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Dominique de Villepin:
un homme d'action au service de la relation franco-libanaise,
au coeur du présent pour préparer l'avenir
Dominique de Villepin, un destin?


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Hommage au poète disparu par Dominique de VILLEPIN:
Mahmoud Darwich, le poète de l’exil


Octobre 2008- Dans un de ses poèmes, Mahmoud Darwich a écrit que la rose est devenue blessure. Ces mots révèlent bien le destin d’un poète. Car, chez Darwich, le Poème et l’Histoire sont indissociables. Ils sont deux formes de la Vie. La ferveur du peuple palestinien à la mort de Mahmoud Darwich montre à quel point il avait raison. En effet, chez lui, le destin individuel et le destin collectif se mêlent sans cesse. Elle était attachée à tout son être. Ainsi, son apparence et ses manières exprimaient une chaleur rugueuse, l’humanité simple. Sa poésie était à la fois son souffle et sa terre. À ce titre, il a été tout à la fois un poète de l’exil, un poète du témoignage et un poète de la rencontre et de la paix.
Il a été le poète de l’exil, tout d’abord. En effet, il n’a pas connu d’autre existence. À sept ans, la naqba s’abat sur sa famille. Il connaît la guerre et son cortège de souffrances. Sa famille quitte le village natal de Birwa, pour l’exil libanais. Dans cette souffrance, il a partagé avec des dizaines de milliers d’hommes et de femmes cette déchirure collective. Avec eux, aussi, il a fait l’expérience de l’exil intérieur, lorsqu’il est revenu en Galilée, à Dayr al-Asad, à Joleydé, à Haïfa. Toute sa vie, il s’est fait passe-murailles, du Caire à Paris, de Beyrouth à Moscou. Mais tous les exilés ne sont pas pour autant poètes. Lui, il a été le poète de l’exil, de tous les exils et de tous les exilés, parce qu’il a su reconnaître que la terre se transmet comme la langue. La langue et la terre se confondent et se substituent chez lui. C’est pour cela qu’il n’a eu de cesse d’habiter la langue et de la faire fructifier.
Il a été aussi le poète du témoignage. Il a senti le besoin d’une parole solide pour donner sens à l’absurdité de l’Histoire. Il a travaillé la langue pour qu’elle puisse témoigner. Je pense par exemple à ce poème insoutenable qui évoque l’enlèvement et l’assassinat de cinq fillettes à la sortie de l’école.
Sa parole était ainsi une parole vivante, une preuve de vie, au-delà de toutes les souffrances. Témoin, il l’a été de bien des événements douloureux de l’histoire du Proche-Orient. Il était présent à Beyrouth, lors du siège de 1982. Il a connu l’emprisonnement. Mais jamais il n’a cessé, à travers ses poèmes, de dire et de montrer. Mahmoud Darwich a voulu transmettre une expérience particulière en montrant au monde ce qu’elle avait d’universel. Ce faisant, il a refusé le repli sur la souffrance. Il y a remarquablement réussi. Comment expliquer sinon une renommée mondiale, d’Amérique en Europe.
Mais surtout, il a été le poète de la rencontre et de la paix. Le témoignage ne lui suffisait pas. Pour lui, la poésie était surtout un acte de rencontre. C’était un pont entre deux êtres humains, entre deux peuples. Ce n’est pas un hasard si l’anthologie française qui lui a été consacrée s’achève sur un Art d’aimer. Tout y est apaisement, avec le monde, avec les hommes. Cette rencontre, c’est toujours en même temps la rencontre de la femme aimée. Car elle aussi, elle se confond avec la terre.
Ne parle-t-il pas des cils de la terre, à propos des épis de blés. D’ailleurs, l’exil aussi, il le vivait dans la séparation avec la femme aimée. Il refusait l’abstraction des grands mots pour s’ouvrir à la vraie rencontre. Il a toujours cru à l’autre.
Je me souviens que c’est ce qu’il m’a dit, la première fois que nous nous sommes rencontrés, au Quai d’Orsay, à Paris. Il l’a répété plusieurs fois, la paix n’est pas divisible, la terre suppose l’acceptation de l’autre. Inlassablement, il a agi pour la paix. Il a rejeté la violence, sous toutes ses formes. Car elle était, pour lui, l’antithèse de la parole. Elle était ce qui rend la parole impossible. Pire, elle est ce qui la prive de sens.
Nous pouvons essayer de réunir ces trois facettes. En définitive, je crois en effet que Mahmoud Darwich a été, au sens plein du terme, un passeur.
Tous les grands poètes sont de tels passeurs. Il a été passeur, parce qu’il connaissait la frontière. Il l’avait éprouvée, elle l’avait éprouvé. Il connaissait celle qui tranche et qui blesse. C’est celle, hérissée de postes de contrôle. Mais il connaissait aussi cette autre frontière qui est contact et rencontre. Celle qui est la chaleur d’une peau entre les hommes. Mahmoud Darwich a été poète, mais il a été Homme avant tout.





13 Mars 2007
Villepin va
, à titre personnel, présenter à Harvard un plan de paix pour le Proche-Orient

Dominique de Villepin se rendra jeudi 15 et vendredi 16 Mars à New York et Boston, où il présentera un plan de paix pour le Proche et le Moyen-Orient dans un discours à l'université d'Harvard.
Le Premier ministre français entend "expliquer aux Américains qu'il est urgent de sortir de la crise actuelle au Proche et au Moyen-Orient", selon son entourage. Il fixera dans son discours une feuille de route précise et originale, expliquait-on de même source.
Dominique de Villepin s'était prononcé pour un retrait des forces américaines d'Irak d'ici un an dans un entretien publié le 7 février dernier par le "Financial Times". Cette proposition reçoit de plus en plus d'écho aux États-Unis, observe-t-on à Paris. La majorité démocrate à la chambre des représentants veut d'ailleurs adopter une loi imposant un retrait des troupes américaines d'ici la fin août 2008, voire la fin 2007.
Invité du professeur Stanley Hoffmann, un ami personnel selon son entourage, le Premier ministre français prononcera en anglais cette conférence sur le thème "France et États-Unis : comment faire face à un ordre mondial en mutation?". Il répondra ensuite aux questions des étudiants.
La veille, Dominique de Villepin s'entretiendra à New York avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Il fera le point sur le déploiement des forces françaises de maintien de la paix, notamment en Côte d'Ivoire, au Liban et en Afghanistan. Il aura également des entretiens avec l'ancien président Bill Clinton et le prix Nobel d'économie Amartya Sen.
L'ancien ministre des Affaires étrangères s'était révélé au monde le 14 février 2003 par son discours retentissant contre la guerre en Irak au Conseil de sécurité des Nations unies, qui en avait fait l'une des bêtes noires des États-Unis.
Ce voyage aux États-Unis intervient à deux mois de son départ de Matignon, et alors que l'on s'interroge sur l'avenir personnel du Premier ministre. Il a déclaré lundi matin sur Europe-1, en annonçant son soutien au candidat de l'UMP à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy, vouloir servir la France "autrement et ailleurs".


12 Septembre 2006
Chacun doit prendre ses responsabilités et en particulier la Syrie », estime le Premier ministre français
Villepin : « Les violences peuvent reprendre à tout moment »

C’est une mise en garde pour le moins inquiétante que le Premier ministre français Dominique de Villepin a adressée hier aux pays du Proche-Orient,
soulignant la « fragilité » de la situation au Liban.
M. de Villepin a appelé ces pays à « prendre leurs responsabilités » face aux « violences » qui peuvent « reprendre à tout moment » au Liban et « compromettre le processus politique ».
« Devant la fragilité de la situation au Liban et dans la région, devant la menace de nouvelles violences, rien n’est encore acquis », a-t-il noté.
« Pour éviter un nouvel embrasement, nous avons besoin de l’implication des autres pays de la région », a dit le Premier ministre à l’occasion de la déclaration
du gouvernement au Sénat sur la situation au Proche-Orient.
« Quinze ans à peine après la fin de la guerre, les bombes se sont à nouveau abattues sur le Liban, faisant des centaines de victimes civiles et ébranlant un pays qui avait réussi le miracle de la réconciliation et un spectaculaire relèvement économique. Ces images du Liban dévasté ont touché nos compatriotes. Car les liens qui unissent la France et le Liban sont anciens et profonds, nourris par l’histoire et la culture. Depuis la proclamation de l’indépendance du Liban par le général Catroux au nom du général de Gaulle en 1941 et l’adoption du pacte national en 1943, notre pays n’a cessé de croire en la possibilité d’une nation rassemblant plusieurs confessions et faisant une place à chaque communauté. La France a payé un lourd tribut à la défense de cette idée. Comment ne pas songer à cet instant à Louis Delamarre, notre ambassadeur assassiné le 4 septembre 1981, ou encore aux 58 hommes qui ont perdu la vie
dans l’attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 ? » a rappelé M. de Villepin.
« Avec Israël aussi, nos relations sont vivantes et étroites, fondées sur l’histoire et les liens entre les hommes. Et c’est pourquoi nous avons partagé la peur et la colère des habitants de Haïfa frappés par les tirs de roquettes du Hezbollah.
« C’est au nom de ces liens, mais aussi des convictions qu’elle défend depuis plusieurs années sur la scène internationale, qu’au plus fort de la crise, la France a pris ses responsabilités. Elle a œuvré avec la communauté internationale à la recherche d’un arrêt des affrontements et d’une issue politique.
Elle l’a fait dans un esprit d’unité et de cohésion nationales pour lequel je tiens à vous remercier.
« Ensemble nous devons tirer les leçons de cette crise, à la fois pour le Liban, pour le Proche-Orient et pour l’engagement de notre pays sur la scène internationale. Car nos compatriotes attendent que la France joue tout son rôle, pour défendre leurs intérêts et leur sécurité. Mais ils veulent aussi qu’elle défende sa vision d’un ordre international juste fondé sur le respect du droit et de l’identité des peuples », a-t-il poursuivi, avant de rappeler ce que la France avait fait et faisait pour aider le Liban à tous les niveaux depuis cette guerre.
Après avoir évoqué la nécessité d’œuvrer pour un règlement dans l’ensemble de la région et de faire face à la menace terroriste, Dominique de Villepin a indiqué : « Au Liban, les violences peuvent reprendre à tout moment et compromettre le processus politique. Pour éviter un nouvel embrasement, nous avons besoin de l’implication des autres pays de la région. Chacun doit prendre ses responsabilités, en particulier la Syrie, qui doit contribuer à une application pleine et entière des résolutions 1559, 1595 et 1701. L’application de cette dernière résolution implique de veiller au retrait effectif des troupes israéliennes, parallèlement au déploiement de la Finul renforcée, à la libération des soldats israéliens enlevés, au respect de l’embargo sur les armes, au désarmement des milices et enfin au règlement de la question des fermes de Chebaa. »
« Enfin, nous avons besoin d’une Europe capable de faire entendre sa voix sur la scène internationale. Vous le savez, c’est l’un des principes défendus depuis longtemps par la France. Aujourd’hui l’Europe est présente en Afrique, en Afghanistan et au Liban. C’est la preuve que nous pouvons, si nous savons rassembler nos forces, peser davantage sur la scène internationale. C’est l’ambition que la France continuera à défendre auprès de nos partenaires européens dans les mois à venir », a-t-il ajouté.
Et de conclure : « Une nouvelle fois, dans la crise, sous la conduite du président de la République, nous avons assumé nos responsabilités. Nous avons su faire entendre la voix de la France, dans le respect de nos principes et des convictions que nous défendons partout dans le monde. Mais devant la fragilité de la situation au Liban et dans la région, devant la menace de nouvelles violences, rien n’est encore acquis. L’exigence d’action et d’engagement reste entière. Soyez assurés que mon gouvernement restera pleinement mobilisé au service de la paix. »


