Retour à la page d'Accueil


A la Une de l'Information et de l'Actualité du Liban


22 Juillet 2006
Entretien sur la guerre de Juillet avec
Georges Corm (Politologue, ancien ministre libanais)
Bombardement de la centrale électrique de Jiyeh, proche de Saida
« La résolution 1559 a ouvert la voie à l’agression »
Georges Corm lors d'une intervention au CAPE
Professeur de droit, politologue, consultant international, ancien ministre des Finances et auteur de plusieurs ouvrages de référence (Le Proche-Orient éclaté, notamment), Georges Corm analyse la brutale situation libanaise dans son contexte régional, mondial et interne.

Avez-vous été surpris par l’agression israélienne contre le Liban ? Quelles seraient les véritables raisons de cette agression dont le timing correspond également à l’offensive israélienne contre Gaza ?

Non, je n’ai pas été surpris, car la résolution 1559 des Nations unies en septembre 2004 avait ouvert la voie à cette agression en redonnant au Liban le statut d’Etat tampon sur la scène régionale sous prétexte de rétablir sa souveraineté. Il est clair qu’Israël et les Etats-Unis veulent en finir avec les deux symboles les plus forts de la résistance à leurs diktats de nature coloniale et fasciste, à savoir le Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban.

Au-delà des déclarations d’unité nationale prônée par le gouvernement libanais, quel est le degré de cohésion des courants libanais autour du Hezbollah ? Quel serait l’avenir de la carte politique interne après cette agression ? Allons-nous assister à un remake de 1982 avec le syndrome de la « résistance jetée à la mer », avec une application de la résolution 1559 ?

Ce sont les plans américano-franco-israélien qui vont être mis sous drapeau onusien. La situation interne libanaise, déjà très fragile et très tendue avant l’agression israélienne, risque de poser encore plus de problèmes qu’auparavant. Les forces dites du 14 mars fédérées par le courant du Futur de la famille Hariri et M. Joumblatt, sous la houlette américaine et française, vont vouloir parachever leur domination exclusive sur l’Etat libanais. Cependant, heureusement que le général Aoun, qui est de loin la personnalité politique chrétienne la plus populaire, maintient jusqu’ici le cap qu’il s’est fixé, à savoir un accord avec le Hezbollah sur les grands principes devant régir le dialogue national et une condamnation ferme des régimes arabes qui l’ont critiqué dans la conjoncture de l’agression criminelle d’Israël sur le Liban.

Certains pays arabes, comme l’Arabie Saoudite, reprochent au Hezbollah son « aventurisme ». Que pensez-vous de cette position et quel crédit donner à la position adoptée par la Ligue arabe proclamant l’échec du processus de paix ?

Il n’y aura jamais de mots assez forts pour dénoncer l’attitude des trois pays arabes (Egypte, Arabie Saoudite et Jordanie) qui, au lieu de condamner l’agression criminelle israélienne, ont condamné l’enlèvement des deux soldats israéliens par le Hezbollah. Ce faisant, ils ont facilité le travail de la diplomatie américaine qui pousse Israël à toutes les extrémités. Ils œuvrent de plus pour semer la discorde entre sunnites et chiites au Machreq arabe. Je pense qu’à terme, cela risque de leur coûter cher, car nous savons très bien que les opinions publiques dans ces trois pays sont de cœur avec le Hezbollah.

Israël insiste sur le rôle présumé de la Syrie et de l’Iran dans les attaques aux roquettes menées par le Hezbollah. Pensez-vous que ces deux pays sont directement menacés par des frappes israéliennes ?

Je n’ai pas de boule de cristal, mais je crois qu’ils ne le feront pas, préférant s’attaquer au Liban pour le mettre à genoux et en faire un instrument docile aux mains d’Israël et des Etats-Unis, comme ils l’ont fait en 1982. Dans la lutte pour l’hégémonie régionale totale, ils pensent que l’éradication du Hezbollah (tout comme celle du Hamas en Palestine occupée) serait un coup fatal au prestige et à l’influence de ces deux puissances régionales qui refusent de céder aux pressions israélo-américaines. En tout cas, les Etats-Unis avec leurs troupes en Irak n’ont pas intérêt à un conflit militaire avec l’Iran et Israël n’a pas intérêt à l’ouverture des frontières de cessez-le-feu au Golan à des actions de commandos ou de guérilla qui s’ajouteraient à celles du Hamas et du Hezbollah.

Après les civils et le Hezbollah, c’est également l’armée libanaise qui est ciblée par les bombardements. Que signifie pour vous cette nouvelle étape ?

Israéliens, Français et Américains en veulent énormément à l’armée libanaise et à celui qui la réunifiée et reconstruite après la guerre, le président de la République, le général Emile Lahoud. En effet, ce dernier a toujours refusé d’utiliser l’armée contre le Hezbollah ou de l’envoyer au Sud pour être le garde frontière d’Israël. Les pressions sur lui et le gouvernement de M. Hoss auquel j’appartenais étaient très fortes en 2000 après la victoire du Hezbollah pour envoyer l’armée au Sud. Après l’adoption de la résolution 1559, les pressions sur le président Lahoud sont devenues intolérables, pour qu’il demande à l’armée de désarmer le Hezbollah par la force. Les agents d’influence américano-français, à savoir le groupe Hariri et M. Joumblatt, ont donc essayé de l’obliger à démissionner. Mais il a tenu bon, à la grande fureur de la France et des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux qui ont organisé un boycottage du président de la République libanaise. Récemment, M. Chirac a demandé au gouvernement roumain de ne pas adresser d’invitation à notre président pour le prochain sommet de la Francophonie, mais de la réserver exclusivement au Premier ministre (qui, soit dit en passant, ne parle pas le français). Tout cela est indigne de pays qui prétendent parler au nom du droit et de la civilisation.

Vous avez déclaré dans un précédent entretien qu’une « véritable démocratisation du monde arabe ne peut qu’entraîner une radicalisation des aspirations à la dignité et à l’indépendance ». Est-ce que le déficit de réactivité arabe est notamment motivé par la nature même des régimes ? Et quelle serait, selon vous, « la » réaction arabe appropriée face à l’agression israélienne ?

Bien sûr, les régimes sont responsables, en particulier ceux qui sont totalement aplatis devant les Etats-Unis. Nous aurions pu stopper les violences inouïes pratiquées par Israël au Liban et en Palestine et par les Etats-Unis en Irak, si seulement deux ou trois gouvernements arabes importants au Moyen-Orient, – en 1978 lors de la première invasion du Liban ou en 1982 lors de la seconde invasion du Liban ou en 2000 lorsque M. Bush déclare Sharon un « homme en paix » – avaient rompu leurs relations diplomatiques, ou plus simplement retiré leurs ambassadeurs de Washington et menacé de rupture. En effet, un tel geste aurait amené le gouvernement américain à revoir ses positions. Mais avec des gouvernements arabes aplatis, les Américains et les Israéliens sont en droit de se dire qu’il n’y a aucun obstacle à continuer dans la politique de la canonnière.

Interview réalisée pour le quotidien Algérien EL Watan


12 Décembre 2005


Gebran Tueni
Gebran Tueni meurt dans un attentat
Alors qu'il se rendait de son domicile à son lieu de travail habituel, l'immeuble du journal annahar dont il était le dirigeant, le député nouvellement élu et journaliste Gebran Tueni a été tué dans une explosion visant son véhicule dans la région de Mkallès. La forte déflagration aurait fait une dizaine de blessés et au moins trois autres victimes.
Né en 1957 et père de quatre enfants dont deux petites jumelles, Gebran Tuéni était diplomé de plusieurs grandes écoles françaises dont l'INSEAD et l'Ecole Supérieure de Journalisme.

