
Retour
à la page d'Accueil
 
A la Une de l'Information
et de l'Actualité du Liban
22 Juillet 2006
Entretien sur la
guerre de Juillet avec
Georges Corm (Politologue,
ancien ministre libanais)
« La résolution
1559 a ouvert la voie à lagression »
Professeur de droit, politologue, consultant international, ancien
ministre des Finances et auteur de plusieurs ouvrages de référence
(Le Proche-Orient éclaté, notamment), Georges Corm
analyse la brutale situation libanaise dans son contexte régional,
mondial et interne.
Avez-vous été surpris par
lagression israélienne contre le Liban ? Quelles
seraient les véritables raisons de cette agression dont
le timing correspond également à loffensive
israélienne contre Gaza ?
Non, je nai pas été surpris, car la résolution
1559 des Nations unies en septembre 2004 avait ouvert la voie
à cette agression en redonnant au Liban le statut dEtat
tampon sur la scène régionale sous prétexte
de rétablir sa souveraineté. Il est clair quIsraël
et les Etats-Unis veulent en finir avec les deux symboles les
plus forts de la résistance à leurs diktats de
nature coloniale et fasciste, à savoir le Hamas en Palestine
et le Hezbollah au Liban.
Au-delà des déclarations
dunité nationale prônée par le gouvernement
libanais, quel est le degré de cohésion des courants
libanais autour du Hezbollah ? Quel serait lavenir de
la carte politique interne après cette agression ? Allons-nous
assister à un remake de 1982 avec le syndrome de la «
résistance jetée à la mer », avec
une application de la résolution 1559 ?
Ce sont les plans américano-franco-israélien
qui vont être mis sous drapeau onusien. La situation interne
libanaise, déjà très fragile et très
tendue avant lagression israélienne, risque de
poser encore plus de problèmes quauparavant. Les
forces dites du 14 mars fédérées par le
courant du Futur de la famille Hariri et M. Joumblatt, sous
la houlette américaine et française, vont vouloir
parachever leur domination exclusive sur lEtat libanais.
Cependant, heureusement que le général Aoun, qui
est de loin la personnalité politique chrétienne
la plus populaire, maintient jusquici le cap quil
sest fixé, à savoir un accord avec le Hezbollah
sur les grands principes devant régir le dialogue national
et une condamnation ferme des régimes arabes qui lont
critiqué dans la conjoncture de lagression criminelle
dIsraël sur le Liban.
Certains pays arabes, comme lArabie
Saoudite, reprochent au Hezbollah son « aventurisme ».
Que pensez-vous de cette position et quel crédit donner
à la position adoptée par la Ligue arabe proclamant
léchec du processus de paix ?
Il ny aura jamais de mots assez forts pour dénoncer
lattitude des trois pays arabes (Egypte, Arabie Saoudite
et Jordanie) qui, au lieu de condamner lagression criminelle
israélienne, ont condamné lenlèvement
des deux soldats israéliens par le Hezbollah. Ce faisant,
ils ont facilité le travail de la diplomatie américaine
qui pousse Israël à toutes les extrémités.
Ils uvrent de plus pour semer la discorde entre sunnites
et chiites au Machreq arabe. Je pense quà terme,
cela risque de leur coûter cher, car nous savons très
bien que les opinions publiques dans ces trois pays sont de
cur avec le Hezbollah.
Israël insiste sur le rôle
présumé de la Syrie et de lIran dans les
attaques aux roquettes menées par le Hezbollah. Pensez-vous
que ces deux pays sont directement menacés par des frappes
israéliennes ?
Je nai pas de boule de cristal, mais je crois quils
ne le feront pas, préférant sattaquer au
Liban pour le mettre à genoux et en faire un instrument
docile aux mains dIsraël et des Etats-Unis, comme
ils lont fait en 1982. Dans la lutte pour lhégémonie
régionale totale, ils pensent que léradication
du Hezbollah (tout comme celle du Hamas en Palestine occupée)
serait un coup fatal au prestige et à linfluence
de ces deux puissances régionales qui refusent de céder
aux pressions israélo-américaines. En tout cas,
les Etats-Unis avec leurs troupes en Irak nont pas intérêt
à un conflit militaire avec lIran et Israël
na pas intérêt à louverture
des frontières de cessez-le-feu au Golan à des
actions de commandos ou de guérilla qui sajouteraient
à celles du Hamas et du Hezbollah.
Après les civils et le Hezbollah,
cest également larmée libanaise qui
est ciblée par les bombardements. Que signifie pour vous
cette nouvelle étape ?
Israéliens, Français et Américains en
veulent énormément à larmée
libanaise et à celui qui la réunifiée et
reconstruite après la guerre, le président de
la République, le général Emile Lahoud.
En effet, ce dernier a toujours refusé dutiliser
larmée contre le Hezbollah ou de lenvoyer
au Sud pour être le garde frontière dIsraël.
Les pressions sur lui et le gouvernement de M. Hoss auquel jappartenais
étaient très fortes en 2000 après la victoire
du Hezbollah pour envoyer larmée au Sud. Après
ladoption de la résolution 1559, les pressions
sur le président Lahoud sont devenues intolérables,
pour quil demande à larmée de désarmer
le Hezbollah par la force. Les agents dinfluence américano-français,
à savoir le groupe Hariri et M. Joumblatt, ont donc essayé
de lobliger à démissionner. Mais il a tenu
bon, à la grande fureur de la France et des Etats-Unis
et dautres pays occidentaux qui ont organisé un
boycottage du président de la République libanaise.
Récemment, M. Chirac a demandé au gouvernement
roumain de ne pas adresser dinvitation à notre
président pour le prochain sommet de la Francophonie,
mais de la réserver exclusivement au Premier ministre
(qui, soit dit en passant, ne parle pas le français).
Tout cela est indigne de pays qui prétendent parler au
nom du droit et de la civilisation.
Vous avez déclaré dans
un précédent entretien quune « véritable
démocratisation du monde arabe ne peut quentraîner
une radicalisation des aspirations à la dignité
et à lindépendance ». Est-ce que le
déficit de réactivité arabe est notamment
motivé par la nature même des régimes ?
Et quelle serait, selon vous, « la » réaction
arabe appropriée face à lagression israélienne
?
Bien sûr, les régimes sont responsables, en particulier
ceux qui sont totalement aplatis devant les Etats-Unis. Nous
aurions pu stopper les violences inouïes pratiquées
par Israël au Liban et en Palestine et par les Etats-Unis
en Irak, si seulement deux ou trois gouvernements arabes importants
au Moyen-Orient, en 1978 lors de la première invasion
du Liban ou en 1982 lors de la seconde invasion du Liban ou
en 2000 lorsque M. Bush déclare Sharon un « homme
en paix » avaient rompu leurs relations diplomatiques,
ou plus simplement retiré leurs ambassadeurs de Washington
et menacé de rupture. En effet, un tel geste aurait amené
le gouvernement américain à revoir ses positions.
Mais avec des gouvernements arabes aplatis, les Américains
et les Israéliens sont en droit de se dire quil
ny a aucun obstacle à continuer dans la politique
de la canonnière.
Interview réalisée
pour le quotidien Algérien EL Watan
  
12 Décembre 2005

Gebran Tueni
|
Gebran Tueni
meurt dans un attentat
Alors
qu'il se rendait de son domicile à son lieu de
travail habituel, l'immeuble du journal annahar dont il
était le dirigeant, le député nouvellement
élu et journaliste Gebran Tueni a été
tué dans une explosion visant son véhicule
dans la région de Mkallès. La forte déflagration
aurait fait une dizaine de blessés et au moins
trois autres victimes.
Né en 1957 et père de quatre enfants dont
deux petites jumelles, Gebran Tuéni était
diplomé de plusieurs grandes écoles françaises
dont l'INSEAD et l'Ecole Supérieure de Journalisme.
|

