

CAFÉS
CULTURELS DE LORIENT-LE JOUR
Le
Salon du livre francophone: bilan et échange
didées
pour 2009
Le
compte-rendu de Zena Zalzal

Cest
par le bilan du Salon du livre francophone de
Beyrouth que « LOrient-Le Jour »
a entamé la troisième édition
de ses rencontres, organisées en collaboration
avec la Maison du livre, au restaurant LAtelier
de lUSJ.
Il sagissait bien dun bilan et «
nullement dun procès », comme
la signalé demblée Maria
Chakhtoura, qui animait cette rencontre entre
professionnels et amoureux du livre francophone.
« Nous sommes là pour essayer de
chercher, ensemble, les causes de certaines lacunes
apparues peut-être lors de ce récent
Salon afin de leur trouver des solutions, mais
aussi pour encourager les nouvelles initiatives
pour cette fête annuelle du livre que nous
voudrions, comme dhabitude, toujours de
grande qualité»,
a-t-elle précisé.
Il sagissait donc dune réflexion
en commun sur les difficultés rencontrées
par les (nouveaux) organisateurs de ce Salon
qui, rappelons-le, rouvrait ses portes après
deux ans dabsence due à la situation
sécuritaire du pays , mais aussi
dun échange de propositions sur les
modalités à suivre pour offrir au
public libanais une prochaine édition encore
plus conforme à leurs attentes.
Denis Gaillard
Rappelant que, pour des raisons de contraintes
sécuritaires, lambassade de France
a passé la main au syndicat des importateurs
du livre pour lorganisation de cet événement,
Denis Gaillard, conseiller culturel près
lambassade de France à Beyrouth,
sest demandé si « le fait que
lorganisation ait changé cette année
a pu avoir un impact sur le Salon ». Étant
entendu que « lambassade est restée
le premier partenaire du syndicat dans lorganisation
de ce Salon ».
Pour le diplomate français, « cette
passation, un peu risquée, a été
très réussie » et, à
ce titre, il a rendu hommage au travail de tous
les organisateurs : le syndicat des importateurs
de livres, Promofair, mais également les
éditeurs, libraires et ambassades francophones
qui ont fait un effort formidable, notamment au
niveau de la présentation, de lanimation
et de la décoration de leurs stands.
Selon Denis Gaillard, la fréquentation
du Salon en 2008 a enregistré une baisse
minime, de lordre de dix pour cent, par
rapport aux années précédentes.
Il a également expliqué limpression
de vide, relevée par les visiteurs, par
la largeur des allées, étant donné
que, contrairement aux années précédentes,
le Salon a occupé cette fois lintégralité
de lespace du BIEL.
Ceci étant, le conseiller culturel a relevé
quelques points dajustements dans «lobjectif
dun Salon 2009 encore plus beau et attractif
», comme le fait de réduire peut-être
le nombre dauteurs invités en même
temps, denvisager un peu moins de débats
et de réfléchir aux moyens à
mettre en uvre pour « faire venir
un troisième segment de la population,
autre que les scolaires et les adultes, à
savoir les étudiants, cette tranche déterminante
des 20-25 ans ».
Maroun Nehmé
Considérant que ce Salon a offert «
une radioscopie de létat du livre
francophone dans un pays qui se débat pour
se maintenir à niveau », le président
du syndicat des importateurs de livres au Liban,
Maroun Nehmé, a confié que lorganisation
de ce Salon représentait pour lui un défi
à relever après cette longue interruption.
Dautant, a-t-il insisté, «
quon a été très prudents
sur la qualité des participations ».
Rejoignant les suggestions de Gaillard de cibler
la tranche universitaire de la population, Maroun
Nehmé a également insisté
sur la nécessité dattirer
aussi les professions libérales et daccroître
limplication des éditeurs dans ce
Salon « qui peut être à la
fois grand public tout en souvrant plus
largement aux éditeurs professionnels ».
Parmi les points positifs de ce Salon, Maroun
Nehmé a signalé « la présence
dun public très motivé, dauteurs
célèbres, dune disposition
des stands selon un plan beaucoup plus agréable
et dune couverture médiatique très
large ».
Georges Tabet
Ce dernier point a été en partie
contesté par Georges Tabet, PDG des Messageries
du Moyen-Orient, qui a estimé, pour sa
part, quen dépit dune couverture
de presse excellente, linformation autour
de ce Salon, notamment au niveau des panneaux
publicitaires, aurait pu être relayée
un peu plus à lavance. En tant qu«
observateur et participant », Georges Tabet
a relevé, pour sa part, une baisse de la
fréquentation de plus de 10 pour cent par
rapport au dernier Salon, en 2005. Une diminution
quil explique par les dates (du 23 octobre
au 2 novembre) de cet événement
qui coïncidaient avec la fin dun mois
difficile, celui de la rentrée scolaire,
avec un pouvoir dachat qui sest beaucoup
réduit « Dailleurs,
la fréquentation a été plus
importante le dernier week-end ». Mais aussi
des dates qui coïncidaient avec des congés
scolaires, et une rentrée universitaire
qui a eu lieu plus tôt que dhabitude
cette année.
