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Archives: les Editos de LibanVision depuis Novembre 2000

Si un fait dominant dans l'actualité mérite une attention particulière et nous inspire un commentaire original, nous vous invitons à partager notre humeur ou notre humour, voire de temps en temps celle d'un invité de notre choix.Nous encouragerons toujours la libre expression qui favorise l'unité et la solidité des liens entre tous ceux, Libanais ou non, qui partagent avec force et conviction ce lien unique au monde qu' est la Libanité.


La France impuissante dans sa tentative de contribution à un déblocage de la situation au Liban et pour cause >>

Bruni, Sarkozy et la confusion des deux "corps du roi"
Au-delà du rire, la honte! Un sentiment que d’aucuns jugeront ringard, mais ma première réaction à la nouvelle de la liaison de Nicolas Sarkozy et du top model Carla Bruni a été la honte. La honte aujourd’hui d’être un citoyen français représenté à l’étranger par Nicolas Sarkozy.

M’est revenue tout de suite à l’esprit la distinction de l’historien Kantorowivz entre les deux "corps du roi"; le corps sacerdotal, celui par lequel il incarne la collectivité, et le corps réel, celui qui mange, boit , aime. La distinction s’applique évidemment aussi aux présidents et chefs de gouvernement et, plus encore, à Nicolas Sarkozy, qui prétend renforcer les pouvoirs présidentiels.

Comme le souligne Régis Debray dans sa récente "Obscénité démocratique", il faut au sommet de l’Etat, au Prince, un certain apparat, une certaine solennité, le respect de certains rites. Même s’il n’est plus -et c’est heureux- de droit divin, il participe du "bouclage" de la société au-dessus d’elle-même, sans lequel elle se délite; c’est le rôle du "corps sacerdotal" du roi. Bernard Henri-Levy le remarquait récemment: tous les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy maintenaient une distinction claire entre le premier et le second "corps", pour que la majesté du premier ne soit pas atteinte par les éventuels écarts, en tous cas, le caractère commun du second.

Des bruits multiples ont couru sur les écarts de Jacques Chirac et de Valery Giscard d’Estaing. La France a appris à la fin du second septennat la double vie de François Mitterrand et sa fille cachée. Mais ils savaient, les uns et les autres, maintenir la distance qu’il faut entre leur vie privée et leur rôle symbolique.

Avec l’actuel président , les deux "corps du roi" deviennent indistincts. Le peuple participe au corps réel. Il vit, en direct, les querelles de ménage et les séparations. Le voici maintenant qui vit, tout aussi en direct, le "collage" du Prince avec une nouvelle compagne. A quand le coït en direct?

Si, encore, ce collage avait été vraiment révélé par une indiscrétion de journaliste, une photo "volée" à l’une des entrées secondaires de l’Elysée, dans un autre palais de la République ou dans un hôtel. Mais c’est à Disneyland que le Président a clairement organisé la révélation, à côté de Mickey, Minie et Popeye, qui n’ont rien de vulgaire en eux-mêmes, mais qui, n’ayant rien à voir avec les frasques présidentielles, contribuent , malgré eux, à ridiculiser un peu plus le corps sacerdotal.

D’aucuns affirment qu’il fallait faire oublier les honneurs assez scandaleusement accordés à Khadafi et les pitreries bédouines de ce dernier, par un autre évènement médiatique. Raté! Les deux évènements médiatiques se renforcent et se complètent dans l’atteinte portée à la majesté de la République. Décidément, aujourd’hui, je préfèrerais être espagnol, allemand, anglais, et même américain, que français.

