L'Union
européenne approuve 80 millions d'euros d'aide au Liban
10
Décembre 2007-
L'Union européenne a approuvé lundi une aide de
80 millions d'euros au Liban, qui contribuera aux programmes
de reconstruction et de développement ainsi qu'aux efforts
pour assainir les finances publiques et réduire la dette,
selon un communiqué de la Commission.
Cette annonce intervient alors qu'une nouvelle tentative d'élection
du président libanais devait se tenir mardi au Parlement.
Un report, le huitième, semble toutefois très
probable, peut-être même jusqu'après les
fêtes de fin d'année. Le Liban est sans président
depuis le 24 novembre et le départ du pro-syrien Emile
Lahoud.
"J'espère que cette assistance financière
aidera à faire avancer le processus de stabilisation
du Liban. Il est maintenant crucial que les Libanais arrivent
à un accord et élisent un président",
a commenté Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne
en charge des Relations extérieures.
Cette aide est "un signe de la résilience des institutions
libanaises et de l'engagement solide du gouvernement libanais
pour assainir la situation budgétaire et pour réformer
l'économie malgré l'instabilité politique
en cours", a indiqué le commissaire aux Affaires
économiques Joaquin Almunia.
L'aide, composée de prêts pour 50 millions d'euros
et de subventions pour 30 millions, a été approuvée
par les 27 Etats membres. Elle concrétise en partie les
annonces faites fin janvier par les Européens lors de
la Conférence de Paris, où le Liban avait engrangé
au total 7,6 milliards de dollars de promesses d'aide internationale.

Réflexion à l'occasion
du 50ème anniversaire du
traité de Rome en Mars 2007
Un long chemin reste à parcourir dans le domaine
des relations économiques euro-libanaises
La
récente célébration du 50e anniversaire
du traité de Rome pose naturellement la question des
enjeux économiques des relations entre le Liban et lEurope.
Une relation ancienne et particulière, mais qui demeure
faiblement concrétisée au niveau économique.
Le déséquilibre de la balance commerciale entre
les deux parties en est certes la preuve du long chemin à
parcourir dans le développement du partenariat euro-libanais.
LUnion européenne représente ainsi 50 %
des importations du Liban dont les exportations vers cette zone
ne dépassent pas actuellement les 10 %.
Les accords signés entre eux, notamment laccord
euro-méditerranéen, ont malheureusement peu servi
à la correction de ce déséquilibre. Les
exemptions douanières à lexportation, accordées
dans le cadre de ce partenariat, ont été quasiment
inutiles, notamment en raison de la faible production locale
et de la non-conformité dun grand nombre de produits
aux normes de production de cette zone.
Cet accord, né du processus de Barcelone signé
en 1995 entre 12 pays de la rive méditerranéenne,
na pas été à la hauteur des attentes.
Il a surtout profité à un nombre de pays maghrébins
qui ont relativement réussi à accroître
les échanges commerciaux avec certains pays de la zone
européenne, notamment lItalie et lEspagne.
Ces pays ont cerné limportance dun tel accord
et ont donc entrepris pendant des années des réformes
structurelles de leurs économies à travers notamment
la privatisation des institutions publiques et lélaboration
de législations facilitant la pénétration
et linstallation des entreprises étrangères
sur leur sol.
Le Liban et la Syrie sont « les mauvais élèves
» dans cet accord, avait estimé le politologue
Joe Bahout.
La rigidité du système économique au Liban
et son obsolescence ainsi que le manque de législations
qui favoriseraient le développement des investissements
ont été les obstacles majeurs dans la concrétisation
de laccord euro-méditerranéen.
Les investissements européens au Liban sont actuellement
très faibles ; on assiste même à des désinvestissements
de la part dentreprises installées depuis longtemps,
notamment dans le secteur bancaire, en raison des risques encourus
dans le pays.
Actuellement, lenjeu se complique davantage avec la modification
de la donne régionale.
Léconomiste Charbel Nahas estime que les perspectives
dajustement de cette relation sont fort étroites
notamment en raison de la faible croissance du marché
interne et également en raison de la modification technique
des fonctions dintermédiation : par exemple certains
pays de la rive sud de la Méditerranée sont devenus
plus accessibles à lexportation et moins coûteux.
Les risques dinstrumentalisation politique régionaux
et locaux rendent encore plus difficile le réajustement
de la relation commerciale entre le Liban et lUnion européenne.
Le problème majeur relève de la durabilité
de ce système et cest donc dune stratégie
de rupture quil sagit délaborer actuellement,
estime M. Nahas. Le rôle crucial de lEurope sera,
selon lui, daccompagner le Liban dans cette phase de transition.
Lapplication de réformes structurelles majeures
savère actuellement une nécessité
pour assainir léconomie libanaise et pour rattraper
relativement les pays de la région, mais également
pour corriger le déséquilibre des échanges
commerciaux avec ces pays.
Ainsi, le maintien du système économique en vigueur
au Liban renforcera les probabilités de son effondrement.
Nous assisterons alors à un effet « boule de neige
» qui sen prendra à lensemble des secteurs
productifs et entraînera une crise sociale.
Alors que laccord Euromed prévoit la mise en vigueur
dune zone de libre-échange dici à
2010, le Liban, clairement incapable actuellement dentreprendre
un tel pas, soffre encore le luxe du temps dans la réforme
de son système économique.
Magali
GHOSN

L'Europe mobilisée pour la stabilité et la reconstruction
du Liban
Beyrouth, 11 Septembre
2006-
Une mission d'évaluation de la Commission européenne
est arrivée à Beyrouth lundi 11 septembre 2006
pour une période de 15 jours, dans le cadre du dispositif
de la Commission européenne pour la reconstruction du
Liban.
Cette mission, composée d'une équipe économique
et d'une équipe infrastructures, a pour objectif d'effectuer
une évaluation rapide des dommages dans les domaines
des infrastructures publiques, de l'énergie, de l'eau,
de l'Environnement, du transport et plus généralement
dans le domaine du développement économique et
social.
Cette
évaluation permettra ensuite de déterminer le
type de soutien que pourra apporter l'Union Européenne
dans le cadre des projets existants et
de projets futurs.
La
mission travaillera en étroite collaboration avec les
autorités libanaise, au niveau national et local, ainsi
qu'avec les Etats membres de l'UE et d'autres organisations
internationales comme la Banque Mondiale et les Nations-Unis.
Elle
prendra aussi en considération les évaluations
déjà effectuées, notamment le document
d'évaluation préliminaire réalisé
par le "EU Joint Research Centre".
Le
soutien de l'Union Européenne se singularise par la mise
à disposition d'une expérience et de moyens adaptés
aussi bien financiers, techniques et humanitaires que des programmes
existants dans le cadre de la coopération
entre l'Union Européenne et le Liban.
Fin
août, lors de la conférence internationale sur
le Liban qui s'est tenue à Stockholm, la Commission européenne
a mis en place un dispositif évalué
à € 42 millions qui comprend:
*
Une
assistance technique au gouvernement dans
le cadre du processus de reconstruction (€ 10 millions).
Cette assistance est destinée à appuyer les autorités
libanaises dans leur propre évaluation des dommages et
dans la programmation des travaux de reconstruction. Cette assistance
pourra également aider les autorités à
renforcer les capacités de coordination, de recensement
et de gestion des projets de reconstruction. Elle pourra enfin
permettre d'instituer un mécanisme de coordination de
la reconstruction qui s'appliquera aux autorités libanaises,
aux institutions internationales, à celles de l'UE et
à d'autres bailleurs de fonds.
* Un soutien au programme global en faveur de l'État
de droit et de l'amélioration de la sécurité
intérieure (€ 4 millions). Cette enveloppe aidera
le gouvernement libanais à garantir le respect de l'État
de droit et l'amélioration des conditions de sécurité
intérieure, en particulier par le renforcement des forces
de sécurité intérieure, conformément
aux objectifs de la résolution 1701 du Conseil de sécurité
des Nations unies.
* Un appui au secteur privé libanais (€ 18 millions).
Cet appui est destiné à soutenir la relance de
l'économie notamment par le rétablissement de
la production, des services et donc de l'emploi.
* Une autre enveloppe (€ 10 millions) est disponible
pour répondre aux besoins prioritaires qui seront recensés
par le gouvernement libanais.
Avec
ce dispositif, les moyens de la Commission européenne
représentent aujourd'hui un engagement d'un montant de
€ 100 millions.