Et en tant que libraire francophone qui refuse
de se retrouver noyé dans un Salon international
du livre et qui souhaite ardemment le maintien
de ce Salon francophone, le PDG des Messageries
du Moyen-Orient a appelé les intéressés
à prendre en considération tous
ces facteurs de dysfonctionnement précités,
mais aussi les plaintes des visiteurs concernant
le chevauchement entre signatures, conférences
et manifestations au programme, tout en reconnaissant
qu«après deux ans dinterruption,
il est très difficile de remettre une machine
en route ».
Michel Choueiri
Directeur de la librairie al-Bourj et président
de lAssociation internationale des libraires
francophones, Michel Choueiri a signalé
que le changement de dénomination du Salon
qui de « Lire en français
et en musique » est désormais appelé
Salon du livre francophone de Beyrouth
« a peut-être incité certaines
ambassades de pays francophones à sy
investir plus cette année». Expliquant
les déficiences de la communication médiatique
par un souci de budget, le président de
lAILF a recommandé, pour lannée
prochaine, une préparation en avance de
cet événement, « à
partir de février ou mars, par exemple,
ainsi quune plus grande collaboration entre
les libraires et les ambassades dans la sélection
des auteurs invités. « Il sagit,
dune part, de choisir des écrivains
qui soient davantage en rapport avec notre identité
culturelle, nos envies et nos centres dintérêt,
mais aussi, il faudrait, dautre part, éviter
de faire venir dun seul coup et sur la période
réduite de dix jours, autant dauteurs
et faire en sorte que le Salon soit le coup denvoi
de rencontres avec les écrivains invités
étalées sur toute lannée.»
Chérif Majdalani
Recoupant les propos de Michel Choueiri, Chérif
Majdalani a lui aussi insisté sur la nécessaire
collaboration entre organisateurs et universitaires
dans le choix des auteurs invités. Relevant
la présence de « certains écrivains
dont luvre est trop spécifiquement
française, compliquée ou absolument
pas à la portée de notre public
», le professeur de lettres à lUSJ
a recommandé de « faire attention
à la demande du lectorat libanais ».
« Si on invite un auteur que jai eu
le temps de présenter à mes étudiants
par exemple, ils seront plus intéressés
à le rencontrer au Salon», a soutenu
Chérif Majdalani, qui a ainsi répliqué
à Denis Gaillard, qui se demandait où
étaient les universitaires, que ces derniers
«nétaient pas là parce
quon navait pas pris leur avis ».
Par ailleurs, rapportant les propos négatifs
de ses étudiants sur ce Salon, quils
ont globalement qualifié de «triste
et où il ny avait personne»,
le professeur Majdalani a expliqué que
cette impression de vide était peut-être
due à la largeur des allées, mais
aussi au fait que cette année, seuls les
vrais amateurs et acheteurs du livre sy
sont rendus, contrairement aux années précédentes,
où cette manifestation était pour
beaucoup une occasion de sortie, de promenade,
de café littéraire.
Signalant, par ailleurs, labondance et la
qualité des offres de livres dans ce Salon,
qui ont amplement satisfait le promeneur et acheteur
quil est, Majdalani a exprimé toutefois
sa déception devant le stand dActes-Sud,
annoncé comme linvité dhonneur
de cette manifestation. «Un stand qui se
présentait juste comme une table couverte
de livres sans une visibilité de lhistoire
de cette maison dédition, de ses
projets, de son impact, etc.», a-t-il déploré.
Concluant quen tant quécrivain,
si lui avait été comblé par
la présence à ses signatures et
conférences, cela navait pas été
le cas pour nombre dacolytes invités.
« Il faudrait faire en sorte que les écrivains
soient contents de leur participation au Salon,
pas seulement de leur séjour touristique
au Liban. »
Un débat avec le public a suivi les interventions.
Bilan mitigé pour le Salon du livre francophone
de Beyrouth
LOrient-Le
Jour entame la seconde édition de ses Cafés
culturels mensuels organisés en collaboration
avec La Maison du livre. Pour rappel, il sagit
de rencontres mensuelles autour dun thème
présenté par des spécialistes
et discuté par la suite avec le public.
Ce premier Café culturel de la saison
portera sur le Salon du livre francophone qui
sest déroulé au BIEL du 23
octobre au 2 novembre. La rencontre aura lieu,
comme à laccoutumée, au restaurant
LAtelier de lUSJ ( Berytech) le jeudi
4 décembre, à 18h00.
Il est important détablir un bilan
dun Salon du livre francophone qui, pour
la première fois cette année, a
été organisé par le syndicat
des importateurs du livre, soutenu par les services
culturels de lambassade de France, qui sont
les principaux initiateurs de cette manifestation
depuis 15 ans déjà.
Cette année, le Salon a connu des ratés
qui ont interpellé plus dun, tant
côté organisateurs que côté
libraires ou lecteurs.