Ghassan Tueni, digne, console Nayla et tout
le Liban qui pleure son fils Gebran
Gebrane Tueni a été assassiné au lendemain
de son retour de Paris ou il avait assisté
le Jeudi 8 Décembre à la remise des insignes de
la Légion d'Honneur à son père
Ghassan
Tueni par le premier ministre français Dominique de Villepin
A la veille
de la seconde édition du rapport Mehlis, l'entreprise
machiavélique de tentative de déstabilisation
du pays du cèdre se poursuit avec ce treizième
attentat visant une personnalité politique
libanaise depuis la mort de Rafic Hariri
Scéne
après l'attentat contre Gébran Tueni (crédit-photo
AFP)
|
Liban: "C'est
un processus de libération qu'on veut entraver",
s'insurge Jacques Chirac
PARIS (AP) --
L'assassinat de Gebrane Tuéni lundi au Liban, "c'est
une voix qu'on a voulu faire taire; c'est un processus
de libération qu'on veut entraver", s'est
insurgé le président Jacques Chirac, qui
fait part de sa "grande peine" dans une lettre
à Siham Tuéni, la veuve du journaliste et
parlementaire anti-syrien.
Cette mort est une "tragédie pour le Liban",
écrit le président français dans
cette missive rendue publique par l'Elysée. "La
France condamne avec la plus grande fermeté ce
crime qui suscite horreur et indignation".
Il "incarnait le combat du Liban pour la démocratie,
l'indépendance et la liberté", souligne
Jacques Chirac. "Je m'incline devant la mémoire
de Gebrane Tuéni et des autres victimes qui ont
sacrifié leur vie, après tant d'autres,
à la cause de la liberté du Liban".
"Tant de drames ne peuvent être vains",
poursuit-il. "Le Liban n'est pas seul; ses amis sont
mobilisés et la communauté internationale
connaît ses responsabilités. La mort de Gébrane
Tuéni est l'occasion de redoubler d'efforts pour
que les résolutions du Conseil de sécurité
soient pleinement mises en oeuvre", assure le président
français.
"Soyez sûre que je reste en alerte et déterminé
pour atteindre ces objectifs", conclut-il.
|
Émié
rend hommage à
« lun des grands acteurs du printemps de Beyrouth
»
Lambassadeur de
France, Bernard Émié, a visité
dans l'après-midi du 12 Décembre les locaux
du quotidien an-Nahar quelques heures après lattentat
qui a coûté la vie à son PDG, le
député de Beyrouth Gebran Tuéni.
À lissue de la visite, M. Émié
a déclaré : « Nous condamnons avec
la plus extrême fermeté lignoble
attentat intervenu ce matin (
). Et dans ces locaux,
je souhaite présenter toutes nos condoléances
aux familles des victimes et à leurs proches.
Mais aussi à tous les Libanais qui se sentent
aujourdhui touchés, éprouvés
par ce drame. »
« Nous rendons hommage à la personnalité
de M. Gebran Tuéni, grand éditorialiste,
lun des symboles de la liberté de ton et
de lindépendance comme du courage de la
presse libanaise. Nous nous souvenons que M. Tuéni
a été lun des grands acteurs du
printemps de Beyrouth. Toute la lumière doit
être faite sur les responsables de cet assassinat
barbare. Nous avons confiance dans la volonté
et la détermination des autorités libanaises
de déterminer, par tous les moyens appropriés,
les circonstances et les responsabilités de cet
événement tragique avant den punir
les responsables. Nous sommes disposés à
répondre aux éventuelles sollicitations
des autorités libanaises. Tous les Libanais,
je dis bien tous les Libanais, doivent rester unis solidaires
pour leur liberté, dans cette terrible épreuve
», a-t-il déclaré.
Et M. Émié de poursuivre : « Cet
assassinat prouve combien la communauté internationale
doit également rester pleinement engagée
aux côtés du Liban, pour sa stabilité,
pour sa sécurité, pour son indépendance.
Notre détermination et notre solidarité
ne faibliront pas. Nous sommes aux côtés,
aujourdhui, de la famille de Gebran Tuéni,
de tous ses proches, de tous ses collaborateurs, de
tous ceux qui vivent en ce moment une épreuve,
un drame. Nous resterons mobilisés pour que rien
nentrave la quête du peuple libanais pour
sa pleine indépendance et sa pleine liberté,
comme pour la connaissance de la vérité
sur tous ces crimes. »
Interrogé à propos de la coïncidence
entre lassassinat de Tuéni et la remise
du rapport Mehlis, il a affirmé : « Je
nai pas de commentaire à faire sur ce point.
Je constate simplement la coïncidence de la date,
comme vous. »
Par ailleurs, M. Émié a remis à
Siham Tuéni, lépouse du journaliste
assassiné, un message de condoléances
du président de la République française,
Jacques Chirac. « Le président exprime
à la fois la condamnation de la France après
cet assassinat, sa sympathie dans ces terribles circonstances
et redit que la France sera exigeante pour que toute
la lumière soit faite sur les circonstances de
ce terrible assassinat »,
a-t-il déclaré.
|
  
30 Août 2005
Enquête
sur l'assassinat de R.Hariri:
nombreuses arrestations à Beyrouth
Les cinq suspects de gauche à droite:
les généraux Jamil Sayyed, ancien directeur de la Sûreté générale,
Raymond Azar, ancien directeur des Renseignements de l’armée,
Ali el-Hajj, ancien directeur général des FSI, Moustapha Hamdane,
commandant de la garde présidentielle, ainsi que l’ancien député
Nasser Kandil (relâché le 31 Août). (Photos/AFP)
BEYROUTH (Source AFP) - Un mandat d'arrêt a été lancé contre le
chef de la Garde présidentielle libanaise tandis que trois autres
anciens responsables des services de sécurité ont été arrêtés
dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier
ministre Rafic Hariri, a annoncé mardi une source de sécurité
à l'AFP.
Les anciens chefs de la Sûreté générale, le général Jamil el-Sayed,
des Renseignements de l'armée, le général Raymond Azar
et de la Sécurité intérieure le général Ali-Al-Hage, prosyriens,
ont été arrêtés, selon cette source. Les mandats d'arrêt émis
par la justice concernent le chef de la Garde présidentielle le
général Moustapha Hamdane, toujours en fonction et l'ancien
député Nasser Qandil, proche de la Syrie, a précisé la
source.

Le général Hamdane avait été interrogé comme "suspect" par la
commission internationale de l'Onu dirigé par le magistrat allemand
Detlev Mehlis (en photo ci-dessus),
qui avait également interrogé plus de 200 personnes comme "témoins".
Plusieurs autres personnes ont été arrêtées également, a indiqué
la source sans préciser leur nombre.
Cette annonce est intervenue quelques jours après l'appel lancé
à tous les pays de la région par le Conseil de sécurité de l'Onu
à coopérer avec la Commission Mehlis pour déterminer les circonstances
et les responsabilités dans l'assassinat, le 14 février à Beyrouth
de l'ancien Premier ministre libanaise.
Le Conseil de sécurité a notamment appelé la Syrie, sans toutefois
la nommer, à apporter sa pleine coopération à cette enquête internationale.

