Patrimoine
du Liban
Exemple d'animation et de Coopération
Franco-libanaise à Salima
|
Lhistoire
du Liban à travers ses sites inscrits
au patrimoine mondial de lUnesco
Par Bahjat Rizk
Bahjat
Rizk est attaché culturel du Liban auprès
de lUnesco. Également essayiste, il est notamment
lauteur de LIdentité pluriculturelle
libanaise : pour un véritable dialogue entre les
cultures (paru en 2002 aux éditions IDLivre, collection
Esquilles) et dun recueil darticles intitulé
Le pluralisme libanais dans lidentité et
le système politique.
À loccasion du 65e anniversaire de lindépendance
du Liban, nous constatons que nous manquons toujours dun
livre dhistoire commun à tous les Libanais.
Cest un travail que les autorités libanaises
sont appelées durgence et de manière
prioritaire à accomplir. Il me semble utile de
retracer cette histoire libanaise à travers les
sites du Liban inscrits au patrimoine de lhumanité
de lUnesco.Le
Liban a cinq sites inscrits sur la liste du patrimoine
mondial de lhumanité de lUnesco. Ce
programme est lun des programmes phares de lUnesco
régi par la convention du patrimoine mondial de
1972. Les sites sont répartis entre sites culturels,
sites naturels et paysages culturels soumis à des
critères spécifiques de sélection.
La demande dinscription émane des autorités
du pays concerné, mais elle nest reçue
que sur base dun solide dossier rigoureux et précis
par le comité du patrimoine mondial, sur avis consultatif
de comités dexperts (Icomos; UICN). Une fois
inscrit sur la liste du patrimoine mondial de lhumanité,
le site est protégé par certaines réglementations
dont les défaillances pourraient entraîner
sa radiation ou sa mise sur la liste du patrimoine en
péril. LÉtat national en requérant
linscription sur la liste du patrimoine mondial
sengage à respecter certaines contraintes
assorties à cette inscription. Lentretien
du site demeure du ressort de lÉtat et le
suivi de la préservation du site relève
de la compétence de lUnesco. La liste du
patrimoine mondial place donc côte à côte
les sites considérés comme patrimoine de
lhumanité. Par cette forme de reconnaissance,
ils passent du niveau national au niveau mondial, tout
en restant à la charge de lÉtat national
en vertu du principe sacro-saint en droit international
de la souveraineté nationale (lautorité
de lUnesco reste morale et intellectuelle). La liste
des sites inscrits sur le patrimoine mondial fournit dautre
part des indications précises sur lhistoire
dun pays et sa capacité à assumer
sa propre histoire. On donne à lhumanité
ce quon considère être le meilleur
chez soi.
Le
Liban, à linstar des autres pays, a cinq
sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Quatre
sites culturels (Tyr, Byblos, Baalbeck et Anjar) et
un paysage culturel (la montagne des Cèdres et
la vallée sainte de la Qadisha). Ces cinq sites
donnent dans leur ensemble une idée globale de
lhistoire libanaise et de sa diversité
géographique : deux sites sur la côte (Tyr,
Byblos), deux sites dans la plaine (Baalbeck, Anjar)
et un site dans la montagne (Cèdres et Qadisha).
Les
deux sites de la côte (Tyr et Byblos) témoignent
du passé phénicien du Liban (deux villes
sur les quatre villes phéniciennes importantes
identifiées au Liban, les deux autres étant
Sidon et Beryte). Certes ces deux villes comportent
dautres vestiges (romains, arabes, croisés)
mais elles demeurent à la base reliées
au passé phénicien du Liban et à
linvention du premier alphabet phonétique,
ancêtre de lalphabet grec (dont sont issus
les alphabets latin, cyrillique, gothique et copte)
et de lalphabet araméen (dont sont issus
les alphabets hébreux, syriaque, arabe et mandéen).
Les deux sites de la plaine (Baalbeck et Anjar) témoignent
de la vocation de la plaine du Liban dêtre
une terre de passage et un passage obligé pour
les empires qui ont régné au Proche-Orient,
lEmpire romain avec Baalbeck et lEmpire
omeyyade arabe avec Anjar.
Le
site de Baalbeck est monumental et fort imposant.