Ghassan Tueni, digne, console Nayla et tout le Liban qui pleure son fils Gebran

Gebrane Tueni a été assassiné au lendemain de son retour de Paris ou il avait assisté
le Jeudi 8 Décembre à la remise des insignes de la Légion d'Honneur à son père
Ghassan Tueni par le premier ministre français Dominique de Villepin

A la veille de la seconde édition du rapport Mehlis, l'entreprise machiavélique de tentative de déstabilisation du pays du cèdre se poursuit avec ce treizième attentat visant une personnalité politique libanaise depuis la mort de Rafic Hariri

Scéne après l'attentat contre Gébran Tueni (crédit-photo AFP)
Liban: "C'est un processus de libération qu'on veut entraver", s'insurge Jacques Chirac

PARIS (AP) -- L'assassinat de Gebrane Tuéni lundi au Liban, "c'est une voix qu'on a voulu faire taire; c'est un processus de libération qu'on veut entraver", s'est insurgé le président Jacques Chirac, qui fait part de sa "grande peine" dans une lettre à Siham Tuéni, la veuve du journaliste et parlementaire anti-syrien.
Cette mort est une "tragédie pour le Liban", écrit le président français dans cette missive rendue publique par l'Elysée. "La France condamne avec la plus grande fermeté ce crime qui suscite horreur et indignation".
Il "incarnait le combat du Liban pour la démocratie, l'indépendance et la liberté", souligne Jacques Chirac. "Je m'incline devant la mémoire de Gebrane Tuéni et des autres victimes qui ont sacrifié leur vie, après tant d'autres, à la cause de la liberté du Liban".
"Tant de drames ne peuvent être vains", poursuit-il. "Le Liban n'est pas seul; ses amis sont mobilisés et la communauté internationale connaît ses responsabilités. La mort de Gébrane Tuéni est l'occasion de redoubler d'efforts pour que les résolutions du Conseil de sécurité soient pleinement mises en oeuvre", assure le président français.
"Soyez sûre que je reste en alerte et déterminé pour atteindre ces objectifs", conclut-il.

Émié rend hommage à
« l’un des grands acteurs du printemps de Beyrouth »

L’ambassadeur de France, Bernard Émié, a visité dans l'après-midi du 12 Décembre les locaux du quotidien an-Nahar quelques heures après l’attentat qui a coûté la vie à son PDG, le député de Beyrouth Gebran Tuéni.
À l’issue de la visite, M. Émié a déclaré : « Nous condamnons avec la plus extrême fermeté l’ignoble attentat intervenu ce matin (…). Et dans ces locaux, je souhaite présenter toutes nos condoléances aux familles des victimes et à leurs proches. Mais aussi à tous les Libanais qui se sentent aujourd’hui touchés, éprouvés par ce drame. »
« Nous rendons hommage à la personnalité de M. Gebran Tuéni, grand éditorialiste, l’un des symboles de la liberté de ton et de l’indépendance comme du courage de la presse libanaise. Nous nous souvenons que M. Tuéni a été l’un des grands acteurs du printemps de Beyrouth. Toute la lumière doit être faite sur les responsables de cet assassinat barbare. Nous avons confiance dans la volonté et la détermination des autorités libanaises de déterminer, par tous les moyens appropriés, les circonstances et les responsabilités de cet événement tragique avant d’en punir les responsables. Nous sommes disposés à répondre aux éventuelles sollicitations des autorités libanaises. Tous les Libanais, je dis bien tous les Libanais, doivent rester unis solidaires pour leur liberté, dans cette terrible épreuve », a-t-il déclaré.
Et M. Émié de poursuivre : « Cet assassinat prouve combien la communauté internationale doit également rester pleinement engagée aux côtés du Liban, pour sa stabilité, pour sa sécurité, pour son indépendance. Notre détermination et notre solidarité ne faibliront pas. Nous sommes aux côtés, aujourd’hui, de la famille de Gebran Tuéni, de tous ses proches, de tous ses collaborateurs, de tous ceux qui vivent en ce moment une épreuve, un drame. Nous resterons mobilisés pour que rien n’entrave la quête du peuple libanais pour sa pleine indépendance et sa pleine liberté, comme pour la connaissance de la vérité sur tous ces crimes. »
Interrogé à propos de la coïncidence entre l’assassinat de Tuéni et la remise du rapport Mehlis, il a affirmé : « Je n’ai pas de commentaire à faire sur ce point. Je constate simplement la coïncidence de la date, comme vous. »
Par ailleurs, M. Émié a remis à Siham Tuéni, l’épouse du journaliste assassiné, un message de condoléances du président de la République française, Jacques Chirac. « Le président exprime à la fois la condamnation de la France après cet assassinat, sa sympathie dans ces terribles circonstances et redit que la France sera exigeante pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce terrible assassinat »,
a-t-il déclaré.



30 Août 2005

Enquête sur l'assassinat de R.Hariri:
nombreuses arrestations à Beyrouth


Les cinq suspects de gauche à droite: les généraux Jamil Sayyed, ancien directeur de la Sûreté générale, Raymond Azar, ancien directeur des Renseignements de l’armée,
Ali el-Hajj, ancien directeur général des FSI, Moustapha Hamdane, commandant de la garde présidentielle, ainsi que l’ancien député Nasser Kandil (relâché le 31 Août). (Photos/AFP)


BEYROUTH (Source AFP) - Un mandat d'arrêt a été lancé contre le chef de la Garde présidentielle libanaise tandis que trois autres anciens responsables des services de sécurité ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, a annoncé mardi une source de sécurité à l'AFP.
Les anciens chefs de la Sûreté générale, le général Jamil el-Sayed, des Renseignements de l'armée, le général Raymond Azar et de la Sécurité intérieure le général Ali-Al-Hage, prosyriens, ont été arrêtés, selon cette source. Les mandats d'arrêt émis par la justice concernent le chef de la Garde présidentielle le général Moustapha Hamdane, toujours en fonction et l'ancien député Nasser Qandil, proche de la Syrie, a précisé la source.


Le général Hamdane avait été interrogé comme "suspect" par la commission internationale de l'Onu dirigé par le magistrat allemand Detlev Mehlis (en photo ci-dessus), qui avait également interrogé plus de 200 personnes comme "témoins". Plusieurs autres personnes ont été arrêtées également, a indiqué la source sans préciser leur nombre.
Cette annonce est intervenue quelques jours après l'appel lancé à tous les pays de la région par le Conseil de sécurité de l'Onu à coopérer avec la Commission Mehlis pour déterminer les circonstances et les responsabilités dans l'assassinat, le 14 février à Beyrouth de l'ancien Premier ministre libanaise.
Le Conseil de sécurité a notamment appelé la Syrie, sans toutefois la nommer, à apporter sa pleine coopération à cette enquête internationale.



