Vous êtes sur

Retour à la Page d'Accueil


Appel pour la vérité sur les crimes commis au Liban


Cliquez pour nous contacter et signer cet appel

Paris le 21 août 2006- Le Liban a été victime de ce que le gouvernement français a qualifié d'acte de guerre " disproportionné " de la part d'Israël. Cette guerre a violé le droit international qui exige que toute attaque soit soumise au principe de proportionnalité et limite l'usage et les moyens de la violence aux seuls objectifs militaires. Par ailleurs, les opérations militaires israéliennes ont contrevenu aux dispositions du Protocole additionnel 1 de 1977 aux Conventions de Genève, stipulant que les punitions collectives et les actes contre des populations civiles constituent des crimes de guerre. Tenu en échec par la Résistance libanaise, l'armée israélienne s'est vengée en bombardant aveuglément les populations civiles, massacrant ou blessant des centaines de femmes, d'enfants ou de vieillards ; elle a détruit des infrastructures qui ne constituaient pas des objectifs militaires (usines de lait, centrales électriques, bâtiments scolaires…) et a mené des opérations visant à terroriser la population, y compris dans des régions où il n'y a jamais eu un seul combattant du Hezbollah. Par ailleurs des accusations graves ont été portées par des médecins indépendants sur l'utilisation d'armes interdites (bombes au phosphore blanc, bombes à gaz).

Des ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch et la Commission internationale des juristes ont parlé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme à Genève, Mme Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a réclamé, le 11 août, une enquête de l'ONU sur les attaques contre des civils au Liban. La guerre de destruction contre le Liban ne peut passer aux profits et pertes d'une politique proche-orientale visant à réaliser les objectifs stratégiques des Etats-Unis et de leur allié israélien. Le droit international et le droit humanitaire ne peuvent êtres bafoués une fois de plus. Il faut toute la vérité. A cet effet, nous appelons à la constitution d'une Commission indépendante désignée par les Nations Unies afin de faire toute la lumière sur les crimes injustifiés commis par Israël contre la population civile libanaise.

Premières signatures :
(dans l'ordre chronologique)

Zeina El Tibi, journaliste, essayiste
Georges Corm, universitaire, écrivain, ancien ministre
Elie Masboungi, journaliste
Salah Stétié, écrivain, Grand Prix de la Francophonie
Vénus Khoury-Ghata, écrivain, poète
Orass Zibawi , journaliste
Issa Maklouf, écrivain, poète
Gérard Khoury, écrivain, historien
Fayçal Jalloul, écrivain, politologue
Hussein Fayad, journaliste
Nayla Nasser, écrivain
Mira Prince, architecte, éditrice
Bahjat Rizk, écrivain, attaché culturel
Père Michel Lelong, écrivain
Charles Saint-Prot, écrivain, politologue
Professeur Edmond Jouve
Joseph Abdou, professeur des universités
Roda Hijazi, chirugien - dentiste
Samir Tuéni, journaliste
20 -Fawzi Rassi, journaliste, enseignant
Houda Ibrahim, journaliste
Nayla Salibi, journaliste
Bassam Tayara, écrivain, journaliste
Dany Quirion
Rami Finge, orthodontiste
Gilles Munier, journaliste indépendant
Leila Hafez, journaliste
Silvia Cattori, journaliste
Samir Sambat
30- Richard de Lanaure
Anne Marie Fabbro
Lysa Des Rochers
Ahmed Tribak, professeur
Monnier Bernard
Ihaddaden Hassen
Adela Garcia, fonctionnaire UE
Christian Allard, médecin
Keltoum Staali
Philippe Miche, cadre infirmier
40- Jean-Pierre Robert, ingénieur informatique
Bassam Bounenni, journaliste
Jean Farhat, chef d'entreprise
Philippe Zarifian, professeur des universités
Paul Balta, écrivain
khedidja Chiboub, employée
Majed Nehmé, journaliste
Chrystelle Dupré, dentiste
Guy Briand
Manuel de Diéguez, philosophe
50- Saer Karam, journaliste, photographe
Docteur Antoine Courban, professeur d'université
Michel Renoult, cadre commercial
StéphanieLecapelain , enseignante
Nicole Jacquin, chercheuse
Jedna Deida, journaliste
Edith Kosmanek , docteur en mathématiques
Noëlle Guilbon, professeur
Richard Verreault, chercheur scientifique
Ottorino Michele Lembo, Mini-parlement (Belgique)
60- Richard Tremblay, enseignant (Canada-Québec)
Danielle Jean, professeure (Canada-Québec)
Robert Jean, professeur (Canada-Québec)
Michel Flament, Pt de Civimed Initiatives
Florence Jean, maître de conférence à la Faculté de droit de Corse
Hakim Arabdiou
Leila Murr, journaliste
Dr Fadi Meroueh, Médecin responsable UCSA
Dr Jacqueline Le Corre, médecin
Guy Bolduc (Québec)
70- Joseph Berbery, publiciste (Québec)
Patrizia Galvani
Mazen Haydar
Eric Mansion
Annie Coussemant, traductrice
Najat Chadly, psychologue
Patrice Bardet, militant associatif et syndical
Bernard ESCOFFIER chef d'entreprise
Marie-Christine Mouranche
Michèle Demaria
80- Abdel Rahman el Bacha, pianiste
Wassim Alahmar, journaliste
Saïd Beddiar
Marie-Eve Fischer
Jacques Trief, enseignant
Leïla Aboura, journaliste
Leïa Khalaf, juriste
Katia Jarjoura, réalisatrice
Magali Thill, coopérante au développement
Professeur José Luis Moraguès, Université Montpellier III