Jean Matouk (Economiste)


L'échec de Kouchner prévisible voire programmé?
Le fait que Nicolas Sarkozy s'implique personnellement très peu dans le dossier libanais, laissant sur le terrain et en première ligne son MAF, Bernard Kouchner n'a rien de très étonnant. Il s'est mis d'accord avec Bush lors de sa visite officielle début novembre pour que la France occupe, une dernière fois sans doute, un rôle de premier plan sur la scène libanaise et proche-orientale. En effet, cet échec entre dans une stratégie machiavélique visant à décrédibiliser la place de la France dans la région pour mieux imposer ensuite le plan américain. Dès lors une question se pose: Sarkozy est-il naif et inexpérimenté en politique étrangère comme le dit le président iranien ou, plus grave, pourrait-il être le complice d'un échec prémédité? Sa discrétion personnelle dans le dossier permet vraiment de douter à moins d'être naif! Rien ne peut à ce niveau étonner les libanais qui savent mieux que quiconque pour qui bat le coeur de Sarkozy dans la région...
Français, dormez tranquille, concentrez vous sur vos problèmes sociaux avant que Sarkozy ne vous mobilise peut-être un jour pour une guerre contre l'Iran.
D'ici là, vous serez rentrés dans le rang des nations non influentes au Proche Orient et entrés malgré vous dans celui des supplétifs des forces néo-conservatrices.
Rien que pour cela, on ne vous envie guère!

signé: un internaute amère

PARIS JOUE AU LIBAN UNE PART IMPORTANTE DE SA CRÉDIBILITÉ INTERNATIONALE

BEYROUTH, 19 nov 2007 (AFP) -
En multipliant ses efforts pour tenter de régler la crise libanaise, la France joue une part capitale de son influence dans ce pays, avec des répercussions importantes pour sa crédibilité sur la scène proche-orientale et internationale, soulignent des spécialistes.
Signe de la priorité donnée à ce dossier, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner se trouve depuis dimanche soir à Beyrouth pour une sixième visite en six mois.
"Est-ce qu’il faut que j’y aille ? Oui. Est-ce que c’est risqué ? Oui", a confié le ministre à des journalistes l’accompagnant.

Pour le journal libanais Annahar, M. Kouchner joue gros dans cette nouvelle mission pour tenter de débloquer la situation en vue de l’élection d’un nouveau président, avant l’échéance constitutionnelle du 23 novembre à minuit.
"C’est la dernière tentative pour éviter l’échec de la médiation française", engagée en juillet avec une réunion de toutes les factions libanaises à La Celle Saint-Cloud, près de Paris, écrit le quotidien.

Pour Dominique Moïsi, de l’Institut français des relations internationales (Ifri), "si la France veut faire la différence aujourd’hui au Proche-Orient et dans le monde musulman, ce n’est ni en Irak, ni dans le conflit israélo-palestinien, ni en Afghanistan. C’est au Liban qu’elle peut encore le faire", estime-t-il.
En cas de succès, "la France pourra montrer qu’elle existe aux Américains et aux autres pays de la région", avec des répercussions potentielles sur des dossiers aussi différents que le projet de création d’une Union méditerranéenne cher au président Nicolas Sarkozy ou le retour complet de la France dans l’Otan, estime-t-il.

Mais, en cas d’échec, les conséquences risquent aussi d’être lourdes, relève le spécialiste libanais des questions stratégiques, Elias Hanna.
Malgré ses efforts, la France, devenue une puissance moyenne, "manque de carottes comme de bâtons" pour s’imposer comme autrefois au Liban, et doit compter sur un allié américain "miné par la débâcle irakienne", fait-il valoir.
Un échec français au Liban ne manquerait pas "de peser sur le projet d’Union méditerranéenne et de se traduire par une perte de crédibilité chez certains pays du Golfe", qui soutiennent les efforts de Paris, estime-t-il.

Paul Salem, du centre Carnegie pour le Proche-Orient à Beyrouth, inscrit lui aussi l’activisme français au Liban dans un contexte plus large.
"Avec le regain d’intérêt des présidents Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy pour la Méditerranée, on assiste à une nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient",
estime-t-il.
"L’influence française sur les Etats-Unis dans le dossier libanais reste aussi importante", souligne-t-il, en référence aux efforts conjoints depuis 2004 de Washington et Paris, malgré les désaccords sur la guerre en Irak, pour mettre fin à la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre.

