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L'éditorial de Libanvision
Toute l'actu du Liban en français ou arabe sur France 24

Nouvelle chaine internationale de l'info 7/7, 24/24

Si un fait dominant dans l'actualité mérite une attention particulière et nous inspire un commentaire original, nous vous invitons à partager notre humeur ou notre humour, voire de temps en temps celle d'un invité de notre choix.Nous encouragerons toujours la libre expression qui favorise l'unité et la solidité des liens entre tous ceux, Libanais ou non, qui partagent avec force et conviction ce lien unique au monde qu' est la Libanité.


Bachar Al Assad invité de marque à Paris le 14 Juillet!
Ya t-il toujours autant de fans de Sarkozy au Liban? La question prend tout son sens une semaine après le passage éclair à Beyrouth du président pressé.
Voilà des mois que je ne cesse de mettre en garde les libanais quant à la représentativité de Mr Sarkozy pour incarner le lien franco-libanais. Une fois prononcées les belles paroles au cours d'une visite bâclée à la limite de l'irrespect pour le Liban, les actes n'ont pas tardé à suivre! Mais rassurez-vous, nous sommes nombreux à nous demander si ce président défend en priorité les intérêts de la France et des français. Alors vous pensez bien que pour lui, le Liban n'est qu'un pays de guignols dont on se sert pour servir d'autres intérêts!


Une visite au goût amer

Pour tout franco-libanais ou français ami du Liban, la visite d'un président français au pays du cèdre doit constituer un moment de joie et de fierté. Pour être franc, ce n'est pas cette fois le sentiment que j'éprouve. Seule la présence de l'ensemble des responsables des principaux partis politiques représentés à l'assemblée nationale française est de nature à donner à cette visite une portée symbolique à la hauteur de la relation franco-libanaise et des liens entre nos deux peuples. Par contre, l'attitude d'un président pressé qui n'accorde que cinq heures de son temps au Liban ne semble pas en phase avec l'histoire et marque, une fois de plus, l'expression d'une inquiétante désinvolture.
Le voir lire ses notes en s'adressant au président Sleimane pour lui témoigner le soutien de la France relève assurément plus du sens du devoir que de la passion du coeur: un président français ne peut pas faire moins au regard de l'histoire mêlée des deux pays.
Le comble est qu'il aura dû plus tard serrer la main de représentants du Hezbollah, ce qu'il avait un mois plus tôt exclu lors de son dernier entretien télévisé devant des millions de français. Il a aussi choisi Beyrouth pour évoquer une possible évolution positive des relations avec le régime de Damas!
Qu'à cela ne tienne, au Liban, comme pour l'éducation nationale, le service minimum semble constituer la pierre angulaire de l'ambitieux projet du président pour la France et, après ce détour beyrouthin qui ne lui aura pas permis de goûter aux charmes de la vie locale, il pourra vite se consoler dans les bras de Carla dont il ne faut surtout pas se passer un samedi soir. Oui, je suis triste et amer que le Liban ne mérite pas ce sacrifice dans la vie d'un président qui aura tout de même pu prendre la température du proche-orient à quelques semaines d'un voyage beaucoup plus long, celui-là, en Israel...


JM Druart/LibanVision

Petit vent de paix sur les braises libanaises
17 Mai 2008- Toutes les parties libanaises devaient reprendre, vendredi soir à Doha (Qatar), leurs discussions à la suite de l’accord intervenu entre elles, jeudi soir, à Beyrouth, grâce à la médiation d’une délégation de la Ligue arabe, conduite par le Premier ministre du Qatar, Hamad al-Thani. La veille, mercredi soir, le gouvernement libanais avait annulé les deux décisions ayant conduit le Hezbollah et ses alliés à attaquer des positions du Courant du futur de Saad Hariri et du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt à Beyrouth-ouest et dans la montagne druze.
Si la situation est apparemment redevenue normale avec, notamment, la réouverture de l’aéroport, sur le fond, non seulement rien n’est réglé, mais le contentieux entre les principales communautés du pays s’est singulièrement alourdi. Les morts dans la montagne druze, où l’on se demande encore ce que sont venus faire des commandos hezbollah lourdement armés, ou dans les quartiers sunnites de Beyrouth et de Tripoli, pèseront lourd à l’avenir. Comme l’a relevé Saad Hariri, comment le Hezbollah a-t-il pu attaquer des populations qui ont manifesté une solidarité sans faille lors la guerre de l’été 2006 menée avec une brutalité inhumaine par Israël ? Que feront ces mêmes populations, a-t-il ajouté, si par malheur Israël attaquait à nouveau le Hezbollah ?