Sur
le plan humanitaire, une enveloppe de € 20 millions a déjà
été engagée, gérée par
le service de l'aide humanitaire (ECHO). Une autre enveloppe
d'un montant qui pourrait atteindre € 30 millions devrait
être allouée, portant à € 50 millions
le montant total pour l'aide humanitaire. € 11 millions
ont été alloués à l'Office des Migrations
Internationales (OMI) au moment fort de la guerre pour faciliter
l'évacuation des travailleurs migrants.
Le
Liban a également bénéficié de l'aide
humanitaire bilatérale des Etats membres. Par l'intermédiaire
du MIC (Monitoring Information Centre), le centre opérationnel
destiné à faciliter la coordination de l'assistance
européenne fournie par la protection civile dans les
zones en difficulté, les Etats membres de l'Union Européenne
ont fourni une assistance matérielle, notamment du matériel
médical et pharmaceutique, du matériel de première
nécessité et de l'équipement de lutte contre
les incendies.
Parallèlement
à la reconstruction, l'Union Européenne s'engage
aussi dans la stabilité du Liban. 6.900 soldats ressortissants
des Etats membres de l'Union Européenne vont en effet
composer la colonne vertébrale de la FINUL (Force
Intérimaire des Nations-Unis pour le Liban). Outre les
moyens humains, les Etats membres se sont déclarés
disposés à apporter un soutien à l'armée
libanaise qui se déploie dans le sud du Liban et à
fournir d'importants moyens sur le plan maritime et aérien,
en matière de commandement, de communication et de logistique.
De
son côté, le Parlement européen a adopté
le 6 septembre une résolution pour une solution politique
globale à travers notamment une conférence internationale
destinée à relancer le processus de paix. Dans
sa résolution, le Parlement souligne en effet "la
nécessité de placer à nouveau le processus
de paix au Moyen-Orient au tout premier plan dans l'agenda politique
international". Le Parlement "invite le quartette
à relancer la mise en uvre de la feuille de route
dans la perspective de l'assemblée générale
annuelle des Nations unies de septembre" et "réaffirme
que la formule de deux États israélien et palestinien
vivant côte à côte dans la paix et la sécurité
est un préalable à un règlement pacifique
et durable au Moyen-Orient".
La
résolution du Parlement européen demande en outre
"qu'une enquête internationale approfondie soit menée,
à haut niveau, sous la houlette du Secrétaire
général des Nations unies, au Liban et en Israël
au sujet des allégations relatives à de graves
violations des droits de l'homme, de la situation des victimes
et du non-respect du droit humanitaire".
L'humanitaire:
une valeur européenne
Après
l'attribution d'une première tranche de € 20 millions,
une seconde enveloppe budgétaire de € 30 millions
devrait être allouée, portant ainsi à €
50 millions le montant de l'aide humanitaire de la Commission
Européenne.
Sur
le terrain, les nouvelles urgences humanitaires ont été
identifiées depuis le retour des déplacés
dans leur région d'origine qui ont subit d'importantes
destructions. Tant sur le plan des infrastructures qu'au niveau
économique et social, les dégâts causés
par la guerre rend difficile la réinstallation des habitants.
Dans
cette nouvelle phase humanitaire, les partenaires opérationnels
du service d'aide humanitaire de la Commission européenne
(ECHO) s'attachent à aider les populations à reprendre
leur vie quotidienne. Pour ce faire, les projets se concentrent
sur le renforcement de la distribution d'eau (eau potable et
eau courante), la réhabilitation des logements privés,
le soutien médical (aide psychosociale, distribution
de médicaments, assistance médicale dans les cliniques
mobiles), les actions de déminage et une aide à
l'irrigation des terres agricoles.
ECHO
a ouvert un bureau local à Beyrouth le 15 juillet et
dès le début du conflit, ECHO a pu compter sur
ses partenaires déjà présents sur le terrain
afin de répondre à la situation d'urgence. Au
total ce sont 23 contrats qui sont engagés dont 6 avec
les agences des Nations Unies, 16 avec des ONG européennes
(pour la plupart associées à des ONG libanaises)
et avec le CICR.
Par
ailleurs, un appel à propositions (pour un montant total
de € 100.000) a été lancé par la Délégation
de la Commission Européenne au Liban. Il est destiné
à financer des activités culturelles, récréatives
et éducatives pour les enfants et les adolescents affectés
par la guerre ainsi que des actions pour le rapprochement entre
les enfants. Les informations seront disponibles sur le site
de la Délégation: www.dellbn.ec.europa.eu
Une
mobilisation rapide contre la marée noire
La
mobilisation du Monitoring Information Center (MIC) contre la
marée noire a permis au ministère libanais de
l'Environnement d'obtenir des effectifs, des experts danois
et français notamment, et du matériel pour effectuer
des opérations de nettoyage très ciblées.
Parmi les priorités figuraient notamment les ports de
pêches pour faciliter la reprise de l'activité
économique. La principale difficulté pour les
équipes a été l'importante quantité
de déchets solides mélangée au pétrole
qui a parfois ralenti le travail.
Néanmoins,
depuis le début des opérations au mois d'août,
les experts mobilisés par le MIC et les services de l'armée
libanaise ont procédé aux actions suivantes:
* Nettoyage complet du port de Byblos (plus de 120 tonnes
de pétrole retirés)
* Nettoyage en cours du port de pêche de Beyrouth avec
installation de booms pour contenir le pétrole et éviter
l'extension de la pollution
* Marina du Movenpick: opération de confinement
de la pollution en cours et extraction de 12M3 de pétrole
* Plage publique de Ramlet el Baida: une équipe
d'experts français, les forces maritimes libanaises,
des ONG et des volontaires sont à pied d'uvre.
Ils ont déjà nettoyé 500 m de plage et
extrait environ 50 M3 de déchets et sable pollués.
Une opération de "lavage du ressac" est en
cours. Elle consiste à laver naturellement le sable pollué
avec l'eau de mer en isolant le pétrole avec des booms
absorbants.
* Formation: L'équipe marine de la Commission
Européenne d'évaluation et de coordination de
la pollution a effectué une formation de 22 formateurs,
5 des forces maritimes libanaises et 17 des forces de protection
civile, sur les techniques sablonneuses de nettoyage de plage.
Le MIC est un centre opérationnel établi en 2001.
C'est à travers ce centre que les besoins sont identifiés
et les moyens mobilisés pour répondre à
des demandes spécifiques.
Contacts:
* Délégation de la Commission
Européenne (Liban):
Véronique Ruggirello: veronique.ruggirello@ec.europa.eu
Bouchra Chahine: bouchra.chahine@ec.europa.eu
*
ECHO:
Daniela Cavini - daniela.cavini@ec.europa.eu
*
MIC:
Barbara Helfferich - barbara.helfferich@ec.europa.eu
Délégation
Beyrouth :
TEL: + 961 1 569 400 - FAX: + 961 1 569 415
Liens
utiles:
*Délégation
de la Commission Européenne au Liban
www.dellbn.ec.europa.eu
*Département
d'Aide Humanitaire (ECHO)
www.ec.europa.eu/echo
*MIC (Direction générale de l'environnement)
www.ec.europa.eu/environment/civil/indes.htm
*Présidence finlandaise de l'Union Européenne
www.eu2006.fi/fr_FR/
" Conseil de l'Union Européenne
www.consilium.europa.eu/newsroom
*Salle de presse de la Commission Européenne
* Service pour les télévisions: Europe by Satellite
(EbS)
www.ec.europa.eu/avservices/ebs/schedule.cfm

Laccord dassociation avec lUE officiellement
en vigueur
Laccord
dassociation entre le Liban et lUnion européenne,
signé le 17 juin 2002, entre officiellement en vigueur
le 1er Avril 2006
après avoir été ratifié par les
deux parties.
Dans la lignée du processus de Barcelone, cet accord
de coopération vise à préparer et à
soutenir, sur une période de douze ans, les réformes
politiques, économiques et sociales nécessaires
à linstauration dune zone de libre-échange
entre lUE et le Liban.
Mais les procédures de ratification étant longues,
les deux parties avaient décidé dinstaurer
un accord intérimaire relatif à laspect
commercial de cette coopération. Entré en vigueur
en mars 2003, ce dernier portait sur les échanges de
produits industriels, agricoles et agro-industriels sur la base
de la réciprocité. Ainsi, toutes les dispositions
de laccord dassociation relatives au commerce et
aux mesures daccompagnement sont déjà entrées
en vigueur à partir de 2003 avec laccord intérimaire.
Pendant cinq ans, à partir de lentrée en
vigueur de laccord, soit 2003, les produits libanais exportés
sur le marché européen sont exemptés de
taxes, alors que les produis européens importés
pour le Liban ne le sont pas.
Mais à léchéance de ces cinq ans,
en principe en 2008, le Liban doit abolir ses taxes sur les
importations des marchandises européennes de façon
graduelle et progressive pendant sept ans, selon un calendrier
précis.