La Commission européenne lance un prix ouvert aux journalistes et aux étudiants

Le prix Samir Kassir, pour faire enfin admettre que la liberté d’expression est un « principe non négociable »
«Il est temps de réaliser et d’admettre que la liberté d’expression n’est pas un détail de la coopération avec l’Europe ni une option du dialogue. Il s’agit d’un droit inaliénable, d’un principe non négociable. » C’est par ces mots, qui se passent de tout commentaire, que le chef de la délégation de la Commission européenne au Liban, Patrick Renauld, a marqué le lancement hier du « prix Samir Kassir pour la liberté de la presse », dans le cadre d’une conférence de presse au siège de la Commission, à Saïfi, en présence notamment des parents et proches du journaliste assassiné le 2 juin dernier dans un attentat à la voiture piégée.
Patrick Renauld et la Commission européenne ont ainsi exprimé hier, à travers un acte fondateur, tout le ras-le-bol de la presse et des médias, sinon de la société libanaise tout entière, dégoûtée par ces attentats successifs contre la liberté de pensée, mais qui refuse obstinément de se laisser abattre, et qui entend réagir par des actes d’espoir et de vie. D’où l’idée de la Commission européenne et des amis de Samir Kassir – avec le soutien de l’ambassade de France – de parrainer un prix, destiné à légitimer la liberté de pensée et à encourager la liberté de la presse dans les pays MEDA ayant souscrit au Partenariat euro-méditerranéen, pour marquer leur révolte permanente face à « la violence, l’intimidation, la menace et toutes les tentatives répétées et constantes de verrouiller la liberté d’expression ».
Et quel meilleur ambassadeur pour un tel prix que l’éditorialiste martyr d’an-Nahar, qui, par la seule force de son vécu, de sa pensée, de ses écrits, du souvenir qu’il laisse, poursuit la mission qu’il s’était assignée de son vivant pour lutter contre le « malheur arabe », et opposer une culture de vie dynamique au statisme des terrorismes d’États?

Perpétuer l’engagement du penseur
Samir Kassir était d’une telle polyvalence, aussi bien dans le caractère que dans le talent, qu’il était bien difficile de le cerner, de le réduire à une seule dimension. Avec sa soif insatiable d’humanisme et de savoir, il était comme ces hommes universels qui portent en eux et avec eux les bourgeons du printemps naissant. Ce n’est donc pas le moins du monde un hasard si la fonction latente du « prix Samir Kassir pour la liberté de la presse » sera de perpétuer l’engagement du penseur en faveur de l’État en droit, en tant que journaliste, mais aussi en tant qu’enseignant en sciences politiques. Le prix récompensera ainsi un reportage ou une série de reportages relatifs à l’État de droit en pays MEDA, ainsi que des recherches sur l’État de droit ou la liberté de la presse dans les pays MEDA. Deux prix dotés chacun de 10 000 euros seront décernés, le premier à un journaliste professionnel de la presse écrite, de la radio ou de la télévision, ressortissants des pays MEDA, et le deuxième à un jeune chercheur ou étudiant, ressortissant des pays MEDA. Le jury sera choisi conjointement par la Commission européenne et la Fondation Samir Kassir. Les modalités de participation seront précisées ultérieurement. Les candidats qui peuvent prétendre au prix Samir Kassir sont des journalistes pigistes, free-lance ou titulaires, ainsi que des éditorialistes indépendants, qui ont publié ou diffusé dans des organes de presse des pays desquels ils sont ressortissants ou des pays membres de l’UE. Quant aux étudiants (inscrits en université d’État ou privée), ils doivent être âgés de moins de 26 ans. Le jury sera quant à lui composé de 11 membres votants : 6 journalistes méditerranéens et européens (2 presse écrite, 2 radio, 2 télévision), 2 membres de la Fondation Samir Kassir, 3 membres d’ONG européenne et libanaise. Il comptera également un représentant de la délégation de la Commission européenne en tant que membre non votant.

Renauld : « Un prix de résistance »

Prenant la parole, M. Renauld a d’abord adressé une pensée émue « à tous celles et ceux qui ont payé de leur vie leur liberté ». « Ce nouveau prix de la Commission européenne, qui inscrira encore plus fort le nom de Samir Kassir dans les mémoires du monde arabe, est un prix de la résistance. La résistance des mots contre les armes, contre l’obscurantisme, contre la barbarie. Il n’est plus admissible aujourd’hui, au Liban comme partout ailleurs, que des femmes et des hommes puissent encore être menacés de mort lorsqu’ils s’engagent dans la vie politique ou proposent une autre vision du monde », a-t-il affirmé, avant d’avoir une pensée pour May Chidiac. « Lorsque Voltaire affirmait : “Je ne suis pas d’accord avec toi, mais je me battrai pour que tu puisses donner ton opinion”, le philosophe résumait les bases d’un État de droit sur lequel tous les pays méditerranéens se sont engagés en souscrivant au Partenariat euro-méditerranéen et à la Politique européenne de voisinage. J’en appelle aux politiques : il est temps de réaliser et d’admettre que la liberté d’expression n’est pas un détail de la coopération avec l’Europe ni une option de dialogue. C’est un droit inaliénable. Un principe non négociable. Et c’est ce message que la Commission européenne entend donner avec ce prix », a-t-il souligné. Patrick Renauld a précisé que le prix sera décerné le 2 juin à Beyrouth, le jour de l’assassinat de Samir Kassir, « pour que chaque anniversaire de sa disparition soit aussi la naissance d’un talent, d’un homme ou d’une femme qui aura porté une pierre à l’édifice de l’État de droit ».
L’hommage de Ghassan Tuéni
C’est un hommage à l’esprit universel, au sens critique et à la capacité d’analyse du journaliste et de « l’historien de l’immédiat » que le rédacteur en chef du quotidien an-Nahar, Ghassan Tuéni, a ensuite rendu à Samir Kassir et à « l’idéal » qu’il représente. « C’est ce qui faisait sa force et son génie, et c’est ce qui sera la substance de sa mémoire », a-t-il indiqué. S’adressant à Patrick Renauld, M. Tuéni a ensuite affirmé : « Vous nous donnez confiance et espoir, au milieu du silence arabe (…). Nous pensons que notre liberté n’est pas négociable. » Et de citer Kant, en évoquant « l’impératif catégorique de défense de la liberté », qui est « un devoir ». Dans ce sens, « Samir est un exemple, et j’espère que ce prix rendra son image plus grande encore », a ajouté M. Tuéni, en remerciant enfin « l’Europe et la France qui nous donnent espoir ».

Assassinat de Samir Kassir
Mi-Juillet: déjà la célébration du quarantième jour


Gisèle Khoury et Élias Atallah allumant des bougies devant l’olivier
qui a été planté sur les lieux de l’attentat. (Photo Hassan Assal)


Un peu plus de quarante jours après son assassinat à Achrafieh dans un attentat à la voiture piégée, une foule cosmopolite a rendu un vibrant hommage le Vendredi 15 juillet 2005 à l’intellectuel Samir Kassir. Rassemblés dans le Issam Farès Hall de l’AUB, Libanais, Palestiniens et Syriens ont montré aux criminels que la pensée de Samir Kassir a trouvé un réceptacle dans toute une société arabe en quête d’émancipation. Symbole de ce renouveau tant attendu, un olivier, arbre de la paix et de la démocratie, a été planté sur les lieux de l’explosion.
Parallèlement, deux juges antiterroristes français, Jean-Louis Bruguière et Philippe Coirre, ont été saisis pour enquêter sur l’assassinat de Kassir, qui détenait également la nationalité française.

