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Le Cinéma, force d'expression montante
de la francophonie libanaise

Le Cinéma Libanais

L'Actu du cinéma libanais ou des Films Francophones
à l'affiche au Liban:


Septembre 2008
Récompense pour le film "Chou Sar" de Gaulle Eid

au festival de Saint- Sébastien

Août 2008
Randa Chahal, le clap de la fin
Randa le 7 Septembre 2003,  lors de la remise de son oscar à la Mostra de Venise
Un cerf-volant est une structure en papier coloré qui vole dans le ciel, actionnée par le vent. Le cerf-volant de la cinéaste libanaise Randa Chahal Sabbag est ce fragile symbole de liberté et d’indépendance qui s’est un jour moqué des frontières et des barbelés. Tout comme elle, il est libre et « souverain ». Cependant si fragile. Le 25/8/2008, vaincue par la maladie et non par les vents, Randa Chahal s’est éteinte à Paris, mais c’est à Tripoli, sa ville natale, qu’elle sera inhumée à la fin de la semaine.
Randa Chahal a marqué le cinéma libanais par son courage, sa témérité, son réalisme teinté de poésie et son souci de perfection. Née au Liban d’un père musulman sunnite, notable et libéral, et d’une mère chrétienne, irakienne et communiste,
Chahal étudie le cinéma en France, à l’Université de Vincennes, puis à l’École nationale supérieure Louis-Lumière.
C’est en 1979 qu’elle réalise son premier documentaire, Pas à pas , consacré à l’implication des pays voisins dans la guerre civile au Liban. Très concernée par l’histoire de son pays, la cinéaste enchaîne l’année suivante avec un autre documentaire baptisé Liban d’autrefois.
Mais le vrai tournant de sa carrière a lieu en 1991, avec son premier long métrage de fiction, Écrans de sable qui raconte l’amitié passionnelle entre deux femmes. Ce film fera partie de la sélection officielle de « La Mostra » en 1991 (hors compétition).
En 1995, après vingt ans de guerre vécues au Liban , la cinéaste réalise un nouveau documentaire Nos guerres imprudentes où elle mêle images de Beyrouth dévastée et témoignage des siens Quelques années plus tard, c’est sur le même thème qu’elle abordera sur un ton beaucoup plus léger, dans Civilisées, l’histoire des domestiques abandonnés dans un Beyrouth déchiré. Ce film a obtenu le prix de l’Unesco dans le cadre de La Mostra, ex aequo avec le cinéaste israélien Amos Gitaï, mais Chahal refuse immédiatement le trophée. « Une position prise, non contre la personne ou le contenu du film, mais contre Israël qui occupe une partie de notre terre », dira-t-elle plus tard. Comble de l’absurde, Civilisées sera censuré de moitié dans son propre pays par la Sûreté générale parce que le scénario contient des propos orduriers et injurieux. « La censure pratique la politique de l’autruche », avouera Randa Chahal.
Infatigable, la cinéaste réalisera en 2001 un film sur la Jeanne d’Arc libanaise, Souha Béchara (encore un signe de son militantisme), alors que 2003 signe la date de la consécration.
Son Cerf-volant, film qui propose une réflexion sur la frontière, reçoit le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Elle est alors décorée au Liban de l’ordre du Cèdre avec grade de Chevalier pour son travail de cinéaste. Une sorte de réhabilitation de la part du gouvernement avec un léger goût de revanche.
« Je voulais faire des comédies, a expliqué un jour Randa Chahal, mais je suis née dans une région tragique. Pourtant, si on ne dit pas les choses dramatiques avec un peu d’humour, ça ne passera pas. »
La dérision, c’est cette arme magnifique que la cinéaste libanaise a portée à bout de bras tout au long de sa vie pour exprimer les choses les plus douloureuses…
Colette KHALAF pour L'Orient Le Jour

Mars 2008


"Home" : entre l'Autriche et le Liban, un roman oral et mental

Encore inconnu du grand public, Patric Chiha est l'auteur de l'intrigant moyen métrage Home. Agé de 32 ans, ce cinéaste est autrichien de naissance, libanais d'ascendance, français d'adoption. Sans doute n'en fallait-il pas moins pour formuler, comme il le fait ici, l'idée d'un pont reliant l'Autriche et le Liban, d'une nébuleuse d'échos que se renverraient mutuellement l'histoire et la géographie de deux pays que ni l'histoire ni la géographie n'ont jamais rapprochés.