7 Septembre 2006

Villepin réaffirme l'engagement de la France au Liban
Dominique de Villepin a solennellement réaffirmé devant l'Assemblée nationale l'engagement de la France à agir pour éviter que le Liban ne redevienne le « champ de bataille » d'autres pays, en appelant la Syrie et l'Iran à prendre leurs « responsabilités » dans la région.

S'exprimant devant les députés lors d'un débat sur la situation au Proche-Orient, qui ouvrait la session extraordinaire du Parlement, le Premier ministre a expliqué que la France, qui va engager au total 2 000 soldats au sein de la Finul élargie, devait « se mobiliser toujours davantage en faveur de la paix », au Liban et au Proche Orient.
M. de Villepin a estimé qu'au Liban « le conflit pouvait reprendre à tout moment. Or, nous ne pouvons accepter que ce pays serve une nouvelle fois de champ de bataille aux guerres des autres ».
Il a lancé un appel à l'Iran et à la Syrie, principaux soutiens du mouvement chiite libanais du Hezbollah, en soulignant qu'il fallait
« désormais placer les différents acteurs régionaux devant leurs responsabilités ».
« C'est bien la stabilité de l'ensemble de la région qui est en jeu », a-t-il estimé, en voyant « un risque véritable de contagion et de radicalisation ».
A quatre jours de l'anniversaire des attentats du 11 septembre, M. de Villepin s'est encore démarqué du leitmotiv du président George W. Bush en réaffirmant que « contre le terrorisme, ce n'est pas une guerre qu'il faut engager ». « Nous ne viendrons à bout de ce fléau qu'en luttant aussi contre l'injustice », a-t-il assuré.
Si les députés de gauche et de l'UDF se sont félicités de l'action du gouvernement et de Jacques Chirac pour la cessation des hostilités, ils ont toutefois émis des réserves
sur l'action de la diplomatie française.


17 Juillet 2006

Le Premier ministre français, en visite éclair à Beyrouth et porteur d’un message de solidarité et d’amitié au Liban appelle à une trêve humanitaire immédiate
En visite éclair à Beyrouth pour « exprimer la solidarité et l’amitié de la France » à l’égard des Libanais, le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a examiné avec son homologue Fouad Siniora des moyens de rétablir le calme au Liban, et appelé à « une trêve humanitaire immédiate ».
Dépêché par le président Jacques Chirac, M. de Villepin est arrivé dans l’après-midi depuis Paphos, à Chypre, à bord d’un hélicoptère qui s’est posé sur le terrain de sport du collège de Jamhour. Il était accompagné du ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. MM. de Villepin et Douste-Blazy se sont immédiatement rendus au Sérail où ils ont eu avec M. Siniora un entretien d’une heure, suivi d’une réunion élargie avec les membres du gouvernement, en présence de l’ambassadeur de France, Bernard Émié.
Au cours d’une conférence de presse conjointe avec M. Siniora, le Premier ministre français a appelé à « une trêve humanitaire immédiate » pour mettre fin aux « souffrances de la population civile », après avoir déploré le recours à la violence. « La France condamne le recours à la violence et dénonce l’enlèvement des deux soldats israéliens. Elle appelle à leur libération », a-t-il déclaré, après avoir affirmé être porteur d’un message de solidarité et d’amitié au peuple libanais.
Le chef du gouvernement français a déploré « les destructions et le grand nombre de victimes » depuis le lancement de l’opération militaire israélienne contre le Liban. Soulignant la nécessité d’œuvrer en faveur du pays, M. de Villepin a estimé que le recours à la force est inutile et a mis l’accent sur l’engagement de la France à parvenir rapidement à un cessez-le-feu et à trouver un règlement à la crise actuelle. « L’indépendance, la souveraineté et la liberté du Liban sont pour nous une priorité absolue qui doit être respectée de tous », a-t-il insisté, affirmant qu’il a demandé à M. Siniora de n’épargner aucun effort dans ce sens, en conformité avec la résolution 1559 du Conseil de sécurité. M. de Villepin a ensuite souligné « la détermination » de son interlocuteur à « restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ».

Villepin accueilli par le 1er ministre libanais Fouad Siniora lors de son arrivée à Beyrouth le 17 Juillet 2006
Selon le porte-parole de l’hôtel Matignon, les entretiens de M. de Villepin à Beyrouth
se sont articulés autour de deux axes principaux:


Le premier est politique et se rapporte à la position du G8, à savoir que le gouvernement français se propose d’obtenir un cessez-le-feu qui serait suivi de la libération des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah et l’arrêt des tirs de missiles de cette formation contre Israël. Le deuxième est diplomatique. Le Premier ministre français tentera d’obtenir un arrêt des opérations militaires, et une aide européenne et internationale au Liban pour qu’il puisse panser ses blessures et concrétiser, avec l’aide de la communauté internationale, l’application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies.



23 Décembre 2005

Villepin : Damas doit « coopérer sans conditions » à l’enquête
Marquant encore tout l'intérêt qu'il porte au Liban, le Premier ministre français, Dominique de Villepin, demande, à la veille de Noel, à la Syrie de « se conformer pleinement à ses obligations internationales », en coopérant « sans conditions » avec la Commission d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, dans un entretien que publie ce samedi le quotidien al-Hayat.
« Les autorités syriennes savent ce que la communauté internationale attend d’elles, et nous leur demandons de s’y conformer », déclare M. de Villepin.
Quant aux « objectifs » de la France concernant le Liban, ils sont connus.
« Le premier, c’est la recherche de la vérité sur les odieux assassinats qui ont endeuillé ce pays ami et la punition des coupables », a-t-il dit.
« Le second, c’est le soutien à l’indépendance et à la souveraineté du Liban par la mise en œuvre complète des résolutions de l’ONU, notamment la 1559 », a ajouté M. de Villepin.

Rappelons que a résolution 1644 du Conseil de sécurité, adoptée le 15 décembre dernier, a prorogé le mandat de la Commission d’enquête internationale, l’autorisant à apporter une assistance au sujet des enquêtes sur les attentats commis au Liban depuis le 1er octobre 2004, et engageant la Syrie à coopérer davantage à l’enquête. La résolution prenait acte par ailleurs de la demande du gouvernement libanais à ce que les personnes qui seraient mises en cause dans l’attentat contre Hariri soient jugées par un tribunal international. Elle priait aussi le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, d’aider le gouvernement libanais à déterminer la nature et l’étendue de l’assistance internationale nécessaire à cet égard et de lui rendre promptement compte sur la question.
Interrogé sur les relations entre la France et les Etats-Unis, Dominique de Villepin a par ailleurs estimé que la guerre contre le terrorisme "ne se pose pas en termes de 'confrontation' entre Orient et Occident". "Les pays du monde arabo-musulman sont tout autant victimes d'actes terroristes que les pays occidentaux. "Face à cette menace globale, nous avons un devoir de mobilisation collective, qui est la condition du succès", a t-il expliqué."Pour être vraiment efficace, la communauté internationale doit aussi agir pour résoudre les crises régionales, la grande pauvreté, les injustices. Le dialogue doit être permanent et approfondi entre Européens, Américains, les Etats de la région et tous nos partenaires, afin d'éviter que les frustrations ne se transforment en rejet de l'autre, voire en haine et en violence", a t-il insisté.Villepin s'est principalement efforcé de prôner, tout au long de cet entretien, l'usage de la coopération et de la franchise avec les Etats-Unis.