La France, qui a exercé un mandat sur le Liban de 1920 à 1943, s’est pendant des décennies appuyée, y compris après l’indépendance du pays, sur les chrétiens maronites, longtemps dominants.
La relation amicale entre le président Chirac et l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, un sunnite, ont resserré les liens avec cette communauté aux appuis puissants dans le reste du Moyen-Orient, notamment le Golfe.
Paris cherche aujourd’hui à se présenter comme "l’ami de tous les Libanais", une formule qui veut inclure la communauté chiite, plus sensible aux sirènes de Damas et Téhéran qu’à celles de Paris ou Washington.

"Tout pays qui essaie de trouver une place sous le soleil du Moyen-Orient le fait au Liban", fait valoir Joseph Fadel, professeur de sciences politiques à Beyrouth.
Christophe de ROQUEFEUIL


Les tribulations d'une diplomatie française instrumentalisée

L'émissaire Cousseran avec  Nawaf Moussaoui du Hezbollah
ou le "SarKouchnerisme" à l'épreuve de vérité au Liban
Le ministre Kouchner avec Nasrallah Sfeir
Nous aimerions bien nous tromper mais la dispersion de la diplomatie française au Liban ne fait selon nous qu'accroitre le risque d'un échec du processus de désignation d'un président de la république dans les délais et les règles constitutionnelles.
Depuis le voyage de Sarkozy chez Bush, les allées du pouvoir français se sentent investies d'une mission pour assister les libanais dans leurs négociations car elles ont reçu l'autorisation de l'Oncle Sam de représenter l'Occident dans cette phase cruciale que vit le pays du cèdre. Le week-end dernier, c'est le secrétaire général de l'Elysée, représentant personnel de Sarkozy, qui allait au charbon après que l'été dernier l'on vit l'émissaire spécial Mr Cousseran faire de multiples voyages au Liban. Mr Guéant rentré à Paris, c'est Mr Kouchner, ministre des affaires étrangères qui repart au Liban dès le lendemain. Et après-demain? croyez-vous comme la rumeur le murmure, que c'est Sarko en personne qui se déplacera à Beyrouth alors que le corps social de la France gronde?
Il nous étonnerait vraiment que cette agitation dispersée apporte une vraie solution car on se demande bien qui détient les vrais rênes de la diplomatie française.
On a vraiment l'impression que la France est l'envoyé spécial de Georges Bush puisqu'en cas d'échec elle ressortira encore affaiblie au Liban. Il faut dire que sa gestion du dossier depuis l'élection de Sarkozy ne contribue guère à atténuer la complexité ambiante...
Et si, in fine, les occidentaux s'accomodaient d'une élection à la majorité simple, il y a fort à parier que cela serait interprété comme un passage en force qui déboucherait inévitablement sur des troubles extrêmement graves. Quand la France ne se représente pas elle-même, elle n'oeuvre pas dans l'intérêt du Liban.
A Sarkozy de faire preuve de courage et de nous étonner! mais lui-même est-il convaincu qu'il a quelque chose à gagner en s'exposant directement au Liban? Il s'honorerait sans doute à dépasser ces cyniques calculs en pensant d'abord à la portée symbolique du Liban et à l'absolue nécessité d'une amitié franco-libanaise sincère et véritable.
Dans le cas contraire, il serait suspect d'intelligence pour une autre cause...
JM Druart


Avec Sarkozy et Kouchner, une France impuissante
et américanisée de l'intérieur comme à l'extérieur.


L'arrivée du ministre "Sarkouchner" à Beyrouth, visiblement hilare et déjà content de lui malgré les périls qui menacent la stabilité du Liban:
une attitude légère et déplacée qui illustre sans doute l'impuissance grandissante de la France et sa position alignée sur celle des néo-conservateurs américains.


Quand un ministre s'amuse...