Certes, Walid Joumblatt a sans doute perdu une bonne occasion de se taire en réclamant le limogeage du général Wafik Choukair et le démantèlement du réseau de communications du Hezbollah. Mais, pas plus que l’enlèvement de deux soldats israéliens en juillet 2006 ne justifiait la réaction disproportionnée d’Israël, pas plus les rodomontades du chef druze ne justifiaient le coup de force des partisans de Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah.

Le Hezbollah isolé au Liban
Depuis 2005 et le départ des troupes syriennes après l’assassinat de Rafiq Hariri, Nasrallah n’a eu de cesse de retrouver le pouvoir et l’influence qui étaient les siens, à l’époque où Damas faisait encore la pluie et le beau temps au Liban. Cette soif de pouvoir est d’autant plus grande que, la guerre de 2006, même si elle a conforté l’image du Hezbollah grâce au courage de ses combattants, n’en a pas moins constitué une défaite stratégique avec le déploiement de l’armée libanaise et le renforcement de la FINUL, au sud du pays. Depuis, les formations pro-iraniennes et pro-syriennes ont multiplié les initiatives pour affaiblir le gouvernement, tandis que se multipliaient les assassinats de députés de la majorité et de personnalités indépendantes, comme Georges Haoui ou Samir Kassir. Le ralliement du général Michel Aoun, prêt à tout pour devenir président de la République, a apporté une couverture chrétienne inespérée au Hezbollah et facilité sensiblement sa tâche.

Le problème central, pour Hassan Nasrallah et la direction du Hezbollah, c’est que la grande majorité des Libanais, y compris parmi la communauté chiite, n’a plus aucune envie d’adhérer au projet du parti de Dieu, qui se confond ou rejoint le projet iranien de résistance aux Etats-Unis et à son allié régional israélien. Ruinés par quinze ans de guerre civile, durement et injustement frappés à nouveau en 2006, les Libanais estiment avoir assez donné et ne voient pas pour quelles raisons ils seraient les seuls dans le monde arabe à continuer à payer chèrement le prix de la guerre avec Israël, alors que ni l’Egypte, ni la Syrie, ni aucun Etat arabe ne s’est engagé dans cette voie depuis 1973.

Pour le chef des services de renseignements israéliens, Amos Yadlin, si le Hezbollah n’a pas poursuivi sa marche victorieuse, c’est seulement pour s’épargner les déboires de gestion que connaît le Hamas à Gaza. Il se satisfait aujourd’hui d’être, de loin, le centre de pouvoir le plus puissant du Liban. Cette analyse n’est pas vraiment convaincante. Aussi puissant soit-il, le Hezbollah se serait épuisé à imposer sa domination au reste du Liban. En quelques jours, il a pu mesurer les ravages que son comportement a provoqué, aussi bien auprès des Libanais, y compris chiites (dont beaucoup en ont assez d’être considérés comme ses affidés) que des pays arabes, dont les populations ont très mal perçu que le héros de la guerre de 2006 tourne ses armes contre ses frères.

Un terrain de paix miné
Dans le plan arabe de six points rendu public par Cheikh Hamad, l’engagement de toutes les parties à ne plus imposer par les armes leur point de vue est certainement le point le plus important. Tout le monde espère également qu’un président de la République, le général Michel Sleiman, sera prochainement élu, qu’il y aura un gouvernement d’union nationale, un accord sur une nouvelle loi électorale, et le départ des milices du centre ville. Mais, là où les discussions risquent de buter encore longtemps, c’est sur la question des armes.

Aussi longtemps que celles-ci servaient à défendre le Liban, les Libanais pouvaient le comprendre. Mais la prétention du Hezbollah de servir le projet iranien de lutte contre Israël et le Satan américain, en utilisant le Liban comme base avancée, est désormais rejeté par la grande majorité des Libanais. L’opposition fondamentale entre la vision guerrière du Hezbollah et celle du reste des Libanais (hormis les radicaux islamistes par ailleurs souvent très hostiles au chiisme) qui veulent vivre en paix est ce qui apparaît le plus clairement après cette sombre semaine. Elle ne présage rien de bon.
Emile Borne, de Beyrouth, pour Bakchich.info

Sarkozy: le Liban c'est simple comme un coup de fil!
12 Mai 2008- Qu'il semble loin le temps ou la France honorait en cas de crise son rôle de mère du Liban! Aujourd'hui sa discrétion la ramène dans ce dossier épineux au rang des nations ordinaires et rend amères toutes les communautés de la mosaique libanaise.
On pouvait bien reprocher à Jacques Chirac sa lecture du dossier sans doute trop à travers le prisme des intérêts haririens, cela avait au moins le mérite de peser sur la situation même si cela pouvait déranger ceux qui ont gardé tendance à s'octroyer un peu facilement le monopole de la relation privilégiée avec la France.