À part les dispositions relatives à la libre circulation
des marchandises, laccord dassociation instaure
une coopération financière, économique
et sectorielle qui doit permettre de moderniser les structures
afin de les rendre appropriées à léconomie
de marché et aux investissements. Laccord comporte
aussi un volet politique et un volet culturel.
Une conférence de presse du Premier ministre Fouad Siniora
et du chef de la Délégation de la Commission européenne,
Patrick Renauld, est prévue le 3 Avril pour présenter
laccord.

INDUSTRIE: Un projet cofinancé par lUnion européenne
Coup denvoi dElcim 2
Beyrouth,
8 Décembre 2005-
Après un premier projet qui sest étalé
sur trois ans, de 2001 à 2004, une deuxième phase
du projet Elcim a été amorcée.
Cest dans le cadre dune conférence hier à
lInstitut de recherche industrielle (IRI) qua eu
lieu le lancement officiel du Centre euro-libanais pour la modernisation
de lindustrie (Elcim), un projet cofinancé par
lUnion européenne à travers le Programme
européen de soutien intégré (ISSP) pour
les petites et moyennes entreprises (PME).
Ce centre est doté dun budget denviron six
millions deuros et vise à assurer une assistance
législative, financière et surtout technique aux
PME. Ainsi, un groupe formé dexperts européens
et locaux a été créé à cette
fin-là ainsi quun comité de pilotage présidé
par Fadi Abboud.
Lassistance technique que le centre fournit aux PME libanaises
se concrétisera à travers des sessions de formation
ainsi que des séances de coaching sur les nouvelles technologies
ainsi que la production.
Le centre assistera également les entreprises dans linnovation
et lamélioration de leur production : la gestion
de la qualité, lemballage, le marketing, la politique
de fixation du prix, etc.
Par contre, Elcim noffre pas des prêts aux entreprises,
le centre ayant été conçu pour faciliter
laccès des PME aux prêts à travers
lélaboration détudes de faisabilité
financières afin que ces dernières remplissent
pleinement les conditions doctroi de crédits auprès
des banques commerciales et de Kafalat et la Banque européenne
pour linvestissement (BEI).
En revanche, les PME souhaitant bénéficier de
léventail de services dElcim doivent remplir
une série de critères afin dêtre apte
à être intégrés au programme.
À titre dexemple, une entreprise doit être
établie depuis au moins deux ans, davoir des rapports
financiers solides et fiables, dêtre enregistrée
à la Chambre de commerce, etc.
Un comité a été ainsi créé
pour trier les entreprises capables de bénéficier
de lassistance dElcim en fonction de ces différents
volets. Lentreprise nest pourtant pas totalement
exemptée des frais ; elle devra payer 20 % des frais
des experts à court terme.
De plus, la marge de manuvre dElcim sera limitée
à trois actions pour chaque entreprise et à un
budget de 30 000 euros pour chacune.
Les entreprises, de leur côté, une fois intégrées
au programme doivent respecter les délais fixés
par le groupe dexperts.
Par ailleurs, la première phase dElcim na
pas été épargnée par les critiques,
notamment concernant certaines défaillances dans quelques
volets, selon certains bénéficiaires du projet.
Un directeur dune entreprise de cuir a ainsi signalé
le retard denviron deux mois dans le paiement des prêts
qui lui ont été accordés et a exhorté
les responsables à Elcim à intervenir pour éviter
la répétition de tels cas.
Malgré les difficultés rencontrées par
certains bénéficiaires, la majorité a été
reconnaissante de leffort déployé par les
gérants et les experts dElcim 1.
Magali
GHOSN pour L'Orient le Jour


Les « Journées euro-méditerranéennes
» à Beyrouth, pour célébrer dix ans
de partenariat entre lUE et le Liban

Dix
ans de partenariat fructueux, cela mérite bien une célébration,
surtout lorsque lobjectif est de pousser une société
à rester dynamique et à combattre les nombreux
dangers dapathie qui pourraient la guetter à tous
les niveaux, et surtout sur le plan de linitiative civique.
À loccasion du dixième anniversaire de la
signature de la Déclaration de Barcelone (28 novembre
1995), qui avait marqué le début du partenariat
euro-méditerranéen, la Délégation
de la Commission européenne a tenu hier une conférence
de presse pour lancer les « Journées euro-méditerranéennes
», lesquelles se tiendront en parallèle du sommet
Euromed de Barcelone,
les 21, 28 et 29 novembre à Beyrouth.
Pour marquer les dix ans de relations entre lEurope et
la Méditerranée, et tout particulièrement
entre lEurope et le Liban, la Délégation
de la Commission européenne organise, en coopération
avec lUniversité La Sagesse et le Centre danalyse
sur les différends et leurs modes de solutions (Cadmos),
ces « Journées euro-méditerranéennes
», dont lobjectif est de mettre en relief le travail
de coopération qui sest établi entre la
société civile libanaise et la Commission européenne
tout au long de lannée 2005,
à travers des exercices délaboration de
plans daction et de simulations de négociations
de ces plans daction.
Ces exercices sont destinés à engager une dynamique
de dialogue et à sensibiliser les différents acteurs
de la société libanaise sur les enjeux dune
Politique européenne de voisinage (PEV).
Par-delà le simple anniversaire du processus de Barcelone,
cest une véritable dynamique que lUE cherche
à mettre en place au niveau de la société
civile, à lheure où la communauté
internationale est à la recherche de toute initiative
positive au Liban, traduisant une réelle volonté
de concrétisation dun programme de réformes
générales.
Une première simulation délaboration de
plan daction dans le cadre de la PEV a été
effectuée en début dannée avec 60
étudiants issus de trois universités (UL, USJ,
AUB) qui se sont aujourdhui constitués en groupe
sous le nom de « LebYouth ». La deuxième
simulation a été menée par quelque 90 participants
issus de milieux professionnels (syndicats, ONG, partis politiques,
journalistes, groupes professionnels, Chambres de commerce,
banques, chefs dentreprise). Elle est dirigée par
lUniversité La Sagesse et le Cadmos.
Cette simulation sera finalisée en direct le lundi 21
novembre, en première partie des « Journées
euro-méditerranéennes ». Ainsi, un «
groupe de travail interministériel » présentera
son plan daction pour le Liban à « un groupe
parlement », qui pourra apporter des amendements avant
dadopter le document. Les deux groupes sont composés
de responsables de la société civile libanaise.
Ensuite, les 28 et 29 novembre, les « Journées
euro-méditerranéennes » seront consacrées
à des débats, ouverts au public, notamment sur
le bilan du processus de Barcelone, les aspects politiques et
économiques du partenariat euro-méditerranéen,
les difficultés liées au terrorisme et le rôle
de la société civile dans les relations entre
le Liban et lEurope. Parmi les intervenants figurent des
responsables libanais, dont les ministres Marwan Hamadé,
Ahmed Fatfat, Tarek Mitri, ou encore le député
Samir Frangié, mais aussi des économistes et des
hommes daffaires, des responsables de la société
civile libanaise et européenne et des diplomates européens.
En parallèle, des rencontres seront tenues et animées
par des responsables de projets en cours au Liban et financés
par lUE. Au menu de ces rencontres : le rôle de
la femme dans le développement rural, lexpérience
du programme « Afkar » pour la société
civile, le développement local et la planification, les
médias et le partenariat, et, enfin, lindustrie
du cinéma dans la région MEDA. Ces débats
seront ouverts au public.
>>
Euromed à la télévision
La
conférence de presse
La conférence de presse pour lancer les journées
sest déroulée le 18 novembre au siège
de la Délégation de la Commission européenne,
en présence du chef de la délégation au
Liban, Patrick Renauld, de lambassadeur de Grande-Bretagne
(qui exerce actuellement la présidence de lUnion),
James Watt, de lambassadeur dAutriche (qui doit
prendre la relève à la présidence), Georg
Mautner Markhof, et du responsable du Cadmos et professeur à
lUniversité La Sagesse,
Sélim el-Sayegh.
Prenant la parole, M. Renauld a rappelé combien le processus
de Barcelone est
« unique ».
« Jamais encore une table de travail et de dialogue navait
été ouverte à tous les pays du pourtour
méditerranéen. Table autour de laquelle chacun
a pu échanger, saffronter ou se réconcilier.
Jamais encore il navait été proposé
aux pays du pourtour méditerranéen une coopération
aussi étendue et aussi importante en termes de moyens
: depuis 1995, près de 10 milliards deuros en dons
ont été alloués au programme MEDA. Huit
milliards et 787 millions précisément sous forme
de dons. Jamais encore la dynamique de dialogue ne sétait
engagée aussi loin », a-t-il indiqué.