Le Premier ministre français remet au rédacteur en chef du « Nahar », Ghassan Tueni, les insignes d’Officier de la Légion d’honneur

Des paroles importantes, des paroles essentielles ont été prononcées le Jeudi 8 Décembre, à Matignon, au cours d’un de ces moments forts et émouvants où l’amitié multiséculaire entre la France et le Liban ressort avec un particulier éclat. C’était à l'occasion de la remise des insignes d’Officier de la Légion d’honneur par le Premier ministre français, Dominique de Villepin, à Ghassan Tuéni, rédacteur en chef du quotidien an-Nahar.
Dans son discours, le Premier ministre français a d’emblée mis en exergue l’amour de Tuéni pour le Liban. « Vous témoignez de la nécessité de servir sans relâche votre pays », a-t-il dit, avant de le décrire comme « un homme de cœur qui s’est toujours engagé avec ferveur au service des autres, quel qu’en soit le prix, quelles qu’en soient les conséquences ».
« La République française m’honore doublement, d’abord en me conférant l’Ordre de la Légion d’honneur, ensuite en vous désignant personnellement pour m’en remettre les insignes d’Officier. Homme de lettres et poète aux inspirations multiples, c’est à travers l’écriture que s’est forgée entre nous une amitié qui va au-delà des relations personnelles, pour s’épanouir au service de principes communs et du même idéal des libertés démocratiques », a répondu Ghassan Tuéni au Premier ministre français.
Nous reproduisons ci-dessous l’essentiel des discours prononcés par les deux hommes, en présence d’un parterre comprenant notamment Mme Nazek Hariri, Mgr Élias Audeh, métropolite de Beyrouth, Marwan Hamadé, Michel Eddé, Ghassan Salamé, Wadih el-Khazen, Gebran Tuéni, Myrna Boustany, Sylvie Fadlallah, ambassadrice du Liban, Samira el-Daher, représentante du Liban à l’Unesco, Philippe Lecourtier, Camille Aboussouan, Salah Stétié, Alia el-Solh, Raymond Audi et Joseph Maïla.

La mémoire de Rafic Hariri
« Avant toute chose, vous me permettrez de saluer la présence parmi nous d’une femme qui a affronté les épreuves les plus difficiles de la vie avec un courage et une dignité sans pareils, a notamment déclaré M. de Villepin. Madame Nazek Hariri, chère Madame, c’est un honneur pour nous de vous recevoir ici ce soir. Vous êtes toujours la bienvenue en France où le souvenir de votre mari et la mémoire de son engagement passionné au service de son pays restent vivants à jamais.
« Cette cérémonie est un moment important pour moi. C’est l’occasion de rendre hommage à un homme, à un humaniste, à un écrivain et à un journaliste qui n’a cessé de participer avec conviction et avec enthousiasme aux débats de notre temps. Un grand Libanais, un grand homme de culture.
« Cher Ghassan Tuéni, vous me permettrez de vous citer tout de suite, parce que vous témoignez de l’engagement au service de l’intérêt général, de la nécessité de servir sans relâche son pays. À votre ami le grand journaliste libano-français Samir Kassir, assassiné le 2 juin, vous disiez : “ Pour mieux comprendre, avec sa raison et son âme, la vie de la Cité, il faut d’abord l’aimer, l’aimer à la fois avec douceur et violence. ” Dans ces mots se reflète votre image, celle d’un homme de cœur qui s’est toujours engagé avec ferveur au service des autres, quel qu’en soit le prix, quelles qu’en soient les conséquences.
« Tous ici, nous connaissons les combats que vous avez menés, les causes que vous avez soutenues, les hommes et les femmes pour lesquels vous avez pris parti au nom de la justice. Nous savons tous ici avec quelle ardeur vous luttez chaque jour au service de l’esprit de dialogue et de liberté.
« Comme journaliste, vous n’avez cessé de défendre ces valeurs (…) Car vous avez une conviction : le journalisme n’est pas un métier comme les autres. C’est une véritable mission au service de la vérité des faits et de la liberté de pensée.
Vous avez d’ailleurs toujours veillé à ouvrir à toutes les tendances et toutes les opinions les colonnes de votre journal, comme celles du quotidien francophone L’Orient-Le Jour, dont je salue le président qui est parmi nous ce soir. Vous avez toujours préféré le pluralisme à la défense d’un parti ou d’une opinion unique. »
Samir Kassir et May Chidiac
« Ce combat quotidien vous a valu des ennemis et vous a même conduit en prison. Mais votre courage et votre humanisme l’ont toujours emporté sur la peur, la haine et l’intimidation. Vous dites vous-même qu’“ il faut savoir côtoyer la mort et habiter déjà sa propre mémoire, pour survivre tous les jours à son propre assassinat et l’attendre sans peur, parce que sans reproche” ».
« Ce soir, j’ai une pensée particulière pour ceux de vos confrères que cet engagement a marqués dans leur chair. Je pense à Marwan Hamadé, votre beau-frère, ce ministre engagé qui est l’un des symboles du printemps de Beyrouth, et à May Chidiac. Tous deux ont survécu à de terribles attentats. Je pense aussi à Samir Kassir, qui a payé de sa vie son amour de la liberté. Tous ces hommes et toutes ces femmes ont toujours mis l’esprit de liberté et de résistance au-dessus de leur propre personne. Ils ont toujours considéré comme vous qu’un homme était fait de ses convictions et de ses engagements.


Chirac et Villepin envoient deux couronnes de fleurs à la famille Tuéni

Jacques Chirac a envoyé hier, en sa qualité de président de la République française, une couronne de fleurs à la famille Tuéni.
De son côté, et dans un geste très personnel, le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a également envoyé une couronne à la famille du journaliste assassiné, mais cette fois en son propre nom et celui de son épouse Marie-Laure.


Quatre jours après la cérémonie, Gebran Tueni allongeait la liste des martyrs évoqués ci-dessus...

