'éducation au Liban. À tel point que pour la première année, davantage d'élèves présentent leurs examens officiels en anglais plutôt qu'en français. Interviews croisées des deux ambassadeurs, quelques jours avant leur départ. >> Lire (sur le site de ND Jamhour...)

La conclusion que tirons
de la lecture de cet article-entretien:
Sur la base des données mentionnées dans cet article et qui se réfèrent donc à des données officielles
de la rentrée de 2014 ainsi que sur les projections de la tendance en cours, il ressort que le français deviendra minoritaire dans l'enseignement au Liban en 2021 ou 2022.

La dure réalité des chiffres face aux déclarations sur le dynamisme du français au Liban
71% en 1995, 66% en 2002, 55% en 2015, 53% en 2018

En 2021 ou 2022 le français deviendra minoritaire
dans l'enseignement primaire et secondaire
au Liban

Les principales questions que nous devons soulever:
Pourquoi une telle régularité de cette régresssion continue?

Comment peut-on enrayer cette tendance négative?
Cette érosion continue est-elle encore réversible?
Quelle stratégie et Quels moyens pour renforcer la présence du français au Liban?
Est-elle dangereuse à terme pour la résilience de la francophonie libanaise?

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