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Visite autour d'un lieu symbolique de la frontière au Sud-Liban depuis le 25 Mai 2000
La Porte de Fatima à Kfar Kila


Le Mur costruit par Israel le long de la ligne bleue à Kfar Kila au Sud-Liban

Février 2018

Plus de 75 % de la frontière entre le Liban et Israël est déjà marquée
Les treize points contestés par le Liban sont situés sur la terre ferme et non en mer.

Près de 80 kilomètres : telle est approximativement la longueur de la frontière que le Liban partage avec Israël. Elle commence au bord de la Méditerranée au niveau de Ras Naqoura et se termine au niveau d’un tripoint (un point géographique liant trois pays, en l’occurrence le Liban, la Syrie et Israël), non loin du village de Ghajar et du fleuve Hasbani.
Dans cette zone, le caza de Marjeyoun, la Galilée et le Golan syrien occupé par Israël s’entremêlent, et il est parfois difficile de pouvoir prendre de véritables repères dans cette terre brune aux collines arides partagées entre les trois pays.


La FINUL et l'armée libanaise le long de la frontière à Kfar Kila en Février 2018

La partie nord de Ghajar, qui se trouve actuellement en territoire libanais, est toujours occupée par l’État hébreu. Ce village minuscule, qui abrite des Bédouins (comme son nom l’indique en arabe) de confession alaouite et qui se sont avec le temps sédentarisés, s’était en effet développé pendant la durée de l’occupation du Liban-Sud, transgressant petit à petit la frontière libanaise. Mais au regard du droit international, ce problème spécifique ne concerne pas la frontière libano-israélienne, puisque l’annexion israélienne du Golan syrien n’est pas reconnue par la communauté internationale. S’il y a litige frontalier, il serait donc en théorie entre le Liban et la Syrie, et non entre le Liban et Israël.

Il en est de même des fermes de Chebaa, un secteur également occupé par l’État hébreu mais qui, aux yeux de la communauté internationale, constitue toujours un territoire syrien – en l’absence d’un accord entre Beyrouth et Damas sur le tracé de la frontière – ayant été occupé par Israël dès 1967 avec le reste du Golan.

Cela étant dit, quand on parle de frontières libanaises, il faut savoir que, tant du côté syrien que du côté israélien, elles n’ont jamais véritablement existé matériellement avant le marquage de la ligne bleue, qui a commencé en mai 2000 avec le retrait israélien de la bande frontalière occupée.

Une frontière qui date de 1923
Il faut savoir aussi que ce qu’on appelle actuellement la frontière libano-israélienne n’a été adoptée entre les forces mandataires française et britannique qu’en 1923, trois ans après la proclamation de l’État du Grand Liban. C’est qu’il fallait différencier le Liban, sous mandat français, de la Palestine, sous mandat britannique.

C’est cette même ligne frontalière de 1923 qui a été adoptée en 1948 par l’État israélien et qui est devenue l’une des lignes d’armistice (entre Israël et ses voisins) en 1949. Elle devait être une ligne provisoire... jusqu’à la signature d’éventuels accords de paix.

En 2000, avec le retrait israélien, c’est ce premier tracé des frontières de 1923 qui a été pris en considération pour s’assurer de cette ligne de retrait, baptisée ligne bleue, en référence aux couleurs des casques de la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban-Sud (Finul) qui se sont chargés de vérifier le départ des troupes de l’État hébreu de la bande frontalière.

Et depuis 2000 jusqu’à présent, un très long chemin a été fait. Aujourd’hui, plus de 75 % de la frontière entre le Liban et Israël est minutieusement marquée. Cela a été possible au fil des années grâce au travail de la Finul. Vérifiant de vieilles cartes, permettant la discussion entre militaires libanais et israéliens grâce à des réunions tripartites tenues tous les mois à Ras Naqoura, les Casques bleus ont réussi à matérialiser une ligne exacte de la frontière, la marquant physiquement avec des bornes peintes en bleu.