« Vous avez fait de votre journal l’un des symboles de la démocratie libanaise (…). La liberté et le dialogue, vous les avez aussi défendus à travers votre engagement politique. Au cœur de cet engagement, il y a votre amour immense pour votre terre, le Liban(…). Vous avez également défendu votre pays sur la scène internationale. Sur les traces de Charles Malek, votre ancien professeur à l’Université libanaise, et l’un des pères de la Déclaration universelle des droits de l’homme, vous avez représenté le Liban aux Nations unies pendant cinq années. Cinq années cruciales pour le Liban. Combien de résolutions des Nations unies avez-vous fait voter sur le Liban pendant cette période. Vous êtes notamment à l’origine de la résolution 425 du Conseil de sécurité qui, le 19 mars 1978, a créé la Finul. “ Laissez vivre mon peuple ! ” Ce cri que vous lanciez en 1978, alors que le sang coulait dans un Liban déchiré et meurtri, n’a pas perdu de sa force. Homme- clé de la diplomatie libanaise, vous avez toujours eu à cœur de lutter contre l’indifférence, la lassitude, la résignation. »
« Digne héritier de la Nahda »
« Aujourd’hui, vous mettez votre engagement et votre plume au service de la paix et du dialogue entre les cultures.Fervent défenseur de l’arabité, vous êtes aussi porteur du message d’une nouvelle renaissance arabe. Vous avez participé à la fondation de la première Université de droit, de sciences politiques et d’économie en langue arabe, en 1950, aux côtés de Kamal Joumblatt. En cela, vous êtes un digne héritier de la Nahda, portée par Chekri Ghanem, Georges Samné, Chakib Arslan, Taha Hussein et tant d’autres.
« La renaissance de la culture arabe passe à vos yeux par un nouveau dialogue entre chrétiens et musulmans, entre les deux rives de la Méditerranée. Car pour vous, être “ Méditerranée-arabe ”, c’est répondre au besoin que le Liban a toujours éprouvé d’aller au-devant des horizons les plus divers pour accueillir tout à la fois les civilisations d’Orient et d’Occident. Vous êtes attaché à un Liban cosmopolite, un Liban de la tolérance riche de sa diversité, où le « verbe serait roi dans sa réalité plurielle ». Pour vous, il est essentiel de “ parler plus d’une langue, pour participer à plus d’une culture” ».
La francophonie
« Dans ce dialogue entre les deux rives, vous accordez au français un rôle fondamental. Langue du cœur, le français est aussi selon vous “ le véhicule culturel par excellence. Un dialogue dans la convivialité de l’esprit, où nous pourrions nous comprendre, nous faire confiance et aller vers une même transcendance ”.
« (…) Ce combat pour la francophonie, vous ne le menez pas seul. C’est aussi celui de votre épouse, Chadia el-Khazen, qui préside aux destinées de la librairie al-Bourj. C’est enfin celui de vos compatriotes et amis Vénus Khoury-Ghata et Salah Stétié, à qui je tiens à rendre un hommage amical, et tant d’autres, que je ne peux tous citer ce soir.
« Depuis soixante ans, vous vous engagez sans relâche pour la souveraineté du Liban et en faveur du dialogue et de la paix.Aujourd’hui, le Liban, ce “ pays difficile tel un très long poème ”, disait Nadia Tuéni, a reconquis son indépendance et sa souveraineté.
« Aujourd’hui, vous êtes cette figure éminente du « nouveau Liban », qui émerge, de ce pays qui demeurera toujours l’indispensable « communauté existentielle de la convivialité islamo-chrétienne ».
« Pour l’ensemble de votre œuvre et de votre combat d’homme libre, pour votre action décisive au service de la francophonie du Liban, pour rendre hommage à l’immense personnalité que vous êtes, le président de la République française a souhaité vous distinguer et vous honorer.
« C’est donc un très grand honneur et une très grande joie pour moi que de vous faire aujourd’hui, au nom du président de la République, Officier de la Légion d’honneur. »
La réponse de Ghassan Tuéni
« Monsieur le Premier ministre (…), le Liban, placé à la croisée des chemins d’une géographie torturée, la France l’a voulu, avec nous, un exemple politique unique : celui d’une convivialité constitutionnelle entre des « familles spirituelles » se réclamant toutes du même Dieu, Unique et Miséricordieux. Nous devions demeurer libres de L’adorer chacun à sa manière sans qu’aucun ne s’octroie le droit d’en monopoliser le combat et de le prendre ainsi otage des guerres pour Dieu, qui aisément dégénèrent en luttes claniques et tribales. Vous comprendrez, Monsieur le Premier ministre, que nous ne puissions continuer à tolérer que nos libertés constitutionnelles servent d’alibis à pareils anathèmes, ni que les guerres de religions-nationalités ne s’infiltrent toutes chez nous, tantôt israélo-arabes, maintenant irano-arabes, demain – qui sait ? israléo-iraniens, sans oublier les convoitises interarabes et les guerres régionales, tantôt froides, tantôt chaudes, etc, etc…
« Telle est la signification profonde du printemps de Beyrouth, cette révolution tranquille, provoquée par l’assassinat cataclysmique du Premier ministre Rafic Hariri, qui eut pour effet de révéler soudain, à travers la manifestation géante du 14 mars, unique dans les annales de l’Histoire, – le tiers de la population du pays au centre de la capitale Beyrouth – l’unité organique du peuple libanais et sa détermination à imposer son droit à la justice autant qu’à l’indépendance. « Plus jamais de tutelle, plus jamais de tyrannie ». Un retour déterminé au Pacte national rêvé par tous les citoyens, siècle après siècle, depuis Fakhreddine, et régime après régime, depuis l’indépendance acquise en 1943.
« Et surtout, surtout un grand non aux « guerres pour les autres », et un énorme oui à la légitimité internationale, soutenus par une constatation unanime : le rejet instinctif du retour à la violence religieuse, malgré les incitations quotidiennes des fossoyeurs et les provocations permanentes de leurs agents.
« Mais il demeure nécessaire de consolider les structures de l’État, de ramener le dialogue au quotidien dans son seul cadre constitutionnel absolu et de cesser d’utiliser les prétextes pseudo-religieux comme boucliers politiques.
« Du plus profond de ses souffrances cumulées, le Liban appelait le monde à croire et à proclamer que la raison d’être de ce que le pape Jean-Paul II appelait la “ Patrie-message ” était non seulement un impératif catégorique national, mais aussi un impératif de la paix régionale et internationale.
« Au moment où Euromed annonce au dernier Sommet de Barcelone la décision de créer une Alliance des civilisations, la mémoire de l’Expédition d’Égypte par Bonaparte ne s’impose-t-elle pas – en termes contemporains – comme un choc civilisationnel énorme, certes, mais qui très vite se transfigure en un « dialogue des cultures » si enrichissant pour toute l’humanité ? Que d’avenues ouvertes vers des nostalgies d’Andalousie, égarées et retrouvées, mais qui, hélas, devinrent toutes mirages ! Cependant, n’est-ce pas là un apport positif de ce que Samir Kassir, journaliste-martyr de « l’Indépendance 2005 » – assassiné le 2 juin – appelait “ le malheur arabe ” ?
« Le Liban n’a cessé de rêver d’Andalousie et n’aura de cesse de le faire qu’en la redevenant.
« Face au monde qui continue – hélas ! en vain – à s’enliser dans la somptuosité académique des dialogues entre les religions, devenus professionnels, je me permets de dire que l’alliance des civilisations implique une révolution culturelle chez les partenaires de cette nouvelle alliance.
« Mon appel ici-même à cette révolution culturelle se justifie du fait historique que c’est à Paris, dès le XIXe siècle et jusqu’aux années 1930 (avec l’émir Chakib Arslan et son action pour une réforme du monde arabe et musulman) que s’est livré ce vaillant combat, quoique sur des modes divers. Ce combat, une pléiade de penseurs, d’écrivains modernes de l’islam, d’horizons pluriels, le poursuivent aujourd’hui, au nom de mêmes idéaux, et ils l’expriment par choix, en français. Tous réclament que l’islam se ressource à la spiritualité des mystiques et à la philosophie originelle de la tolérance et de l’amour de l’autre, pour ainsi briser le cercle vicieux d’un pseudo-jihad criminel et suicidaire.
Je pense à Mohammed Arkoun, à Abdel Wahhab Meddeb, à Malek Chebel, et à tant d’autres que je ne saurais tous citer.
« Mais d’égale importance devrait être le combat – j’ose dire la croisade – qu’il faut livrer en francophonie – parce que plus crédible – à un certain christianisme dit néo-conservateur, fortement implanté à Washington même, et qui risque – Israël aidant – de mettre en péril les anciennes Églises chrétiennes d’Orient (de Jérusalem à Antioche et jusqu’en Alexandrie) héritières de la pensée première de Saint-Augustin le punique, leur ancêtre patriarche d’Afrique. Puis, la crainte majeure de vider les Lieux Saints de leur substance humaine, donc de la véritable Église – l’Église des hommes – même si l’Église des pierres devait subsister comme hauts lieux de pèlerinages, mais déserts et touristiques.
« Monsieur le Premier ministre, face à ces risques, demain peut-être à portée universelle, que faire ? Il faut que la responsabilisation constitutionnelle, voire pénale, portée par le Conseil de sécurité, à une échelle internationale, soit poursuivie.
« Il faut que l’initiative du président Jacques Chirac soit développée, jusqu’à l’établissement d’une sanctuarisation de la souveraineté qui protégerait la démocratie, les libertés républicaines et les droits de l’homme, et que cette sanctuarisation soit consacrée par une légitimation fonctionnelle du droit des gens et de la Charte des Nations unies. »



Vus de Beyrouth, les évènements de violence urbaine qui agitent la société et la classe politique française suscitent

étonnement, inquiétude et parallèles à la fois humoristiques ou troublants selon le degré de lecture choisi;
en témoigne ce succulent billet paru
le 11 novembre 2005 dans le quotidien de Beyrouth, l'Orient-leJour.

À l’école du Koullouna*
Douce France ! À entendre Noël Mamère, député écolo vert de rage, il suffirait de résoudre le problème de l’exclusion frappant les jeunes beurs pour stopper net le Salon de l’auto des banlieues. Joli raccourci qu’on pourrait illustrer par ce pensum puissant : « Je suis pauvre, donc je casse. » Visiblement, Noël a dû prendre la sage précaution d’enterrer sa voiture au quatrième sous-sol avant de débiter son verbiage humaniste. Lui, c’est le Nabih Berry français.
Autre agité du bocal, qualifié de « charlot » par ses détracteurs : Olivier Besancenot. Pendant des années, ce postier adepte du jurassic park trotskiste a milité pour les lendemains chantants. Aujourd’hui, il croit sérieusement qu’il fera enfin partie de la chorale. Alors Olivier voit soudain venir le « grand soir », s’excite et appelle les « sauvageons » des cités à la résistance contre ce couvre-feu qui porte atteinte à la liberté d’incendier. On croirait entendre Hassan Nasrallah à bicyclette et rasé de près.
Et puis, de temps en temps, il y a un revenant qui se la ramène : Lionel Jospin, dit Yoyo-la-bérézina, depuis qu’en 2002 il s’est fait doubler par Jean-Marie Le Pen, ouvrant à Jacques Chirac un boulevard vers l’Élysée avec un taux quasi syrien. Quand on entend son argumentation pitoyable à géométrie variable, on se dit vraiment qu’il fait bien de rester dans sa voie de garage de l’île de Ré. Alors lui, c’est indiscutablement le Sélim Hoss de France et de Navarre.
Le tableau serait bien évidemment incomplet sans Nicolas Sarkozy pour qui la banlieue de Paris, c’est l’Arabe qui cache la forêt. Un coup de Karcher à droite pour nettoyer la « racaille », un coup de plumeau à gauche pour faire voter les immigrés. Sarko a dû certainement fréquenter Walid Joumblatt et Michel Aoun.
Voilà comment le Liban fait école. Ne reste plus aux Français qu’à prier bien fort :
« Seigneur, donnez-nous notre Villepin quotidien. »

Gaby NASR
Editorialiste à l'Orient-leJour

* Koullouna signifie littéralement "tous ensemble (moi avec les autres)"

Création à Beyrouth en 2006

d'un Centre pour les Etudes en France


Beyrouth, 30 Novembre 2005- Dans le cadre de la présentation d'un plan pour une meilleure gestion de l'immigration, le premier ministre français, Dominique de Villepin, a annoncé la création à l'étranger, de six nouveaux centres pour les études en France dont le Liban fera partie dès 2006.

La politique du gouvernement français a fixé une politique d'immigration choisie comme nouvel axe directeur de l'accueil de nouveaux étrangers en France.
En ce qui concerne les étudiants étrangers, il s'agit donc d'effectuer une sélection accrue en amont, c'est à dire dans le pays d'origine.Les centres seront chargés de filtrer les candidats aux études en France en vérifiant, outre leurs aptitudes linguistiques, l'adéquation de leur niveau dans les matières en relation avec leur projet personnel.