« Lambition de Barcelone était le dialogue,
la coopération dans le partenariat et enfin la paix.
Quen est-il après 10 ans ? Cest le propos
de ces rencontres qui seront organisées les 21, 28 et
29 novembre à Barcelone et plus modestement à
Beyrouth », a précisé M. Renauld.
« Un premier bilan a été dressé et
aujourdhui la PEV vient compléter ce partenariat
en lui apportant ce quil manquait : dabord une coopération
bilatérale renforcée et un volet politique consolidé.
La coopération a été trop longtemps perçue
comme une assistance technique et humanitaire et pas assez comme
coopération politique », a-t-il noté.
Rappelant que lAlgérie, la Tunisie, le Maroc, les
territoires palestiniens, Israël et la Jordanie ont déjà
soumis un plan daction à la Commission européenne,
M. Renauld a souligné que celui-ci « constitue
la première étape du processus de la PEV ».
« Le plan daction est une feuille de route
du gouvernement, plaçant le pays dans une perspective
de 5 à 8 ans. Cest un document négocié,
sur lequel sera désormais basée toute la coopération
avec lUE et grâce auquel ces pays pourront étape
par étape intégrer le marché intérieur
européen », a-t-il précisé.
« Au Liban, la Délégation a souhaité
dès le début de lannée associer et
impliquer la société civile dans ce processus
qui engage le pays sur un long terme. Notre objectif était
double : donner à la société civile les
moyens réels de mesurer les enjeux de la PEV et favoriser
une dynamique de dialogue entre la société civile
et les dirigeants politiques », a-t-il indiqué,
mettant en exergue la fonction latente du projet.
« Ces journées euro-méditerranéennes,
qui souvrent lundi jusquau 29 novembre, seront loccasion
à la fois de dresser un bilan du processus de Barcelone,
dévoquer plus en détail certains projets
menés au Liban et de prendre la mesure des propositions
de la société civile libanaise », a-t-il
conclu.
De son côté, lambassadeur britannique, James
Watt, a mis en évidence les nombreux changements survenus
en dix ans, depuis le processus de Barcelone, notamment au sein
même de lUE.
M. Watt a insisté sur limportance de saisir cette
opportunité pour aboutir à des changements substantiels,
sur le plan de la sécurité, de la stabilité,
de créer une dynamique au niveau social et économique,
une dynamique transnationale.
Quant à Sélim el-Sayegh, de lUniversité
La Sagesse, cest dans une perspective de société
civile quil a pris la parole, évoquant la portée
du plan daction élaboré par les diverses
composantes de cette société civile libanaise
et qui sera présenté puis débattu à
La Sagesse dans le cadre de ces « Journées euro-méditerranéennes
». Un document-fleuve, dense, indépendant et rigoureux,
fruit dun véritable défi, celui de réunir
le plus grand nombre de représentants. Lobjectif
: réfléchir en commun pour aboutir à un
texte reflétant les attentes, les appréhensions
et les projets de tout un chacun. En dautres termes, jeter
les bases, au sein de la société civile, dun
nouveau contrat social, mais qui déboucherait sur du
concret.
Après avoir évoqué le mécanisme
de la mise en place de ce texte synthétique et consensuel,
qui sera discuté durant les « Journées euro-méditerranéennes
», M. Sayegh a enfin mis en évidence la nécessité
de reconsidérer lensemble de laspect politique
de la coopération avec lUE, pour aider le Liban
à établir une stabilité politique durable
sur des fondements sains.
Pessimisme
européen et absence de la plupart des dirigeants
arabes pour le premier sommet euroméditerranéen
Le
président libanais Emile Lahoud, éclaboussé
par le rapport de la commission d'enquête onusienne,
sera représenté à Palma par son ministre
des Affaires étrangères. D'autre part, la
présidence britannique de l'Union européenne
n'a invité que le chef de la diplomatie syrienne
en raison des accusations formulées contre Damas
par l'ONU après l'attentat qui a tué l'ancien
Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Palma
de Majorque, 27 novembre 2005-
Les pays européens participant au sommet Euromed
à Barcelone redoutent qu'il se solde "par
une occasion historique manquée pour les pays arabes",
a-t-on indiqué dimanche de source européenne
à Palma de Majorque (Baléares).
"Certains
de ces pays sont en train de perdre une occasion historique",
a estimé cette source à Palma, où
s'ouvrait la réunion fondatrice du groupe de Haut
niveau de l'ONU sur l'Alliance des civilisations, une
initiative patronnée par l'Espagne et la Turquie.
Une
autre source gouvernementale espagnole a expliqué
les défections en cascade de leaders arabes par
le "contexte international, qui n'est pas facile".
"Ce n'est pas la même chose d'organiser un
tel sommet avec et sans guerre en Irak", selon
cette source, "la guerre en Irak contamine tout
dans la région : les relations entre les pays
arabes et les relations entre les pays arabes et l'Europe".
Interrogée
sur une éventuelle responsabilité de la
présidence britannique de l'UE dans la désertion
des leaders arabes, cette source l'a formellement niée,
ajoutant que "ce sommet est co-présidé
par (José Luis Rodriguez) Zapatero, qui lui,
a retiré les troupes espagnoles d'Irak".
-
(Avec
AFP)
|

EUROMED
Lancement des négociations pour
un plan d’action euro-libanais
Beyrouth,
18 Octobre 2005- La
« Task Force » de l’Union européenne chargée de la politique européenne
de voisinage a participé à un séminaire ministériel au Grand Sérail
pour lancer officiellement les négociations d’un plan d’action
de cinq ans entre Beyrouth et Bruxelles. Il s’agit d’un programme
de projets communs qui seront définis selon les priorités établies
par le gouvernement libanais et soutenues par l’Union européenne.
Le chef de la délégation européenne, Alan Seatter, insiste sur
la complémentarité entre cette « feuille de route » et le programme
de réformes qui sera soumis aux bailleurs de fonds lors de la
conférence internationale d’aide au Liban prévue d’ici à la fin
de l’année 2005.

28
Avril 2005
1ère édition des Cahiers
EuroMed avec
L'Orient-Le Jour, Le Commerce du Levant et As-Safir
>> Voir
le planning
des emissions TV et parutions presse
du programme "Cahiers EuroMed"
>> Euromed à la télévision

>> Le site du programme
EuroMed
Jeunesse Liban
|
29
et 30 Octobre 2004
Conférence Internationale à L'USJ
« Le défi euro-méditerranéen : pour un
partenariat des deux rives »
Pour une mare nostrum une et plurielle
Suite à la conférence internationale
tenue en 2003 par la Chaire d’anthropologie interculturelle
sur le thème « Le dialogue des cultures et la résolution des
conflits : les horizons de la paix », l’Université Saint-Joseph
organise cette année un colloque autour de la même problématique
envisagée néanmoins dans une perspective plus précise. Ainsi,
sous le thème du « défi euro-méditerranéen : pour un partenariat
des deux rives », les différentes relations entre les pays du
pourtour méditerranéen, qui représentent selon le père Sélim
Abou, « un défi et un espoir », ont été abordées. «La Méditerranée
rassemble des peuples qui se reconnaissent comme riverains,
mais ont du mal à cohabiter comme voisins ». Tel est le « paradoxe
» que Joseph Maïla, recteur de l’Institut catholique de Paris,
a voulu mettre en exergue lors de son allocution hier. Selon
lui, les cultures et les civilisations ne dialoguent pas. Ce
sont les individus qui dialoguent entre eux, à travers notamment
des échanges de natures différentes, les voyages, les médias…
Ce n’est donc pas uniquement les accords internationaux ou les
traités entre les États qui seront la source du dialogue entre
le Nord et le Sud de la Méditerranée, mais la rencontre des
diverses sociétés civiles. M. Maïla souligne en outre que, «
une et plurielle, la Méditerranée dans l’histoire a été le lieu
de trois paradigmes ». Le premier est celui de la connaissance
fondée sur un axe commun de pensée, qu’elle soit « l’intuition
de l’unité représentée par le monothéisme » ou l’argumentation
rationnelle fondée sur la raison. Ainsi, « raison et foi se
sont répandues dans l’histoire de l’Orient comme de l’Occident
méditerranéens ». Le deuxième paradigme est celui de la puissance.
C’est en Méditerranée que les civilisations se sont affrontées
à travers le temps dans des moments de ruptures et de choc.