Il témoigne de la grandeur de lEmpire romain
et aussi de son extrême tolérance. En effet,
ce centre uniquement cultuel nécessita trois
siècles pour être achevé et fut
construit non point par les Romains mais par les autochtones,
auxquels il fut permis, en échange de la construction
des temples à la gloire de Rome (Jupiter, Bacchus,
Vénus), de célébrer leurs propres
dieux (Baal), ce qui explique la grande superficie du
site. En effet, les Romains et les Grecs célébraient
leurs dieux à lintérieur des temples
alors que les sémites sacquittaient de
leurs devoirs religieux sur des autels dressés
en plein air à lintérieur de vastes
cours, ce qui explique la combinaison de ces deux éléments
à Baalbeck (temples et autels en plein air).
Les Romains, qui croyaient au dieu-père (Jupiter
: Diu Pater), essayaient den découvrir
léquivalent chez les peuples quils
avaient conquis (Jupiter-Baal en Phénicie, Jupiter-Amon
en Égypte). Ainsi, ils laissaient la liberté
du culte religieux en contrepartie de lallégeance
politique. Tout en étant romain, le site de Baalbeck
a été érigé par les Phéniciens.
Quand on visite aujourdhui Rome avec ses vestiges
de lAntiquité, on apprécie encore
plus la grandeur de Baalbeck et la tolérance
de lÉmpire romain antique.
Quant
au site de Anjar, il témoigne de la proximité
avec lEmpire arabe omeyyade (661-750) et sa capitale
Damas. Les califes omeyyades avaient leur palais dété
à Anjar. La civilisation arabe omeyyade a été,
longtemps, à son apogée et dans ses prolongements
(Andalousie 711-1492) une civilisation douverture
et de rayonnement culturel. Les deux empires arabes
historiques ont été : celui des Omeyyades(661-750)
qui eut pour capitale Damas, et celui des Abbassides
(750-1258) et qui eut pour capitale Bagdad avant sa
prise tragique par Holako le Mogol (fin des empires
arabes).
Le
cinquième site est le premier classé par
lUnesco au titre de paysage culturel (produit
par la nature mais avec une connotation culturelle).
Javais moi-même eu lhonneur de représenter
le Liban nouvellement élu à la réunion
du comité exécutif du patrimoine mondial
en décembre 1993 à Carthagène en
Colombie. Cest lors de cette réunion que
le concept de paysage culturel avait été
élaboré. La candidature de la montagne
des Cèdres et de la vallée sainte
venait dêtre refusée au titre de
site naturel (qui doit être intact et non entamé,
exemple la forêt dAmazonie ou les chutes
du Niagara). Par ailleurs, plusieurs sites ont été
classés plus tard au titre de paysage culturel,
notamment aux États-Unis qui uvraient à
lépoque à séparer (autonomie)
le centre du patrimoine mondial (quils finançaient
en grande partie) avant leur retour en 2003 à
lUnesco après une absence de presque vingt
ans (1984). Le site de la montagne des Cèdres
et la vallée de la Qadisha est très important
à un niveau symbolique pour lidentité
libanaise car il témoigne du culte de la liberté
religieuse (Qadisha) et de la liberté tout court
(Cèdres).
Ces
cinq sites libanais inscrits sur la liste du patrimoine
mondial de lUnesco devraient aider les Libanais
à revoir la richesse de leur histoire et la complexité
de leur terre en tant que lieu de rayonnement au cur
de la Méditerranée (côte), voie
de passage obligée (plaine) et montagne refuge
pour les minorités persécutées.
Cet héritage, bien sûr, appartient aujourdhui
dans son ensemble à tous les Libanais et demeure
leur bien commun le plus éloquent et le plus
précieux.