Jean-Michel Druart, éditeur LibanVision

Pour signer cet appel nous contacter à l'adresse suivante

veriteliban@yahoo.fr



Résolution 1559 de l'ONU et Xème Sommet de la Francophonie

Appel au Sommet de la Francophonie


12 Octobre 2004- La France vient de co-parrainer avec les Etats-Unis d’Amérique la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU demandant le retrait de toutes les troupes étrangères et le respect de la souveraineté et l’indépendance du Liban. La Syrie qui n’avait pas été nommément désignée dans le texte de la résolution, l’a été par la suite dans le cadre du rapport, beaucoup plus sévère, du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan lui demandant également de mettre fin à l’ingérence de ses services de renseignements dans les affaires intérieures du Liban. Même si cette résolution, comme tant d’autres, risque de ne pas être suivie d’effet , ou du moins que sa mise en œuvre dépende l’issue du bras de fer américano-syrien, elle ôte toute légitimité à la présence de l’armée syrienne au Liban. Acquis considérable qui compense largement les craintes de déstabilisation qu’elle suscite parmi une frange non négligeable des Libanais à qui leur gouvernement répète sans relâche que sans la Syrie c’est le chaos. Si l’est permis de supposer que les motivations de l’initiative des Etats-Unis n’ont qu’un lointain rapport avec leur intérêt soudain pour l’indépendance de notre pays, ce n’est pas le cas de celle de la France qui est moins dirigée contre la Syrie qu’en faveur du Liban.
Contrairement aux Etats-Unis qui ont toujours pratiqué une politique de deux poids deux mesures dans la région, la position équilibrée de la France vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, sa politique favorable envers le Monde arabe ainsi que son opposition courageuse et prémonitoire à l’invasion désastreuse de l’Iraq donnent à son geste une autorité morale incontestable. Geste méritoire dont les Libanais doivent lui être d’autant plus reconnaissants qu’on ne voit pas l’intérêt qu’a la France à s’attirer l’inimitié du gouvernement syrien et de ses alliés locaux. Survenant peu après la conférence de Paris II convoquée sous l’égide du président Chirac pour soutenir financièrement le Liban, il confirme une fois de plus l’amitié séculaire et indéfectible de la France envers le pays des Cèdres .
Le mois prochain le Xe Sommet de la Francophonie se tiendra au Burkina Faso.
Le gouvernement libanais n’y manquera sans doute pas d’y répéter son refrain habituel. A savoir son attachement au maintien de l’armée syrienne sur son territoire jusqu’à… la résolution du conflit israélo- arabe ! (Ce qui revient à en reporter le retrait aux calendres grecques en dépit de l’accord de Taëf régissant cette présence). Le fait que la Syrie soit la garante de la stabilité et de la sécurité intérieures du Liban. (Alors qu’elle y a toujours joué le rôle de pompier pyromane comme le montre les tentatives de déstabilisation qui n’ont pas manqué de suivre le vote de la résolution de l’ONU). La légitimité de la poursuite de la résistance du Hezbollah à l’occupation israélienne. (Alors que l’ONU estime à juste titre qu’Israël a entièrement évacué le Sud Liban). Et bien entendu le rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures. (Alors que la Syrie vient ouvertement de lui imposer un amendement constitutionnel visant à reconduire le mandat du président de la république. Sans compter que la composition du gouvernement libanais se décide moins à Beyrouth qu’à Damas et même à Anjar, siège du chef des services de renseignements syriens au Liban).

On peut toutefois espérer que les chefs d’Etat et de gouvernement des pays francophones réunis à Ouagadougou ne seront pas dupes de la langue de bois de nos représentants et que, passant outre à leurs objections, ils suivront l’exemple de la France en entérinant la résolution 1559 de l’ONU. Il en va de la crédibilité de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et de son ambition de jouer un rôle politique parallèlement à sa vocation culturelle. Il en va aussi de sa capacité à se montrer fidèle à défendre les valeurs de solidarité de démocratie et de droit de l’homme dont elle se réclame. Valeurs universelles qui justifient le droit d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays, à plus forte raison quand son gouvernement n’est pas maître de ses décisions.

Cet appel aux dirigeants francophones n’est nullement motivé par une quelconque inimitié envers la Syrie et son peuple si proche de nous. En effet comme la majorité de mes compatriotes, je pense qu’il est de notre intérêt de conserver avec elle d’excellentes relations politiques et économiques. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réclamer qu’elle cesse de prendre le Liban en otage et de souhaiter enfin recouvrir notre indépendance.


Ibrahim Tabet
Secrétaire général du comité libanais du Forum Francophone des Affaires

Dès que j’ai vu la tête de Saddam, je suis reparti. Pas question de rester pour les fêtes dans cet Occident triomphateur. C’est la jubilation des minables. En Orient, vite ! Ah, si j’avais pu emporter la tête du dictateur avec moi sous le bras. Les Américains l’ont servie sur un plateau aux médias du monde entier avec trop de dégueulasserie. On parle partout de père Noël qui se serait lui-même offert en cadeau à Georges Bush. Mais sur ces images, Saddam a plutôt un petit côté saint Jean-Baptiste, avec ses longs cheveux et sa barbe de prophète. La Salomé yankee a assez dansé, elle a eu ce qu’elle voulait. ô Fuir le cynisme, faire un petit bilan au Liban. à peine arrivé à l’aéroport de Beyrouth, un air de fraîcheur souffle. ça ne vient pas seulement de la mer, mais des regards des familles libanaises massées derrière la barrière, et qui attendent les voyageurs avec une espèce de passion... Ici aussi c’est la guerre, mais au moins est-elle perdue. Au Liban, je respire comme un poisson dans l’eau. Une eau chaude et pure, dans laquelle on jette quelques fleurs d’oranger. Les Libanais appellent ça un café blanc. C’est excellent pour digérer. Il va m’en falloir du café blanc, ici, sur la colline d’Acharfieh, tout près de l’église de Notre Dame de l’Assomption, pour digérer cette année. Très lourde, la 2003... Je pensais qu’elle allait se terminer mieux qu’elle n’avait commencé. Au contraire, à l’aube rouge, Saddam s’est fait piquer, trahi par des Kurdes peshmergas. On l’a retrouvé théâtralement dans une sorte de trou du souffleur, mais la pièce était finie... Il avait à ses côtés une mallette de 750 000 dollars et un seul livre de chevet. Je me le donne en mille, Crime et Châtiment, en arabe. Où en était Raskolnikov au moment de la capture de son prestigieux lecteur ? Seul son marque-page en forme de poignard babylonien pourrait le dire... Lire Dostoïevski quand on a la tête de Tolstoï, c’est du vice !

C’est bien la fin du premier chapitre de ce grand roman qui s’appelle le Troisième millénaire !