Enfin, le troisième paradigme, celui « de la coopération et
de l’intégration », pose toutefois une multitude de problèmes
à l’heure actuelle pour une « Union européenne qui se fait et
un monde arabe qui se défait ». André Laronde, professeur à
l’Université Paris IV et membre de l’Académie des inscriptions
et belles-lettres, s’est, pour sa part, attaché à retracer l’histoire
de la Méditerranée antique depuis les Phéniciens, à qui l’on
doit le premier échange réel sur les côtes méditerranéennes,
à l’Empire de Rome en passant par Alexandre le Grand, jusqu’aux
conquêtes arabes. M. Laronde insiste toutefois sur le fait que,
malgré les dominations politiques successives, la mare nostrum
( nom donné par les Romains à la Méditerranée) a toujours eu
un caractère multiculturel illustré par un échange permanent
entre les différentes cultures. De son côté, Henry Laurens,
professeur au Collège de France, esquisse le rôle géopolitique
de la Méditerranée à partir du XVIe siècle, période à laquelle
le bassin méditerranéen devint un espace économique vital pour
l’Europe et, par conséquent, un enjeu de rivalité. Ces nouvelles
puissances industrielles joueront un rôle primordial dans la
modification du paysage méditerranéen, surtout avec le colonialisme
en Afrique du Nord, l’introduction de l’idée de nationalisme
dans les Balkans et enfin avec le mouvement de réformes enclenché
par certains pays pour survivre. L’Europe, synonyme de modernité,
étendra peu à peu son influence à toute la Méditerranée, conclut
M. Laurens.
Un
foyer d’instabilité
C’est autour de l’idée de « puissance » que Bertrand Badie,
professeur des universités à l’Institut d’études politiques
de Paris (IEP), a articulé son analyse. Tout en soulignant la
difficulté d’un politologue à analyser « une situation non close
», par rapport aux historiens, qui analysent des « situations
closes », M. Badie a expliqué que si « la Méditerranée était
un espace de puissance, elle est devenue aujourd’hui un foyer
d’instabilité ». « Aujourd’hui, affirme M. Badie, la puissance
devient incertaine, parfois même impuissance ». Pour lui, «
la domination cherche tout naturellement à s’exercer dans les
espaces de rupture ou de fracture ». La partie orientale du
bassin méditerranéen illustre le mieux cette instabilité née
après la fin de l’ère de la bipolarité et l’avènement de l’unipolarité.
Cette situation inédite a considérablement affaibli le rôle
des États au Proche-Orient, qui se protégeaient naguère derrière
l’une ou l’autre puissance créant un certain équilibre. Aujourd’hui,
face à l’impuissance ou à l’indifférence des États, la violence
étatique se transforme en une violence sociale. Une situation
on ne peut plus dangereuse, car celle-ci se concrétise pratiquement
par le terrorisme qui devient incontrôlable. M. Badie explique
enfin les raisons du mauvais fonctionnement de l’intégration
sociale : l’aliénation, c’est-à-dire l’échec de l’occidentalisation,
l’anomie, qui consiste en une absence de règles sociales communes,
l’humiliation, « qui tend à se construire sur une inégalité
postulée », et l’échec du processus de redistribution, créant
un « déficit criant de développement humain ». La deuxième partie
du colloque, intitulée « La Méditerranée, des Méditerranées
», est consacrée, selon père Abou, à la diversité des traditions
culturelles des pays méditerranéens. L’ancien recteur de l’USJ
affirme d’abord que le processus de Barcelone part du principe
d’une politique européenne de voisinage fondée sur l’État de
droit, la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme,
en plus de son volet économique. Après avoir brossé rapidement
l’historique et les caractéristiques des trois espaces religieux,
juif, chrétien et musulman, du bassin méditerranéen, le père
Abou s’arrête sur les résistances de certains pays du sud et
de l’est de la Méditerranée à s’engager en faveur du respect
des droits de l’homme. Cette résistance est fondée sur la mise
en cause des origines et des fondements des droits de l’homme
: sont-ils religieux ou laïcs ? Or, selon le père Abou, ce malaise
occulte le déficit de modernité du sud et de l’est méditerranéens
illustré par un écart de plus en plus grand du niveau de vie
entre le Nord et le Sud, se doublant d’un déficit de démocratie.
La résistance de ces pays s’accompagne généralement d’une demande
d’adaptation des droits de l’homme à leur culture. Le père Abou
énumère toutefois les améliorations enregistrées dernièrement
telles que l’interdiction de l’excision et du crime d’honneur,
tout en affirmant qu’il reste beaucoup à faire dans les domaines
de la liberté religieuse et de la liberté d’expression. Il conclut
en lançant une mise en garde contre deux dangers : d’abord que
l’Europe se contente de s’intéresser uniquement au volet économique,
ensuite que les relations se cantonnent au niveau étatique sans
atteindre la société civile.
Antoine AJOURY pour
L'Orient-Le Jour
Programme des micro-crédits
au Liban-sud: objectif atteint
23
Juin 2004- Pour l’UE,
l’objectif d’octroyer 412 microcrédits sur une période de trois
ans a été atteint. Le montant des crédits variait entre 250
et 3 500 euros, à un taux régressif de 12 %. Aujourd’hui, le
projet est devenu un fonds rotatif qui continue à fonctionner
et à profiter à d’autres initiatives, ce qui assure sa durabilité.
L’UE a consacré à ce projet un budget de 340 000 euros, et l’association
Aide au développement rural a conclu un partenariat avec la
Banque Audi, qui participe au projet à hauteur du même montant.
Même principe mais exécuté avec des modalités différentes, le
projet « Fonds de développement économique et social » a également
eu son lot de bénéficiaires dans les différentes régions du
Liban-Sud, notamment à Nabatiyé, où s’est aussi rendu le diplomate
européen. Financé par l’UE à concurrence de 25 millions d’euros
et par le gouvernement libanais qui a contribué pour la somme
de 6 millions d’euros, le projet comprend une composante dite
« création d’emplois » (12 millions d’euros) qui, comme son
nom l’indique, vise à octroyer des prêts aux petites entreprises
en multipliant localement les opportunités de travail. C’est
le cas par exemple de Mona Olleik, qui a eu l’idée de créer
une crèche à Nabatiyé, une idée favorablement accueillie par
les bailleurs de fonds et par l’ICU (Istituto per la Cooperazione
Universitaria), une ONG de soutien qui pilote les projets sur
place en offrant notamment des services de développement d’entreprises
aux bénéficiaires des crédits. Ces derniers reçoivent ainsi
un appui dans le développement de leur plan d’affaires, ce qui
leur donne de meilleures chances de réussite. C’est d’ailleurs
en suivant leur conseil que Mme Olleik, une jeune femme de 38
ans, pourra espérer rembourser à temps son prêt de 18 millions
de livres libanaises et agrandir sa crèche, qui emploie maintenant
5 personnes spécialisées, dont deux jardinières, une infirmière
et une « maman » pour les tout-petits. Conçue dans l’esprit
d’une garderie moderne, La Crèche des kangourous est un exemple
réussi d’entreprise gérée par une femme et placée au service
d’autres femmes, puisqu’elle accueille près de 30 enfants dont
les mères exercent une profession à plein-temps. Divisée par
thèmes et par sections d’activités, la crèche offre aux enfants
qui ont entre 2 mois et 4 ans des ateliers de jeux et d’éducation
pour les occuper en même temps qu’un supplément pédagogique.
Dans ce projet, les crédits sont gérés par la Société générale
de banque au Liban (SGBL). Le montant des prêts varie de 6 à
30 millions de LL, avec remboursement sur une période de 5 ans
à un taux d’intérêt (pour le client) de 12,75 % régressif pour
une nouvelle entreprise, et 10,75 % pour le développement d’une
entreprise existante. C’est ce que paie actuellement Abbas Nehmé,
un fermier de Nabatiyé qui, grâce à un prêt de 13 millions de
LL, a pu s’acheter 6 autres vaches et employer une personne
supplémentaire. Avec une production qui a atteint aujourd’hui
près de 150 litres de lait par jour, Abbas espère d’ici à quelques
années pouvoir acquérir jusqu’à 25 vaches. Pour Nadim Moujaès,
responsable du projet au sein de la SGBL, cette initiative est
d’autant plus importante qu’elle a donné à des couches sociales
très défavorisées l’accès au crédit, chose qui était impossible
auparavant. Outre l’impact économique immédiat sur le niveau
de vie des bénéficiaires, le projet a permis de familiariser
une certaine catégorie sociale avec les opérations bancaires
et la gestion de leurs comptes. « Il faut savoir que la notion
de crédit reste, dans certains milieux libanais, un thème tabou.