LES
ANCIENNES DEMEURES LIBANAISES OU LA MÉMOIRE EN
PÉRIL

Cliquez pour lire l'article
d'ILoubnan

Octobre 2007
MOBILISATION
INTERNATIONALE POUR LA
PRÉSERVATION DE TYR
ASSOCIATION INTERNATIONALE
POUR LA SAUVEGARDE DE TYR
35,
avenue Foch 75116 Paris Tél.: 33
(01) 45002014 Fax: 33 (01) 45002015 aist.france@wanadoo.fr
www.aistyr.com
A
la veille de l'ouverture de l'exposition sur le thème
la Méditerranée des Phéniciens
de Tyr à Carthage du 6 novembre 2007 au 20 avril
2008
à l'Institut du Monde Arabe
LASSOCIATION INTERNATIONALE
POUR LA SAUVEGARDE DE TYR
organise deux
symposiums dans la capitale française
LUNDI 5 NOVEMBRE 2007
AU
SIÈGE DE LUNESCO - PARIS
Sous le Haut Patronage de
Monsieur Koïchiro Matsuura, Directeur Général
de lUNESCO
et de
S.E. Madame Sylvie Fadlallah
Délégué Permanent du Liban auprès
de lUNESCO
MARDI
6 NOVEMBRE 2007
A LINSTITUT DU MONDE ARABE (IMA)
Sous le Haut Patronage de
Monsieur Dominique Baudis, Président de lIMA
et de
S.E. M. Boutros Assaker, Ambassadeur du Liban en France
MERCREDI 7 NOVEMBRE 2007
DINER
DE GALA « La Phénicie »
Pavillon dArmenonville, Bois de Boulogne
Transformé pour loccasion en temple phénicien
au profit de la Fondation Tyr

22 Septembre 2006
Les
fleurons du patrimoine libanais épargnés
par la guerre
La mission internationale
envoyée par l'Unesco au Liban pour évaluer
l'état des sites du patrimoine culturel de ce pays,
après la fin des bombardements, a présenté
ses résultats lundi 18 septembre, à Paris.
La mission, qui a eu lieu du 10 au 15 septembre, comprenait
six experts, parmi lesquels Mounir Bouchenaki, directeur
général du Centre international d'études
pour la conservation et la restauration des biens culturels
(Iccrom). Ils devaient essentiellement inspecter l'état
des monuments et sites inscrits sur la liste du Patrimoine
mondial, ou pressentis pour y figurer, et dont le devenir
est inquiétant.
Il
ne s'agissait donc pas d'un bilan de l'ensemble du patrimoine
libanais, moins encore des dommages matériels
(ponts, routes, immeubles, usines, etc.) dus aux tirs
israéliens. Cependant, selon d'autres observateurs
comme les représentants de Patrimoine sans frontières
(PSF), les dommages concernant les ensembles historiques
(Baalbeck, Saïda, etc.) seraient restés
limités, mais un inventaire précis reste
à faire dans ce pays déjà meurtri
par les précédents conflits, ainsi que
par la spéculation immobilière qui a suivi.
Les
experts de l'Unesco peuvent affirmer que "les principaux
éléments du patrimoine culturel libanais
avaient été épargnés par
le récent conflit". Ils ont cependant demandé
"des mesures d'urgence afin de remédier
à la marée noire qui a touché des
constructions du site de Byblos".
Les
dégâts les plus sérieux concernent
ce site du Patrimoine mondial, touché par une
marée noire due au bombardement par l'aviation
israélienne des citernes de la centrale de Jiyyeh,
qui représente un problème écologique
majeur pour la Méditerranée orientale
(Le Monde du 31 juillet).
M.
Bouchenaki a souligné le besoin urgent d'un nettoyage
manuel des soubassements des deux tours médiévales
et des vestiges antiques situés en contrebas
du tell (monticule constitué de vestiges archéologiques).
Le coût de cette opération serait de 100
000 dollars (120 000 euros). A Tyr, les principaux éléments
- l'hippodrome et l'arc de triomphe - "n'ont souffert
d'aucun dommage", mais les fresques d'un caveau
funéraire d'époque romaine se sont en
partie décollées, probablement à
cause des vibrations occasionnées par les bombes.
70
000 DOLLARS EN URGENCE
Le
site de Baalbeck n'a pas été endommagé
"à l'exception de la chute d'un bloc de
pierre. Dans les temples de Jupiter et Bacchus, des
fissures sur les linteaux se sont probablement aggravées
et demandent à être suivies de près".
Le souk et des maisons traditionnelles de la vieille
ville de Baalbeck ont été endommagés.
Au sud de Baalbeck, le site d'Anjar et ses vestiges
omeyyades n'ont subi aucun dégât, mais
leur état de conservation laisse à désirer.
La ville ancienne de Saïda et le temple voisin
d'Echmoun, sites que le Liban compte proposer pour inscription
au Patrimoine mondial, n'auraient subi aucun dommage.