A lire aussi >> Kouchner arrive à Beyrouth... et s'invite à un mariage

18 Octobre 2007-
Ainsi les mauvaises langues avaient-elles bien raison!
le président divorce?: no comment?
Effectivement le devoir de réserve devrait s'imposer pour le respect de la tradition française qui exige que ces faits demeurent strictement dans la sphère privée.
Sauf que dans ce cas il y a un "hic" qui justifie la transgression.
Mr Sarkozy aura en effet mis en scène sa pseudo-famille pour se construire une image afin de parvenir à son objectif: l'Elysée.Voilà que du doute sur la réalité du retour de Cécilia, nous voilà désormais parvenus à la certitude que tout cela n'était qu'apparence et un contrat moral entre deux êtres qui se sont aimés et dont le dernier acte complice aura consisté à monter une supercherie pour assouvir l'un et l'autre leur arrivisme.
La presse française aura été, jusqu'au dernier moment, de connivence parce que la plupart de ses titres appartiennent directement ou indirectement aux "frères" du président.Voilà comment la France qui se targue d'être un pays de culture ou l'on réfléchit en profondeur devient le champ de jeu des petits esprits superficiels ou l'image devient le moteur de l'action au risque de jouer "grandeur et décadence".Voilà pour l'intérieur...
A l'extérieur, le spectacle n'est guère plus réjouissant. Sarkozy qui dinait encore avec le caniche de Bush (Tony Blair) le soir même ou la presse dévoilait enfin sa rupture conjuguale, ne cesse de s'aligner sur les positions américaines d'un Bush qui semble de plus en plus belliqueux à l'approche de la fin de son mandat.
Et le Liban dans tout cela, me direz-vous? Il se sent bien orphelin de "sa" France!
Et tant pis s'il n'est, au passage, pas très diplomate de noter que l'ambassadeur en poste, Bernard Emié, nommé par le tandem Chirac-Villepin, a rapidement fait ses valises en direction de la Turquie après le changement de locataire à l'Elysée.
Aujourd'hui, la France n'a pas vraiment d'ambassadeur à Beyrouth, Mr André Parant, brillant diplomate qui connait très bien le pays, n'ayant malheureusement pour l'heure que le statut de "Chargé d'affaires ad intérim". Aujourd'hui, principe de précaution oblige, consigne a été donnée de reporter le salon du livre francophone de Beyrouth, risque "0" oblige. Personnellement j'avais une autre image de la Francophonie lorsqu'il s'agit de défendre des valeurs comme la liberté, l'indépendance et le dialogue.
Kouchner, lui-même caniche de Sarkozy peut bien s'agiter en aller-retours tous plus stériles les uns que les autres, il n'y a plus de voix de la France au moyen-orient.
Il semble que la dislocation d'un Liban inspiré par la France d'antan soit actée par les responsables français d'aujourd'hui pour les beaux yeux de Bush, Condi et d'Olmert.
Il y a d'ailleurs fort à parier que Sarkozy rendra visite au voisin avant de se rendre au Liban, ordre de coeur oblige! L'enchainement de la visite d'Olmert à Paris fin Octobre puis de celle de Sarkozy chez Bush les 6 et 7 Novembre sont autant d'indices confirmant nos craintes répétées sur les choix de la nouvelle présidence française.
Alors, de Beyrouth comme d'ailleurs, il est urgent d'entrer en résistance devant cette mascarade parce que la France n'est pas une scène de théâtre et doit retrouver le chemin de la défense de ses vraies valeurs dont le Liban est un criant exemple.
Bien sûr, on pouvait reprocher à Chirac de s'appuyer de façon trop visible sur une amitié particulière dans sa politique libanaise. Au moins la mettait-il au service de l'amitié franco-libanaise pour faire valoir la voix de la France. Aujourd'hui, le Liban se sent abandonné, demain il se sentira trahi et il faudra bien alors rendre des comptes!
Frères libanais, malgré tous vos soucis légitimes, gardez une pensée pour tous ces millions de français qui ont placé leur espoir en Nicolas et qui, déjà, se sentent grugés...
JM Druart/LibanVision