Grâce à ce projet, l’équipe a réussi à introduire une nouvelle
culture qui ne pourra que profiter à long terme à ses bénéficiaires
», a-t-il affirmé. Pour M. Renauld, ces réussites individuelles
et ponctuelles sont certes louables, mais leur impact reste
localisé géographiquement. « Toute initiative d’aide doit désormais
s’inscrire dans le cadre d’une stratégie nationale de développement
social qui permet de situer tout projet dans le temps en lui
assurant une certaine pérennité », a souligné le diplomate,
en indiquant que les grands donateurs tels que la BM et l’UE
rechignent désormais à financer des projets par thèmes sectoriels.
« Ils s’intéressent par contre à des projets qui sont le fruit
d’une vision stratégique et globale du développement », a expliqué
le diplomate. C’est à ce débat qu’est d’ailleurs invité aujourd’hui
le ministre des Affaires sociales, Assaad Diab, et les responsables
du CDR qui doivent, en collaboration avec l’UE, définir les
grandes lignes de cette stratégie nationale. Un rendez-vous
à ne pas manquer.
L’idée n’est pas nouvelle,
mais le défi est de taille : aider les populations à faibles
revenus à améliorer leurs conditions de vie et surtout à se
familiariser avec la culture des affaires et les outils de la
gestion moderne. Une tâche à laquelle s’est attelée la délégation
de la Commission européenne au Liban depuis plusieurs années
en démarchant les petits entrepreneurs du Liban-Sud et du Liban-Nord
dans le cadre d’une politique de soutien à toute initiative
de développement économique. En octroyant des microcrédits et
des prêts à tous les candidats désireux de faire fructifier
leurs revenus ou d’agrandir leur entreprise, l’UE a voulu contribuer
à la création d’emplois tout en inculquant une culture de rationalisation
économique aux personnes pleines de bonne volonté mais qui sont
peu ou pas préparées à la gestion quotidienne de leurs affaires.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la visite du chef de la délégation
de la Commission européenne au Liban, Patrick Renauld, qui a
visité mardi les bénéficiaires des projets financés par l’UE,
en compagnie de plusieurs experts de la Commission. Accompagné
d’un groupe de journalistes, le diplomate s’est rendu d’abord
à Tyr, où il a visité deux bénéficiaires du projet de « Réinsertion
économique au Liban-Sud », mis en œuvre par l’association Aide
au développement rural. Réalisé entre 1999 et 2002, ce projet
visait à octroyer des crédits pour développer des opportunités
de travail en intensifiant la participation des femmes à la
vie économique. Rou’aya Istambouli Chahine est mère de six enfants.
Elle gère depuis près de vingt ans une petite boulangerie artisanale
à Hay el-Joura, au centre de Tyr. Grâce à un microcrédit de
3 000 euros qu’elle a pu obtenir de l’UE, elle a réussi à acquérir
un nouveau matériel et à réparer son pétrin. Spécialisée dans
la confection des galettes pour knafé, Rou’aya a réussi trois
ans plus tard à rembourser son microcrédit avec un intérêt dégressif
de 12 %. Aujourd’hui, elle affirme fièrement « avoir doublé
mon revenu, embauché trois distributeurs et marié cinq de mes
enfants ». Une réussite qui l’encourage désormais à agrandir
sa boulangerie et à diversifier sa production. À l’instar de
plusieurs autres bénéficiaires de Tyr, Rou’aya a su faire bon
usage de la somme modique obtenue, notamment grâce au soutien
d’une ONG locale qui lui a prodigué les conseils et le suivi
nécessaires pour l’expansion de son entreprise artisanale. Majed
Mahmoud Bawab, lui, est pêcheur. À l’instar de ceux qui pratiquent
ce métier, il n’arrivait plus à joindre les deux bouts, surtout
après que sa barque eut coulé. Animé d’une détermination à toute
épreuve, il décide de reconstruire une nouvelle embarcation
avec l’aide de ses frères, un projet qui lui coûte 25 000 $.
Il obtient 3 000 euros sous forme de microcrédit. Un coup de
pouce qui l’encourage à élargir ses horizons en convertissant
son bateau au tourisme durant l’été. Incapable de dire dans
quelle proportion il a pu améliorer ses revenus, le pêcheur
sait en tout cas qu’à ce stade, il n’a pas encore pu amortir
les 30 % de son investissement. Mais il n’abdique pas pour autant
et espère arrondir ses fins de mois en amenant les groupes d’écoliers
en randonnée de mer. Convaincu que Bawab est sur la bonne voie,
M. Renauld lui a assuré qu’une fois le prêt remboursé, il pourra
envisager un autre investissement, en achetant notamment une
seconde et peut-être même une troisième barque. Pour le diplomate,
bien que ces microcrédits soient ponctuellement bénéfiques,
ils restent insuffisants pour résoudre le problème de fonds
auquel fait face la majorité des pêcheurs, qui n’ont ni les
moyens ni la formation nécessaires pour moderniser leurs techniques
de pêche.
Jeanine JALKH pour L'Orient-Le Jour
O-O-O
Mai
2004
1,24
milliard d’euros aux pays méditerranéens en 2005-06 dont
70 millions d’euros d’aide pour le Liban dans le cadre d'EuroMed
La Commission européenne
a annoncé le 4 Mai 2004, l’octroi en 2005-2006 de 1,24 milliard
d’euros d’aide aux pays du pourtour méditerranéen, à la veille
de la conférence ministérielle du partenariat Euromed, qui aura
lieu à partir de ce soir à Dublin. La Commission, la Banque
européenne d’investissement (BEI) et la Banque mondiale (BM),
les trois principaux bailleurs de fonds au Proche-Orient, en
Afrique du Nord et sur la rive méridionale du bassin méditerranéen,
se sont aussi entendues pour renforcer la coordination de leurs
actions dans la région. Pas loin de la moitié de l’aide approuvée
par l’Exécutif européen pour 2005-2006 est destinée au Maroc
(275 millions d’euros) et à l’Égypte (243 millions), selon les
chiffres fournis par Bruxelles. La Tunisie bénéficiera au cours
de la même période de 144 millions, la Jordanie de 110 millions
et l’Algérie de 106 millions. La Syrie et le Liban se verront
allouer respectivement 80 et 70 millions. Le solde de 215 millions
servira à des projets sur l’ensemble de la région.
L’ensemble de cette aide entre dans le cadre des programmes
Meda, le principal instrument financier du partenariat Euromed,
également connu sous le nom de
« processus de Barcelone », qui régit la coopération
entre l’Union européenne et les pays du pourtour méditerranéen

L’Union européenne s'inquiète du manque de coopération
du Liban
Beyrouth, Février
2004- La délégation de la Commission européenne à Beyrouth
a publié le 18 Février un communiqué pour exprimer son
mécontentement à la suite du report de la signature d’une convention
de financement pour un projet de développement agricole au Liban
qui doit bénéficier d’un don européen de 10 millions d’euros.
La signature, qui devait avoir lieu mardi dernier, avait déjà
été reportée une première fois, alors que l’élaboration du projet
avait nécessité 18 mois, cette préparation s’était effectuée
« dans la plus grande transparence avec l’ensemble des acteurs
de la profession, la commission parlementaire de l’Agriculture
et le ministère de l’Agriculture », a souligné le chef de la
délégation, Patrick Renauld. L’ambassadeur s’est déclaré « préoccupé
par les mécanismes de décision » libanais qui « alourdissent
le fonctionnement de la coopération entre l’Union européenne
et le Liban ». Patrick Renauld a fait cette déclaration à l’issue
d’une entrevue avec le Premier ministre Rafic Hariri qui a porté
sur les raisons des deux reports successifs de la signature
depuis le mois de décembre 2003.
Le président du Conseil a assuré à l’ambassadeur que ce retard
n’était pas imputable aux services du ministère de l’Agriculture,
indique-t-on dans le communiqué de la délégation. M. Renauld
a également marqué son inquiétude quant aux conséquences de
ces retards sur la mise en œuvre effective du projet. ` « Les
agriculteurs, bénéficiaires directs du projet, s’en trouvent
pénalisés, alors que l’état actuel de l’agriculture libanaise
nécessite des mesures rapides. » Le projet agricole, qui concerne
le secteur des fruits et légumes, a en effet pour objectif de
revaloriser les revenus des agriculteurs. Le but est de les
aider à produire mieux, grâce à des mesures d’assistance technique
notamment, et à mieux commercialiser leurs produits, grâce à
la mise en place d’un système d’accès à l’information sur les
prix et les marchés.