à en croire les Occidentards, Saddam était un monstre de bêtise et de cruauté qui ne cherchait qu’à s’enrichir, à faire souffrir par plaisir son peuple, à torturer des opposants, à mettre des chapeaux bizarres, fumer des cigares énormes et persécuter les Chiites... Non, tout ça ce sont les conséquences de sa politique caractérielle mais pas les raisons de son combat. Et ce combat pendant trente ans, il a été très précis. Objectifs : rassembler tous les Arabes, faire tirer la langue des Occidentaux sur le pétrole et écraser la volonté de puissance d’Israël. Quel Arabe est contre ça, s’il ose encore se regarder dans la glace ? En France, je n’en connais presque plus qui en soient capables, et ici, je demande à voir. Pour l’instant, à Solidere, il y a surtout des serveurs déguisés en costumes typiques rouge et jaune. Ils portent des sarouels, ces pantalons à l’entre-jambe flasque. Ils ne semblent plus bons qu’à entretenir une seule flamme, celle des narghilés des clients. Comment ne pas penser alors que les Arabes prennent désormais tout ce qui brûle avec des pincettes, et qu’en marchant, ils ont tous l’air d’avoir chié dans leur froc? C’est bien la fin du premier chapitre de ce grand roman qui s’appelle le Troisième millénaire! Petite expérience visuelle : d’un côté, vous mettez le World Trade Center en fumée et de l’autre le visage de Saddam sorti de son « trou à rats », comme disent les anti-racistes. Aucun rapport, puisqu’on sait qu’il n’y avait pas de lien réel entre l’attentat de New York et la guerre en Irak, et pourtant il s’agit de toute une histoire racontée là, celle de l’Occident enculé le 11 septembre 2001 et de l’Orient puni pour cela le 13 décembre 2003. Le crime et le châtiment, les revoilà, à la grande joie des Occidentaux. Imaginer le réveillon de Bush me donne envie de dégueuler. Ce n’est plus la volaille immangeable qu’il avait apportée en surprise à ses boys à Bagdad que ce salaud va s’avaler, mais un bon gros cadavre de dinde criblée de marrons. Rien de tel après avoir recouvert de crachats le Père Noël ! Ici aussi, on crache sur les Pères Noël, mon chauffeur de taxi ne se gène pas. Il dit que tous ceux qui pullulent dans les rues de Sodeco sont des moukhabarats syriens sous leur barbe blanche, et il leur lance de grands glaviots par la portière de sa voiture. «PTUIFF !»

Que dirait-on si, du jour au lendemain, le président du Bénin, pays devenu le plus puissant de la Terre, décidait d’aller faire la guerre au Groenland ?

Hélas, comme disent les journalistes, tout s’est écroulé comme un château de cartes et avec ces cartes, les Américains ont fait le jeu des têtes mises à prix. Sinistre réussite ! Pour Bush, la guerre est un jeu qui se joue seul. Il faut voir comment il a abattu l’as de cœur et l’as de trèfle. La liquidation des deux fils de Saddam, le 22 juillet pour la sainte Marie-Madeleine fut l’un des crimes les pires de l’occidentalisme moderne. Et pourtant quelle antiquité ! Y a-t-il eu plus biblique que l’exécution de Oudaï et Qousaï dans une villa criblée de missiles à Mossoul ? Six heures de siège et deux cents soldats, des hélicos, des bombes, il a fallu tout cela aux yankees pour déloger les deux petits monstres reclus comme Guérin dans son fort Chabrol ou la bande à Bonnot dans leur garage. Bravo! « Beau coup» comme on dit les journaux. Bush voulait un exemple, il a sorti les deux cadavres plombés et les a exhibés au nez et à la barbe de la convention de Genève. On se serait cru porte de Clignancourt en 79 quand les flics de Broussard ont transformé Mesrine en gibier troué. Champagne sur les macchabées embaumés à la va-vite et puis rigolade de G.I autour, et apologie de la délation puisque Oudaï et Qousaï ont été vendus of course. Les spectateurs qui n’ont pas applaudi se sont contentés de baisser la tête devant les deux fils rafistolés, il a fallu leur refaire le visage tellement ils étaient méconnaissables. Et Moustapha le petit-fils, où est-il passé ? Lui aussi s’est battu, à 14 ans ! Tellement déchiqueté par le flingage des lâches, il ne devait pas être beau à voir et encore moins à montrer. C’est l’image qui manque : le petit joker escamoté. Les démocrates vont nous dire que lui aussi était un monstre potentiel, qu’il fallait l’éliminer comme son oncle Oudaï la plus grande ordure jamais vue sur la terre, d’après ce que les médisants médias disent, alors que c’était un simple fils à papa qui abusait de son pouvoir. On l’a montré dans une discothèque pelotant une blonde et tirant sur des ballons en buvant un whisky-coca comme si c’était l’horreur absolue mais des Oudaï, grandes gueules destroy, voyous bourrés qui cherchent la bagarre, il y en a des milliers par week-end en boite de nuit... Un fêtard surpris à l’aube dans le plus cheap night club de Dieppe serait tout aussi monstrueux. Dans le même genre, je me demande si Joey Starr n’est pas plus terrifiant qu’Oudaï Hussein! Dommage pour lui, les Américains avaient décidé de se le faire. Ils sont comme ça les Américains, un pays les débecquete, ils vont l’envahir et comme c’est au nom de la Justice, tout le monde trouve ça juste. Que dirait-on si, du jour au lendemain, le président du Bénin, pays devenu le plus puissant de la Terre, décidait d’aller faire la guerre au Groenland parce que la région polaire est dirigée par un Esquimau particulièrement cruel? Oui, le chef du Bénin lancerait soudain ses troupes d’Africains sur-armés sur le pôle Nord, direction la banquise. Les Béninois ne peuvent pas piffer les habitants de l’Arctique dont le mode de vie les insupportent. Ils veulent prendre possession des glaces et on voit bientôt des milliers de Noirs atterrir sur des icebergs! Ils effraient les pingouins, poussent quelques ours, giflent deux ou trois phoques et cassent de l’esquimau. Le maître de Cotonou a bien le droit de ne pas aimer le froid ! La neige est bientôt rouge de sang. Tous les Esquimaux sont très vite mis en esclavage par le grand Noir frileux. à ce scénario, qui trouverait quelque chose à redire : L’ONU, l’Europe, la France? Saddam Hussein ne plaît pas à George W. Bush parce qu’il a fait bobo à son papa, alors il décide de lui massacrer son pays, bombarder ses villes, assassiner ses fils, son petit-fils et maintenant lui regarder le fond de la gorge. On peut penser qu’il ne pourra pas aller plus loin, mais c’est mal connaître le Protestant ! La recherche bredouille des armes de destruction massive ne s’arrête pas à l’inspection du pharynx du Raïs. Bush veut entrer dedans, se faire avaler comme Jonas par la baleine, comme Pinocchio dans le cachalot à la recherche de son père. Qui sait si ce n’est d’ailleurs pas son Gepetto que Bush junior va retrouver dans le corps caverneux du Léviathan de l’Euphrate? Cette marionnette est capable de tout. Son nez n’a pas arrêté de mentir. Et tous les oisillons des démocraties occidentales se sont perchés dessus en frissonnant de peur. Je ne crois pas un mot à la compassion que les commentateurs disent avoir ressenti à la vision du visage de Saddam Hussein. C’est un peu facile et bien trop tard. Voici l’homme. Il faut que le criminel soit transformé en Christ pour qu’on le considère comme un être humain. Pour moi, pas de différence entre les journalistes qui versent une petite larme de crocodile en voyant à la télé le lion dompté par Monsieur Déloyal et ceux qui, dans la salle où Paul Bremer, retenant ses sanglots de virilité pathétique, leur a annonçé la bonne nouvelle, hurlaient de rage, postillonnaient d’insultes et tendaient le poing contre un vieux cradingue déglingué avec la même furie que les sacrificateurs demandèrent à Pilate de relâcher Barrabas. « à mort Saddam ! Saddam à mort ! Qu’il soit crucifié !» Ce serait bien la première fois qu’on clouerait sur une croix made in Occident le corps d’un homme du double de l’âge de Jésus!