Homme-idée qui a conquis les esprits, de Jérusalem à Damas »,
« homme-multiple » dans son génie de journaliste, d’écrivain, d’historien, de professeur, pour ne citer que ceux-là, « héros »,
« guerrier », « architecte » d’un passé glorieux, celui du 14 mars, mais aussi fécondateur d’un futur « beau », où l’homme et la femme arabes retrouvent leur dignité perdue, Samir Kassir est désormais
« un penseur qui appartient à l’avenir »...Il a vu son ami et collègue Élias Khoury qualifier sa pensée d’« essence de parfum de Jaffa, mélangée à celui des roses de Damas », et versée dans des mots qui ont fait de Beyrouth le cœur du printemps arabe.
Il l’a vu dénonçant cette « vengeance contre la vie » qu’a été son assassinat...Ce fut ensuite le tour du poète Mahmoud Darwich qui, dans une intervention enregistrée à partir de Ramallah, se consolait et consolait « les amants de Beyrouth » pour la perte de « l’enfant génial », de celui qui « dansait, svelte, dans les champs de mines », de celui que « la liberté a sauvagement assassiné, elle qui assassine ses amants la nuit de noces venue »...
Et c’est Yasser Abed Rabbo, le célèbre ex-ministre palestinien de l’Information, qui s’est intéressé, non sans émotion, au « symbole » Samir Kassir, « dont les articles étaient des oracles », puisqu’il a « appelé depuis 2003 les peuples arabes à se soulever contre leurs tyrans avant qu’on ne vienne, de l’étranger, les destituer et en prendre prétexte pour occuper leurs pays ». « Samir Kassir, ce pont vers le rêve pour les peuples de la région, qui les appelait à secouer le despotisme et l’archaïsme, et qui nous appelait à nous redéfinir », a-t-il ajouté...Même Walid Joumblatt, dans une allocution enregistrée, semblait serein lorsqu’il saluait « la mémoire de Samir Kassir », le père de l’intifada...
Des pistes sérieuses dans l’enquête française
C’est également sous le signe de l’espoir que Gisèle Khoury-Kassir place son intervention, mettant elle aussi l’accent sur l’inévitable combat à mener « pour la liberté, la démocratie et, surtout, le respect ». Un combat pour lequel Samir Kassir « a donné ce qu’il a de plus cher, sa vie, sans aucun compromis, pour briser le mur de la peur, pour la liberté, la transparence et la démocratie ». « Nous continuerons tous, jusqu’à la victoire, qui, j’espère, est proche. Mais pour que notre société guérisse, il faut aussi savoir qui a donné l’ordre, qui a assassiné Samir Kassir et pourquoi », a-t-elle souligné. Concernant l’enquête, Mme Khoury a précisé que « l’enquête libanaise commence à avancer sérieusement », et qu’en France, « le dossier est presque prêt pour que la police française arrive à Beyrouth, avant décembre ». « Beaucoup de témoins ont été entendus, à Paris et à Beyrouth, et il existe des pistes sérieuses sur l’assassinat et l’identité des organisateurs », a-t-elle noté. La journaliste a enfin indiqué qu’une Fondation Samir Kassir était sur le point de voir le jour, avec un Board of Trustees formé de 50 personnes. Elle a également indiqué qu’un numéro spécial de L’Orient-Express sur le thème « Le Printemps inachevé de Beyrouth » et dédié à l’éditorialiste allait paraître pour le Salon du livre, sous le parrainage de l’ancien ministre Michel Eddé, sans oublier la parution de traductions des ouvrages de Kassir, Histoire de Beyrouth et Considérations sur le malheur arabe dans plusieurs langues, notamment en arabe et en espagnol.
ACTION et SOLIDARITE PARIS-BEYROUTH
L'opposition Libanaise en France et les amis de Samir KASSIR frustrés et indignés par ce lâche assassinat, vous appelle à manifester
Le Samedi le 04 juin 2005 à 17 heures devant
l'Institut du Monde Arabe


Un rassemblement à la mémoire de Samir Kassir aura lieu jeudi 9 Juin,
à 18 heures, devant l'ambassade du Liban à Paris, rue Copernic.
Un Comité Européen pour la Vérité sur l'Assassinat de Samir Kassir et pour sa mémoire a été crée en Juin 2005

2 Juin 2005

Samir Kassir

Le journaliste Samir Kassir tué dans un attentat à Beyrouth Le journaliste libanais de renom Samir Kassir a été assassiné aujourd'hui dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier chrétien résidentiel d'Achrafieh à Beyrouth.

Beyrouth, avec AFP- Le corps de Samir Kassir, un journaliste de renom qui collaborait notamment avec le quotidien An-Nahar et qui avait la nationalité française, se trouvait sur le siège avant du passager dans une voiture garée au côté de la rue et qui a explosé vers 10h45 locales. Une personne aurait été blessée et emmenée à l'hôpital. L'armée libanaise s'est déployée sur le lieu de l'attentat où les secours sont aussitôt arrivés. A proximité, se trouvent un supermarché et une école. L'attentat n'a pas fait beaucoup de dégâts et visait ce journaliste qui s'est violemment pris ces derniers temps au «régime libanais policier» soutenu par la Syrie. Interrogé sur les possibles raisons de son assassinat, son frère Sleimane Kassir a répondu: «Samir a vécu toute sa vie dans le danger. Il écrivait tous ces articles contre la Syrie». Le premier ministre Nagib Miqati et Gébrane Tueini, député de Beyrouth et rédacteur en chef du journal An-Nahar, se se sont aussitôt rendus sur le lieu de l'attentat. L'ambassadeur de France, Bernard Emié, se trouvait également sur place. Samir Kassir est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban et le monde arabe.
On peut citer entre autres «La guerre au Liban», «Histoire de Beyrouth» paru en 2003 et Considération sur le malheur arabe, édité en 2004. Il était aussi professeur de sciences politiques à l'université Saint Joseph de Beyrouth (USJ). Il avait écrit une série d'articles contre le «régime militaro-policier» établi par la Syrie au Liban et l'un de ses virulent articles était intitulé
«des militaires contre le peuple»...

Tout juste agé de 45 ans, Samir Kassir apparaissait périodiquement dans la Revue de Presse internationale hebdomadaire "Kiosque" sur TV5

Hommages et Témoignages pour Samir Kassir

L'hommage unanime et émouvant de la presse rendu, le 3 Juin 2005, place des Martyrs,au journaliste martyr, stylos levés au ciel et appareils photo déposés à terre.(Photo Sami Ayad)


Ancien conseiller culturel et de coopération scientifique et technique près l'Ambassade de France au Liban 1991-1994 je tiens à esprimer mon indignation face à l'odieux attentat dont a été victime SAMIR KASSIR écrivain et journaliste franco-libanais de grand talent et d'une probité intellectuelle au-dessus de tout soupçons, qui l' amenait à s'insurger contre l'occupation du LIBAN depuis de nombreuses années.
Je tiens à cette démarche pour avoir reçu Samir Kassir à trois salons du livre à Beyrouth que j'ai organisé en 1992-1993-1994 ainsi que au "salon lire en musique" à Salon de Provence en France que j'ai aussi organisé en 2004.....10 ans après Beyrouth. Et là aussi Samir Kassir comme il l'avait fait au Liban a assuré la publicité de cet événement avant d'y participer largement en tant qu'auteur et animateur . Il s'était là aussi acquis tout de suite l'adhésion du public. Je m'unis largement à ceux qui exigent que les coupables de cet assassinat soient rapidement identifiés avant de subir les rigueurs de la loi.
J'estime que Samir Kassir mérite que les deux gouvernements libanais et français coopérent dans cette démarche.