Ces dispositions visent désormais un objectif d'excellence afin d'attirer les meilleurs éléments qui avaient tendance depuis plusieurs années à partir vers des universités anglo-saxonnes dont l'attractivité semble bien croissante.
Cette démarche semble particulièrement adaptée à la situation au Liban et contribuera sans doute à ajuster la réalité à l'image encore positive mais fragile dont bénéficie encore la France parmi la jeunesse libanaise.Cela permettra aussi de pérenniser le vivier de francophonie que celle-ci constitue comme en témoignent les nombreuses activités socio-culturelles qui se tissent entre les deux pays.

En contrepartie, l'année de leur arrivée, les étudiants choisis seront dispensés des procédures en préfectures. Leur visa vaudra titre de séjour. A l'issue de leurs études, ceux qui auront décroché au minimum un mastère pourront chercher du travail en France pendant six mois. Ceux qui décrocheront un emploi en relation avec leurs diplômes obtiendront un titre de séjour.
Le choix du Liban marque de toute évidence l'importance particulière que lui accordent toujours la France et son gouvernement actuel notamment envers sa jeunesse qui contribuera à perpétuer des relations privilégiées entre les deux pays.


JM Druart


De Villepin, ardent défenseur sur la scène internationale de la restauration de la souveraineté du Liban.
La commission Mehlis doit pouvoir bénéficier de « tous les moyens »
pour enquêter, affirme Dominique de Villepin
2 Novembre 2005- L’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri a repris tout aussi discrètement qu’elle avait été menée depuis la formation de la commission Mehlis,
conformément à la résolution 1595 du Conseil de sécurité. Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a estimé que cette commission devrait bénéficier de tous les moyens nécessaires pour approfondir ses investigations.

Au niveau politique, la France a donc réitéré par la bouche de son Premier ministre, Dominique de Villepin, son attachement à ce que l’enquête sur l’assassinat de Hariri soit menée jusqu’au bout.
« Après le rapport présenté par le magistrat Detlev Mehlis, la commission doit se voir donner tous les moyens pour approfondir son enquête », a déclaré M. de Villepin dans un entretien publié hier par le quotidien anglophone canadien National Post et dont des extraits ont été rapportés par l’AFP.
« Le seul but de la commission d’enquête dirigée par Detlev Mehlis est d’aider le système judiciaire libanais à traduire en justice les responsables de cette attaque terroriste »,
a-t-il fait valoir à propos de l’attentat du 14 février.
L’assassinat de Rafic Hariri a constitué « une tentative claire de bloquer le processus politique dans lequel le Liban était en train de s’engager », a encore dit M. de Villepin. « En ce qui concerne la Syrie et le Liban, les objectifs de la France sont on ne peut plus clairs: nous voulons voir la souveraineté du Liban pleinement restaurée, ni plus ni moins », a-t-il ajouté.

Paris veut intensifier la coopération entre France et Liban

"L'amitié entre nos deux pays est très ancienne et vous savez à quel point la France soutient les efforts du gouvernement libanais dans cette période difficile", a déclaré le Premier ministre français, qui recevait à Matignon son homologue libanais, Fouad Siniora Photo © Reuters

Dominique de Villepin a affirmé la volonté de la France d'intensifier sa coopération avec le Liban.
PARIS, 18 Oct.2005-
"Nous souhaitons bien sûr nous mobiliser pour aider le Liban sur le plan économique, pour préparer la conférence internationale des amis du Liban, nous souhaitons qu'elle puisse se tenir le plus rapidement possible. Et nous sommes naturellement prêts à poursuivre et intensifier notre coopération bilatérale avec ce grand pays ami", a-t-il ajouté. Fouad Siniora a insisté pour sa part sur la coopération technique et économique entre la France et le Liban. Il a par ailleurs rappelé que son pays était déterminé à tout faire pour collaborer à l'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri, La semaine dernière, le chef du gouvernement libanais a demandé à l'Onu de prolonger jusqu'à la mi-décembre le mandat de sa commission d'enquête sur l'assassinat le 14 février dernier à Beyrouth de l'ancien Premier ministre. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, étudie actuellement cette requête. Interrogé sur l'arrestation, dimanche près de Paris, d'un ressortissant syrien, Zaïr Mohamed Zaïd al Siddik, dans l'enquête sur l'attentat contre Rafic Hariri, Fouad Siniora a estimé qu'il avait été interpellé "parce qu'il y a quelque chose qui rendait cette arrestation nécessaire". "Mais je ne veux pas faire de l'ingérence dans le travail des autorités judiciaires", a-t-il ajouté. Le Premier ministre libanais a enfin estimé que la sécurité s'améliorait au Liban. "Hormis les attaques terroristes dont nous avons souffert, je pense que la situation est excellente. Nous espérons que ceux qui ont commis ces actes terroristes vont s'arrêter et nous faisons tous les efforts nécessaires pour améliorer l'organisation de nos services de sécurité et de renseignement", a-t-il dit. "J'ai confiance et je suis persuadé que nous serons à la hauteur du défi".


Entretien du Premier ministre, M. Dominique de Villepin, avec le journal Al Hayat
Extraits (24/12/2005)

Q - Comment voyez-vous l’avenir du Liban ? Pensez-vous que les relations françaises avec le régime syrien en place ont atteint un point de non-retour ?

Sur le Liban, nos objectifs sont connus : le premier, c’est la recherche de la vérité sur les odieux assassinats qui ont endeuillé ce pays ami, dont le dernier encore très récemment, et la punition des coupables. Le second, c’est le soutien à l’indépendance et à la souveraineté du Liban par la mise en oeuvre complète des résolutions des Nations unies, notamment la résolution 1559.
Le Liban traverse aujourd’hui une phase cruciale de sa longue histoire. Le départ des troupes syriennes, en avril 2005, a été une première étape fondamentale vers le recouvrement de la pleine indépendance et la souveraineté de ce pays, en permettant la tenue des premières élections libres depuis plus de trente ans.
Dans ce contexte, la France se tient fermement et résolument aux côtés du Liban et du peuple libanais, pour l’aider à surmonter les épreuves d’aujourd’hui et les défis de l’avenir. La communauté internationale est également mobilisée pour aider le Liban et son gouvernement - notamment pour la mise en oeuvre d’un ambitieux plan de réformes politiques et économiques, dans la perspective de la tenue d’une conférence des amis du Liban en 2006.
Quant aux relations entre la France et la Syrie, il ne tient qu’à la Syrie de les améliorer en se conformant pleinement à ses obligations internationales, en particulier en coopérant sans conditions avec la commission internationale d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri comme vient de le lui demander, une nouvelle fois, le Conseil de sécurité des Nations unies. Les autorités syriennes savent ce que la communauté internationale attend d’elles et nous leur demandons de s’y conformer.


Vous soutenez l'idée de la candidature éventuelle de Mr De Villepin
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Dominique De Villepin et la relation franco-libanaise

Interrogé à l'Assemblée Nationale en Octobre 2002 au sujet de la politique française au Liban, quelques jours après la visite en France du président du parlement libanais Nabih Berry et à la veille du Sommet de la Francophonie de Beyrouth, voici la réponse de Mr de Villepin alors Ministre des Affaires Etrangères:
" La France est un des partenaires privilégiés du Liban, avec lequel nous avons des intérêts communs, économiques et culturels. Nous sommes attachés à la souveraineté et à l'indépendance du Liban, d'où notre satisfaction du retrait israélien du Liban Sud, d'où notre insistance pour que le règlement de paix global au Proche-Orient intègre les volets libanais et syriens, d'où notre souhait de voir se consolider les relations entre le Liban et la Syrie avec, à terme, un retrait total des armées syriennes. Nous sommes également attachés à la réforme et à la reconstruction du Liban, d'où notre soutien à son gouvernement. A titre bilatéral, le Liban fait partie de la zone de solidarité prioritaire, la France est le premier investisseur étranger au Liban ; au titre de l'Union européenne, nous avons soutenu la signature de l'accord d'association dans le cadre du processus de Barcelone ; à titre multilatéral, nous appuyons les efforts du Liban auprès des institutions financières et plaidons pour la tenue d'une nouvelle conférence ad hoc à Paris. Autant de raisons, donc, pour que le sommet de la francophonie ait lieu à Beyrouth".


Liban: le Premier ministre français s'exprime sur la résolution 1559 et l’assassinat de Hariri
De Villepin : « Seul un État consolidé aura les moyens de traiter la question du Hezbollah »
« La mission Mehlis ira jusqu’au bout, la Syrie doit coopérer »


A la réunion de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), M. Saad Hariri a soigneusement évité de se retrouver face à face avec le président Lahoud, mais s’est brièvement entretenu avec le Premier ministre français, Dominique de Villepin, qui présidait la réunion de l’OIF.