Mounir
Bouchenaki a évoqué des mesures à
long terme pour préserver le patrimoine libanais,
notamment la mise en place d'un équipement photogrammétrique
pour surveiller les fissures, l'élaboration d'une
carte des risques structurels et la mise en place de
mesures de consolidation.
Françoise
Rivière, sous-directrice générale
à la culture de l'Unesco, a insisté sur
l'importance de la culture, "indispensable pour
assurer la cohésion sociale au Liban" et
évoqué le patrimoine culturel comme "symbole
de la diversité et de la tolérance de
ce pays". Elle a mentionné les efforts de
l'Unesco pour attirer l'attention des belligérants
sur leur obligation d'épargner le patrimoine
culturel, conformément à la Convention
de La Haye, dont le Liban et Israël sont partis.
Françoise
Rivière a aussi annoncé que le Fonds du
patrimoine mondial pourrait consacrer 70 000 dollars
à des mesures d'urgence.

Tourisme
et Patrimoine au Liban
par
Anne-Marie El-Hage de L'Orient-LeJour
Guerres, mauvais entretien, budget
limité, manque de sensibilisation des citoyens, l’urbanisation
galopante, un danger pour les sites du Liban

Cinq
sites libanais sont classés sur la liste du patrimoine
mondial de l’Unesco : Anjar, Baalbeck, Byblos, Tyr, ainsi
que l’ensemble formé par la vallée sainte de la Qadisha
et la forêt des cèdres. Cinq sites qui n’ont pas tous
la cote chez les touristes, exception faite du célèbre
site de Baalbeck qui attire, à lui seul, plus de 120 000
visiteurs par an. Et pour cause : aux yeux de nombreux
touristes, certaines régions libanaises, comme Anjar,
sont encore associées à la guerre. Alors que Byblos et
Tyr, sites culturels par excellence, mais peu médiatisés,
sont carrément ignorés des touristes non avertis, et souvent
aussi des tour-opérateurs. Souvent mal entretenus, soumis
aux dangers de la désertification, de la pollution ou
de la pression urbaine, mais aussi aux caprices de politiciens
peu scrupuleux, les sites libanais sont aujourd’hui confrontés
à un double défi : se protéger d’une urbanisation galopante,
tout en devenant une destination incontournable pour les
touristes. Dans le pourtour de la vallée sainte de la
Qadisha, un immeuble de dix étages s’élève, défigurant
le vert paysage. Dans la zone tampon du site archéologique
de Tyr, censée isoler le site de la zone urbaine, la ville
empiète et s’impose. Une mosquée et une école coranique
ont été bâties à l’initiative d’une personnalité politique
de la région. Et ce, malgré les restrictions et les «
diplomatiques » recommandations de l’Unesco.
Seuls quelques peupliers séparent les constructions du
site, histoire de masquer le problème.
Intégrer l’architecture hôtelière
au paysage
La pression urbaine est une réelle menace pour les sites
libanais, mais le gouvernement est dans l’incapacité d’empêcher
les constructions qui se poursuivent. Tyr a d’ailleurs
failli figurer sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Byblos, elle, a été sauvée, à plusieurs reprises, de la
menace des entrepreneurs qui voulaient y construire complexes
hôteliers et marinas, défigurant son cachet de ville portuaire
à l’ancienne. Mais le danger est loin d’être écarté et
Byblos est encore menacée par l’urbanisation galopante.
« La colonnade de Byblos trône carrément au milieu de
l’échangeur, déplore Marielle Richon, spécialiste du patrimoine
à l’Unesco. On a parfois l’impression que ces sites (parlant
de Tyr et de Byblos) sont près d’être engloutis par les
villes et les autoroutes trop proches. » La spécialiste
refuse d’accabler les autorités locales. Mais ne peut
s’empêcher d’ajouter que le tourisme peut constituer un
réel danger pour le patrimoine libanais. « L’architecture
hôtelière doit être intégrée dans le paysage », indique-t-elle,
suggérant d’aménager en hôtels les anciennes maisons libanaises,
dont une grande partie sont négligées, voire abandonnées.