Exclusif:
Bilan au Liban à la une du numéro 3
de "La Vérité" de Janvier 2004

Marc-Edouard Nabe,
de son vrai nom Alain Zanini, a vécu la guerre en Irak et l'a contée dans un ouvrage,
Printemps de feu.


Les Arabes savent bien au fond que ce n’est pas Saddam Hussein qu’on a humilié, c’est eux.


Quelle année 2003! De «The game is over » à «We got him». Tout est dit et pourtant il faut le redire et le redire encore, ça ne rentre pas assez, la guerre en Irak fut une ignominie et tous ceux qui l’on approuvée, acceptée, tolérée ou même combattue sans rien faire sont coupables. Coupables, les Arabes et les non arabes qui croient peut-être encore que sans Saddam le monde ira mieux ; avec Bush réélu, il va à sa perte à coup sûr! Il est clair que Bush, comme son nom l’indique, se prend pour le buisson ardent. Dieu parle à travers lui à Moïse, tout son complexe biblique vient de là, il fallait l’éteindre dès le début, maintenant c’est trop tard, le brasier a pris, c’est lui qui a mis le feu à la planète, ce n’est pas Ben Laden. L’incendie millénariste ne fait que s’étendre. cette guerre a été brève car elle n’a été qu’une allumette qu’on scratche. Il y a un an à peine, on croyait encore que les inspections se poursuivraient jusqu’au printemps, que Hans Blix et les siens continueraient à chercher des armes de destruction massive comme des œufs de Pâques dans le jardin d’Eden! à Beyrouth, comme à Tripoli et à Saïda, tout le monde est déprimé. Chrétiens, musulmans, grecs orthodoxes, Druzes, chiites, sunnites, tous ne se contentent pas de râler sur la violation de la convention de Genève qui a permis de voir ça: un chef d’Etat exhibé comme un grand singe du Zaïre, dans les poils duquel un infirmier glacial cherche des poux, ausculte la dentition et tripatouille la glotte, en toute impunité. Gorille groggy. En France, les Arabes de plus en plus passifs font semblant ne pas voir qu’il s’agit d’un des leurs. En Orient, les plus occidentalisés, qui se prennent pour des «Phéniciens», savent bien au fond que ce n’est pas Saddam Hussein qu’on a humilié, c’est eux. Qu’est ce qu’il va leur falloir, de plus, aux Arabes de tous pays, pour se révolter enfin ? Depuis deux ans, la plupart se terrent, terrorisés d’être pris pour des terroristes. La défaite du plus grand chef panarabe du 20ème siècle après Nasser est à l’image de leur déconfiture mentale. On a oublié comment s’est préparée la guerre en Irak. Comment elle s’est faite et comment elle s’est terminée ! Le tyran de Bagdad était déchu bien avant qu’il ne prenne la fuite. Dans la grande cohérence de son destin, il s’est montré non pas tel qu’il est mais tel que tous les Occidentaux veulent que les Arabes soient. Sales, hirsutes, peureux, dociles, méprisés, méprisables, inoffensifs, puants. Un jour, j’espère qu’il y aura un adjectif qui les fera réagir. Saddam n’avait pas à se présenter autrement, étant donné qu’il a été trahi et vendu par les siens. C’est au contraire une fin magnifique qui en dit long sur tout ce qui s’est passé pendant cette année tragique. Certains romantiques auraient voulu qu’il se défende jusqu’à la mort, qu’il crève la kalachnikov vide à la main, ou alors qu’il se suicide à la Hitler dans son bunker. Mais il n’avait pas de bunker, je me suis tué à le dire ! Pas plus que de sosies, c’était lui et lui seul dans sa grotte à moitié nu et fou, vautré sur son tas de dollars. Déjà spectre comme l’Allemand perdu dans sa mine, tirant des balles d’or sur Blueberry !... Saddam Hussein n’avait pas à finir en « héros ». Il n’a pas été lâche, il a été lâché. quand on lui a demandé pourquoi il ne s’était pas suicidé, il a répondu en français : «Merde ! ». Le looser grandiose, voilà le héros d’aujourd’hui et donc de demain. Quel honneur y a t’il à avoir soudoyé un plouc d’Irak pour qu’il donne la cachette de son ex-raïs haï?Les G.I.ne l’ont pas trouvé tout seuls, le spider hole, il a bien fallu qu’on leur désigne la trappe recouverte d’un petit tapis pourri et quelques balayures dans la cour d’une fermette déglinguée d’Al Dahour pour qu’ils en extraient le troglodyte. C’est comme Poséidon sortant de l’eau que Saddam à jailli de sa cave. Quelle majesté inversée! Oui, c’est comme ça que serait Saladin aujourd’hui, et Nabuchodonosor. L’image d’Épinal n’est plus permise. «Clodo de Tikrit», «mendiant de l’Histoire», «SDF d’Apocalypse». Les chansonniers et les dessinateurs humoristiques s’en sont donnés à cœur joie, mais moi je sais qu’ils n’ont pas de cœur, ni de joie. Honte à ceux qui ont dessiné des mouches autour du vaincu pour bien montrer qu’il puait au sens propre ! Tous n’ont su le comparer qu’ à Karl Marx, au chanteur Antoine, ou bien à Michel Simon dans Boudu sauvé des eaux! Pourquoi pas à Marek Alter ? Misère de la gaudriole. Pas un observateur occidental, bien au chaud dans son sentiment démocrateux, tout à son bonheur de voir enfin le tyran satanique pris au piège, pour simplement fermer sa gueule devant l’image la plus indécente de ce début de siècle. C’est maintenant qu’on peut dire que l’année s’achève , ça se lit dans le regard de Saddam, et pas besoin d’ADN gratté à la spatule, à l’intérieur de ses joues pour être sûr que c’est lui. Ça ne peut être que lui pour avoir ce regard lucide et fataliste, non pas «hagard» et «perdu» comme l’affirment les présentateurs de journal télévisé qui légendent n’importe quelle image du contraire de ce qu’elle exprime à l’évidence. Il y a un ou deux plans de cette fameuse vidéo de la visite médicale du premier prisonnier du monde qui ont échappé aux voyeurs. Ceux de sa trogne d’ogre digne et dégoûté, de Robinson Crusoé roublard encore vif et un tantinet hautain, et toisant son destin comme un vrai Mésopotamien. Les médias américanisés ont préféré montrer le coward qui n’a pas voulu crever la gueule ouverte, et qui se tapote la barbe avant qu’on le rase et qu’on lui coupe les cheveux comme à Samson pour lui enlever la dernière force qu’il lui reste: celle d’un homme qui n’en a plus. Si Saddam Hussein a souvent été ignoble dans sa vie, il n’a jamais été plus noble que le jour de sa capture.