Aujourd'hui, tout a bien changé: piègé comme un débutant qu'il est en politique internationale, Nicolas Sarkozy, suite aux échecs répétés de Bernard Kouchner à l'automne 2007 pour trouver un consensus permettant d'élire un président, ne peut et sans doute ne veut avoir d'autre choix que d'être un pro-consul influent des néo-conservateurs américains dans la région.
On devra donc se contenter après quatre jours de quasi-guerre civile d'un simple coup de téléphone élyséen à Fouad Siniora pour l'assurer du soutien de la France.
Malheureusement pour Mr Sarkozy, le dossier libanais est très complexe et subtile. Comme le soulignait le Khaleejtimes récemment, le président français a démontré qu'il manquait cruellement de subtilité au cours de sa première année de pouvoir.
Entre ses amitiés et préférences évidentes au Proche-orient ainsi que ses traits de caractère clivant, les libanais ne doivent rien attendre de la France qui sera de nature à les rassembler en cette nouvelle période trouble. Il y a déjà bien longtemps, Sardou chantait, ne m'appelez plus jamais France, la France elle m'a laissé tombé...
S'il fallait énumérer quelques critères sur l'aptitude à l'exercice de la fonction présidentielle
, notamment sur le plan international, la manière de gérer la question libanaise en sachant honorer la relation franco-libanaise figurerait sans doute en bonne place.
Nicolas Sarkozy apparaît malheureusement trop souvent dépourvu de cette faculté et sa relation distante avec le Liban, son manque évident de courage et d'engagement personnel dans ce dossier révèle peut-être simplement d'une façon plus subtile son manque d'imprégnation de la culture française...Comment d'ailleurs expliquer sa relation avec les français eux-mêmes si rapidement houleuse et tendue.
Gageons donc qu'il ne s'agisse là que d'une parenthèse délicate qui se réouvrira lorsque les français changeront de réprésentant au plus haut sommet...
Heureusement, les vrais amis du Liban survivent aux présidents qui passent...

JM Druart-LibanVision


Le Liban, un absent très "présent" au sommet de la Ligue arabe
par Jonathan Wright et Souleïmane al Khalidi

DAMAS (29 Mars 2008) - Le sommet annuel de la Ligue arabe s'est ouvert samedi à Damas en l'absence du Liban et des dirigeants arabes qui réprouvent le rôle de la Syrie dans la crise politique libanaise.
Le président syrien, Bachar el Assad, a assuré dans son discours d'ouverture que la Syrie était disposée à coopérer à la résolution de cette crise.
"Nous, en Syrie, sommes tout à fait prêts à coopérer aux efforts arabes et non arabes (...) à condition qu'ils s'appuient sur le consensus national libanais, base de la stabilité du Liban", a-t-il déclaré.

Onze chefs d'Etat, sur un total de 22 membres de la Ligue arabe, étaient présents à l'ouverture, soit un peu moins qu'à l'ordinaire pour un tel sommet.
L'absence de représentants libanais, du roi Abdallah d'Arabie saoudite, du président égyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah de Jordanie signifie que le sommet sera impuissant à résoudre la crise politique au Liban, qui est sans président depuis novembre.
Le gouvernement libanais et ses alliés estiment que la Syrie fait obstruction à l'élection d'un successeur à Emile Lahoud, président pro-syrien dont le mandat a expiré en novembre, et dénoncent l'ingérence de Damas.
"Au contraire, les pressions exercées sur la Syrie depuis plus d'un an, qui se sont accentuées ces derniers mois, visaient à la faire intervenir dans les affaires intérieures libanaises", a rétorqué Assad, niant toute ingérence.

ALTERNATIVES
"La clé est entre les mains des Libanais eux-mêmes. Ils ont un territoire, des institutions, une constitution et la conscience nécessaire", a-t-il ajouté, s'en tenant à un discours aussi bref et magnanime qu'inhabituel.

Le président syrien n'a pas évoqué l'absence de représentants libanais, ni celle des chefs d'Etat proches de Beyrouth ou de Washington, que Damas accuse d'avoir mené campagne pour les dissuader d'assister au sommet.
La crise libanaise ne figure pas non plus au menu des résolutions préparées pour l'occasion. Le Darfour, l'Irak et le conflit israélo-palestinien sont en revanche abordés, mais aucune idée neuve n'émerge des projets de déclaration, selon les observateurs.