NEW YORK,15 Sept.2005- Au terme de la réunion sur la francophonie, le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a tenu une conférence de presse pour donner le point de vue de la France sur le document final et la réforme du système international. M. De Villepin a aussi longuement évoqué la question libanaise. Répondant aux questions de L’Orient-Le Jour, il a affirmé que Paris est « mobilisée pour que les objectifs de la résolution 1559 soient atteints », estimant que « seul un État consolidé aura les moyens de traiter la question du Hezbollah » et qu’il faudra, par conséquent, « laisser le temps nécessaire au Liban pour renforcer ses institutions ». Concernant l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, il a insisté sur le fait que celle-ci doit être « menée jusqu’à son terme », appelant la Syrie à coopérer pleinement avec la commission d’enquête internationale.
À la question de savoir s’il a évoqué avec le président Émile Lahoud, lors de la réunion de la francophonie, et plus tôt dans la journée avec M. Saad Hariri, l’évolution de l’enquête ainsi que l’application de la 1559, M. De Villepin a répondu : « Vous savez, cette enquête est menée dans le cadre de la résolution 1595 et la France juge qu’elle doit être menée jusqu’à son terme. Nous n’avons pas de commentaires à faire sur une commission qui est indépendante. Nous respectons son travail et nous souhaitons qu’elle puisse être menée jusqu’à son terme. Mais il est tout à fait important, pour cela, que l’ensemble des parties puissent coopérer pleinement avec la commission. Les déclarations du président syrien (Bachar el-Assad) sur la coopération de son pays avec les enquêteurs de l’ONU doivent, bien sûr, être suivies de faits. Le Conseil de sécurité examinera le rapport final de M. Mehlis et en tirera les conséquences qui s’imposent le moment venu. » Il a ajouté : « La France est mobilisée également pour que les objectifs de la résolution 1559 puissent être atteints. Nous serons très attentifs au rapport que remettra au Conseil de sécurité, en octobre, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, M.Terjé Roed-Larsen.
Le désarmement du Hezbollah doit s’opérer dans le cadre d’un accord et d’un processus politique entre les Libanais. Seul un État consolidé, nous le savons, aura les moyens de traiter la question du Hezbollah. Nous devons laisser donc le temps nécessaire au Liban pour renforcer ses institutions et l’aider à avancer dans la voie de cette consolidation. C’est pourquoi nous pensons qu’il est important d’appuyer ce processus, comme nous l’avons toujours fait. » Répondant aux questions d’autres journalistes sur la présence syrienne aux différentes rencontres bilatérales dans le cadre du sommet mondial ainsi que sur la nature des tribunaux chargés de juger les responsables de l’assassinat de Rafic Hariri, M. De Villepin a déclaré : « La commission Mehlis poursuit son travail dans un cadre qui est fixé par la communauté internationale, à savoir celui de la résolution 1595. C’est une commission indépendante. La justice libanaise fait son travail. Il ne m’appartient pas de rentrer dans ce qui est un processus judiciaire. Ce que nous souhaitons et ce que nous affirmons, c’est la nécessité pour chacun d’apporter son concours. Il s’agit là d’un processus judiciaire s’appuyant aussi sur ceux qui sont susceptibles de disposer d’informations. De ce point de vue-là, je n’ai pas de commentaires d’appréciation à apporter.
En ce qui concerne la politique libanaise, notre souhait est de voir la 1559 pleinement appliquée. Nous souhaitons aussi que les choses puissent avancer rapidement. »

Avec la correspondante de l'Orient-LeJour aux Nations unies, Sylviane ZEHIL

Dominique de Villepin rend hommage au Liban et aux Libanais à l'occasion de la remise de décorations à des auteurs libanais:


Remise des insignes d’Officier de l’Ordre national du Mérite à Vénus Khoury Ghata
Dominique de Villepin :« La France fête le talent, celui de l’esprit et de la plume»
C’est place Beauvau, au ministère français de l’Intérieur, à Paris, que M. Dominique de Villepin a remis en Avril 2005 à Vénus Khoury Ghata, au nom du président Chirac, les insignes d’Officier de l’Ordre national du Mérite français. À cette occasion, M. de Villepin devait prononcer une allocution retraçant le parcours intéressant de l’auteur et dont nous reproduisons de larges extraits:
"…Encore et toujours la France fête le Liban, en ces heures douloureuses de son histoire. Le Liban, cette terre si familière, si fraternelle. Encore et toujours la France fête le talent, celui de l’esprit et de la plume. Encore et toujours nous sommes au rendez-vous de l’inspiration quand elle puise aux sources du cœur… Alors comment saisir en quelques mots cette personnalité si riche, si intense et si généreuse ? …Votre vie trace un chemin d’exigence et de courage. Il commence dès l’enfance dans cette Maison au bord des larmes, qui ne cessera jamais de vous hanter, avec son lot d’incompréhensions et de violences… Plus tard, ce sera Beyrouth, une ville où vous étouffez et que vous fuyez avec vos sœurs dès l’arrivée de l’été pour votre village natal, Becharré: Becharré, perché dans les montagnes rocheuses du Nord du Liban, cette « région tout en cimes et en gouffres »; Becharré, « un village si haut qu’il donnait l’impression d’avoir bondi sur un nuage et de s’y être installé, avec ses cèdres »; Becharré, le village de Gibran Khalil Gibran, inhumé dans l’anfractuosité d’un rocher, et dont les livres ont constitué vos premières lectures. Ensuite, viendra la guerre civile, qui dévastera votre pays. Ce sera pour vous un nouveau point de départ…c’est la guerre qui vous pousse à quitter votre pays pour un nouveau destin dans cette France dont vous aviez tant rêvé.

…Arrivée en France, c’est une autre figure tutélaire qui vous guide sur les sentiers de la poésie: Louis Aragon, dont vous traduirez les poèmes en arabe; Louis Aragon, le poète le plus lu dans le monde arabe parce qu’il fait entendre «le pouls du peuple»; Louis Aragon qui, avec vos compagnons de la revue Europe, constitue alors votre nouvelle famille. Grâce à eux, votre terre d’exil devient une nouvelle patrie. Votre poésie, depuis Au sud du silence, jusqu’à Un faux pas du soleil ou encore L’Anthologie personnelle, fait vivre une langue ardente et bouleversante. Héritière de la grande tradition arabe mais aussi des fulgurances et de l’audace des surréalistes, vous savez concilier l’érudition et la spontanéité, les constructions savantes et la sensualité des arabesques… Donnant à voir la chair des mots, vos poèmes nous prennent par la main sur des chemins que nous croyons familiers, mais qui nous mènent souvent au bord de l’abîme, vers ce point de rupture où tout bascule dans le rêve… …Dans vos poèmes, il y a bien sûr les souvenirs douloureux de l’enfance, l’image de votre mère qui hante vos pensées. Il y a la mort des être chers. Mais il y a toujours, chère Vénus, cette sagesse pétrie d’ironie et d’espoir qui illumine les heures de doute et de tristesse… Mais vous êtes aussi une conteuse. Depuis votre premier roman, Les inadaptés, jusqu’au Fiancées du cap Ténès, c’est une même passion qui vous anime : une passion pour la narration, pour les fables racontées au coin du feu, pour les légendes transmises de génération en génération; mais aussi une passion pour l’histoire, dont vous faites revivre les grandes tourmentes mais aussi les épisodes moins connus, comme le destin des naufragées du cap Ténès. C’est enfin une passion pour le romanesque, les personnages picaresques et hauts en couleur, comme cette jeune Emma Chattelhorse, héroïne de La Maestro, qui traverse le Mexique pour s’établir parmi les Indiens.
À travers l’écriture, vous ne cessez de jeter des ponts : Entre deux cultures d’abord, l’Orient et l’Occident, deux mondes qui croisent leur regard dans les eaux de la Méditerranée, cette mer d’échanges mais aussi de conflits et de violence...
Partagée entre deux cultures, vous l’êtes aussi entre deux langues, le français et l’arabe. Le français, c’est d’abord la langue imposée par votre père, serviteur de la France et interprète du général de Gaulle lors de sa tournée au Proche-Orient. À l’inverse de cette conception rigide et autoritaire de la langue, votre mère crée son propre langage, le «franbanais», qui mélange l’arabe dialectal et le français. Après quelques années d’hésitation, vous avez choisi d’écrire en français: peut-être parce qu’avec la langue française vous pouviez plus facilement exprimer cette part d’universel qui relie les hommes à travers le monde ; peut-être aussi parce que vous recherchiez un garde-fou de rigueur et de sobriété, face à l’arabe, dont vous dites qu’il est « nourri de joliesse et de miel » ; peut-être enfin parce qu’il était plus facile de dire en français les blessures du Liban en guerre, cette terre « où les rues crient sous le poignard de la lune ». Mais ce choix n’est en rien un renoncement puisque, comme vous le dites vous-même, le français, c’est le choix de la maison commune contre celui de l’exil, le choix du partage contre celui de la solitude... Dans la lignée de Georges Schéhadé et d’Andrée Chedid, à l’image d’Amin Maalouf et de Salah Stétié, vous enrichissez notre langue en y insufflant les saveurs et la sensibilité de votre pays d’origine, en l’épurant et en l’asséchant jusqu’à l’os, pour pouvoir exprimer l’essentiel… Cette conception ouverte et généreuse de notre langue, vous la défendez à travers votre engagement résolu en faveur de la francophonie. Oui, c’est un honneur pour notre pays de pouvoir compter sur votre plume, votre esprit et votre voix.

la Légion d’honneur française à Salah Stétié
Paris, Octobre 2004-
À travers son adresse à Salah Stétié, lors de la remise à ce dernier des insignes de commandeur de la Légion d’honneur par le ministre français de l’Intérieur, c’est du Liban et du Libanais que M. Dominique de Villepin a manifestement voulu s'entretenir.
Morceaux choisis:
«Cher Salah, mon ami, Un jour, pendant la guerre du Liban, tu es sorti sous une pluie de bombes assourdissantes chercher un chat pour le sauver. D’où venait-il, ce chat? D’Égypte, de Perse, d’Abyssinie? Venait-il du Levant? Que faisait-il avant que la fureur des armes n’interrompe son sommeil? Dormait-il à l’ombre d’un cèdre, d’une jeune fille ou d’un citronnier en fleurs, dans un coin de Beyrouth, de Tyr ou de Byblos? Comme ce chat qui s’avance, porteur d’une musique silencieuse, tu es une énigme. Comme ce chat, tu gardes jalousement ton mystère : à travers toi parle le temps, car ton regard traverse le monde et ses métamorphoses. Je ne pourrai pas plus percer ce mystère que celui des arbres, des puits, des femmes, des mille âmes de ton pays...