Aujourd’hui, il reste cependant treize points contestés par le Liban, alors qu’Israël estime que la ligne bleue correspond entièrement à la frontière entre les deux pays. D’où le risque d’escalade en cas de passage du mur actuellement construit par l’État hébreu à la frontière sur les sites contestés, ce qui n’a pas encore été le cas.

Ces treize points ne se rapportent pas au domaine maritime et n’incluent pas de ce fait le bloc 9 de la zone économique exclusive libanaise qui, selon Beyrouth, relève entièrement du Liban, ce qu’Israël conteste.

OLJ - Patricia Khoder - 02/18

Liban : La ligne bleue maritime

Dès mai 2012, le général libanais Amin Hoteit mettait en garde contre l’ambition d’Israël de substituer une quelconque ligne bleue aux frontières maritimes internationales de son pays, comme il tente de le faire, aujourd’hui, par la construction d’un mur le long de la « ligne bleue terrestre », laquelle correspond à la ligne de retrait des forces israéliennes du Sud-Liban en 2000, non à la frontière terrestre internationalement reconnue. Pour rappel, nous reprenons des extraits de son article de l’époque :
« En 2000, lorsque nous discutions avec l’ONU de la question du retrait effectif d’Israël du Sud-Liban, la délégation onusienne nous avait proposé le projet d’une « ligne de retrait » que nous avions catégoriquement refusé parce que, hier comme aujourd’hui, nous affirmons que la seule ligne qui tienne entre le Liban et la Palestine occupée est la frontière internationalement reconnue par la convention franco-britannique Paulet-Newcombe de 1923 ; ligne conforme à celle authentifiée par l’accord d’armistice de 1949 entre Israël et nous-mêmes, mais remise en cause par Israël en dépit de sa consécration par une résolution du Conseil de sécurité prise en vertu du Chapitre VII. […].

Il n’empêche qu’en 2000, l’ONU sous pressions israélienne et américaine a tenté une manœuvre pour sauter par-dessus la frontière internationale et d’armistice en proposant un tracé amputant le territoire libanais au niveau de plusieurs régions d’un total de 18 millions de mètres carrés, offrant à Israël les positions dont elle aurait besoin lors de ses agressions ultérieures.
Le Liban a donc rejeté le projet et s’en est tenu à sa frontière reconnue tout au long de la ligne de démarcation Liban-Palestine occupée, suite à quoi l’ONU a fait marche arrière sauf sur trois segments non occupés par des positions militaires israéliennes.

>> Li
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Un lieu symbole de la frontière Liban-Israel depuis Mai 2000:
la Porte de Fatmé (ou de Fatima)
Kfar Kila - Sud Liban



la foule aux lendemains de la libération

C'est un véritable mur de béton ou de grillage qui longe la ligne bleue sur plus de 80 kms, tout le long de la frontière Libano-Israelienne depuis le retrait de la milice de l' Armée du Liban-Sud ou ALS et de son encadrement Israelien le 24 Mai 2000.
En Février 2001, Libanvision, une fois la fièvre bien compréhensible retombée, a voulu faire un reportage sur le site qui symbolise aux yeux des populations libanaises locales, cette véritable ligne de fracture entre une zone libérée à nouveau accessible et la terre de l'ex-occupant que l'on peut enfin palper de si près.
Ce site est celui de la Porte de Fatima (ou Fatmé en Arabe), situé sur le territoire de la municipalité de Kfar Kila que l'on peut précisement situer au Sud de la plaine fertile de Marjayoun.


Vue Générale de la plaine de Marjeyoun


Le viol de l'espace aérien Libanais par le voisin est fréquent;
mais ce ne sont que vols au dessus d'un nid de ...resistants


Blindé Israelien de l'autre côté du grillage...