Le film s'ouvre dans un majestueux paysage autrichien de montagnes boisées, sur fond d'une version chantée et arabisante de la 40e Symphonie de Mozart. Une voiture noire s'aventure sur les lacets d'une petite route de crête, à l'intérieur de laquelle deux hommes, l'un jeune (Julien Lucas) et l'autre plus âgé (Alain Libolt), cadres d'une entreprise textile française venus faire des affaires dans le pays, cherchent le lieu de leur rendez-vous.
En associant le monde des affaires à ce décor millénaire, Patric Chiha s'extrait d'emblée de toute perspective naturaliste. Tout son film, de fait, flotte dans une zone indéterminée entre la sphère réelle et la sphère mentale, entre le monologue intérieur et le dialogue philosophique, entre la mise en branle irrépressible d'un flux de mémoire et la dynamique du présent.
EMPRUNT AU THÉÂTRE
Alain Libolt incarne ici un homme d'une cinquantaine d'années, né d'une mère autrichienne qui s'exila au cours des années 1950 à Beyrouth, et d'un père libanais. Ce voyage qui le ramène sur les lieux de son enfance fait déferler une avalanche de souvenirs, qu'il restitue dans un curieux monologue, une sorte d'ébauche de roman oral dont il confie la primeur, sans vraiment lui en donner le choix, à son jeune collègue. Destinataire par opportunité de ce récit qui plonge au coeur de l'Autriche nazie, puis d'un Liban mythifié d'avant la guerre, celui-ci renvoie la balle avec bienveillance, le ramène vers la réalité de leur mission, le laisse aussi parfois poursuivre seul.
Empruntant au théâtre, ce dispositif, qui fait imploser un refoulé historique lourd dans ce décor immuable, sans aspérités, est à la fois ce qui fait la force mystérieuse du film et ce qui le rigidifie un peu. Aéré par des prises de vues de Beyrouth filmées en super-huit qui font écho à la narration de Libolt autant qu'aux paysages autrichiens, bousculé par le frottement avec le réel, par un humour pince-sans-rire distillé dans les dialogues, le film n'en propose pas moins une musique singulière, sur laquelle le spectateur peut mentalement se projeter son propre film.
Film franco-autrichien de Patric Chiha avec Alain Libolt, Julien Lucas. (0 h 50.)
Isabelle Regnier critique parue dans l'édition du journal Le Monde du 12.03.08.

Automne 2007
Le dernier film de Danièle Arbid est en salle



Nadine Labaki passe brillamment du clip au cinéma

avec son premier long métrage "Caramel" ou "Sikar Banet"

« Sikar Banet » dans toutes les salles du circuit Empire à partir du 9 août
2007
En France à partir du 15 Août