On imaginait Saddam en Floride, à Miami, au bord de sa piscine pleine de ses sosies...

Tellement de conneries se sont dites depuis la chute de Bagdad! Saddam déguisé en bédouin, passant de tente en tente dans le désert, ou alors s’échappant jusqu’en Syrie par un tunnel creusé sous l’Irak. On a même affirmé que l’ambassadeur russe était revenu après la guerre pour l’emmener avec lui dans son taxi sous une couverture et que Poutine le planquait depuis en Biélorussie! Fidel Castro aussi a été soupçonné de l’avoir recueilli à Cuba via Damas, ou bien en combine avec la CIA, les Américains auraient tout monté eux-mêmes après avoir bradé Bagdad. On imaginait Saddam en Floride, à Miami, au bord de sa piscine pleine de ses sosies multipliant les acrobaties aquatiques pour le distraire. Saddam en chapeau de paille au soleil de Malibu en train de s’activer autour d’un barbecue ou de se taper un poker en compagnie de ses derniers fidèles avec les fameuses cartes à leur effigie ! On racontait aussi que Saddam Hussein était un as de la prestidigitation. Il se faisait lui-même disparaître ! Où est donc le Saddam de pique, il était ici, il ne l’est plus, vous êtes sûr ? Gagné, perdu. Atroce bonneteau!

C’est Saddam qui a gagné.

Avec sa grande intelligence biblique de se résigner à l’échec, Saddam Hussein est devenu en un instant plus chrétien que tous les Bush du monde. Si jamais Saddam n’a été plus beau, c’est que jamais il n’a été plus religieux ! Des images de la Vierge et un calendrier d’une arche de Noé retrouvés dans sa bicoque ne sont encore rien comme signes, près de la tête qu’il s’est fait en neuf mois. La tête de Dieu mélangée à celle du fils de Dieu. Quelle orthodoxie ! On l’avait quitté père, on le retrouve fils. Le grand choc, il est là. En ce sens, il n’est peut être pas chrétien, mais christique, si! Qu’est ce qu’un père devient quand il est pris ? Un fils. Il fallait que les deux siens meurent pour lui laisser cette place symbolique. La place qui gêne tout le monde, la place du martyr qu’on ne peut plus considérer seulement comme un dictateur sanguinaire. Les télés ont ressorti comme par hasard, et avec la veulerie qui les caractérise, les documents les plus sordides de ses heures de gloire. Oreilles coupées, types qui explosent avec un bâton de dynamite dans la poche de la chemise, bébés kurdes bleuis par les gaz et dissidents qui racontent comment le Baas leur électrocutait les testicules... Rien de tout cela ne changera cette figure d’un homme qui a gagné ! Car c’est Saddam qui a gagné là où Hitler, Mao et Staline ont perdu. Même Mussolini, pendu à un croc de boucher, et Ceausescu fusillé dans une cour d’école avec maman n’ont pas réussi leur sortie. Saddam, lui, ne l’a pas loupée. Il nous rappelle qu’en 2003 nous sommes toujours à l’âge du Christ. En allant s’enterrer dans le trou de sa naissance, il a compris que la victoire mystique lui appartenait sur la terre-même où ses ancêtres avaient exilé les prophètes d’Israël. Il est devenu celui des Arabes, quoi qu’en disent les traîtres et les collabos. Il n’a plus besoin de lancer des menaces contre Jérusalem ni même de se lamenter. Pourtant qu’est ce qu’il ressemble à Jérémie peint par Michel Ange ! Tu sais tout, ô éternel ! Souviens-toi de moi, ne m’oublie pas, venge-moi de mes persécuteurs ! (Jé. 15)

L’Irak, c’est fini mais une nouvelle guerre commencera bientôt.