Alain Boismery
3 Juin 2005


Témoin d’un Liban nouveau

Samir Kassir était un enseignant, un journaliste, un intellectuel. Quel que soit l’ordre que l’on veuille donner à ces fonctions, peu importe : il était celui qui tient à dire ce qui ne se dit pas, à communiquer à ceux qui ne savent pas, à penser ce que l’on n’aime pas penser. Et, pour couronner le tout, il était un passionné de liberté. En tant que tel, pour les hommes de l’ombre et de la mort, il ne pouvait être que l’homme à abattre. Ils l’ont souvent pourchassé alors qu’ils régnaient sur le pavé de Beyrouth ; ils l’ont atteint hier alors qu’ils rampent encore, ici ou là, avec leurs armes de mort. Enseignants et étudiants, tous, à l’Université Saint-Joseph, collègues ou disciples, ne peuvent que dénoncer ce crime abject. Notre université s’était déjà manifestée lorsque Marwan Hamadé, membre de notre Conseil stratégique, avait été visé en un terrible attentat ; elle avait pris part à la douleur de tous lors de l’assassinat du Premier ministre Rafc Hariri ; elle s’était déployée en nombre de ses composantes lors des évènements qui avaient suivi. Elle redit aujourd’hui sa colère parce que l’un des siens a été assassiné. Elle presse instamment toutes les autorités du pays de tout faire pour qu’enfin les criminels soient châtiés. Paul Ricœur, philosophe français, disait il y a quelque temps : « Les individus peuvent se pardonner, pas les peuples ; il y a quelque chose d’impitoyable dans leurs blessures. »
René CHAMUSSY, s.j. Recteur de l’Université Saint-Joseph

La plume-boussole d’un incorruptible

S’il est vrai que l’honneur d’un journaliste consiste d’abord et surtout à « porter la plume dans la plaie », nul mieux que Samir Kassir n’aura incarné cette noble mission, hautement périlleuse dans nos contrées proche-orientales. Les Libanais savent qu’il fut le premier à briser la loi du silence, qu’il fut à l’avant-garde du combat contre le régime militaro-sécuritaire, qu’il fut le plus brillant porte-parole d’une société civile assoiffée de liberté et de justice. Mais si le Liban a perdu un très grand journaliste, un « idéal-type » de l’éditorialiste au courage exemplaire, un professeur d’université rigoureux et charismatique, ainsi qu’un homme politique visionnaire, moderniste et réformateur, c’est le monde arabe tout entier qui a perdu un immense intellectuel, respecté et admiré dans les milieux académiques et journalistiques du monde entier. Il incarnait ce que le monde arabe a de mieux à offrir. À l’époque du « choc des ignorances » qualifié abusivement de « choc des civilisations», il refusait avec force l’éternelle dichotomie simpliste du « eux contre nous ». Il ne mettait jamais en veilleuse son esprit critique, son humanisme, son universalisme. Il luttait simultanément et vaillamment sur tous les fronts : contre l’arrogance et l’occupation israéliennes, contre le sous-développement arabe, contre le néocolonialisme, contre le communautarisme, contre tous les despotismes locaux, contre la victimisation et les jérémiades incessantes des peuples de la région... Dans son ouvrage intitulé Considérations sur le malheur arabe (Actes Sud, 2004), il a procédé à une brillante déconstruction et réfutation des théories essentialistes et culturalistes, véhiculées par des intellectuels comme l’orientaliste Bernard Lewis et tous ceux qui nous dépeignent un monde arabe irrémédiablement condamné à subir le marasme. Ce livre de Samir Kassir, empreint d’espérance, est un diagnostic d’une lucidité rare, ainsi qu’un véritable plaidoyer pour une renaissance politique et intellectuelle, un manifeste pour un aggiornamento devenu on ne peut plus urgent. Et Samir Kassir portait en lui le souffle de cette «nahda» qu’il appelait de ses vœux. Il y a à peine dix jours, ce partisan d’une évolution vers un Liban laïc déclarait au Nouvel Observateur : « Le peuple libanais a obtenu une première victoire : le départ de l’armée syrienne. Il faut espérer qu’un jour les centaines de milliers de gens qui sont descendus dans la rue recommencent pour la démocratie et la fin du communautarisme. » Il est mort au cœur de Beyrouth, cette ville qu’il aimait passionnément. Son Histoire de Beyrouth (Fayard, 2003) est en effet tout à la fois une fresque d’une remarquable érudition, digne d’un Fernand Braudel, et une déclaration d’amour à notre capitale, cette «ville qui toujours renaît », cette ville « aimée de la mer et mère des lois », cette ville qu’il voyait avec « les yeux de l’esprit». Ce défenseur de la cause palestinienne a fait partie des intellectuels arabes qui se sont élevés contre le négationnisme. Alors qu’à Beyrouth, à Damas et au Caire, les intellectuels de cour célébraient Roger Garaudy, auteur d’un ignoble pamphlet antisémite, Samir Kassir le condamnait dans les termes les plus vifs. C’est en grande partie grâce à lui qu’une conférence des « assassins de la mémoire », qui devait se tenir à Beyrouth, a été annulée, ce qui a sauvé l’honneur de notre pays. Samir Kassir est mort, alors que du Golfe à l’Atlantique, des centaines de « mercenaires de la plume», dont la servilité à l’égard de tous les despotes et autocrates de la région n’a pas de bornes, sont en pleine forme. Ils continueront de se servir de leur plume comme d’une brosse à reluire. Quant à la plume indépendante de Samir Kassir l’incorruptible, elle lui a coûté la vie. Mais longtemps encore, elle nous servira de boussole. Samir Kassir est mort. Les citoyens libanais, ainsi que tous les démocrates du monde arabe, chancelants de douleur, s’inclinent avec respect devant celui qui fut et restera l’honneur des intellectuels arabes.
Karim Émile BITAR Directeur de la rédaction de
« L’ENA hors les murs »

Le cri du coq

Les mots qu’on ne dit pas nous étouffent, les mots qui libèrent peuvent tuer. Dilemme d’être journaliste en Orient, penseur ou écrivain. Dilemme d’être, en Orient, un homme ou une femme libre, tout simplement. 4h du matin, un coq au loin strie l’insomnie de la ville d’un cri dolent et porte l’écho des cœurs endeuillés. Il relaie la voix indépendante que l’on vient de taire. L’encre de la nuit coule sur Beyrouth. Il n’y a pas plus douloureux, plus poignant que cette plaie saignante d’une ville dont on vient d’assassiner un fils libre-penseur, écrivain, journaliste, un matin d’espoir. Beyrouth est un autel de feu où les Molochs de l’obscurantisme font des incursions pour y immoler la parole libre, celle qui trace les chemins de l’avenir. L’encre de la nuit de Beyrouth coule sur tout l’Orient, aux rêves éternellement inassouvis. Orient cruel où les destins prometteurs des plus brillants de ses fils se fracassent, aux levers du jour, sous la gâchette de doigts et de cerveaux criminels. Pour avoir osé traduire en lettres éditoriales les rêves de réforme, pour avoir répercuté les aspirations aux cheveux blanchis de déception des vieilles générations arabes et celles encore frémissantes de nouveauté, des générations de la relève au Liban, en Syrie, en Palestine et ailleurs dans ce « Croissant fertile » de sang, Samir Kassir a rejoint la cohorte des journalistes héros et martyrs de la plume libre, souveraine, indépendante. Trois attributs qu’il a contribué à restituer, à son échelle, à cette patrie des hommes arabes libres qu’est le Liban... et qui le restera. Grâce à lui et à tous les autres, libres-penseurs et journalistes de mon pays crucifié sur sa géographie, le coq bleu des aubes sans cesse renaissantes donnera toujours de la voix dans les nuits de Beyrouth, appelant le jour qui se lève... inévitablement.
Carole H. DAGHER