Les délégués devraient ainsi renouveler leur engagement en faveur du plan de paix saoudien adopté en 2002, qui propose la normalisation des relations avec Israël en échange d'un retour aux frontières de 1967.
Les gouvernements israéliens qui se sont succédé depuis six ans ont soit ignoré soit rejeté ce plan, qui suppose le démantèlement des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Réunis récemment, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue ont menacé de revoir leur copie, jugeant inutile de renouveler une offre sachant qu'Israël la rejettera.
"Doit-on laisser le processus de paix et les initiatives être les otages des caprices des gouvernements israéliens successifs, ou doit-on chercher des alternatives pour parvenir à une paix juste et complète qui restaure pleinement le droit?", s'est interrogé Assad.
Version française Eric Faye et Jean-Philippe Lefief

Sarkozy vend aux Européens une Union Méditerranéenne au rabais
Entre l'Union de la Méditerranée -le projet- et l'Union pour la Méditerranée il y a un océan. Au lieu de créer un espace méditerranéen piloté par la France qui aurait pu ainsi prendre sa revanche sur l'élargissement de l'Europe à l'Est achevé par l'Allemagne, nous n'aurons droit qu'à une relance du processus de Barcelone avec une France qui n'aura finalement aucun relief particulier dans l'opération une fois la photo de famille prise le 13 Juillet.
Il faudra bien que les derniers sceptiques admettent que la France avec Sarkozy à sa tête n'a aucune chance de rayonner et que ce dernier sera sous quasi-tutelle allemande durant la présidence française de l'Europe au second semestre 2008. C'est triste d'un côté surtout de la part de celui qui se réclame politiquement du Gaullisme (quelle supercherie!) mais c'est également rassurant car cela constituera un garde-fou nécessaire pour éviter le ridicule à notre nation!


Sarkozy n'est pas en odeur de sainteté au Grand Orient de France

Le Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), Jean-Michel Guillardet, a déclaré samedi à Perpignan, à propos des récentes déclarations du président Sarkozy que «c’est la première fois (…) qu’un chef d’Etat va aussi loin (…) dans une nouvelle formulation des rapports entre la religion et l’Etat».
Invité par le conseil général des Pyrénées-Orientales, M. Guillardet a réaffirmé son attachement au principe de laïcité et indiqué avoir été «choqué» par les propos tenus par le président de la République à l’occasion de son discours de Rome et de sa visite en Arabie saoudite.
«C’est la première fois dans l’histoire de la République qu’un chef d’Etat va aussi loin dans la manifestation d’une opinion personnelle, d’une conviction personnelle et dans une nouvelle formulation des rapports entre la religion et l’Etat», a déclaré le Grand Maître du Grand Orient.
«Même le général de Gaulle, qui était croyant et avait la foi, n’a jamais tenu de tels propos», a-t-il rappelé. «Quand on entend qu’une seule morale fondée sur des valeurs religieuses est significative, ça ne peut que nous inquiéter», a poursuivi M. Guillardet.
Pour lui, les pouvoirs d’action de cette obédience maçonnique sont ceux de «l’indignation, de la parole» et de l’information des élus. «Nous essayons de leur faire comprendre que chacun d’entre nous doit faire en sorte que nos valeurs (ndlr: la laïcité) ne soient pas détruites», a déclaré Jean-Michel Guillardet ajoutant qu’il ne donnerait «pas de consignes à des ministres».



Les chrétiens, dindons de la farce?
par Kader Atoum
Alors que le Liban continue de chercher un président, l’influence des Chrétiens maronites se réduit comme peau de chagrin. La faute à leur obsession pour le poste de chef de l’Etat. >> Lire la suite...

Pour un Liban laïc
par Robert Malek écrivain franco-libanais et consultant.
Auteur de Paris-Beyrouth, éditions Tamyras.
10 Janvier 2008-
Le processus de démolition permanente (assassinats, intimidations, pressions, etc.) l’a emporté sur notre capacité à entretenir l’immense espoir né au printemps 2005. Nous sommes réduits à nous engluer dans la fatalité, pleurer nos compatriotes assassinés les uns après les autres. Subir ainsi c’est mourir à petits feux, but recherché par ceux qui, inlassablement depuis 1943, expriment par de lâches et viles exactions leur mécontentement de ne parvenir à anéantir notre peuple et contrôler la région. Le mal libanais réside en l’absence d’Etat de droit. Cette situation bénéficie à ceux qui instaurent un Etat dans l’Etat, stimulés par les influences externes. Pour instaurer un Etat de droit, il faut un homme d’Etat à la tête de l’Etat. Un homme (ou une femme) qui, pour succéder au mandat fantomatique d’un président brillant d’impuissance et resplendissant de soumission, ait pour première ambition de sauver son pays de ces ingérences étrangères et le débarrasser de toutes ses querelles intestines, tribales, dynastiques et claniques. Alors seront possibles le redressement économique du Liban et l’arrêt de l’exil massif des jeunes, deux facteurs vitaux pour un avenir prospère. L’aberration libanaise est alimentée par le fait que nous ne sommes pas en train de chercher un homme d’Etat, mais tout d’abord un Maronite, constitution bloquante oblige. Ensuite, parmi les Maronites, nous cherchons un homme qui plaise à tout le monde, ce qui revient à «nommer» à la tête du pays une personne influençable et manipulable. Le pays ne sortira jamais du risque de guerre, avec ses crises récurrentes, tant qu’il conservera ce système politique confessionnel.