La Commission européenne lance un prix ouvert aux journalistes
et aux étudiants

Le
prix Samir Kassir, pour faire enfin admettre que la liberté
d’expression est un « principe non négociable »
«Il
est temps de réaliser et d’admettre que la liberté d’expression
n’est pas un détail de la coopération avec l’Europe ni
une option du dialogue. Il s’agit d’un droit inaliénable,
d’un principe non négociable. » C’est par ces mots, qui
se passent de tout commentaire, que le chef de la délégation
de la Commission européenne au Liban, Patrick Renauld,
a marqué le lancement hier du « prix Samir Kassir pour
la liberté de la presse », dans le cadre d’une conférence
de presse au siège de la Commission, à Saïfi, en présence
notamment des parents et proches du journaliste assassiné
le 2 juin dernier dans un attentat à la voiture piégée.
Patrick Renauld et la Commission européenne ont ainsi
exprimé hier, à travers un acte fondateur, tout le ras-le-bol
de la presse et des médias, sinon de la société libanaise
tout entière, dégoûtée par ces attentats successifs contre
la liberté de pensée, mais qui refuse obstinément de se
laisser abattre, et qui entend réagir par des actes d’espoir
et de vie. D’où l’idée de la Commission européenne et
des amis de Samir Kassir – avec le soutien de l’ambassade
de France – de parrainer un prix, destiné à légitimer
la liberté de pensée et à encourager la liberté de la
presse dans les pays MEDA ayant souscrit au Partenariat
euro-méditerranéen, pour marquer leur révolte permanente
face à « la violence, l’intimidation, la menace et toutes
les tentatives répétées et constantes de verrouiller la
liberté d’expression ».
Et quel meilleur ambassadeur pour un tel prix que l’éditorialiste
martyr d’an-Nahar, qui, par la seule force de son vécu,
de sa pensée, de ses écrits, du souvenir qu’il laisse,
poursuit la mission qu’il s’était assignée de son vivant
pour lutter contre le « malheur arabe », et opposer une
culture de vie dynamique au statisme des terrorismes d’États?
Perpétuer l’engagement du penseur
Samir Kassir était d’une telle polyvalence, aussi bien
dans le caractère que dans le talent, qu’il était bien
difficile de le cerner, de le réduire à une seule dimension.
Avec sa soif insatiable d’humanisme et de savoir, il était
comme ces hommes universels qui portent en eux et avec
eux les bourgeons du printemps naissant. Ce n’est donc
pas le moins du monde un hasard si la fonction latente
du « prix Samir Kassir pour la liberté de la presse »
sera de perpétuer l’engagement du penseur en faveur de
l’État en droit, en tant que journaliste, mais aussi en
tant qu’enseignant en sciences politiques. Le prix récompensera
ainsi un reportage ou une série de reportages relatifs
à l’État de droit en pays MEDA, ainsi que des recherches
sur l’État de droit ou la liberté de la presse dans les
pays MEDA. Deux prix dotés chacun de 10 000 euros seront
décernés, le premier à un journaliste professionnel de
la presse écrite, de la radio ou de la télévision, ressortissants
des pays MEDA, et le deuxième à un jeune chercheur ou
étudiant, ressortissant des pays MEDA. Le jury sera choisi
conjointement par la Commission européenne et la Fondation
Samir Kassir. Les modalités de participation seront précisées
ultérieurement. Les candidats qui peuvent prétendre au
prix Samir Kassir sont des journalistes pigistes, free-lance
ou titulaires, ainsi que des éditorialistes indépendants,
qui ont publié ou diffusé dans des organes de presse des
pays desquels ils sont ressortissants ou des pays membres
de l’UE. Quant aux étudiants (inscrits en université d’État
ou privée), ils doivent être âgés de moins de 26 ans.
Le jury sera quant à lui composé de 11 membres votants
: 6 journalistes méditerranéens et européens (2 presse
écrite, 2 radio, 2 télévision), 2 membres de la Fondation
Samir Kassir, 3 membres d’ONG européenne et libanaise.
Il comptera également un représentant de la délégation
de la Commission européenne en tant que membre non votant.
Renauld : « Un prix de résistance »
Prenant la parole, M. Renauld a d’abord adressé une pensée
émue « à tous celles et ceux qui ont payé de leur vie
leur liberté ». « Ce nouveau prix de la Commission européenne,
qui inscrira encore plus fort le nom de Samir Kassir dans
les mémoires du monde arabe, est un prix de la résistance.
La résistance des mots contre les armes, contre l’obscurantisme,
contre la barbarie. Il n’est plus admissible aujourd’hui,
au Liban comme partout ailleurs, que des femmes et des
hommes puissent encore être menacés de mort lorsqu’ils
s’engagent dans la vie politique ou proposent une autre
vision du monde », a-t-il affirmé, avant d’avoir une pensée
pour May Chidiac. « Lorsque Voltaire affirmait : “Je ne
suis pas d’accord avec toi, mais je me battrai pour que
tu puisses donner ton opinion”, le philosophe résumait
les bases d’un État de droit sur lequel tous les pays
méditerranéens se sont engagés en souscrivant au Partenariat
euro-méditerranéen et à la Politique européenne de voisinage.
J’en appelle aux politiques : il est temps de réaliser
et d’admettre que la liberté d’expression n’est pas un
détail de la coopération avec l’Europe ni une option de
dialogue. C’est un droit inaliénable. Un principe non
négociable. Et c’est ce message que la Commission européenne
entend donner avec ce prix », a-t-il souligné. Patrick
Renauld a précisé que le prix sera décerné le 2 juin à
Beyrouth, le jour de l’assassinat de Samir Kassir, « pour
que chaque anniversaire de sa disparition soit aussi la
naissance d’un talent, d’un homme ou d’une femme qui aura
porté une pierre à l’édifice de l’État de droit ».
L’hommage de Ghassan Tuéni
C’est un hommage à l’esprit universel, au sens critique
et à la capacité d’analyse du journaliste et de « l’historien
de l’immédiat » que le rédacteur en chef du quotidien
an-Nahar, Ghassan Tuéni, a ensuite rendu à Samir Kassir
et à « l’idéal » qu’il représente. « C’est ce qui faisait
sa force et son génie, et c’est ce qui sera la substance
de sa mémoire », a-t-il indiqué. S’adressant à Patrick
Renauld, M. Tuéni a ensuite affirmé : « Vous nous donnez
confiance et espoir, au milieu du silence arabe (…). Nous
pensons que notre liberté n’est pas négociable. » Et de
citer Kant, en évoquant « l’impératif catégorique de défense
de la liberté », qui est « un devoir ». Dans ce sens,
« Samir est un exemple, et j’espère que ce prix rendra
son image plus grande encore », a ajouté M. Tuéni, en
remerciant enfin « l’Europe et la France qui nous donnent
espoir ».
|
Assassinat
de Samir Kassir
Mi-Juillet: déjà la célébration
du quarantième jour