Infractions au
droit de la propriété intellectuelle sur les médicaments
Par ailleurs, dans un communiqué séparé
paru hier, la délégation de la Commission européenne à Beyrouth
dénonce des infractions au droit de la propriété intellectuelle
commises lors de l’enregistrement des médicaments. L’ambassadeur
Patrick Renauld a évoqué la question hier lors d’un entretien
avec le ministre de la Santé, Sleimane Frangié, à qui il a exprimé
sa « vive inquiétude face à des pratiques qui peuvent nuire
considérablement à la santé des consommateurs et aux investissements
au Liban ». En réponse, le ministre a assuré au chef de la délégation
que des mesures de transparence portant sur l’enregistrement
des nouveaux produits pharmaceutiques étaient en cours d’élaboration
en vue d’être adoptées très prochainement. Le délégation européenne
a été saisie de la question à la suite de plaintes de sociétés
pharmaceutiques libanaises et étrangères concernant certaines
pratiques lors de l’enregistrement des médicaments. « Le non-respect
de ces lois porte atteinte à la crédibilité du Liban, candidat
à l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce », lit-on
dans le communiqué. Les relations entre l’Union européenne et
le Liban ainsi que les activités de coopération seront évoquées
le 23 février à Bruxelles dans le cadre du Conseil de coopération
UE-Liban, le troisième depuis le début du processus de coopération
en 1978.

La Semaine du Liban à Barcelone : pour un regard nouveau
Organisée par l’Institut européen de la
Méditerranée, une Semaine du Liban se tient à Barcelone jusqu’au
jeudi 18 décembre 2003.
Au programme, une palette
d’activités variées qui présente les différentes facettes du
pays du Cèdre. Cet événement, qui reflète «nos relations croissantes
avec le Liban», indique Andreu Claret, le directeur de l’Institut
européen de la Méditerranée, vise à donner une autre image du
Liban que celle de la guerre et à «remettre en cause nombre
de stéréotypes erronés, qui perdurent encore à l’étranger, tel
le terme de “ libanisation ”, comme symbole de chaos et de confrontation.
Il faut porter sur ce pays un regard nouveau.» Outre les journées
de débats, au cours desquelles des hommes politiques, des économistes,
des sociologues sont invités à donner leur vision actuelle de
la situation au Liban, ce regard nouveau devrait être apporté
aux Catalans par les manifestations artistiques libanaises qui
sont prévues quotidiennement. Concerts, cinéma, exposition de
photographies et même gastronomie ponctuent donc d’une note
festive les rencontres, conférences et tables rondes axées essentiellement
sur l’économie, l’architecture, l’archéologie et le tourisme,
tous ces sujets d’intérêts communs à la plupart des pays de
la Méditerranée. Ouverte par la musique traditionnelle de Ziad
Ahmadieh et de son groupe qui ont offert aux Catalans deux concerts,
les vendredi 12 et samedi 13 décembre, mariant les airs populaires
libanais à des compositions nouvelles, la semaine déroule plusieurs
films de jeunes réalisateurs, dont Quand Mariam a parlé, de
Assad Fouladkal, Toi où que tu sois, de Bourhane Alaouié, ou
encore Maudit soit l’exil, de De Gaulle Eïd. À signaler également,
une rencontre autour de «La production littéraire et la traduction
au Liban et en Catalogne» prévue pour le mercredi 17 décembre,
et à laquelle sont conviés, aux côtés d’écrivains et d’éditeurs
espagnols, Élias Khoury, Ahmad Beydoun et Amin Maalouf.
En marge de ce volet culturel
nourri, la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth a
annoncé qu’elle organisait le 17 Décembre une « journée
économique du Liban » à Barcelone, en collaboration avec la
Chambre de commerce de la capitale catalane. L’événement sera
inauguré par le ministre libanais de l’Économie et du Commerce,
Marwan Hamadé, en présence du Premier ministre catalan, Jordi
Pujol, et du président de la Fédération des Chambres de commerce
libanaises, Adnane Kassar. Le président de l’Association des
banques, Joseph Torbey, parlera du secteur bancaire libanais
et le président d’Idal, Samih Barbir, évoquera les opportunités
d’investissement au Liban, au cours d’une série de conférences
autour de l’économie libanaise. Une trentaine de représentants
du secteur privé participent à l’événement qui sera aussi l’occasion
de signer un accord de coopération entre les Chambres de commerce
et d’industrie de Beyrouth et de Barcelone pour promouvoir les
échanges entre le Liban et l’Espagne.

L'UE accorde 15 M EUR pour améliorer la qualité des produits
libanais

L'Union européenne a décidé
d'accorder, à la veille de la fête nationale libanaise,
15 millions d'euros au Liban pour l'aider à renforcer la qualité
de ses produits, dans le cadre de l'accord d'association euro-méditerranéen,
a annoncé dans un communiqué la délégation de la Commission
européenne à Beyrouth. D'une durée de 4 ans, la convention de
financement pour ce projet "qualité" a été signée par le ministre
libanais de l'Economie Marwan Hamadé et le chef de la délégation
de la Commission européenne au Liban Patrick Renauld. "Ce projet
a pour objectif majeur d'améliorer la qualité des produits libanais
et de les mettre en conformité aux normes internationales et
européennes", souligne le communiqué. Il permettra au secteur
privé libanais "d'accroître sa compétitivité, et d'augmenter
son potentiel d'accès aux marchés internationaux (...) et d'améliorer
la sécurité alimentaire des consommateurs", ajoute-il. Cet accord
intervient à la veille d'une visite lundi à Bruxelles de M.
Hamadé pour discuter "d'une possible intégration du Liban au
marché européen", selon M. Renauld. La convention s'inscrit
dans le cadre du programme Euro-méditerranéequi lie les 15 membres
de l'UE à douze pays du bassin méditerranéen. Depuis 1995, grâce
à son adhésion au programme MEDA qui constitue le principal
instrument financier du partenariat, le Liban a bénéficié d'un
montant de 246 M EUR en dons, investis dans les domaines économique,
culturel et social.
La deuxième réunion de Dialogue
économique UE-Liban a eu lieu le 24 novembre à Bruxelles. La
délégation libanaise était conduite par le Ministre de l’Economie
et du commerce, Marouan Hamadeh. Les deux parties ont décidé
d’approfondir la coordination sur la mise en ¦uvre de l’Accord
d’association et ont accepté, sur le principe, l’idée de créer
un groupe d’experts pour examiner les domaines qui préoccupent
le Liban comme le niveau élevé des coûts énergétiques et des
coûts de production qui affectent l’industrie. La politique
de «Voisinage de l’ Europe élargie » de l’UE a pris une place
de premier plan dans les entretiens ; le Liban a notamment manifesté
son désir enthousiaste d’y participer. Quant aux questions commerciales,
les contacts se poursuivront par le biais du réseau de coordonnateurs
du commerce créé au début de cette année.
Coopération UE-Liban:
Renforcer le niveau de production,
développer les compétences, rendre les entreprises compétitives
ELCIM, une assistance technique et financière de 11 millions
d’euros pour moderniser l’industrie
Patrick
Houard-Debraconier, directeur d’Elcim : « Les entreprises libanaises
doivent entamer un rogramme de modernisation industrielle afin
d’être conformes aux normes européennes ».
Préparer le marché
libanais au libre-échange en modernisant les entreprises industrielles
locales et améliorant leur niveau de production ; diminuer l’écart
entre les industries du Sud et celles du Nord, en développant
leur compétence et en les rendant plus compétitives : tel est
l’objectif que s’est fixé le programme européen indépendant
ELCIM (centre libano-européen pour la modernisation industrielle),
d’un montant d’11 millions d’euros. Programme qui entend apporter
une assistance technique et financière à l’industrie libanaise.
Mis en place en mai 2001, le projet qui doit être achevé en
août 2004, touche déjà à sa fin. Ses objectifs ont d’ailleurs
été atteints à près de 75 %. Principalement créé comme support
à l’association euro-méditerranéenne, qui doit être mise en
place en 2010, le programme ELCIM offre une double assistance
aux entreprises industrielles libanaises, exception faite de
celles qui s’occupent de tourisme, d’agriculture ou de commerce,
explique le directeur du projet, Patrick Houard-Debraconier.
L’assistance technique d’ELCIM profite tant aux sociétés, à
titre individuel qu’aux groupes d’entreprises, aux collectivités
ou aux institutions publiques. Elle se matérialise, au niveau
individuel, dans l’établissement, par des experts libanais et
européens, d’un diagnostic de l’entreprise, suivi d’un plan
d’action de remise à niveau. « À ce stade, observe M. Houard-Debraconier,
aucune participation financière n’est demandée à European Lebanese
Center for Industrial Modernization de l’entreprise. C’est à
partir de la décision individuelle de cette dernière d’opérer
une mise à niveau, suite à l’expertise, que nous lui demandons
une participation de 20 % du coût global de la mission. Une
contribution qui est nécessaire, précise-t-il, tant pour la
motivation de la société intéressés, que pour la pérennité d’ELCIM.