Mi-Che mi-zeus, Saddam est là pour l’éternité avec son infirmier de dos qui lui abaisse la langue : « Vous avez une rhino pharyngite, monsieur Hussein ! ». Le message des Américains est clair : c’est ainsi qu’on traite les «bougnouls», comme des gibbons qu’on épouille. Qu’on se le dise, de Barbès à Alexandrie! La paranoïa arabe s’emballe aussitôt : les Yankees auraient chopé Saddam le 28 juin et l’auraient drogué pendant six mois en l’obligeant à se laisser pousser la barbe. Puis foutu dans le trou du cul du monde, parce que c’est un « trou du cul», et ils l’en auraient sorti comme bouche-trou, juste avant la bûche de Noël. Bouche, gorge, George, Bush... Non, les yankees ne sont pas si lacaniens! C’est mal connaître leur simple bêtise et l’incroyable pathos vulgaire de leur esprit. C’est vrai, ils ont fait d’un lion une descente de lit mais ils vont se prendre les pieds dedans ! L’Irak c’est fini mais une nouvelle guerre commencera bientôt. Je l’entends déjà. Boom ! Boom ! Qu’est ce que c’est que ces deux explosions ? Je ne suis pourtant pas à Bagdad, mais à Beyrouth, le dernier jour de l’an 2003. On m’explique qu’il s’agit de chasseurs israéliens qui passent de temps en temps au-dessus du Liban et franchissent le mur du son, histoire de montrer qu’ils sont toujours là. Depuis le raid contre la Syrie, la tension est remontée jusqu’ici. Deux fois par semaine, les avions de Sharon survolent le territoire libanais. Aucun autre état ne se permettrait ça ! Je vois mal l’armée de l’air espagnole faire boom ! Boom ! dans le ciel portugais. Personne ne bouge. On reconnaît le droit international a ce qu’il se viole facilement ! à quand une nouvelle opération « Raisins de la colère» ? Il n’y a pas si longtemps finalement que les troupes israéliennes se sont retirées du Sud-Liban. Et si c’était d’ici que tout allait recommencer? Je descends à Raouché, tout est calme au Café d’Orient. Deux femmes voilées fument leurs narghilés en lâchant des regards rêveurs sur la grotte aux pigeons. La Méditerranée ondule comme de la tôle. Le soleil n’a pas envie de se coucher. Adieu 2003! Demain, c’est la nouvelle année: elle sera pire, c’est-à-dire meilleure pour ceux qui ont compris qu’il ne s’agit plus d’écrire autre chose que ce qui se passe. Puisque ce qui se passe est déjà de l’écriture! être à la hauteur de la fiction de la réalité, tel sera le travail de tous ceux qui ne veulent toujours pas se taire.


Marc-édouard Nabe

31 décembre 2003, Beyrouth.

 

>>> Lire l'entretien accordé par Marc-Edouard Nabé à
l'Hebdo Magazine en Janvier 2004

Notre Page Spéciale sur la Guerre d'Irak

Vol de Pigeons au dessus de Beyrouth par le photographe Char Abou Mansour 2003

Appel des Poètes francophones contre la guerre ?

Le projet baptisé «100 Poets Against the War» a connu un énorme succès semble-t-il et poursuit sa contestation de la guerre à travers la poésie. Ainsi, les organisateurs viennent de créer un site, www.nthposition.com, qui regroupe quelques-uns des poèmes d’une première version, ainsi que de nouveaux poèmes de Marilyn Hacker, Mark Rudman, Sandra M. Gilbert, John Kinsella, Sean O’brien, George Szirtes, Marilyn Nelson et d’autres poètes aussi merveilleux, de la Gambie à la Chine et de l’Irlande à l’Inde. Une version consacrée aux poètes francophones sera lancée à l’occasion de la mobilisation massive qui aura lieu le 15 février à travers le monde contre la guerre en Irak. Cette version, appelée «100 poètes contre la guerre», sera éditée par Georges Abou Hsab et Todd Swift, poètes Montréalais. Ce dernier a été l’éditeur de la version anglaise. Toute personne désirant contribuer à ce projet est priée d’envoyer son poème le plus rapidement possible par courrier électronique à l’adresse suivante: abouhsab@sympatico.ca. Les textes doivent avoir un maximum de 28 lignes et être accompagnés d’une petite notice biographique. En envoyant son texte, l’auteur accepte qu’il soit publié sur Internet dans le recueil «100 poètes contre la guerre» mais conserve, en qualité d’auteur, son entière propriété et ses pleins droits quant aux futures publications

APPEL pour un VETO de la France à la guerre contre l'Irak
Paris, le 2 octobre 2002


Les signataires dénoncent la menace de guerre agitée par les Etats-Unis contre l'Irak. Aucun des prétextes allégués ne peut justifier une intervention militaire qui ne trouverait d'autre motif que la volonté hégémonique des Etats-Unis de prendre le contrôle des principales réserves pétrolières du monde. Une attaque contre l'Irak aurait pour conséquences d'exacerber la tension au Proche-Orient, de favoriser la montée en puissance des extrémismes et d'aggraver les risques d'un "choc des civilisations".

Une guerre contre l'Irak se justifie d'autant moins que les autorités irakiennes ont accepté sans condition et sans délai le retour d'une mission d'inspecteurs des Nations unies. En conséquence, il appartient au secrétaire général des Nations unies de faire procéder au retour des inspecteurs et de mettre en place tous les moyens nécessaires pour assurer l'impartialité et l'intégrité de cette mission dans le respect de la souveraineté de l'Irak, telle qu'elle est garantie par la charte des Nations unies.

Se référant à une certaine idée de la France et de son combat millénaire pour les libertés des peuples et l'indépendance des nations, les signataires demandent au Président de la République que la France utilise son droit de veto au Conseil de sécurité contre toute nouvelle résolution ou tout ultimatum qui aurait pour objectif d'ouvrir la voie à une nouvelle guerre et de porter atteinte à la dignité, à l'unité et à la souveraineté de l'Irak. C'est le rôle de la France d'agir pour que soit mis fin aux souffrances subies par le peuple irakien en raison d'un embargo imposé depuis douze ans et d'œuvrer pour trouver une issue pacifique et définitive à la crise.