Gisèle Khoury et Élias Atallah allumant
des bougies devant l’olivier
qui a été planté sur les lieux de l’attentat. (Photo Hassan
Assal)
Un peu plus de quarante jours après
son assassinat à Achrafieh dans un attentat à la voiture
piégée, une foule cosmopolite a rendu un vibrant hommage
le Vendredi 15 juillet 2005 à l’intellectuel Samir Kassir.
Rassemblés dans le Issam Farès Hall de l’AUB, Libanais,
Palestiniens et Syriens ont montré aux criminels que la
pensée de Samir Kassir a trouvé un réceptacle dans toute
une société arabe en quête d’émancipation. Symbole de
ce renouveau tant attendu, un olivier, arbre de la paix
et de la démocratie, a été planté sur les lieux de l’explosion.
Parallèlement, deux juges antiterroristes français, Jean-Louis
Bruguière et Philippe Coirre, ont été saisis pour enquêter
sur l’assassinat de Kassir, qui détenait également la
nationalité française.
|
Homme-idée
qui a conquis les esprits, de Jérusalem à Damas
»,
« homme-multiple » dans son génie de journaliste,
d’écrivain, d’historien, de professeur, pour ne
citer que ceux-là, « héros »,
« guerrier », « architecte » d’un passé glorieux,
celui du 14 mars, mais aussi fécondateur d’un
futur « beau », où l’homme et la femme arabes
retrouvent leur dignité perdue, Samir Kassir est
désormais
« un penseur qui appartient à l’avenir »...Il
a vu son ami et collègue Élias Khoury qualifier
sa pensée d’« essence de parfum de Jaffa, mélangée
à celui des roses de Damas », et versée dans des
mots qui ont fait de Beyrouth le cœur du printemps
arabe.
Il l’a vu dénonçant cette « vengeance contre la
vie » qu’a été son assassinat...Ce fut ensuite
le tour du poète Mahmoud Darwich qui, dans une
intervention enregistrée à partir de Ramallah,
se consolait et consolait « les amants de Beyrouth
» pour la perte de « l’enfant génial », de celui
qui « dansait, svelte, dans les champs de mines
», de celui que « la liberté a sauvagement assassiné,
elle qui assassine ses amants la nuit de noces
venue »...
Et c’est Yasser Abed Rabbo, le célèbre ex-ministre
palestinien de l’Information, qui s’est intéressé,
non sans émotion, au « symbole » Samir Kassir,
« dont les articles étaient des oracles », puisqu’il
a « appelé depuis 2003 les peuples arabes à se
soulever contre leurs tyrans avant qu’on ne vienne,
de l’étranger, les destituer et en prendre prétexte
pour occuper leurs pays ». « Samir Kassir, ce
pont vers le rêve pour les peuples de la région,
qui les appelait à secouer le despotisme et l’archaïsme,
et qui nous appelait à nous redéfinir », a-t-il
ajouté...Même Walid Joumblatt, dans une allocution
enregistrée, semblait serein lorsqu’il saluait
« la mémoire de Samir Kassir », le père de l’intifada...
Des
pistes sérieuses dans l’enquête française
C’est également sous le signe de l’espoir
que Gisèle Khoury-Kassir place son intervention,
mettant elle aussi l’accent sur l’inévitable combat
à mener « pour la liberté, la démocratie et, surtout,
le respect ». Un combat pour lequel Samir Kassir
« a donné ce qu’il a de plus cher, sa vie, sans
aucun compromis, pour briser le mur de la peur,
pour la liberté, la transparence et la démocratie
». « Nous continuerons tous, jusqu’à la victoire,
qui, j’espère, est proche. Mais pour que notre
société guérisse, il faut aussi savoir qui a donné
l’ordre, qui a assassiné Samir Kassir et pourquoi
», a-t-elle souligné. Concernant l’enquête, Mme
Khoury a précisé que « l’enquête libanaise commence
à avancer sérieusement », et qu’en France, « le
dossier est presque prêt pour que la police française
arrive à Beyrouth, avant décembre ». « Beaucoup
de témoins ont été entendus, à Paris et à Beyrouth,
et il existe des pistes sérieuses sur l’assassinat
et l’identité des organisateurs », a-t-elle noté.
La journaliste a enfin indiqué qu’une Fondation
Samir Kassir était sur le point de voir le jour,
avec un Board of Trustees formé de 50 personnes.
Elle a également indiqué qu’un numéro spécial
de L’Orient-Express sur le thème « Le Printemps
inachevé de Beyrouth » et dédié à l’éditorialiste
allait paraître pour le Salon du livre, sous le
parrainage de l’ancien ministre Michel Eddé, sans
oublier la parution de traductions des ouvrages
de Kassir, Histoire de Beyrouth et Considérations
sur le malheur arabe dans plusieurs langues, notamment
en arabe et en espagnol.
|
|
ACTION
et SOLIDARITE PARIS-BEYROUTH
L'opposition Libanaise en France et les
amis de Samir KASSIR frustrés et indignés par ce
lâche assassinat, vous appelle à manifester
Le Samedi le 04 juin 2005 à 17 heures devant
l'Institut du Monde Arabe

Un rassemblement à la mémoire de Samir Kassir aura lieu
jeudi 9 Juin,
à 18 heures, devant l'ambassade du Liban à Paris, rue
Copernic.
Un
Comité Européen pour la Vérité
sur l'Assassinat de Samir Kassir et pour sa mémoire
a été crée en Juin 2005
|
2
Juin 2005

Samir Kassir
|

Le
journaliste Samir Kassir tué dans un attentat à Beyrouth
Le journaliste libanais de renom Samir Kassir a été assassiné
aujourd'hui dans un attentat à la voiture piégée dans
le quartier chrétien résidentiel d'Achrafieh à Beyrouth.
|
Beyrouth,
avec AFP-
Le
corps de Samir Kassir, un journaliste de renom qui collaborait
notamment avec le quotidien An-Nahar et qui avait la nationalité
française, se trouvait sur le siège avant du passager dans une
voiture garée au côté de la rue et qui a explosé vers 10h45 locales.
Une personne aurait été blessée et emmenée à l'hôpital. L'armée
libanaise s'est déployée sur le lieu de l'attentat où les secours
sont aussitôt arrivés. A proximité, se trouvent un supermarché
et une école. L'attentat n'a pas fait beaucoup de dégâts et visait
ce journaliste qui s'est violemment pris ces derniers temps au
«régime libanais policier» soutenu par la Syrie. Interrogé sur
les possibles raisons de son assassinat, son frère Sleimane Kassir
a répondu: «Samir a vécu toute sa vie dans le danger. Il écrivait
tous ces articles contre la Syrie». Le premier ministre Nagib
Miqati et Gébrane Tueini, député de Beyrouth et rédacteur en chef
du journal An-Nahar, se se sont aussitôt rendus sur le lieu de
l'attentat. L'ambassadeur de France, Bernard Emié, se trouvait
également sur place. Samir Kassir est l'auteur de plusieurs ouvrages
sur le Liban et le monde arabe.
On peut citer entre autres «La guerre au Liban», «Histoire de
Beyrouth» paru en 2003 et Considération sur le malheur arabe,
édité en 2004. Il était aussi professeur de sciences politiques
à l'université Saint Joseph de Beyrouth (USJ). Il avait écrit
une série d'articles contre le «régime militaro-policier» établi
par la Syrie au Liban et l'un de ses virulent articles était intitulé
«des militaires contre le peuple»...
Tout juste agé de 45 ans, Samir Kassir apparaissait
périodiquement dans la Revue de Presse internationale hebdomadaire
"Kiosque" sur TV5
Hommages et
Témoignages pour Samir Kassir