Le Beyrouth caramélisé de Nadine Labaki
Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le film « Caramel » (Sikar Banet)
de la réalisatrice Nadine Labaki retourne au pays natal pour une sortie le 9 août (bien que retardée à cause des circonstances actuelles) dans toutes les salles du circuit Empire. Une œuvre chaude et sensuelle (en langue arabe) qui a, pour reprendre les mots de la grande Arletty, une « gueule d’Atmosphère ».
C’est une ovation debout d’une quinzaine de minutes au Festival de Cannes et une distribution dans plus d’une quarantaine de pays, ainsi qu’une sortie dans 250 salles françaises (à partir du 15 août) qui ont récompensé le film libanais Caramel. Une consécration inattendue pour Nadine Labaki, actrice et réalisatrice qui signait là son premier long-métrage.
LE SITE OFFICIEL DU FILM AVEC LA BANDE-ANNONCE
Bouillonnant et aigre-doux comme cette pâte lisse et dorée employée par les femmes orientales pour se faire belle, Sikar Banet évoque également, par l’inversion des lettres, ces petits cristaux de sucre (qu’on retrouve uniquement en Orient) translucides et suaves qui fondent dans la bouche. Par leurs formes inégales, ils sont à l’image de l’éventail coloré des femmes libanaises luttant depuis la nuit des temps « orientaux » pour accéder à un certain équilibre et être bien dans leur peau.
« L’image de la femme libanaise m’a toujours fascinée, avoue Nadine Labaki. C’est parce qu’elle ne parvient pas à trouver son équilibre ou qu’elle craint le regard des autres qu’elle tombe souvent dans les excès. Les contradictions qui l’animent et les mille questionnements qu’elle affronte et qui sont un véritable obstacle à son épanouissement m’intriguaient. Moi-même, qui me considère comme une femme libérée, me trouve souvent confrontée au lourd poids de notre double culture. C’est à partir de cette idée maîtresse que j’ai voulu construire ma première œuvre. Une sorte d’hommage à la femme libanaise. »
Quoi de mieux alors que le cadre d’un institut de beauté, où la femme se love dans son siège et se livre aux mains travailleuses qui vont prendre soin d’elle, pour dépeindre cette recherche d’identité ? « Un lieu de confiance mais également d’espoir, poursuit Labaki, d’où l’on sort transformé mais aussi allégé pour avoir confié aux autres ses petites faiblesses de corps et de cœur.»
« Est-ce que j’ai une gueule d’Atmosphère ? »
Caramel peut sembler un film de femmes pour les femmes, mais c’est surtout et avant tout un film d’atmosphère. Par l’entrebâillement des portes, par les fenêtres ouvertes ou closes que filme la jeune réalisatrice, sur fond de lumière caramélisée et de musique signée Khaled Mouzannar, l’ambiance d’un Beyrouth cosmopolite et oriental, coloré et kitsch, chaleureux et troublant y est reproduite. Le spectateur devient soudain voyeur et acteur. « J’ai voulu un film réaliste, dit Nadine Labaki, non une fiction, où l’on sent à la fois qu’on épie la vie des autres et qu’on la vit. »
C’est pour cette raison que le casting, qui a nécessité un an à lui seul, a été très précis. Ces cinq interprètes sont assez représentatives des femmes libanaises (toutes cultures et religions confondues) et, à travers elles, on peut percevoir, même en filigrane, les caractères des hommes qui interviennent dans leurs vies. « Ce n’est pas un travail de sociologue que j’ai voulu réaliser, souligne Labaki, mais bien une peinture réaliste. » Et de poursuivre : « J’avais une idée bien précise en écrivant mon scénario, tant dans la gestuelle des acteurs que dans le dialogue, et mes coscénaristes, Jihad Hojeily et Rodney al-Haddad, m’ont suivie dans mes élucubrations, confrontant avec moi les différentes idées tout en leur ajoutant leurs propres sensibilités. »
Un scénario qui avait vu le jour il y a quelques années, à la suite de la rencontre de la réalisatrice avec la productrice Dominique-Anne Toussaint lors du Festival du film libanais en 2003. « C’est elle qui a été le principal moteur du film, affirme Labaki. Depuis ce jour où je lui ai fait part de mon projet et de ma vision d’une œuvre, elle n’a cessé de m’inciter à écrire un scénario. Elle m’a d’abord proposé d’envoyer un premier traitement à la résidence de Cannes, qui a été retenu un mois plus tard. Puis de retour au Liban, Toussaint s’est empressée de débrouiller les fonds et c’est avec le soutien du ministère de la Culture au Liban et le support de la Cinéfondation et des distributeurs Sabbah Media Corporation que la formidable aventure de Caramel pouvait commencer. »
Une aventure encore inachevée, qui ne manquera pas d’envoûter le public par ses arômes au goût de tendresse et de suranné.

Colette KHALAF pour L'Orient Le Jour

Né à Beyrouth fête déjà sa sixième édition du 23 au 30 Août 2007
Le Programme à l'Empire Sofil
L’ouverture (jeudi 23 août) et la clôture (30 août) sont sur invitation. Entrée libre pour le reste.
Vendredi 24 août
18h30 : Le Baiser, de Chadi Aoun
Le Trou, de Rabih Jbeily
Notre Dame des Seins, d’André Chammas
La Cassette, de Marc Sayegh
Patchwork 1, de Raed Younan.

20h00 : Ayoun Beirut, de Ziad Saad
Open the Door Please, de Joanna et Khalil Joreige
Home, de Patric Chiha.
Pause, suivie de :
My Son, de Lina Ghaibeh
As I recall, de Rima Kaddissi
Hier encore, de Rima Samman.

22h30 : Barriers of Time, de Darine el-Khatib.

Samedi 25 août
18h30 : Images de Beyrouth par « Les Frères Lumière » (1897).
Drawing the War, de Léna Merhej
Rawan’s Song, de Mounira el-Solh
Le Liban en automne, de Nadim Tabet
Un cercle autour du soleil, de Ali Cherri
Suspendue, de Karine Wehbé et Philippe Azoury.
Pause suivie de : Wilde Power, de Khaled Ramadan
Please Rewind me Later, de Roy Samaha.

20h45 : Un jour de juillet, de Johnny Karlitch
Super Hajja, de Tarek Kandil
Après l’orage, de Leila Kanaan
Loubnan Harb, de Rania Stephan
Safe Sound,de Ziad Antar
La guerre de la paix, de Hadi Zaccak.

22h45 : Sous le ciel lumineux de mon pays natal, de Franssou Prenant
An Apartement in Beirut, de Renate Zentchig.

Dimanche 26 août
8h30 : Le Salam perdu, de Joelle Ferkh
That Monday, de Talal Khoury
Terminator, de Katia Jarjoura.

20h45 : Wassat Beirut, de Akram Zaatari et Rachad el-Jisr
L’armée des fourmis, de Wissam Charaf
Shehrazade’s Tale, de Rami Kodeih
Minimum Precaution, de Rania Rafei.
22h00 : Échappement libre, de Jean Becker.