Mais l’exil ne doit pas faire oublier une autre dimension fondamentale de ta poésie: tu es veilleur mais aussi passeur. Un passeur entre les mondes imaginaires et le monde réel bien sûr, mais un passeur aussi au cœur de notre monde déchiré, soucieux de la quête, des rives intérieures aux rives d’aujourd’hui, sous toutes les latitudes du monde. Ponts, porches, seuils, passerelles te sont familiers, lieu de passage, de rencontre, de retrouvailles. Nourri du voisinage et du dialogue avec tous “ces horribles travailleurs” qui t’ont précédé, tu es au croisement de plusieurs lignées de poètes: celle d’Apollinaire, le “flâneur des deux rives”, traversant les ponts de Paris; celle de Rimbaud et des voyageurs impénitents; celle d’Ibn Arabi, pour qui le monde est suspendu aux lèvres du “respir divin”; celle des poètes soufis, insatiables voleurs du feu céleste; celle de bien d’autres encore, tous inscrits dans cette “dynamique du spirituel” dont tu parles. À travers la poésie, tu exprimes tout ton amour de la langue, ton amour de France, comme un port choisi.

Toutes tes œuvres, tu les as écrites en français. De là, elles ont été traduites dans le monde entier. Et pourtant, nombreux sont les berceaux de ta langue poétique, et si “difficile” est “ton identité”, comme tu l’exprimes dans Fils de la parole. Tu as choisi la langue française parce qu’elle contient, comme la poésie, cette part d’universel, qui unit et réconcilie les hommes à travers le monde. Pour cela, en 1995, à l’unanimité, l’Académie française t’a décerné le prestigieux Grand prix de la francophonie pour l’ensemble de ton œuvre. Ce choix de la langue française, c’est aussi le choix d’un questionnement. Tu es un poète libanais de langue française, un poète de langue arabe qui écrit en français. Un poète français qui pense les métamorphoses du monde et le voyage dans la langue dans sa quête de l’autre. Tu es aujourd’hui Français comme tu es Libanais. Tu es né à Beyrouth le 28 décembre 1929 et tu vis dans les Yvelines. Le Liban de tes origines était sous protectorat français, et l’accès à notre langue n’avait rien d’un accident dans ce pays francophile et pour une part francophone. «Je suis arabe et je tiens à mon arabité. Qui est la forme la plus profonde de mon identité, matrice originelle en quelque sorte», confiais-tu en 2001. Tu y rappelles aussi que tes parents étaient de vieille souche beyrouthine, que ta mère s’appelait Raïfé et ton père Mahmoud. Mais ce père poète, linguiste et grammairien, qui aimait passionnément sa langue, t’a placé, dès l’âge de quatre ans, “entre les mains d’une autre nourrice qui te deviendra mère”, cette langue française que tu ne devais jamais quitter.

Ce qui t’habite, ce qui te hante depuis toujours, c’est au fond ce grand rêve de partage et de réconciliation. C’est la soif de ces autres mondes que ton œuvre fait danser ensemble, le Ponant et le Levant, l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud. Ce goût de la réconciliation est le pivot qui relie tes deux vies: celle d’écrivain et de poète, avec une exigence permanente de questionnement et de renouvellement; et celle du diplomate, du conseiller culturel à Paris au délégué du Liban à l’Unesco, de l’ambassadeur du Liban au Maroc et aux Pays-Bas jusqu’à secrétaire général des Affaires étrangères, ardent représentant d’un pays meurtri, en guerre, que d’aucuns croyaient mort sous un déluge de feu.
Affermie et agrandie par notre amitié, cette même passion de la rencontre est aussi mon étoile, des Affaires étrangères à ce ministère de l’Intérieur, qui est aussi celui des Cultes. Chacun sur notre route, nous servons ce dialogue au sein de la communauté internationale, de part et d’autre de la Méditerranée, pour encourager la compréhension mutuelle entre toutes les origines, toutes les religions, entre le monde arabe et l’Europe. Ici, je veux travailler sans relâche, avec les musulmans de France, à la construction d’un islam de paix au sein de la République. Ici, je veux enraciner dans la terre de notre pays “l’arbre entier” de l’islam, pour reprendre une image que tu utilises dans Fils de la parole: l’arbre de vie, à l’opposé du bois mort des intégrismes et des fondamentalismes qui veulent couper les feuilles et les fruits de la tolérance et du respect de l’autre. Ta soif, cher Salah, est celle du voyageur. Tes bagages sont tes œuvres, et l’ancien diplomate s’est transformé en un ambassadeur de la culture admiré dans le monde entier, dans la tradition de Claudel, Saint-John Perse, ou encore Octavio Paz ou Pablo Neruda.»


Salon "Lire en Français" de Beyrouth
Quand le poète libanais Adonis signe la traduction arabe de
« Terres enflammées », de Dominique de Villepin

Adonis, le poète  avant toute chose
Adonis s’est fait un nom à la hauteur de sa rime, sa voix, depuis trente ans, pour en récolter l’écume de la reconnaissance internationale. Après avoir donné, il y a plus d’un an, une conférence tout feu tout flamme au théâtre al-Madina (et s’être fait quelques amis et ennemis de plus), le poète universel revient à Beyrouth pour présenter, dans le cadre du Salon du livre français, sa traduction arabe de poèmes écrits par le ministre français Dominique de Villepin. Rendez-vous demain dimanche, à 17h, pour un récital de poèmes extraits du recueil Terres enflammées (éd. Dar an-Nahar) à la salle des Quatz’arts, au Biel. L’amitié. C’est en premier lieu, ce qui a poussé le poète à s’intéresser aux écrits du diplomate. L’admiration. C’est ce qu’Adonis a ressenti envers de Villepin après avoir approfondi sa connaissance de l’homme et du poète. La traduction. Elle est venue spontanément, pour, dit-il, présenter au monde arabe la pensée de « cet homme remarquable ». « En tant que ministre des Affaires étrangères, de Villepin a réussi à donner une image rayonnante de la France, surtout dans ses relations avec les pays arabes et dans le conflit israélo-palestinien. Il me fallait ajouter à ce portrait de diplomate chevronné la touche sensible et humaniste du poète. » « Il appartient à cette trempe de poètes diplomates que la France produit, comme Saint John Perse ou Paul Claudel », ajoute-t-il. Adonis a été également séduit par l’absence du « je », cette première personne galvaudée à toutes les sauces, autant par les poètes français qu’arabes. « Chez le diplomate français, la dimension est humaine, historique, universelle. L’engagement est universel. Il ne prend pas la poésie comme un moyen ou un outil au service d’une idéologie. Pour lui, qui manie si bien le verbe, la poésie est un langage à part qui aide à éclairer le monde et les choses. » Aujourd’hui, ce recueil inédit en français paraît en arabe. Pourquoi ? « Au départ, nous avions envisagé une édition bilingue. Mais nous avons finalement opté pour une version en arabe uniquement.
Pour rester loin d’un certain académisme. »
La traduction
Concernant la traduction, Adonis estime qu’il est plus ardu de transposer un poème vers une autre langue que d’en écrire un. « Il y a ce conflit entre les deux langues : celle du poète traducteur et celle du poète traduit. Ce conflit ne se situe pas uniquement au niveau lexique, il se manifeste dans le langage poétique lui-même. Il est impossible de traduire littéralement un texte poétique. Ce serait le trahir. On transcrit plutôt le sens profond des mots, leur relation avec les images. On conserve la vision essentielle, sertie dans une autre langue. Le processus est une création nouvelle. » Mais le poète précise qu’il ressent un certain plaisir à explorer, sur le terrain, sa relation avec l’œuvre d’autres poètes. Il encourage d’ailleurs tous les poètes à traduire, car cela enrichit leur langage. Mais alors, faut-il être poète pour traduire des poèmes ? « Il est préférable, en effet», admet Adonis. Il précise toutefois qu’un poète n’est pas nécessairement une personne qui taquine la muse. « Les vrais poètes sont ceux qui possèdent une certaine vision du monde, de la vie, des personnes, des choses. Un individu sans culture poétique mais qui possède la langue donnerait une traduction inférieure à celle d’une personne ayant une certaine sensibilité mais n’ayant jamais rédigé de poèmes. » Cette vision poétique, Adonis la définit ainsi : « C’est voir, nommer les choses, en dehors de leur utilité, de leur aspect fonctionnel. » L’homme de lettres profite de cette escale pour exprimer un regret : que cette vision soit absente de l’œuvre de la grande majorité de poètes d’aujourd’hui. « Mais cela reste une autre histoire, et nous sommes ici pour parler de ce recueil-là, n’est-ce pas ? » s’excuse l’homme en esquissant un sourire entendu. Revenons donc à nos moutons. Les thèmes développés dans Terres enflammées concernent-ils le citoyen arabe en particulier ? « Aujourd’hui l’Autre est devenu une part essentielle et fondatrice du Moi. Ce qui touche l’Européen touche également l’Arabe. » Après avoir enseigné pendant trente ans, Adonis dit ne plus avoir la patience d’interpréter des œuvres littéraires. Il invite plutôt les lecteurs à s’immerger dans les mots, à se débattre avec les virgules et les ponctuations pour en tirer le sens profond. Car la poésie est le plus profond des moyens d’expression enracinés dans la conscience humaine.
Elle n’est pas seulement l’esthétique des mots ; elle est aussi la vie et son esthétique.

Maya GHANDOUR-HERT pour L'Orient-Le Jour

Humour en musique!

"Salam Villepin":
2' d'électromusic sur fond de dialogue Villepin/Elkabbach et de mélodie inspirée par Fayrouz...