L'hommage unanime et émouvant
de la presse rendu, le 3 Juin 2005, place des Martyrs,au
journaliste martyr, stylos levés au ciel et appareils
photo déposés à terre.(Photo Sami Ayad)
Ancien conseiller culturel et de coopération scientifique
et technique près l'Ambassade de France au Liban 1991-1994
je tiens à esprimer mon indignation face à l'odieux attentat
dont a été victime SAMIR KASSIR écrivain et journaliste
franco-libanais de grand talent et d'une probité intellectuelle
au-dessus de tout soupçons, qui l' amenait à s'insurger
contre l'occupation du LIBAN depuis de nombreuses années.
Je tiens à cette démarche pour avoir reçu Samir Kassir
à trois salons du livre à Beyrouth que j'ai organisé en
1992-1993-1994 ainsi que au "salon lire en musique" à
Salon de Provence en France que j'ai aussi organisé en
2004.....10 ans après Beyrouth. Et là aussi Samir Kassir
comme il l'avait fait au Liban a assuré la publicité de
cet événement avant d'y participer largement en tant qu'auteur
et animateur . Il s'était là aussi acquis tout de suite
l'adhésion du public. Je m'unis largement à ceux qui exigent
que les coupables de cet assassinat soient rapidement
identifiés avant de subir les rigueurs de la loi.
J'estime que Samir Kassir mérite que les deux gouvernements
libanais et français coopérent dans cette démarche.
Alain Boismery
3 Juin 2005
Témoin d’un Liban nouveau
Samir Kassir était un enseignant, un journaliste, un intellectuel.
Quel que soit l’ordre que l’on veuille donner à ces fonctions,
peu importe : il était celui qui tient à dire ce qui ne
se dit pas, à communiquer à ceux qui ne savent pas, à
penser ce que l’on n’aime pas penser. Et, pour couronner
le tout, il était un passionné de liberté. En tant que
tel, pour les hommes de l’ombre et de la mort, il ne pouvait
être que l’homme à abattre. Ils l’ont souvent pourchassé
alors qu’ils régnaient sur le pavé de Beyrouth ; ils l’ont
atteint hier alors qu’ils rampent encore, ici ou là, avec
leurs armes de mort. Enseignants et étudiants, tous, à
l’Université Saint-Joseph, collègues ou disciples, ne
peuvent que dénoncer ce crime abject. Notre université
s’était déjà manifestée lorsque Marwan Hamadé, membre
de notre Conseil stratégique, avait été visé en un terrible
attentat ; elle avait pris part à la douleur de tous lors
de l’assassinat du Premier ministre Rafc Hariri ; elle
s’était déployée en nombre de ses composantes lors des
évènements qui avaient suivi. Elle redit aujourd’hui sa
colère parce que l’un des siens a été assassiné. Elle
presse instamment toutes les autorités du pays de tout
faire pour qu’enfin les criminels soient châtiés. Paul
Ricœur, philosophe français, disait il y a quelque temps
: « Les individus peuvent se pardonner, pas les peuples
; il y a quelque chose d’impitoyable dans leurs blessures.
»
René CHAMUSSY, s.j. Recteur de l’Université Saint-Joseph
La plume-boussole d’un incorruptible
S’il est vrai que l’honneur d’un journaliste consiste
d’abord et surtout à « porter la plume dans la plaie »,
nul mieux que Samir Kassir n’aura incarné cette noble
mission, hautement périlleuse dans nos contrées proche-orientales.
Les Libanais savent qu’il fut le premier à briser la loi
du silence, qu’il fut à l’avant-garde du combat contre
le régime militaro-sécuritaire, qu’il fut le plus brillant
porte-parole d’une société civile assoiffée de liberté
et de justice. Mais si le Liban a perdu un très grand
journaliste, un « idéal-type » de l’éditorialiste au courage
exemplaire, un professeur d’université rigoureux et charismatique,
ainsi qu’un homme politique visionnaire, moderniste et
réformateur, c’est le monde arabe tout entier qui a perdu
un immense intellectuel, respecté et admiré dans les milieux
académiques et journalistiques du monde entier. Il incarnait
ce que le monde arabe a de mieux à offrir. À l’époque
du « choc des ignorances » qualifié abusivement de « choc
des civilisations», il refusait avec force l’éternelle
dichotomie simpliste du « eux contre nous ». Il ne mettait
jamais en veilleuse son esprit critique, son humanisme,
son universalisme. Il luttait simultanément et vaillamment
sur tous les fronts : contre l’arrogance et l’occupation
israéliennes, contre le sous-développement arabe, contre
le néocolonialisme, contre le communautarisme, contre
tous les despotismes locaux, contre la victimisation et
les jérémiades incessantes des peuples de la région...
Dans son ouvrage intitulé Considérations sur le malheur
arabe (Actes Sud, 2004), il a procédé à une brillante
déconstruction et réfutation des théories essentialistes
et culturalistes, véhiculées par des intellectuels comme
l’orientaliste Bernard Lewis et tous ceux qui nous dépeignent
un monde arabe irrémédiablement condamné à subir le marasme.
Ce livre de Samir Kassir, empreint d’espérance, est un
diagnostic d’une lucidité rare, ainsi qu’un véritable
plaidoyer pour une renaissance politique et intellectuelle,
un manifeste pour un aggiornamento devenu on ne peut plus
urgent. Et Samir Kassir portait en lui le souffle de cette
«nahda» qu’il appelait de ses vœux. Il y a à peine dix
jours, ce partisan d’une évolution vers un Liban laïc
déclarait au Nouvel Observateur : « Le peuple libanais
a obtenu une première victoire : le départ de l’armée
syrienne. Il faut espérer qu’un jour les centaines de
milliers de gens qui sont descendus dans la rue recommencent
pour la démocratie et la fin du communautarisme. » Il
est mort au cœur de Beyrouth, cette ville qu’il aimait
passionnément. Son Histoire de Beyrouth (Fayard, 2003)
est en effet tout à la fois une fresque d’une remarquable
érudition, digne d’un Fernand Braudel, et une déclaration
d’amour à notre capitale, cette «ville qui toujours renaît
», cette ville « aimée de la mer et mère des lois », cette
ville qu’il voyait avec « les yeux de l’esprit». Ce défenseur
de la cause palestinienne a fait partie des intellectuels
arabes qui se sont élevés contre le négationnisme. Alors
qu’à Beyrouth, à Damas et au Caire, les intellectuels
de cour célébraient Roger Garaudy, auteur d’un ignoble
pamphlet antisémite, Samir Kassir le condamnait dans les
termes les plus vifs. C’est en grande partie grâce à lui
qu’une conférence des « assassins de la mémoire », qui
devait se tenir à Beyrouth, a été annulée, ce qui a sauvé
l’honneur de notre pays. Samir Kassir est mort, alors
que du Golfe à l’Atlantique, des centaines de « mercenaires
de la plume», dont la servilité à l’égard de tous les
despotes et autocrates de la région n’a pas de bornes,
sont en pleine forme. Ils continueront de se servir de
leur plume comme d’une brosse à reluire. Quant à la plume
indépendante de Samir Kassir l’incorruptible, elle lui
a coûté la vie. Mais longtemps encore, elle nous servira
de boussole. Samir Kassir est mort. Les citoyens libanais,
ainsi que tous les démocrates du monde arabe, chancelants
de douleur, s’inclinent avec respect devant celui qui
fut et restera l’honneur des intellectuels arabes.
Karim Émile BITAR Directeur de la rédaction de
« L’ENA hors les murs »
Le cri du coq
Les mots qu’on ne dit pas nous étouffent, les mots qui
libèrent peuvent tuer. Dilemme d’être journaliste en Orient,
penseur ou écrivain. Dilemme d’être, en Orient, un homme
ou une femme libre, tout simplement. 4h du matin, un coq
au loin strie l’insomnie de la ville d’un cri dolent et
porte l’écho des cœurs endeuillés. Il relaie la voix indépendante
que l’on vient de taire. L’encre de la nuit coule sur
Beyrouth. Il n’y a pas plus douloureux, plus poignant
que cette plaie saignante d’une ville dont on vient d’assassiner
un fils libre-penseur, écrivain, journaliste, un matin
d’espoir. Beyrouth est un autel de feu où les Molochs
de l’obscurantisme font des incursions pour y immoler
la parole libre, celle qui trace les chemins de l’avenir.
L’encre de la nuit de Beyrouth coule sur tout l’Orient,
aux rêves éternellement inassouvis. Orient cruel où les
destins prometteurs des plus brillants de ses fils se
fracassent, aux levers du jour, sous la gâchette de doigts
et de cerveaux criminels. Pour avoir osé traduire en lettres
éditoriales les rêves de réforme, pour avoir répercuté
les aspirations aux cheveux blanchis de déception des
vieilles générations arabes et celles encore frémissantes
de nouveauté, des générations de la relève au Liban, en
Syrie, en Palestine et ailleurs dans ce « Croissant fertile
» de sang, Samir Kassir a rejoint la cohorte des journalistes
héros et martyrs de la plume libre, souveraine, indépendante.
Trois attributs qu’il a contribué à restituer, à son échelle,
à cette patrie des hommes arabes libres qu’est le Liban...
et qui le restera. Grâce à lui et à tous les autres, libres-penseurs
et journalistes de mon pays crucifié sur sa géographie,
le coq bleu des aubes sans cesse renaissantes donnera
toujours de la voix dans les nuits de Beyrouth, appelant
le jour qui se lève... inévitablement.
Carole H. DAGHER
Walid Kassir : « Samir était mon héros » «
Il était pour moi bien plus qu’un frère ordinaire
». C’est ainsi que le frère du disparu, Walid Kassir,
professeur à la faculté de droit de l’USJ, a commencé
ce qui reste certainement l’un des hommages les plus touchants,
les plus vrais adressés à la mémoire de Samir Kassir.
« Dès ma plus tendre adolescence, il a été pour moi un
héros dans tous les sens du terme et surtout un véritable
maître à penser », a-t-il indiqué. Walid Kassir a ensuite
essayé de brosser quelques-unes des facettes de son frère
: le journaliste symbole de la liberté d’expression, le
professeur adulé par ses étudiants – à tel point que «
c’est la vue d’un de ses étudiants injustement malmené
qui lui a fait écrire un de ses éditoriaux les plus percutants
» – ou encore l’écrivain engagé. « Il a si bien approfondi
l’histoire de son Beyrouth, de son Liban et de sa région,
qu’il a fini par y entrer par la grande porte : d’abord
en s’engageant de tout son cœur pur dans le Printemps
de Beyrouth, puis en en payant le prix si lourdement.
Nous avions ainsi oublié l’espace d’un printemps, enivrés
par l’air de la liberté, que la place du 14 mars s’appelait
la place des Martyrs », a-t-il indiqué. Évoquant enfin
la volonté de l’essayiste d’extirper le monde arabe de
son « malheur », il a ajouté : « Seuls l’État de droit
et l’aspiration inséparable à un développement équilibré
et durable permettront au monde arabe de retrouver la
place dont il est digne dans la civilisation mondiale.
» Et de conclure : « À Samir, toi dont le prénom résonne
toujours comme “Amir” (prince), nous te promettons de
tout faire pour que ton rêve devienne un jour réalité,
que ton “Indépendance 05” fleurisse de plus en plus dans
le monde arabe pour qu’une véritable nahda y aboutisse
cette fois, sur tous les plans. » Avec une passion sans
égale, Samir Kassir a enseigné à ses étudiants de l’USJ
la « nahda », rêvant sans cesse d’une nouvelle renaissance
en puissance, en devenir, à l’échelle régionale. Le voilà
qui, par une de ces pirouettes cruelles et merveilleuses
de l’histoire, en est devenu l’un des principaux précurseurs
et prédicateurs, l’un des premiers guides.
|
  