Que sest-il passé ? Quelles sont
les failles ? Que faire pour maintenir le niveau
de cette fête annuelle du livre francophone
au Liban considérée, jusque-là,
comme le troisième Salon francophone du
livre en importance, après ceux de Paris
et de Montréal ?
Le Café culturel du 4 décembre se
propose de poser le problème avec, pour
intervenants : Denis Gaillard : conseiller
culturel près lambassade de France
à Beyrouth.
Maroun Nehmé : président
du syndicat des importateurs de livres.
Georges Tabet : directeur des Messageries
du Moyen-Orient.
Michel Choueiri, directeur de la librairie
al-Bourj.
Le Pr Chérif Majdalany, auteur et
participant au Salon du livre francophone de Beyrouth.
Lanimation sera assurée par Maria
Chakhtoura, journaliste.
Comme à laccoutumée, les interventions
seront suivies dun débat.
La durée de la rencontre est de 1h30.
LAtelier, rue de Damas, face au Centre culturel
français.
Un parking se trouve à proximité
du Berytech.
15ème édition du Salon du livre
francophone de Beyrouth :
un nouveau nom, de nouveaux rôles, mais
une même teneur
Le
Salon du livre francophone de Beyrouth donne à
nouveau, après deux ans dabsence,
rendez-vous à ses habitués au BIEL,
du 23 octobre au 2 novembre 2008.
Le 9 octobre 2008, confirmation en a été
faite au cours dune conférence de
presse tenue à lhôtel Palm
Beach par les principaux organisateurs :
le syndicat des importateurs de livres au Liban,
en collaboration avec Promofair (pour laspect
logistique).
Le Bureau du livre de lambassade de France,
qui était traditionnellement le principal
organisateur de cet événement, joue
toujours un rôle actif de soutien intellectuel
et financier, et devient dès lors «
le principal collaborateur », comme la
indiqué le conseiller culturel près
lambassade, Denis Gaillard. Lambassade
de Suisse participe elle aussi activement à
la mise en place de ce Salon, ainsi que la Bank-Med
qui, elle, en demeure le sponsor exclusif.
« Il ne sagit pas dun coup dÉtat
(
) ou dune volonté de nationaliser
ce Salon », a prévenu demblée
le président du syndicat des importateurs
de livres, Maroun Nehmé, qui a tenu à
rassurer « ceux qui se demandent sil
sagit bien du même Salon, connu sous
le nom de Lire en français et en
musique, et si, en changeant dorganisateurs,
le Salon changeait dobjectifs. Cest
simplement un acte consenti par les deux parties,
qui ont renforcé chacune son rôle
naturel, car je le dis sans ambages, le Service
culturel ne nous a jamais aussi bien soutenus.
»
En bref, « les objectifs demeurent inchangés
», assure Nehmé, en affirmant que
le syndicat va sattacher à «
intensifier les échanges entre les professionnels
de limportation et de la distribution du
livre au Liban et le monde éditorial francophone
; recentrer le Salon sur le livre et lécrit
et mettre la parole au service de lécrit
; inviter le public libanais à participer
massivement à toutes les manifestations
sans effet délitisme ; encourager
les Libanais à écrire et à
se faire publier en français ; et enfin
participer à lélargissement
du public francophone, notamment par linvitation
des pays francophones du Sud lannée
prochaine. »
Sinon, pour ce qui est des grandes lignes de cette
15e édition du Salon du livre francophone
de Beyrouth, Denis Gaillard a signalé que
le thème de la Méditerranée
et celui du dialogue euroméditerranéen
y seront développés, notamment au
cours de débats animés par des essayistes
tels que : Michel Foucher, Pascal Boniface, Georges
Corm, Joseph Maïla, etc. Et que la maison
dédition Actes Sud, qui fête
cette année son trentième anniversaire,
en sera linvitée dhonneur.
Une agora accueillera au centre de lespace
les rencontres et débats entre écrivains
invités, réunis sous le titre «
Paroles dauteurs ».
Des hommages seront rendus à Gibran Khalil
Gibran, dont on célèbre cette année
le 125e anniversaire, et à Mahmoud Darwish.
Un coin particulier sera réservé
à la traduction. Et parmi les nombreux
auteurs conviés, on peut signaler : Michel
Déon, Mathias Enard, Irène Frain,
Alexandre Jardin, Olivier Poivre dArvor,
Daniel Rondeau, Louis Gardel ou encore Charles
Dantzig. Sans oublier les auteurs jeunesse, «
dont trois Suisses », comme la relevé
Carine Carey, de lambassade de la Confédération,
qui a également insisté sur la participation
de « ce coin de terre suisse francophone
» à travers linvitation décrivains-voyageurs,
dessayistes qui animeront des tables rondes
sur lhistoire et le pluralisme suisses,
et des auteurs et bibliothécaires jeunesse.
Laquelle jeunesse ne sera pas la dernière
servie au cours de ce Salon, puisque toutes les
matinées lui seront dédiées.
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