Walid Kassir : « Samir était mon héros » «
Il était pour moi bien plus qu’un frère ordinaire ». C’est ainsi que le frère du disparu, Walid Kassir, professeur à la faculté de droit de l’USJ, a commencé ce qui reste certainement l’un des hommages les plus touchants, les plus vrais adressés à la mémoire de Samir Kassir. « Dès ma plus tendre adolescence, il a été pour moi un héros dans tous les sens du terme et surtout un véritable maître à penser », a-t-il indiqué. Walid Kassir a ensuite essayé de brosser quelques-unes des facettes de son frère : le journaliste symbole de la liberté d’expression, le professeur adulé par ses étudiants – à tel point que « c’est la vue d’un de ses étudiants injustement malmené qui lui a fait écrire un de ses éditoriaux les plus percutants » – ou encore l’écrivain engagé. « Il a si bien approfondi l’histoire de son Beyrouth, de son Liban et de sa région, qu’il a fini par y entrer par la grande porte : d’abord en s’engageant de tout son cœur pur dans le Printemps de Beyrouth, puis en en payant le prix si lourdement. Nous avions ainsi oublié l’espace d’un printemps, enivrés par l’air de la liberté, que la place du 14 mars s’appelait la place des Martyrs », a-t-il indiqué. Évoquant enfin la volonté de l’essayiste d’extirper le monde arabe de son « malheur », il a ajouté : « Seuls l’État de droit et l’aspiration inséparable à un développement équilibré et durable permettront au monde arabe de retrouver la place dont il est digne dans la civilisation mondiale. » Et de conclure : « À Samir, toi dont le prénom résonne toujours comme “Amir” (prince), nous te promettons de tout faire pour que ton rêve devienne un jour réalité, que ton “Indépendance 05” fleurisse de plus en plus dans le monde arabe pour qu’une véritable nahda y aboutisse cette fois, sur tous les plans. » Avec une passion sans égale, Samir Kassir a enseigné à ses étudiants de l’USJ la « nahda », rêvant sans cesse d’une nouvelle renaissance en puissance, en devenir, à l’échelle régionale. Le voilà qui, par une de ces pirouettes cruelles et merveilleuses de l’histoire, en est devenu l’un des principaux précurseurs et prédicateurs, l’un des premiers guides.


31 Mars 2005

Lancement à Beyrouth d'une campagne libano-européenne
en faveur de la journaliste Florence Aubenas

Luc Abi Zeid, membre du comité franco-libanais pour la libération de Florence Aubenas, le 31 mars 2005.
© AFP Ramzi Haidar

(Avec l'AFP Beyrouth) Un comité libano-européen a été créé jeudi à Beyrouth pour lancer une campagne de solidarité avec la journaliste française Florence Aubenas et son guide, Hussein Hanoun al-Saadi, détenus en otages en Irak depuis le 5 janvier, a-t-on constaté. Cette campagne a été lancée au cours d'une conférence au siège du syndicat de la presse en présence d'un représentant de l'association euro-arabe, Luc Abi Zeid, du président du Conseil national de l'audiovisuel au Liban, Abdel Hadi Mahfouz et de la télévision du Hezbollah, Al-Manar, représentée par son chargé des relations extérieures, Ibrahim Farhat. "Nous avons voulu lancer cette campagne à Beyrouth, parce que nous sommes conscients que le Liban reste, malgré la crise qu'il traverse un exemple de coexistence et de liberté d'expression dans la région", a déclaré M. Abi Zeid.
Le représentant d'Al-Manar a pour sa part indiqué que ceux qui ont enlevé Florence Aubenas et son guide "cherchent à terroriser ceux qui se sont donnés pour mission de révéler le vrai visage de l'occupation en Irak" et qu'"en fin de compte les objectifs des ravisseurs rejoignent ceux des occupants". M. Abi Zeid a également lu un message du secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, appelant à poursuivre la mobilisation "qui peut hâter le retour de Florence et de Hussein". M. Ménard avait indiqué mercredi que "les choses avancent à petit pas".
La veille, le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, avait affirmé que le gouvernement avait obtenu des "informations rassurantes" sur le sort de la journaliste. Son enlèvement n'a pas été revendiqué.



"Questions pour un champion" en février 2005 à Beyrouth

Eliminatoires le jeudi 3 Février à 16h00 à la Salle Montaigne -
Centre Culturel Français - Rue de Damas.


Salim Fayad, Joumana Jamhouri, Jean-Pierre Tou-tounji et Lama Tyan sont les heureux gagnants aux éliminatoires du fameux jeu télévisé qui se sont déroulées au Liban.

La salle Montaigne était pleine. Amoureux de la langue, de la compétition, de la culture générale (ou tout simplement de Julien Lepers!), calfeutrés dans leur siège se sont prêtés au jeu. Pour la troisième fois (1993; puis, mars 2002), l’émission de “France 3”, relayée par TV5, a choisi le Liban pour une compétition internationale auprès de neuf pays de l’espace francophone: Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Egypte, Ile Maurice, Macédoine, Madagascar, Roumanie, Vietnam. Adressées au grand public, les éliminatoires organisées par Grundy France et la Mission culturelle française de Beyrouth, ont départagé quatre lauréats qui seront accueillis durant une semaine à Paris, du 26 février au 5 mars prochain (transport, hébergement, restauration). Plutôt que Julien Lepers, l’animateur célèbre de l’émission lancée en 1988, Christine Grenier et Frank Villard ont dirigé la compétition, après avoir rappelé la participation remarquée des finalistes libanais la dernière fois. 50 questions de culture générale ont éliminé une partie des candidats pour ne garder qu’une trentaine, dont quatre ont été sélectionnés à la suite d’un questionnaire plus difficile, Antoine Koniski et Diane Mecattaf ayant été retenus comme suppléants.
QUESTIONS POUR UN CHAMPION
est né en 1988 sur la Troisième Chaîne de Télévision Française, France 3. L'émission est devenue, depuis, le rendez-vous quotidien de millions de téléspectateurs. Culture générale, réflexes et bonne humeur sont les clefs du succès de ce jeu télévisé. Cette année encore, "Questions pour un Champion" franchit les frontières et organise une compétition internationale s'adressant aux 10 pays suivants de l'espace francophone :
Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Egypte, Ile Maurice, Liban, Macedoine, Madagascar, Roumanie, Vietnam...
Vous êtes invités à participer aux sélections organisées par Grundy France en collaboration avec la Mission Culturelle Française de Beyrouth.
A l'issue de ces éliminatoires, quatre lauréats seront accueillis pour une semaine à Paris au mois de février prochain (Transport, hébergement, restauration). De multiples surprises feront également partie du programme... Une belle aventure en perspective !
Conditions : Vous avez 18 ans et plus, vous avez une bonne culture générale et vous maîtrisez bien le français, vous êtes de nationalité libanaise et vous résidez au Liban , devenez l'ambassadeur de votre pays à Paris. Inscrivez-vous dès aujourd'hui en complétant votre bulletin de candidature : Centre Culturel Français Rue de Damas BP 11 477 Beyrouth Tel : 01 420 200 282



14 Décembre 2004

Emission en français sur la NBN le 14 décembre à 20 h 30
Le rôle de l’éducation dans le développement durable

L’Observatoire d’études géopolitiques a coproduit, avec la chaîne de télévision libanaise NBN, un film documentaire sur le thème
«Le rôle de l’éducation dans le développement durable ».
L’objectif est de démontrer l’implication de la Francophonie dans l’éducation, en particulier l’ éducation des femmes, au service du développement durable Ce film produit et diffusé en français (avec un sous-titrage en arabe) par la chaîne de télévision libanaise NBN a été réalisé par Zeina el Tibi, présidente de l’Observatoire d’études géopolitiques, et Wadih Safieddine.
Plusieurs personnalités ont participé à cette émission : Roger Dehaybe, administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, Nayla Mouawad, député au Parlement libanais, Frédéric Clavier, directeur de la Mission culturelle française au Liban, Charles Saint-Prot, géopoliticien.
L’émission a été programmée au Liban sur NBN, le 14 décembre à 20 h.30, et dans le reste du monde arabe à travers NilSat et Arabsat3.
Elle s'inscrit tout à fait dans le prolongement du récent Sommet de la Francophonie de Ouagadougou dont le thème central était justement le développement durable.