Ajournements…

par Carole H. DAGHER, Écrivain
La décision de reporter le Salon du livre francophone de Beyrouth, Lire en français, à quinze jours de son ouverture a constitué une surprise désagréable, une mauvaise nouvelle, pour les organisateurs, les participants et le public tout à la fois.
Les craintes liées à la sécurité et les impératifs de précaution qui s’imposent à l’ombre des circonstances actuelles existent depuis des mois. Ils sont réels et justifiés. Mais pourquoi donc avoir attendu le dernier quart d’heure pour s’en rendre compte, alors que tout le monde – libraires, éditeurs, auteurs et public – s’y était préparé et se faisait une joie de profiter d’une belle éclaircie au milieu de tant de morosité ?
Ajournement ou annulation, toujours est-il que l’effet est le même. Même si la nuance est
symbolique.
Cela fait plus de 30 ans en effet que les Libanais reportent « à demain », à la « prochaine saison » ou à l’année prochaine leurs projets, leurs investissements et leurs engagements, leurs espoirs pour leur pays, la réalisation de leurs rêves et la concrétisation de leurs efforts de travail.
Le Salon du livre francophone avait été également « reporté » en octobre 2006…
Il est bien entendu que dans les périodes de danger immédiat, les activités culturelles sont les premières à pâtir. Et, pourtant, jamais les Libanais n’avaient autant lu que durant les années de guerre, et l’après-guerre a produit un foisonnement de créativité, une éclosion de talents, dans tous les domaines, artistique, littéraire, cinématographique, scientifique.
Car la résistance d’un peuple se fait d’abord culturellement. Elle n’est pas seulement une question d’ordre sécuritaire, économique et politique. La culture est un acte de résistance et l’on reconnaît les grandes nations aux intellectuels et aux savants qu’elles produisent.
Inversement, il y a plusieurs façons de tuer un pays ; étouffer sa créativité culturelle est le moyen le plus sûr d’éradiquer son être profond et son élan vital.
Jamais la culture au Liban n’a démissionné face à la terreur et à la guerre. Jamais les ennemis du Liban n’ont pu occulter le rôle distinct que ce pays s’est fixé à lui-même.
Les Libanais ont résisté aux années de guerre et traversé les épreuves d’après-guerre en continuant à créer, innover, lire, écrire, dessiner et faire des films. Si on leur envoie le message que cela ne sert à rien, que la « vie » est mise entre parenthèses au profit de la « survie », alors c’est l’esprit du Liban que l’on contribue à anéantir et pas seulement son corps. Car « ce n’est pas seulement de pain que se nourrit l’être humain », pas plus qu’une nation.
Durant les années de guerre et les répressions d’après-guerre, la francophonie a été un bastion de liberté, une soupape d’oxygène. Elle a permis d’alimenter l’esprit de résistance, d’entretenir un souffle d’indépendance. Les mots de liberté qui pouvaient coûter la vie en arabe s’écrivaient en français.
Se peut-il alors que cette francophonie si chère à ceux qui la pratiquent, cette francophonie qui n’est pas seulement une sphère culturelle mais, volens nolens, un patrimoine d’émancipation des peuples, se peut-il donc qu’elle batte en retraite face aux menaces qui ont toujours été le lot de la vie des Libanais aussi loin que remonte leur histoire ?
Peut-elle seulement se permettre d’attendre que les « échéances » traversent les ciels d’orage, de se mettre en réserve et de priver les gens d’un instrument de résistance culturelle et de résilience face au destin de leur pays otage de sa géographie ?
Le Liban deviendrait-il un potentiel sans cesse ajourné, une réalisation inachevée ? Un pays-fiction, à la vocation culturelle et même pluriculturelle loupée, à la fois chantre et victime de son pluralisme communautaire ?
Si le Liban était véritablement un « message », dans quelle langue devrait-il l’exprimer ? Et quand, et comment ?