31 Mars 2005
Lancement à Beyrouth d'une campagne libano-européenne
en faveur de la journaliste Florence Aubenas

Luc Abi Zeid, membre du comité franco-libanais
pour la libération de Florence Aubenas, le 31 mars 2005.
© AFP Ramzi Haidar
(Avec
l'AFP Beyrouth) Un comité
libano-européen a été créé jeudi à Beyrouth pour lancer une campagne
de solidarité avec la journaliste française Florence Aubenas et
son guide, Hussein Hanoun al-Saadi, détenus en otages en Irak
depuis le 5 janvier, a-t-on constaté. Cette campagne a été lancée
au cours d'une conférence au siège du syndicat de la presse en
présence d'un représentant de l'association euro-arabe, Luc Abi
Zeid, du président du Conseil national de l'audiovisuel au Liban,
Abdel Hadi Mahfouz et de la télévision du Hezbollah, Al-Manar,
représentée par son chargé des relations extérieures, Ibrahim
Farhat. "Nous avons voulu lancer cette campagne à Beyrouth, parce
que nous sommes conscients que le Liban reste, malgré la crise
qu'il traverse un exemple de coexistence et de liberté d'expression
dans la région", a déclaré M. Abi Zeid.
Le représentant d'Al-Manar a pour sa part indiqué que ceux qui
ont enlevé Florence Aubenas et son guide "cherchent à terroriser
ceux qui se sont donnés pour mission de révéler le vrai visage
de l'occupation en Irak" et qu'"en fin de compte les objectifs
des ravisseurs rejoignent ceux des occupants". M. Abi Zeid a également
lu un message du secrétaire général de Reporters sans frontières,
Robert Ménard, appelant à poursuivre la mobilisation "qui peut
hâter le retour de Florence et de Hussein". M. Ménard avait indiqué
mercredi que "les choses avancent à petit pas".
La veille, le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin,
avait affirmé que le gouvernement avait obtenu des "informations
rassurantes" sur le sort de la journaliste. Son enlèvement n'a
pas été revendiqué.
  
"Questions pour un champion" en février 2005 à Beyrouth
Eliminatoires le jeudi
3 Février à 16h00 à la Salle Montaigne -
Centre Culturel Français - Rue de Damas.

Salim Fayad, Joumana Jamhouri, Jean-Pierre Tou-tounji
et Lama Tyan sont les heureux gagnants aux éliminatoires
du fameux jeu télévisé qui se sont déroulées au Liban.
La
salle Montaigne était pleine. Amoureux de la langue, de
la compétition, de la culture générale (ou tout simplement
de Julien Lepers!), calfeutrés dans leur siège se sont
prêtés au jeu. Pour la troisième fois (1993; puis, mars
2002), l’émission de “France 3”, relayée par TV5, a choisi
le Liban pour une compétition internationale auprès de
neuf pays de l’espace francophone: Bulgarie, Burkina Faso,
Canada, Egypte, Ile Maurice, Macédoine, Madagascar, Roumanie,
Vietnam. Adressées au grand public, les éliminatoires
organisées par Grundy France et la Mission culturelle
française de Beyrouth, ont départagé quatre lauréats qui
seront accueillis durant une semaine à Paris, du 26 février
au 5 mars prochain (transport, hébergement, restauration).
Plutôt que Julien Lepers, l’animateur célèbre de l’émission
lancée en 1988, Christine Grenier et Frank Villard ont
dirigé la compétition, après avoir rappelé la participation
remarquée des finalistes libanais la dernière fois. 50
questions de culture générale ont éliminé une partie des
candidats pour ne garder qu’une trentaine, dont quatre
ont été sélectionnés à la suite d’un questionnaire plus
difficile, Antoine Koniski et Diane Mecattaf ayant été
retenus comme suppléants.
|
QUESTIONS
POUR UN CHAMPION
est né en 1988 sur la Troisième Chaîne de Télévision Française,
France 3. L'émission est devenue, depuis, le rendez-vous quotidien
de millions de téléspectateurs. Culture générale, réflexes et
bonne humeur sont les clefs du succès de ce jeu télévisé. Cette
année encore, "Questions pour un Champion" franchit les frontières
et organise une compétition internationale s'adressant aux 10
pays suivants de l'espace francophone :
Bulgarie, Burkina Faso, Canada, Egypte, Ile Maurice, Liban, Macedoine,
Madagascar, Roumanie, Vietnam...
Vous êtes invités à participer aux sélections organisées par Grundy
France en collaboration avec la Mission Culturelle Française de
Beyrouth.
A l'issue de ces éliminatoires, quatre lauréats seront accueillis
pour une semaine à Paris au mois de février prochain (Transport,
hébergement, restauration). De multiples surprises feront également
partie du programme... Une belle aventure en perspective !
Conditions : Vous avez 18 ans et
plus, vous avez une bonne culture générale et vous maîtrisez bien
le français, vous êtes de nationalité libanaise et vous résidez
au Liban , devenez l'ambassadeur de votre pays à Paris. Inscrivez-vous
dès aujourd'hui en complétant votre bulletin de candidature :
Centre Culturel Français Rue de Damas BP 11 477 Beyrouth Tel :
01 420 200 282

14 Décembre 2004
Emission en français sur la NBN
le 14 décembre à 20 h 30
Le rôle de l’éducation dans le
développement durable