Coproduction : NBN et Observatoire d’études géopolitiques
Directeur de production Wadi Safieddine (NBN) Réalisatrice : Zeina el Tibi (OEG)



Al Manar: le feuilleton continue!
> Notre Dossier spécial
et le suivi de l'affaire...

30 Novembre 2004- Il ne fallait sans doute pas être prophète pour prévoir le nouvel épisode de l'affaire de la diffusion d'Al Manar en Europe via le satellite Horbird de la Sté Eutelsat.
Onze jours après avoir conventionné la chaine libanaise, le CSA vient de faire volte-face en saisissant le Conseil d'Etat pour à nouveau demander son interdiction après lui avoir adressé une mise en demeure!
En effet, lors d'une revue de presse, des propos (en arabe) auraient eu, le 23 Novembre, un caractère de nature à inciter à la haine et au racisme. C'est du moins l'interprétation du CRIF et du site Proche-Orient.info qui surveille et décortique sans doute de jour comme de nuit, pour le compte de ce dernier, toute la programmation et la sémantique utilisées par les intervenants sur la chaine.
Que croyaient donc certains hommes politiques français et le lobby qui tentent de baillonner un média dont le tort est de lutter contre la politique sioniste et oppressive du gouvernement de l'état occupant le peuple palestinien? Sans doute dans une grande naiveté qu'Al Manar allait bouleverser du jour au lendemain ses programmes et sa ligne éditoriale pour leurs beaux yeux? Dès La semaine dernière, Mohammed Haïdar, président d'al-Manar affirmait au Figaro ne pas prévoir «de modifications substantielles des programmes» de la chaîne, «en tout cas, pas sur le fond». Les modifications «seront surtout d'ordre formel. Je pense à tout ce qui relève du symbolique ou du vocabulaire et qui pourrait être considéré comme insultant vis-à-vis de la confession juive»,
déclarait Mr Mohammed Haidar.
Cette affaire confirme une fois de plus un certain désordre et une grande ambiguité dans la gestion de ce type de dossier par des autorités françaises affirmant haut et fort leur attachement à la laicité mais qui ne cessent de composer avec les influences des différents groupes de pression communautaires.
Quoiqu'il en soit, Al Manar peut remercier certaines autorités françaises et beaucoup de groupes d'influence pour la publicité qui lui est faite depuis quelques mois:
quasi-inconnue en France il y a quelques mois, sa promotion n'a jamais été autant assurée par les médias que depuis la mise en relief des dysfonctionnements et contradictions des autorités françaises dans la gestion de ce dossier.
Cela en fera peut-être cyniquement sourire certains mais en dégoutera ou inquiétera sans doute beaucoup d'autres, à juste titre...

Le Hezbollah réclame le respect des accords passés
Le CSA redemande l’arrêt de la diffusion d’al-Manar en France

Beyrouth, 1er Décembre 2004- Le Conseil supérieur de l’audiovisuel français (CSA) a annoncé hier, selon l’agence Reuters, la mise en demeure de la chaîne libanaise al-Manar, « afin qu’elle respecte ses obligations légales et conventionnelles », et la saisine en référé du Conseil d’État pour qu’il ordonne à l’opérateur satellitaire Eutelsat de cesser sa diffusion. « Cette décision est motivée par les propos antisémites tenus le 23 novembre dernier sur la chaîne par un intervenant présenté comme un expert pour les affaires relatives à l’entité sioniste », selon le communiqué du CSA. Le Hezbollah a réagi à cette nouvelle en demandant le respect de l’accord passé le 19 novembre dernier avec le CSA, selon lequel toute décision future doit être précédée d’une consultation entre les deux parties. Commentant les termes utilisés par al-Manar, le CSA a affirmé : « De tels propos sont de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte aux principes fondamentaux du droit de l’audiovisuel consacrés par la loi du 30 septembre 1986 qui prohibe toute incitation à la haine ou à la violence, notamment pour des raisons de religion ou de nationalité, a affirmé le CSA. Ils constituent en outre un manquement à plusieurs stipulations de la convention souscrite par al-Manar, en particulier l’exigence d’honnêteté de l’information et l’engagement de traiter avec pondération et rigueur les sujets susceptibles d’alimenter ou d’entraîner des tensions et des antagonismes envers certaines communautés et certains pays. » En août dernier, le Conseil d’État français a refusé de mettre fin à la diffusion d’al-Manar, comme le réclamait le CSA, et demandé à la chaîne de déposer un dossier de conventionnement auprès du CSA. Ce dernier a accordé en novembre à al-Manar une autorisation d’émettre pour un an, contre cinq ans habituellement, en posant « les conditions les plus draconiennes », rappelle le président du CSA, Dominique Baudis, dans une tribune publiée par Le Monde, daté de mercredi. Dans cette tribune, il plaide pour un renforcement de l’arsenal juridique français et européen afin d’empêcher la diffusion des « programmes ouvertement racistes, antisémites et faisant l’apologie de la violence », qui sont transmis « directement du satellite à la parabole ». L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a dénoncé dans un communiqué l’attitude du CSA et du Conseil d’État. « Les deux institutions jouent depuis juillet à un jeu de la patate chaude en se renvoyant le problème », fait valoir l’UEJF en estimant que « le Conseil d’État est désormais face à ses responsabilités ». « Il va devoir reconnaître ses erreurs ou assumer une décision désormais incontestablement scandaleuse », ajoute l’UEJF. Parallèlement, le groupe UMP de l’Assemblée nationale souhaite durcir la législation concernant la diffusion de chaînes de télévision étrangères en France. « Le groupe (...) a souhaité que notre législation, qui a été modifiée récemment, aille encore plus loin pour disposer d’une plus grande efficacité devant une telle situation si malheureusement elle se présente à nouveau », a déclaré mardi Bernard Accoyer, à l’issue de la réunion hebdomadaire du groupe qu’il préside.
« Étonnement » du Hezbollah
La direction d’al-Manar s’est « étonnée » de la nouvelle demande du CSA et l’a invité à « respecter l’accord conclu et à ne pas se soumettre aux pressions politiques ». Dans un communiqué, la direction de la chaîne s’est déclarée « étonnée » d’être informée par les médias de la demande faite par l’autorité chargée de réguler l’audiovisuel en France, qui avait autorisé le 19 novembre la diffusion d’al-Manar en assortissant de conditions très strictes son feu vert, valable pour un an, au lieu de cinq habituellement. « L’accord conclu entre al-Manar et le CSA était clair quant à la nécessité d’une consultation préalable (entre eux) avant toute mesure qui serait prise par le CSA », souligne le communiqué. La direction d’al-Manar affirme que l’accord stipule que le CSA doit « informer la chaîne directement, et non à travers les médias, de toute mesure qui serait prise à son encontre », ajoutant qu’aucune notification officielle du CSA ne lui était encore parvenue mardi soir. Al-Manar a été « surprise par la décision » du CSA « alors que la chaîne souligne son engagement à l’accord conclu et s’attache, depuis le début de l’affaire, à l’appliquer dans ses moindres détails ».
La direction d’al-Manar « déplore la précipitation » dont a fait preuve le CSA et l’invite enfin à « respecter son engagement dans l’accord conclu et à ne pas se soumettre aux pressions politiques exercées contre lui ».