D. De Villepin aparticulièrement attentif et sensible au Liban
et à la situation au Proche Orient


Dominique De Villepin, le 12 Avril 2003 au palais présidentiel de Baabda
en compagnie du Président libanais Emile Lahoud


Photo : © C. Stefan/MAE




ALLOCUTION DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. DOMINIQUE DE VILLEPIN
LORS DE LA REMISE DU PRIX "L'EQUERRE D'ARGENT"
POUR LE PROJET DE L'AMBASSADE DE FRANCE A BEYROUTH

L'Ambassade de France à Beyrouth, en fin de chantier, en 2002
Paris, 10 Février 2004

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Lauréats,
Mesdames et Messieurs,

L'attribution de "l'Equerre d'argent" à l'ambassade de France à Beyrouth
constitue, à mes yeux, la reconnaissance du travail du ministère des Affaires
étrangères en tant que constructeur et gestionnaire des bâtiments à l'étranger.
Déjà, je puis vous dire sans livrer de secret
qu'en juillet 2002, en inaugurant
cette ambassade, j'avais pressenti ce petit quelque chose d'une ambassade "habitée".


Construire à l'étranger n'est pas tâche facile et suppose une parfaite entente
entre l'architecte, maître d'oeuvre et le ministère, maître d'ouvrage. Car
construire une ambassade suppose de concilier plusieurs exigences parfois
contradictoires : l'art, la beauté, au service d'une ambition, d'une
incarnation humaine. Orgueil et humilité où l'architecte rejoint le diplomate
dans un mouvement, dans un geste, dans un élan, dans une parole et une action.
Avant tout, une ambassade, c'est un lieu de travail. C'est un ensemble de
bureaux où se côtoient des services qui, s'ils concourent tous à assurer le
rayonnement de la France, n'ont ni les mêmes méthodes ni les mêmes attentes
puisqu'il s'agit de concilier le politique, l'économique, le culturel et le social.

Il peut s'agir d'un travail solitaire - rédiger une dépêche, un télégramme -,
ou au contraire collectif : l'accueil du public.
Il faut ainsi pouvoir tout à la fois recevoir facilement un public désireux de
commercer avec la France et habitué à avoir des interlocuteurs aisément
accessibles, et garantir la discrétion voire le secret aux services qui
traitent une information confidentielle.

L'art de l'architecte en la matière est de faire en sorte que toute personne
qui franchit le seuil sache qu'elle pénètre dans une ambassade de France sans
pour autant se dire qu'elle a déjà vu maintes fois ce décor, ces pièces et cet
agencement. Il faut nommer, signifier et en même temps surprendre.
Une ambassade, c'est ensuite un véritable enjeu politique, un symbole de notre
pays. Or, dans un monde marqué par le terrorisme, l'ambassade doit être
protégée contre les velléités destructrices de ceux qui veulent s'en prendre à
nous, à nos positions, à notre message. C'est pourquoi, la sécurité est une
priorité absolue : parce que le monde est comme il est, tout projet
architectural d'ambassade, où qu'il soit, doit être conçu en fonction de cette
contrainte. Elle est d'autant plus difficile à satisfaire qu'il faut que le
bâtiment puisse être évacué sans entraves en cas de nécessité, un incendie, un
tremblement de terre, un attentat par exemple, et par ailleurs qu'il ne se
réduise pas à une sorte de forteresse militaire à l'aspect peu compatible avec
son rôle de représentation diplomatique. Sécurité donc dans la générosité, les
mains ouvertes, tendues. Une sécurité intégrée dans le profond des
préoccupations mais non dans l'obsession qui aveugle, enlaidit, déforme.
Car une ambassade, c'est aussi une certaine image de la France, image complexe
qui doit porter haut les valeurs de notre pays et être représentative de sa
culture, de ses modes de vie et de son art, tout en étant toujours soucieuse de
simplicité et de fonctionnalité. Evidence du coeur, évidence de nos valeurs,
évidence d'accueil, d'amitié et de fraternité.

Enfin, une ambassade, c'est un élément de prestige dans la capitale d'un pays.
Il convient donc d'en assurer l'insertion dans le site où elle se trouve, de
façon non seulement à ne pas écorcher la vision, la mémoire et les sensibilités
locales, mais, mieux encore, à faire se répondre image de la France et style du
pays dans un dialogue qui élève et nourrit. Il ne sert à rien de piquer la
curiosité de Paris si c'est pour ne pas apprivoiser le coeur du pays où l'on
construit ! Le chaud et le froid, la lumière et l'ombre, le bois, la pierre, le
verre., tout doit être considéré. Il faut s'adapter au lieu où l'on s'installe,
à son climat comme à sa culture, mais aussi, de façon très pragmatique, au type
de vie que l'on y mène, à la qualité des services publics : cela n'a guère de
sens de multiplier les instruments automatiques dans des pays où l'électricité
est défaillante. Penser à tout et même à demain, là où aux avant-postes du
monde, il nous faudra vivre et servir encore.
C'est à ces défis permanents qu'est confronté le ministère des Affaires
étrangères. Depuis quarante ans, il a eu beaucoup à faire : créer des
ambassades dans les anciens empires coloniaux, puis faire face à l'éclatement
de l'URSS, accompagner les décisions de certains pays de changer de capitale
comme l'Allemagne ou le Nigeria.

Tout cela a conduit à l'émergence d'un grand réseau, riche de sa diversité, où
l'on trouve la plus vieille maison d'Amérique - notre ambassade à Saint
Domingue -, et l'ambassade ultramoderne de Berlin, le palais Farnèse et,
aujourd'hui, la belle réalisation d'Yves Lion et de Claire Piguet à Beyrouth.
Chaque année, ce sont donc en moyenne quelque 70 millions d'euros que consacre
le ministère des Affaires étrangères à ses réalisations immobilières, tant par
de nouveaux édifices que sous forme de reprise d'anciens comme nous venons de
le faire de la résidence de l'ambassadeur à Bangkok, un bâtiment du XIXème
siècle ou de la chancellerie de Varsovie. Voilà un bâtiment très représentatif
de l'architecture des années 1970 qu'il a fallu désamianter. Cela a été
l'occasion de le faire bénéficier d'équipements modernes tout en conservant
l'essentiel de l'.uvre de Bernard Zehrfuss, son architecte.
Le ministère des Affaires étrangères est soucieux dans le choix de ses maîtres
d'.uvre de promouvoir la qualité et le savoir-faire tout en essayant de
diversifier au maximum les architectes qui travaillent avec lui. Nous
choisissons des architectes tant en province qu'à Paris (Beyrouth est à ce
titre particulièrement illustratif, puisque, si Yves Lion et Claire Piguet ont
réalisé la chancellerie, c'est une équipe d'architectes lyonnais, Sud
Architecture, qui a réalisé la réhabilitation de la résidence des Pins, qui est
la résidence de l'ambassadeur).
Quant aux bureaux d'études, nous nous efforçons de leur assurer une certaine
notoriété locale et leur permettre ainsi de s'implanter.

Si l'attribution de "l'Equerre d'argent" à l'ambassade de Beyrouth paraît
particulièrement bien venue, c'est que l'architecte a su répondre, avec un
grand talent, à toutes les contraintes imposées.
En choisissant une pierre locale d'un bel aspect blond pour les façades, il a
su insérer le bâtiment dans cette partie de Beyrouth, non loin du Musée, sur un
des axes principaux de la ville. A l'intérieur, chaque zone est bien définie,
avec son degré plus ou moins grand de sécurité ; je crois que chacun des 136
agents qui y travaillent est satisfait de son bureau. Réalisée en 18 mois par
une entreprise libanaise - ce point est essentiel, il faut s'appuyer sur les
forces vives du pays -, pour un coût de 5 millions d'euros, cette opération a
donné à la France une implantation à la fois fonctionnelle, de qualité et peu
dispendieuse. Elle constitue un bel exemple de ce que peuvent être et doivent
être les réalisations de la France à l'étranger.
Avant de terminer, Monsieur le Ministre, je n'aurai garde d'oublier tout ce
que, notamment à travers l'Association française d'Action artistique (AFAA),
nous faisons, en partenariat avec votre ministère, pour promouvoir
l'architecture française à l'étranger : échanges, missions de professionnels,
expositions, programmes de recherche et de résidence, coopérations diverses,
notamment dans le domaine du patrimoine, présence dans les grands événements
internationaux, de Pékin à Rotterdam, de Sao Paulo à Venise. Notre expertise,
comme vous le savez tous, est attendue et reconnue.

Acte politique (ce le fut particulièrement au Liban dans cet endroit même où se
livrèrent des combats durant le conflit des années 70-80), acte patrimonial,
acte culturel, acte social, acte économique au service d'une grande profession
exportatrice, construire une ambassade, c'est toujours l'occasion de réfléchir
à ce que doit être une diplomatie moderne, au plus près des citoyens, des
autres, de ceux à qui elle s'adresse. C'est toujours - symbole de la présence
française - un moment important pour définir ce que doit être notre action
internationale et notre rayonnement. C'est enfin, comme toujours en
architecture, un acte en prise sur le futur dont les racines plongent, à
Beyrouth comme partout où nous construisons, dans l'éclatante tradition
architecturale française, de Salomon de Brosse à Le Corbusier (même s'il
n'était pas français !) et à ces grands architectes qui l'incarnent aujourd'hui
de par le monde.

C'est pourquoi, l'attribution de ce prix nous honore, comme elle vous honore
tous dans ce partenariat que nous voulons construire entre cette France de
l'ailleurs et les inventeurs de formes, de relations, de bonheur, que vous êtes.
Je vous remercie.



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