»
Intermédiaire entre
les entreprises et les banques
Pour bénéficier de l’assistance technique, les conditions d’application
sont simples. L’entreprise doit exister depuis au moins deux
ans et employer un minimum de cinq personnes. Quant à l’aide
technique collective, généralement obtenue par le biais d’une
institution, d’un syndicat ou d’une association, elle consiste
dans l’assistance à l’organisation d’expositions, de foires,
de séminaires ou de conférences, mais aussi dans des expertises
à un groupe d’entreprises ou même à des institutions publiques.
La seconde forme d’assistance que propose ELCIM est financière
et consiste à aider les entreprises à trouver la meilleure source
de financement nécessaire à la réalisation de leurs projets.
« Nous ne sommes pas une banque, tient à préciser Patrick Houard-Debraconier,
mais simplement un intermédiaire entre les entreprises et les
banques. » Ainsi, l’unité financière d’ELCIM se charge du dossier
et établit les contacts avec les banques, afin d’aider la société
intéressée à choisir la source de financement la plus adéquate.
Installé à Beyrouth, et possédant des représentants dans les
différentes régions de Saïda, Tripoli et Zahlé, ELCIM a tenté,
durant ces trois années, de couvrir au mieux l’ensemble des
régions libanaises. Mais la tâche n’a pas toujours été facile.
M. Houard-Debraconier déplore à ce propos le manque d’accès
à certaines régions, et la difficulté de collaboration entre
les villes mais aussi entre les populations de différentes communautés.
De plus, le caractère individualiste du Libanais, traditionnellement
plus marchand qu’industriel, ainsi que la solide structure familiale
qui prévaut au sein des entreprises libanaises, ont parfois
ralenti la mise en place du programme. Mais le développement
d’une industrie nécessite impérativement certains changements.
« En effet, indique M. Houard-Debraconier, les entreprises libanaises
doivent réaliser qu’elles devront faire face à d’importants
problèmes si elles ne se décident pas à évoluer et à entamer
un programme de modernisation industrielle, afin d’être conformes
aux normes européennes, notamment aux standards ISO. » Il ne
peut toutefois s’empêcher de nuancer ses propos d’une note optimiste,
ajoutant que le Libanais est courageux, motivé et ouvert, qualités
qui représentent un atout de taille dans sa capacité d’adaptation
industrielle.
Des infrastructures à améliorer
Et le directeur de mentionner, à titre d’exemple, quelques projets
en cours de préparation ou déjà mis en place par ELCIM, notamment
l’assistance à la Cooperative Printing Company, société d’imprimerie
appartenant au groupe an-Nahar, et qui a pour objectif d’améliorer
la répartition des couleurs du quotidien arabophone et des diverses
publications imprimées par l’entreprise. Par ailleurs, ELCIM
prépare un projet d’étude du zoning de Baalbeck, en vue d’améliorer
l’infrastructure routière de la ville, ainsi qu’un projet pilote
de zoning industriel à Zahlé, proposé par le ministre de l’Industrie
en collaboration avec la municipalité de la ville. « Ce projet,
qui devrait voir le jour à partir de l’année prochaine, explique
le directeur, offrirait aux industriels de la région des espaces
industriels équipés, conformes aux standards internationaux,
à des prix très réduits. » Si la participation du gouvernement
libanais est très importante à ce niveau, car elle implique
de sa part la mise en place d’une infrastructure répondant aux
normes requises, de nombreuses institutions œuvrent, elles aussi,
à la réussite de ce projet, observe M. Houard-Debraconier, notamment
l’Unido, Idal, la Délégation européenne ainsi que l’association
des industriels libanais. Les besoins de l’industrie libanaise
sont immenses et la volonté d’évolution des industriels et du
gouvernement est évidente. Encore faudrait-il que des programmes
comme celui d’ELCIM portent leurs fruits et ne voient pas leurs
efforts stoppés par des considérations bureaucratiques.
Anne-Marie EL-HAGE / L'Orient-Le Jour
L'Europe à la Télévision
Le Samedi 15 Novembre 2003
" EUROPA "
à 20 h30
en collaboration avec la Délégation
de la Commission Européenne

Gare aux replis identitaires
Europa consacre, avec les partenaires médiatiques As-Safir,
Daily Star, RMC et Magazine, sa dixième émission aux échanges
culturels. L'émission aura lieu samedi 15 novembre, à 20h30,
et la rediffusion, le lendemain à 15h30, sur la NBN. Wadih Safieddine
et ses invités mettront l'accent sur l'interaction entre le
Liban et l'Union européenne.
Evoquer la culture alors que le gouvernement
libanais décrète la privatisation du Palais de l'Unesco, le
seul lieu public d'échanges culturels, n'est pas très prometteur.
Dans ces circonstances, comment peut-on décrire la situation
culturelle aussi bien au Liban que dans le monde? Les échanges
culturels se situent d'une part au niveau interne, entre les
différentes composantes de la société, d'autre part dans un
cadre régional, à l'intérieur d'ensembles géographiques, économiques
ou linguistiques, à l'instar de l'Union européenne ou du monde
arabe. Enfin, cet échange se situe aussi à un niveau international,
entre les Etats ou groupes d'Etats. Outre l'enrichissement réciproque,
l'échange culturel a aussi pour objectif d'aboutir à un dialogue.
Il permet la compréhension mutuelle des différentes cultures.
S'enrichir sans s'effacer
Quelles sont les caractéristiques des échanges culturels établis
à l'intérieur de l'Union européenne? La formation de l'ensemble
européen ne veut en aucun cas sous-entendre un effacement des
cultures nationales face à un nouveau mode de vie communautaire.
Au contraire, les identités nationales et infranationales (bretonne,
basque...) au sein de l'Union européenne sont respectées. L'échange
culturel n'est donc, à aucun moment, une opération de fusion
et d'homogénéisation, mais une reconnaissance de la culture
de l'autre, même si elle diffère avant tout par la langue. Les
échanges culturels interarabes doivent être en théorie plus
aisés, en raison du facteur linguistique. Mais la pratique montre
une difficulté à établir un dialogue. Les raisons politiques
sont prépondérantes. Les différences culturelles ne doivent
pas constituer un barrage au dialogue et à l'échange. Au contraire,
elles doivent en être la cause et le moteur. Sinon, dans le
cas d'une similitude culturelle entre les différents pays arabes,
l'intérêt et la nécessité même d'un échange culturel s'estompent.
Comment prennent forme les échanges entre le monde méditerranéen
et l'Union européenne dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen?
Francisco Acosta, premier secrétaire de la délégation de la
Commission européenne au Liban, met l'accent sur le troisième
volet culturel, humain et social de l'Accord d'association,
considéré injustement comme le parent pauvre aux côtés des volets
économique et politique. Une trentaine de projets dans le domaine
de la défense de l'héritage culturel sont soutenus. Autant sont
financés dans l'audiovisuel. Pour promouvoir la jeunesse, 4000
néophytes ont reçu l'appui de la Commission. Quelque 90 millions
d'euros ont été déboursés depuis 1997, une somme que M. Acosta
considère insuffisante vu les besoins sur le terrain. Quant
à la Fondation européenne pour le dialogue des cultures, elle
vise à responsabiliser les pays du Sud en les impliquant dans
le processus de prise de décision, ces derniers se sentant exclus.
Pour ce faire, cet organisme vise à faciliter cette participation,
à travers ses organes, qui représentent l'intégralité des Etats
de l'accord d'association. Jean-Paul Chagnollaud, directeur
de la revue Confluences Méditerranée, met en garde contre les
replis identitaires, ainsi que l'instrumentalisation politique
de la culture. Roland Barbar, animateur culturel, met l'accent
sur l'aspect indispensable des échanges culturels et insiste
sur la démocratisation de la culture. Enfin, il est utile de
préciser que la culture, contre tout préjugé, s'avère être une
source de revenus et peut constituer un vrai moteur de développement
économique.
Invités de marque
L'émission Europa s'est déroulée en l'absence d'un représentant
du ministère de la Culture, quoique convié. Les invités ayant
répondu à l'appel sont: Francisco Acosta, premier secrétaire
de la délégation de la Commission européenne au Liban; Jean-Paul
Chagnollaud, directeur de la revue Confluences Méditerranée;
Roland Barbar, animateur culturel; Saleh Barakat, responsable
de la galerie Ajial; Frédéric Clavier, chef de la Mission culturelle
française; Alexandre Najjar, ancien conseiller du ministre de
la Culture, avocat et écrivain.