Pourquoi ne pas oser revoir la Constitution ? Pourquoi avoir peur d’une laïcisation tout en conservant traditions historiques et libertés individuelles ? Que craindre d’une élection du meilleur candidat, qu’il soit musulman, chrétien, agnostique ou athée ? Car c’est bien d’une élection dont il est question et non d’une nomination. Ne pas nous laisser manipuler une fois de plus par ceux qui veulent désigner un président tel un roi qui nomme un gouverneur dans une province, c’est marquer notre volonté de recouvrer notre souveraineté. Certes, on ne met pas en œuvre de tels principes du jour au lendemain. Cela dépasse la notion d’amendement : c’est une remise en question des grandes lignes de la Constitution. C’est même, n’ayons pas peur des mots, une remise en cause de la mentalité libanaise. Mais nous n’en sommes pas là. Pourtant, dans ce contexte, l’idée d’un mandat de transition n’est pas incongrue si nous voulons nous donner le temps de changer les choses. Non, pour l’instant, les pressions exercées par les dictatures étrangères nous bâillonnent et nous forcent à focaliser tous nos efforts sur l’urgence à combler ce soi-disant vide institutionnel, au risque de nommer ou désigner ou imposer n’importe qui pour six années de contemplation passive. Alors que nous pouvons profiter de cette période critique pour amorcer un tournant majeur dans l’histoire de notre jeune pays de 64 ans.


Bilan 2007, l'année de tous les blocages au Liban

En 2007, le Liban a plongé dans une paralysie et une instabilité sans précédent, avec une vacance de la présidence, la poursuite des assassinats politiques, des combats entre l'armée et des islamistes et l'affaiblissement d'une économie déjà bancale.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), cette démocratie parlementaire devait se retrouver à la fin de l'année sans chef de l'Etat, avec une chambre de députés qui ne légifère pas depuis plus d'un an et un gouvernement jugé illégitime par une partie de la classe politique.

En pleine paralysie des institutions, l'armée, considérée jusqu'a présent comme la seule entité solide du pays, a été frappée à la fin de l'année par l'assassinat d'un de ses généraux, une première dans la série d'assassinats visant notamment des hommes politiques depuis 2004.

L'assassinat de ce général qui était supposé remplacer le chef de l'armée, Michel Sleimane, a été interprété comme un message à ce dernier, pressenti pour devenir le futur président de la République. "Tout le monde disait que les choses allaient changer en 2007 après le départ de (l'ancien président pro-syrien) Emile Lahoud (le 23 novembre). Or rien n'a changé", estime Paul Salem, du Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

La crise politique, déclenchée en novembre 2006 après la démission des ministres de l'opposition appuyée par Damas et Téhéran, a consacré en 2007 la division du pays entre ce camp et la majorité parlementaire antisyrienne. La confrontation entre les deux parties sur une question de partage de pouvoir est interprétée comme un prolongement du bras de fer entre l'Occident, d'une part, et la Syrie et l'Iran d'autre part.

L'impasse a mobilisé des médiations internationales inédites, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner allant même jusqu'à effectuer sept missions à Beyrouth en l'espace de six mois, sans succès.

La séance au Parlement, qui élit le président, a été reportée une dizaine de fois, malgré d'intenses pressions de la communauté internationale, notamment de la France et des Etats-Unis sur la Syrie, ancienne puissance de tutelle accusée de bloquer le processus.

L'année avait débuté par des affrontements entre pro-gouvernementaux de confession sunnites et partisans de l'opposition menée par le Hezbollah chiite, qui se sont soldés par la mort d'au moins sept personnes. Ces incidents ont fait craindre que ce petit pays méditerranéen ne bascule de nouveau dans le chaos et les conflits inter-communautaires.