SIGNATAIRES:
(première liste)

Docteur Marc ANDRONIKOF, médecin des hôpitaux de Paris ; Gilles BACHELIER, cercle gaulliste international ; Adnan BADR HELOU, journaliste ; Paul BALTA, écrivain ; Jean-Claude BARREAU, essayiste ; Claude BEAULIEU, syndicaliste ; Pierre BERCIS, président des Nouveaux Droits de l'Homme ; Professeur Jean-Paul BLED (Paris IV-Sorbonne) ; Serge BOIDEVAIX, ambassadeur de France ; Marc BONNEFOUS, ambassadeur de France ; Philippe BOURCIER de CARBON, démographe ; Alain BOURNAZEL, essayiste ; Michel BRISACIER, historien ; Jacques CELLARD, écrivain ; Albert CHAMBON, ancien ambassadeur ; Général CLARKE DE DROMANTIN ; Philippe CONRAD, historien ; Aymeric CHAUPRADE, chercheur en géopolitique ; Professeur Michel CLAPIE (Université de Montpellier-I) ; Paul-Marie COUTEAUX, écrivain ; Raphaël DARGENT, directeur de Libres ; Jacqueline DAUXOIS, écrivain ; Vice-amiral Michel DEBRAY ; Béatrice DECOSTER-MALLET, médecin ; Jean-Michel DRUART, analyste financier et éditeur de LibanVision ; Frédéric DUTOURD, écrivain ; Christian FRANCHET D'ESPEREY, conseiller technique à la télévision ; Général Pierre GALLOIS ; Bourhane GHALLIOUN, professeur à la Sorbonne ; Henri de GROSSOUVRE, essayiste ; Pierre HILLARD, essayiste ; Adel ISMAIL, historien, écrivain ; Professeur Edmond JOUVE (Paris V) ; Professeur Claude KARNOOH ; Vénus KHOURY-GHATA, écrivain, poétesse ; Professeur Jean-Gérard LAPACHERIE (Université de Pau) ; Bernard LECONTE, écrivain ; Pierre LEFRANC ; Eric LEM, ancien ambassadeur ; Yves LEQUETTE (Université Paris II) ; Pierre LEVY, journaliste ; Pierre MAILLARD, ambassadeur de France; Professeur Michel MICHEL, universitaire ; Alfred MIGNOT, journaliste, éditeur de Vox Latina ; Michel MOURLET, écrivain ; Pierre MOUSTIERS, écrivain ; Gilles MUNIER, journaliste ; Francis OLIVIER, universitaire ; Alain PAUCARD, écrivain ; René PILLORGET, professeur émérite à l'Université Lille III; Pierre PUJO, journaliste ; Christophe REVEILLARD, chercheur ; Gabriel ROBIN, ancien ambassadeur ; Bruno ROY, universitaire, éditeur ; Paul SABOURIN, Professeur émérite Université Paris V ; Charles SAINT-PROT, historien, essayiste ; Philippe de SAINT-ROBERT, écrivain ; Albert SALON, ancien ambassadeur ; Thierry SECHAN, écrivain ; Professeur Jacques SOPPELSA (Paris I- Panthéon-Sorbonne), président de l'Académie internationale de géopolitique ; Salah STETIE, poète, essayiste, Grand Prix de la Francophone ; Zeina el TIBI, journaliste, essayiste ; Maître Etienne TARRIDE, avocat au barreau de Paris, ancien membre du Conseil de l'Ordre ; Maître Dominique TRICAUD, avocat au barreau de Paris ; maître Jean-Marc VARAUT, de l'institut ; Eric VATRE, historien ; Maître Jacques VERGES, avocat ; Dominique VOLKOFF, écrivain, Prix international de la paix 1989… appelirak@noos.fr

 

La Palestine à l' Heure de l'Apartheid ?


L'Appel des Intellectuels Franco-Arabes
lancé à compter du 2 Avril 2002

Réponse à l'Appel des intellectuels franco-arabes sur la situation en Palestine

Les initiateurs de l'Appel au président de la République française et au Premier ministre sur la situation en Palestine ont fait parvenir le texte de l'appel aux deux premiers responsables français. Cet appel a été signé par cent personnalités franco-arabes et publié dans de nombreux journaux français et arabes (notamment le Figaro du 3 avril 2002)*

Le 5 avril 2002, la réponse de la Présidence de la République a été adressée à l'Ambassadeur Salah Stétié, poète et essayiste, qui a été le premier signataire de l'appel :

" Le Président de la République a pris connaissance avec attention de l'appel, qu'avec de nombreux intellectuels, artistes et journalistes, vous venez de lui adresser au sujet de la situation au Proche-Orient.
Le Chef de l'Etat m'a chargé de vous dire l'engagement résolu de la France en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et d'un retrait sans délai de Tsahal des villes palestiniennes, conformément aux résolutions 1402 et 1403 du Conseil de sécurité. Lors de son intervention d'hier soir (le 4 avril), sur la chaîne de télévision France 2, M. Jacques Chirac a réaffirmé fortement que notre pays ne se laissait pas décourager et qu'il restait déterminé à poursuivre son action en faveur de la paix. Face à ce qui est une véritable tragédie en Cisjordanie, la France a réitéré ses interventions auprès des autorités israéliennes pour qu'il soit mis fin à une situation humainement inacceptable "
Jean-Marc de LA SABLIERE Conseiller diplomatique du Président de la République


Par ailleurs, M. Jean-Pierre Filiu, conseiller diplomatique du Premier ministre, a précisé lors d'un entretien avec Zeina el Tibi, le 10 avril 2002:

"Le gouvernement français condamne fermement la violence, que ce soit les actes de terrorisme ou l'usage totalement disproportionné de la force par le gouvernement israélien. Face à cette situation absolument tragique, la France propose l'envoi d'une force internationale d'interposition et d'observation qui renforcerait la sécurité des peuples israéliens et palestiniens, et faciliterait la mise en œuvre de la résolution 1402 du Conseil de sécurité."


du 12 Avril 2002
Réponse reçue par écrit de la part du cabinet du Premier Ministre

Madame,
Le Premier Ministre a bien reçu votre lettre . Il a été pris note de " l'appel" joint à votre envoi. Le Gouvernement qu'il dirige mène une action sans relâche en faveur de la paix au Proche - Orient , afin de résoudre ce conflit par des voies diplomatiques en recherchant la voie d'un compromis négocié, et pour assurer la protection de l'ensemble des populations civiles dans cette région. Il m'a chargé de faire part de vos remarques à Monsieur Jubert VEDRINE, Ministre des Affaires Etrangères, qui suit attentivement l'ensemble de ces questions. Je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de ma considération distinguée.

signature : Danièle FRAGER, Chef de Cabinet


Notre Observation:
Chacun appréciera le contenu et le délai de réaction accordé à cet appel par chacun de ses destinataires...On peut tout de même remarquer qu'il n'aura laissé personne indifférent au Sommet de l'Etat; voilà bien là l'essentiel.