19 Novembre 2004
Le CSA français autorise la diffusion d'al-Manar

La chaîne du Hezbollah libanais devra néammoins se conformer
à un certain nombre de conditions précises
La chaîne du Hezbollah Al-Manar, dont le siège est au Liban, a accepté les termes de la convention proposée par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel, a annoncé celui-ci, et est autorisée de ce fait à émettre dans les Etats de l'Union européenne. Selon la Convention signé par Al-Manar, que le CSA a mis en ligne sur son site, l'éditeur de la chaîne s'engage notamment «à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité». Différentes organisations juives avaient demandé aux autorités françaises d'interdire la diffusion de cette chaîne en France à la suite de la diffusion d'émissions considérées comme portant atteinte aux sentiments de la communauté juive. A la suite de ces plaintes, le CSA avait demandé à la chaîne de présenter une demande de conventionnement. (AFP)

Suite à cette décision, le directeur général de la chaîne al-Manar, Mohammed Haïdar, a réaffirmé lors d'un entrtien accordé au Figaro que « la chaîne respectera la loi française et les dispositions de la convention signée avec le CSA » (Conseil supérieur de l’audiovisuel français) vendredi dernier, précisant que l’objectif d’al-Manar « est de créer une opinion publique favorable à la cause palestinienne ». Selon M. Haïdar, « il ne devrait pas y avoir de modifications substantielles des programmes, en tout cas pas sur le fond ». Les modifications « seront surtout d’ordre formel. Je pense à tout ce qui relève du symbolique et du vocabulaire et qui pourrait être considéré comme insultant vis-à-vis de la confession juive », a-t-il dit. Concernant le feuilleton al Chatat véhiculant des thèses antisémites, M. Haïdar a qualifié « d’erreur regrettable » le passage de ce programme sur la chaîne. À Jérusalem hier, un haut responsable au sein du ministère israélien des Affaires étrangères s’est déclaré « consterné » par la décision du CSA français d’autoriser la chaîne du Hezbollah d’émettre dans les États de l’UE. « Nous sommes très étonnés, pour ne pas dire consternés, par cette décision des autorités françaises de permettre une chaîne de propagande qui prône la destruction de l’État d’Israël et le jihad mondial », a déclaré cette source à l’AFP sous couvert d’anonymat. L’autorisation sous conditions de diffusion d’al-Manar, accordée vendredi par le CSA, est très critiquée par plusieurs associations ainsi que par le Parti socialiste français. Le CSA a affirmé que la convention encadrant cette diffusion est « la plus rigoureuse de toutes ses conventions », avec « des dispositions très strictes quant à la nature des programmes ». Rappelons qu’al-Manar s’est engagée notamment « à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité ».



LBV- 26 Octobre 2004-
Voici la composition du Gouvernement d'Omar Karamé, qui compte pour la première fois deux femmes parmi un total de trente membres, identique au précédent sur ce point...On notera qu'aucun membre de l'opposition traditionnellement opposée à la présence syrienne ne fait partie de la nouvelle équipe. La tâche de celle-ci sera d'abord de réduire le gouffre des finances publiques sur le plan économique et de défier la résolution 1559, sur le plan international :
un double défi objectivement intenable d'ici les législatives du Printemps 2005.
On se contentera déjà tout simplement que le pays reste calme durant les semaines
et les mois à venir.

Omar Karamé, Prime Minister / Premier Ministre.
Issam Fares,
Deputy Prime Minister/ Vice-Premier Ministre.
Elie Ferzli,
Information Minister
Suleiman Frangié,
Minister of the Interior
Jean-Louis Kordahi,
Minister of Telecommunications
Farid al-Khazen,
Minister of Tourism.
Naji Boustany,
Minister of Culture
Mahmoud Hammoud:
Foreign Minister/ Affaires étrangères
Assem Kanso:
Minister of Labor / Travail
Ghazi Zoayter:
Minister of Social Affairs
Mohammed Jawad Khalifeh:
Minister of Health / Santé
Abd al-Rahim Mrad,
Defense Minister.
Laila al-Solh,
Minister of Industry
Adnan Addoum,
Minister of Justice.
Yaseen Jaber,
Minister of Transportation.
Ahmed Sami Minkara,
Minister of Education
Elias Saba,
Finance Minister
Maurice Sehnaoui:
Minister of Energy
Elie Skaff,
Minister of Agriculture
Talal Arslan,
Minister of the Displaced / Déplacés
Wiam Wahab:
Minister of the Environment.
Sebouh Hovnanian
, Minister of Youth and Sports / Jeunesse et Sports
Ibrahim Daher,
State Minister for Administrative Development/ Réforme adminitrative.

State ministers/Ministres d'Etat:
Albert Mansour, Karam Karam, Robert Ghanem, Wafaa Hamza, Youssef Salameh, Alan Taborian, Mahmoud abd el Khalek.

Pour Mémoire la composition du gouvernement Hariri sortant:

17 Avril 2003
:
Voici la liste du gouvernement libanais formé par Rafic Hariri,
qui comprend 30 ministres :

Rafic Hariri (sunnite) : Premier ministre
- Issam Farès (grec-orthodoxe) : vice-Premier ministre
- Fouad Siniora (sunnite) : Finances
- Jean Obeid (maronite) : Affaires étrangères (nouveau)
- Elias Murr (grec-orthodoxe) : Intérieur
- Bahij Tabbara (sunnite) : Justice
(ministre d'Etat dans le précédent gouvernement Hariri)
- Marouan Hamadeh (druze) : Economie et Commerce
(change de portefeuille)
- Michel Samaha (grec-catholique) : Information (nouveau)
- Soleiman Frangié (maronite) : Santé
- Jean-Louis Cordahi (maronite) : Postes et Télécommunications
- Mahmoud Hammoud (chiite) : Défense (change de portefeuille)
- Ayyoub Hmayyed (chiite) : Ressources hydrauliques et électriques (nouveau)
- Farès Boueiz (maronite) : Environnement (nouveau)
- Assad Diab (chiite) : Affaires sociales
- Ali Hussein Abdallah (chiite) : Tourisme (nouveau)
- Sebouh Hovnanian (arménien) : Jeunesse et Sports
- Samir Jisr (sunnite) : Education (change de portefeuille)
- Najib Mikati (sunnite) : Travaux publics
- Ghazi Aridi (druze) : Culture (change de portefeuille)
- Abdallah Farhat (maronite) : Déplacés (nouveau)
- Assaad Hardane (grec-orthodoxe) : Travail (nouveau)
- Ali Hassan Khalil (chiite) : Agriculture (nouveau)
- Elie Skaff (grec-catholique) : Industrie (nouveau)
- Karim Pakradouni (arménien) : ministre d'Etat pour la Réforme administrative (nouveau)
- Khalil Hraoui (maronite) : ministre