 

Si le calme domine la plupart du temps, le regain de tension régionale fin 2002 engendre parfois quelques débordements qui nécéssitent et justifient encore la mission de la FINUL ou UNIFIL, force intérimaire des Nations-Unies au Liban.
Voir notre dernière Minute en fin de page...

 

vue d'ensemble du site

 

D'un côté une route goudronnée ou l'on peut flaner pour s'imprégner de l'atmosphère d'une " vraie frontière ", de l'autre les vergers des Kibboutz et les maisons pré-fabriquées de le Haute Galilée.

 

Vue sur les maisons des Kibboutz de Metulla, en haute Galilée, sur le territoire israelien

 

Les photos parlent d'elles mêmes...Ci dessous la tour de surveillance de l'armée israelienne que celle-ci a entouré d'un grillage pour se protéger des jets de pierres permettant à la jeunesse Libanaise de se défouler après 22 années d'occupation humiliante.Notons toutefois que ces manifestations se sont heureusement estompées au fil du temps et que l'atmosphère est le plus souvent désormais assez paisible sur les lieux, au risque de vous surprendre.

 

 

Les barbelés installés par l'armée Israelienne ne peuvent empêcher l'évocation d'autres endroits sinistres...

 

 

La fierté de la liberté retrouvée s'exprime souvent devant le drapeau du Hezbollah Libanais qui fait figure de Libérateur...La joie de poser sur des lieux chargés d'Histoire et de souffrances.

 

 

La tension n'est pas si forte qu'on le croit.Seuls les blindés israeliens( notre photo) et ceux des forces de l'ONU(FINUL ou UNIFIL) se font face le plus souvent pour assurer une simple mission de surveillance.

 

 

C'est sûr, nous y étions! l'occasion nous est d'ailleurs donnée de remercier Monsieur Nabil Serhan et sa famille, originaire de Kfar-Kila , non seulement pour nous avoir guidés avec un sens de l'hospitalité locale que vous pouvez imaginer mais encore et surtout pour nous permettre de vous faire connaitre un lieu comme celui-ci chargé d'une atmosphère unique et de sensations multiples; à l'image du Liban tout entier, jusque sur le lieu de ses limites extrêmes!

29 Décembre 2001...

La FINUL met fin à une violation israélienne de la frontière avec le Liban KFAR KILA (Liban), 29 décembre (AFP) ---

La Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (FINUL) a mis fin samedi à une violation israélienne de la frontière libano-israélienne, en déplaçant des blocs de béton installés par l'armée israélienne en territoire libanais, a constaté un correspondant de l'AFP. Une unité de la FINUL équipée d'une grue a déplacé de quelques mètres cinq blocs de béton qui coupaient une route asphaltée courrant le long de la frontière près du village libanais de Kfar Kila, qui se trouve en face de l'agglomération israélienne de Metoulla, a constaté le correspondant de l'AFP. Les blocs de béton, installés il y a une semaine par Israël, empiétaient sur le territoire libanais et les Casques bleus se sont chargés de les replacer en territoire israélien au delà de la ligne verte tracée par l'ONU, qui sert de frontière entre le Liban et Israël depuis le retrait de l'armée israélienne du Liban sud en mai 2000, a indiqué à l'AFP un officier de la Des officiers libanais et israéliens ont assisté à l'opération de part et d'autre de la frontière, ce qui sous-entend que les deux parties y avaient donné leur accord. Les blocs de béton visaient apparemment à empêcher des infiltrations en territoire israélien.


Les blocs de bétons dont il est fait mention dans cette dépêche ne manquent pas sur les photos ci-dessus...


Les Maisons Israeliennes de Metoulla

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La route Israelienne le long de la ligne bleue

Enfin, une balade entre Naqoura et Marjayoun grâce à...
...un bon reportage de la Revue du Liban sur

le Liban Sud au lendemain de la libération






Jean-Michel DRUART
Copyright Libanvision 2001