* C'est bien volontiers que Libanvision se fait l'écho de l'appel lancé en ce Lundi de Pâques par de nombreux intellectuels Franco-Arabes.

APPEL URGENT
à Monsieur le Président de la République française et Monsieur le Premier ministre

Paris, le 1er avril 2002

Nous, Intellectuels, artistes, journalistes franco-arabes ou francophones, lançons un appel urgent et solennel au Président de la République française et au Premier ministre pour que la France prenne une initiative immédiate afin de mettre un terme à l'offensive militaire lancée contre l'Autorité nationale palestinienne.

Le coup de force du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens, le massacre de nombreux Palestiniens, les menaces qui pèsent sur la vie du Président Yasser Arafat, les destructions massives et aveugles commises par l'armée israélienne, les atteintes aux droits de l'homme les plus élémentaires, constituent une intolérable escalade.

Cette agression aveugle ne peut que compromettre les chances d'une paix juste et durable proposée par le Sommet arabe de Beyrouth, exacerber le climat d'humiliation et de haine, favoriser une montée en puissance des extrémistes et provoquer de graves réactions de violence et d'intolérance dans le monde entier.

Nous demandons à la France, Patrie des droits de l'homme et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, de tout mettre en œuvre pour que le gouvernement israélien se conforme sans délai aux dispositions de la résolution 1402 du Conseil de sécurité afin que soit réalisé immédiatement un véritable cessez-le-feu et le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes, en premier Ramallah. Nous demandons l'envoi d'une force de protection qui permettra de relancer les négociations entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne sous les auspices des Nations unies.


Signatures au 8 Avril 2002:

Salah Stétié, écrivain, Grand Prix de la Francophonie; Vénus Khoury-Ghatta, écrivain, poétesse; Zeina el Tibi, essayiste, journaliste; Hala Abdallah, cinéaste; Fatima Alsoufi, architecte urbaniste; Salima Adjali, enseignante; Aïcha Arnaout, poétesse; Hoda Barakat, écrivain; Saloua ben Abda, écrivain; Nahla Chahal universitaire, sociologue; Souad Chalak, journaliste; Caroline Danito, journaliste; Dima El Qassem, musicienne; Fayza El Qassem, Maître de Conférences (Paris III); Rafif Fatouh, écrivain; Soumia El Haidoudi, conseillère d'éducation; Mehrézia Labidi-Maiza, traductrice; Salwa al Neimi, poétesse; Rania Samara, universitaire; Maha Souk, architecte; Micheline Tabache, ingénieur; Soumia Zahi, journaliste; Orace Zibawi, Lamis Zolhof; journaliste; Chafic Abboud, enseignant; Adonis poète; Ghassan Abdel Khalek, journaliste, vice-président du club de la presse arabe; Youssef Abdelké, peintre; Samir Abdulac, architecte-urbaniste; Samer Al Ali, architecte; Ahmed Abodehman, écrivain; Nabil Abou Chacra, universitaire; Khattar Abou Dhiab, politologue; Younès Ajarraï, Enseignant; Afîf al Akhdar, écrivain; Nabil el Azan, metteur en scène; Abed Azrié, chanteur-musicien; Adnan Badr Helou, journaliste; Abdel Rahman el Bacha, pianiste, compositeur; Dahbar Azzam, pédiatre; Faraj Bayrakadar, poète; Tahar Békri, universitaire, écrivain; Nabil Beihum,sociologue; Abdeljabbar Ben Garbaï, maître de conférence; Slimane Benaïssa, auteur, metteur en scène; Hassen Boubdella cinéaste - écrivain; Hassan Chami, écrivain, journaliste; Malek Chebel, anthropologue et psychanalyste; Walid Chmait, journaliste; Abdel Rahman Dahman, cercle des démocrates musulmans; Sakhr Farzat, peintre; docteur Waddah Garman, cardiologue; Bourhane Ghallioun, professeur à la Sorbonne ; Ani al Ghani, calligraphe; Noël Ghazaoui, cadre commercial; Rudolf El-Kareh ,universitaire- écrivain; Mayon El Rifaï, médecin; Boutros Hallaq, universitaire (Paris III); Bahjat Hamad, secrétaire général du MCLP; Bachir Hilal, éditeur; docteur Abdel Rahman Hijazi, président de l'Association médicale franco-libanaise; Amr Helmy Ibrahim, universitaire (Université de Besançon); docteur Louay Khadam, médecin des Hôpitaux; Marcel Khalifé, chanteur, musicien; Elias Khoury, écrivain, journaliste; Gérard Khoury, écrivain, historien; Sami Kleïb, journaliste; Issa Makhlouf, écrivain - poète ; Mohamad Makhlouf , écrivain ;Farouk Mardam Bey, éditeur; Joe Maïla, universitaire; Elie Masboungi, journaliste; Hassan Massoudy, artiste - peintre ; Zad Moultaka, compositeur, musicien; Georges Nasr, secrétaire général de l'AMFL; Cheikhna Mohamed Lifghih, chercheur; Mohamad Ould Liman, Informaticien Charif Rifaï, architecte; Ghassan Rifaï, écrivain, journaliste; Saad Salman; écrivain; Nicolas Sarkis, économiste; Georges Sassine, journaliste; Georges Tarabichi, écrivain; Mansour Tiss, journaliste; Subhi Toma, sociologue; Jihad Yazigi, journaliste; Fouad Zouania, journaliste; Khaldoun Zreik, sociologue; Nawar Zreik, infographiste, Roula el Zein, journaliste; Abdallah Naaman, écrivain; Hana Samadi, juriste, Mahmoud al Saad, architecte-urbaniste.


· Contact: Zeina el TIBI zeinatibi@noos.fr 06 81 42 33 27