L’Observatoire d’études géopolitiques a coproduit, avec la chaîne
de télévision libanaise NBN, un film documentaire sur le thème
«Le rôle de l’éducation dans le développement durable ».
L’objectif est de démontrer l’implication de la Francophonie dans
l’éducation, en particulier l’ éducation des femmes, au service
du développement durable Ce film produit et diffusé en français
(avec un sous-titrage en arabe) par la chaîne de télévision libanaise
NBN a été réalisé par Zeina el Tibi, présidente de l’Observatoire
d’études géopolitiques, et Wadih Safieddine.
Plusieurs personnalités ont participé à cette émission : Roger
Dehaybe, administrateur général de l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie, Nayla Mouawad, député au Parlement libanais,
Frédéric Clavier, directeur de la Mission culturelle française
au Liban, Charles Saint-Prot, géopoliticien.
L’émission a été programmée au Liban sur NBN, le 14 décembre à
20 h.30, et dans le reste du monde arabe à travers NilSat et Arabsat3.
Elle s'inscrit tout à fait dans le prolongement du récent
Sommet de la Francophonie de Ouagadougou
dont le thème central était justement le développement
durable.
Coproduction : NBN et Observatoire d’études géopolitiques
Directeur de production Wadi Safieddine (NBN) Réalisatrice : Zeina
el Tibi (OEG)

Al Manar: le feuilleton continue!
30 Novembre 2004- Il
ne fallait sans doute pas être prophète pour prévoir
le nouvel épisode de l'affaire de la diffusion d'Al Manar
en Europe via le satellite Horbird de la Sté Eutelsat.
Onze jours après avoir conventionné la chaine libanaise,
le CSA vient de faire volte-face en saisissant le Conseil d'Etat
pour à nouveau demander son interdiction après lui
avoir adressé une mise en demeure!
En effet, lors d'une revue de presse, des propos (en arabe) auraient
eu, le 23 Novembre, un caractère de nature à inciter
à la haine et au racisme. C'est du moins l'interprétation
du CRIF et du site Proche-Orient.info qui surveille et décortique
sans doute de jour comme de nuit, pour le compte de ce dernier,
toute la programmation et la sémantique utilisées
par les intervenants sur la chaine.
Que croyaient donc certains hommes politiques français
et le lobby qui tentent de baillonner un média dont le
tort est de lutter contre la politique sioniste et oppressive
du gouvernement de l'état occupant le peuple palestinien?
Sans doute dans une grande naiveté qu'Al Manar allait bouleverser
du jour au lendemain ses programmes et sa ligne éditoriale
pour leurs beaux yeux? Dès La semaine dernière,
Mohammed Haïdar, président d'al-Manar affirmait au Figaro ne pas
prévoir «de modifications substantielles des programmes» de la
chaîne, «en tout cas, pas sur le fond». Les modifications «seront
surtout d'ordre formel. Je pense à tout ce qui relève du symbolique
ou du vocabulaire et qui pourrait être considéré comme insultant
vis-à-vis de la confession juive»,
déclarait Mr Mohammed Haidar.
Cette affaire confirme une fois de plus un certain désordre
et une grande ambiguité dans la gestion de ce type de dossier
par des autorités françaises affirmant haut et fort
leur attachement à la laicité mais qui ne cessent
de composer avec les influences des différents groupes
de pression communautaires.
Quoiqu'il en soit, Al Manar peut remercier certaines autorités
françaises et beaucoup de groupes d'influence pour la publicité
qui lui est faite depuis quelques mois:
quasi-inconnue en France il y a quelques mois, sa promotion n'a
jamais été autant assurée par les médias
que depuis la mise en relief des dysfonctionnements et contradictions
des autorités françaises dans la gestion de ce dossier.
Cela en fera peut-être cyniquement sourire certains mais
en dégoutera ou inquiétera sans doute beaucoup d'autres,
à juste titre...
|
Le
Hezbollah réclame le respect des accords passés
Le CSA redemande l’arrêt de la diffusion d’al-Manar en
France
Beyrouth, 1er Décembre 2004-
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel français (CSA) a
annoncé hier, selon l’agence Reuters, la mise en demeure
de la chaîne libanaise al-Manar, « afin qu’elle respecte
ses obligations légales et conventionnelles », et la saisine
en référé du Conseil d’État pour qu’il ordonne à l’opérateur
satellitaire Eutelsat de cesser sa diffusion. « Cette
décision est motivée par les propos antisémites tenus
le 23 novembre dernier sur la chaîne par un intervenant
présenté comme un expert pour les affaires relatives à
l’entité sioniste », selon le communiqué du CSA. Le Hezbollah
a réagi à cette nouvelle en demandant le respect de l’accord
passé le 19 novembre dernier avec le CSA, selon lequel
toute décision future doit être précédée d’une consultation
entre les deux parties. Commentant les termes utilisés
par al-Manar, le CSA a affirmé : « De tels propos sont
de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte
aux principes fondamentaux du droit de l’audiovisuel consacrés
par la loi du 30 septembre 1986 qui prohibe toute incitation
à la haine ou à la violence, notamment pour des raisons
de religion ou de nationalité, a affirmé le CSA. Ils constituent
en outre un manquement à plusieurs stipulations de la
convention souscrite par al-Manar, en particulier l’exigence
d’honnêteté de l’information et l’engagement de traiter
avec pondération et rigueur les sujets susceptibles d’alimenter
ou d’entraîner des tensions et des antagonismes envers
certaines communautés et certains pays. » En août dernier,
le Conseil d’État français a refusé de mettre fin à la
diffusion d’al-Manar, comme le réclamait le CSA, et demandé
à la chaîne de déposer un dossier de conventionnement
auprès du CSA. Ce dernier a accordé en novembre à al-Manar
une autorisation d’émettre pour un an, contre cinq ans
habituellement, en posant « les conditions les plus draconiennes
», rappelle le président du CSA, Dominique Baudis, dans
une tribune publiée par Le Monde, daté de mercredi. Dans
cette tribune, il plaide pour un renforcement de l’arsenal
juridique français et européen afin d’empêcher la diffusion
des « programmes ouvertement racistes, antisémites et
faisant l’apologie de la violence », qui sont transmis
« directement du satellite à la parabole ». L’Union des
étudiants juifs de France (UEJF) a dénoncé dans un communiqué
l’attitude du CSA et du Conseil d’État. « Les deux institutions
jouent depuis juillet à un jeu de la patate chaude en
se renvoyant le problème », fait valoir l’UEJF en estimant
que « le Conseil d’État est désormais face à ses responsabilités
». « Il va devoir reconnaître ses erreurs ou assumer une
décision désormais incontestablement scandaleuse », ajoute
l’UEJF. Parallèlement, le groupe UMP de l’Assemblée nationale
souhaite durcir la législation concernant la diffusion
de chaînes de télévision étrangères en France. « Le groupe
(...) a souhaité que notre législation, qui a été modifiée
récemment, aille encore plus loin pour disposer d’une
plus grande efficacité devant une telle situation si malheureusement
elle se présente à nouveau », a déclaré mardi Bernard
Accoyer, à l’issue de la réunion hebdomadaire du groupe
qu’il préside.
« Étonnement » du Hezbollah
La direction d’al-Manar s’est « étonnée » de la nouvelle
demande du CSA et l’a invité à « respecter l’accord conclu
et à ne pas se soumettre aux pressions politiques ». Dans
un communiqué, la direction de la chaîne s’est déclarée
« étonnée » d’être informée par les médias de la demande
faite par l’autorité chargée de réguler l’audiovisuel
en France, qui avait autorisé le 19 novembre la diffusion
d’al-Manar en assortissant de conditions très strictes
son feu vert, valable pour un an, au lieu de cinq habituellement.
« L’accord conclu entre al-Manar et le CSA était clair
quant à la nécessité d’une consultation préalable (entre
eux) avant toute mesure qui serait prise par le CSA »,
souligne le communiqué. La direction d’al-Manar affirme
que l’accord stipule que le CSA doit « informer la chaîne
directement, et non à travers les médias, de toute mesure
qui serait prise à son encontre », ajoutant qu’aucune
notification officielle du CSA ne lui était encore parvenue
mardi soir. Al-Manar a été « surprise par la décision
» du CSA « alors que la chaîne souligne son engagement
à l’accord conclu et s’attache, depuis le début de l’affaire,
à l’appliquer dans ses moindres détails ».
La direction d’al-Manar « déplore la précipitation » dont
a fait preuve le CSA et l’invite enfin à « respecter son
engagement dans l’accord conclu et à ne pas se soumettre
aux pressions politiques exercées contre lui ».
|
 
19 Novembre 2004
Le CSA français autorise
la diffusion d'al-Manar
La chaîne du Hezbollah libanais devra néammoins se conformer
à un certain nombre de conditions précises
La chaîne du Hezbollah Al-Manar, dont le siège est au Liban,
a accepté les termes de la convention proposée par le Conseil
supérieur de l'Audiovisuel, a annoncé celui-ci, et est autorisée
de ce fait à émettre dans les Etats de l'Union européenne. Selon
la Convention signé par Al-Manar, que le CSA a mis en ligne sur
son site, l'éditeur de la chaîne s'engage notamment «à ne pas
inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour
des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité».
Différentes organisations juives avaient demandé aux autorités
françaises d'interdire la diffusion de cette chaîne en France
à la suite de la diffusion d'émissions considérées comme portant
atteinte aux sentiments de la communauté juive. A la suite de
ces plaintes, le CSA avait demandé à la chaîne de présenter une
demande de conventionnement. (AFP)
Suite à cette décision, le
directeur général de la chaîne al-Manar, Mohammed Haïdar, a réaffirmé
lors d'un entrtien accordé au Figaro que « la chaîne respectera
la loi française et les dispositions de la convention signée avec
le CSA » (Conseil supérieur de l’audiovisuel français) vendredi
dernier, précisant que l’objectif d’al-Manar « est de créer une
opinion publique favorable à la cause palestinienne ». Selon M.
Haïdar, « il ne devrait pas y avoir de modifications substantielles
des programmes, en tout cas pas sur le fond ». Les modifications
« seront surtout d’ordre formel. Je pense à tout ce qui relève
du symbolique et du vocabulaire et qui pourrait être considéré
comme insultant vis-à-vis de la confession juive », a-t-il dit.
Concernant le feuilleton al Chatat véhiculant des thèses antisémites,
M. Haïdar a qualifié « d’erreur regrettable » le passage de ce
programme sur la chaîne. À Jérusalem hier, un haut responsable
au sein du ministère israélien des Affaires étrangères s’est déclaré
« consterné » par la décision du CSA français d’autoriser la chaîne
du Hezbollah d’émettre dans les États de l’UE. « Nous sommes très
étonnés, pour ne pas dire consternés, par cette décision des autorités
françaises de permettre une chaîne de propagande qui prône la
destruction de l’État d’Israël et le jihad mondial », a déclaré
cette source à l’AFP sous couvert d’anonymat. L’autorisation sous
conditions de diffusion d’al-Manar, accordée vendredi par le CSA,
est très critiquée par plusieurs associations ainsi que par le
Parti socialiste français. Le CSA a affirmé que la convention
encadrant cette diffusion est « la plus rigoureuse de toutes ses
conventions », avec « des dispositions très strictes quant à la
nature des programmes ». Rappelons qu’al-Manar s’est engagée notamment
« à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination
pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité
».
LBV- 26 Octobre 2004- Voici la composition du Gouvernement
d'Omar Karamé, qui compte pour la première fois
deux femmes parmi un total de trente
membres, identique au précédent sur ce point...On
notera qu'aucun membre de l'opposition traditionnellement opposée
à la présence syrienne ne fait partie de la nouvelle
équipe. La tâche de celle-ci sera d'abord de réduire
le gouffre des finances publiques sur le plan économique
et de défier la résolution 1559, sur le plan international
:
un double défi objectivement intenable d'ici les législatives
du Printemps 2005.
On se contentera déjà tout simplement que le pays
reste calme durant les semaines
et les mois à venir.

Omar Karamé, Prime Minister / Premier
Ministre.
Issam Fares, Deputy Prime Minister/ Vice-Premier Ministre.
Elie Ferzli, Information Minister
Suleiman Frangié, Minister of the Interior
Jean-Louis Kordahi, Minister of Telecommunications
Farid al-Khazen, Minister of Tourism.
Naji Boustany, Minister of Culture
Mahmoud Hammoud: Foreign Minister/ Affaires étrangères
Assem Kanso: Minister of Labor / Travail
Ghazi Zoayter: Minister of Social Affairs
Mohammed Jawad Khalifeh: Minister of Health / Santé
Abd al-Rahim Mrad, Defense Minister.
Laila al-Solh, Minister
of Industry
Adnan Addoum, Minister of Justice.
Yaseen Jaber, Minister of Transportation.
Ahmed Sami Minkara, Minister of Education
Elias Saba, Finance Minister
Maurice Sehnaoui: Minister of Energy
Elie Skaff, Minister of Agriculture
Talal Arslan, Minister of the Displaced / Déplacés
Wiam Wahab: Minister of the Environment.
Sebouh Hovnanian, Minister of Youth and Sports / Jeunesse
et Sports
Ibrahim Daher, State Minister for Administrative Development/
Réforme adminitrative.
State ministers/Ministres d'Etat:
Albert Mansour, Karam Karam, Robert Ghanem, Wafaa
Hamza, Youssef Salameh, Alan Taborian, Mahmoud abd el Khalek.
|
Pour
Mémoire la composition du gouvernement Hariri sortant:
17 Avril 2003:
Voici la liste du gouvernement libanais formé par Rafic Hariri,
qui comprend 30 ministres :
Rafic Hariri (sunnite) : Premier
ministre
- Issam Farès (grec-orthodoxe) : vice-Premier
ministre
- Fouad Siniora (sunnite) : Finances
- Jean Obeid (maronite) : Affaires étrangères
(nouveau)
- Elias Murr (grec-orthodoxe) : Intérieur
- Bahij Tabbara (sunnite) : Justice
(ministre d'Etat dans le précédent gouvernement Hariri)
- Marouan Hamadeh (druze) : Economie et
Commerce
(change de portefeuille)
- Michel Samaha (grec-catholique) : Information
(nouveau)
- Soleiman Frangié (maronite) : Santé
- Jean-Louis Cordahi (maronite) : Postes
et Télécommunications
- Mahmoud Hammoud (chiite) : Défense
(change de portefeuille)
- Ayyoub Hmayyed (chiite) : Ressources
hydrauliques et électriques (nouveau)
- Farès Boueiz (maronite) : Environnement
(nouveau)
- Assad Diab (chiite) : Affaires sociales
- Ali Hussein Abdallah (chiite) : Tourisme
(nouveau)
- Sebouh Hovnanian (arménien) : Jeunesse
et Sports
- Samir Jisr (sunnite) : Education (change
de portefeuille)
- Najib Mikati (sunnite) : Travaux publics
- Ghazi Aridi (druze) : Culture
(change de portefeuille)
- Abdallah Farhat (maronite) : Déplacés
(nouveau)
- Assaad Hardane (grec-orthodoxe) : Travail
(nouveau)
- Ali Hassan Khalil (chiite) : Agriculture
(nouveau)
- Elie Skaff (grec-catholique) : Industrie
(nouveau)
- Karim Pakradouni (arménien) : ministre
d'Etat pour la Réforme administrative (nouveau)
- Khalil Hraoui (maronite) : ministre
| |