Et de poursuivre en disant que les touristes occidentaux
ne sont pas intéressés pas les grands complexes hôteliers,
mais qu’ils préfèrent les petits hôtels au charme traditionnel,
donnant l’exemple des petits établissements situés à Byblos
ou dans les vieux souks de Zouk. Bénéficiant seulement
d’un droit d’expertise et de conseil, l’Unesco ne peut
imposer de strictes restrictions à l’État.
Elle peut toutefois classer un site sur la liste du patrimoine
en péril lorsque celui-ci est sérieusement menacé ou alors,
ultime sanction, le retirer carrément de la liste du patrimoine
mondial. Libre alors à l’État de protéger ou non ses sites,
avec toutes les conséquences que cela implique.
60 millions de dollars pour 5
sites
Tiraillé entre la fierté d’avoir réussi à faire classer
cinq de ses sites culturels et naturels sur la liste du
patrimoine mondial de l’Unesco et les contraintes qu’impose
cette action, le gouvernement libanais tente de réagir,
avec les moyens du bord. Mais la sauvegarde du patrimoine
ne semble pas être son souci primordial. L’infime budget
annuel accordé à la Direction générale des antiquités
(DGA), 6 milliards de livres, ne permet pas à cette dernière
d’entretenir correctement les sites du pays, qu’ils soient
classés ou non. « Car l’Unesco impose des contraintes,
mais elle n’accorde absolument aucune aide financière.
Cela représente une bien trop lourde charge pour le Liban,
pays du tiers-monde », estime l’archéologue et journaliste,
Joanne Farchakh. Elle ajoute que « même si le Liban a
présenté à l’Unesco une liste des sites qu’il voudrait
voir figurer sur la liste du patrimoine mondial, la DGA
ne semble plus intéressée par ce processus qui implique
bien plus des contraintes et des frais que des avantages
». Certes, le prêt de 60 millions de dollars, accordé
il y a deux ans au gouvernement par la Banque mondiale
pour restaurer et réaménager, selon un plan quinquennal,
les cinq sites de Baalbeck, Byblos, Tyr, Saïda et Tripoli,
est déjà un grand pas. Pour le seul site de Tyr, 10 millions
de dollars ont été débloqués. Il est à parier que les
plans directeurs des travaux, dont l’exécution est étroitement
contrôlée par la BM, seront respectés au doigt et à l’œil.
Baalbeck, Byblos et Tyr, sites du patrimoine mondial,
s’en tirent à bon compte, même si les touristes ne se
bousculent pas encore aux portes des deux derniers. Il
en est de même pour les sites de Saïda et Tripoli qui
figurent sur la liste des sites présentée par le Liban
à l’Unesco pour être classés au patrimoine mondial, même
si Saïda ne répond pas vraiment aux critères, depuis que
la ville est séparée de son environnement maritime. Qu’en
est-il cependant de Anjar, seule cité omeyyade du Liban
qui figure sur la liste du patrimoine mondial, mais qui
est totalement laissée à l’abandon et qui n’a jamais fait
l’objet de la moindre campagne d’étude ou de sauvegarde,
de la part du gouvernement libanais ou même de l’Unesco
? Un site qui a été utilisé par l’armée syrienne comme
caserne militaire dans l’indifférence générale et qui
restera longtemps synonyme de guerre et de prison dans
l’inconscient collectif. Il reste à espérer qu’au terme
de ce plan quinquennal, un travail de sensibilisation
de la population aura été entrepris. Car il devient urgent
d’éradiquer l’habitude, bien libanaise, de « décorer »
les monuments historiques et archéologiques de graffitis
et autres inscriptions murales.
Neuf
sites libanais candidats au patrimoine mondial
de l’Unesco
Chaque
pays désirant qu’un de ses sites figure sur la
liste du patrimoine mondial de l’Unesco est censé
faire une demande, en présentant un dossier complet
du site, naturel ou culturel.
Le Liban a ainsi présenté une liste de 9 sites,
notamment :
Le centre historique de Batroun ;
le centre historique de Saïda
;
le centre historique de Tripoli-al-Mina
;
l’ensemble du site naturel
de la région du Chouf, avec ses monuments et ses
sites archéologiques ;
l’ensemble du site naturel de la vallée de
Nahr el-Kalb avec ses monuments et ses sites archéologiques
;
l’ensemble du site naturel de la vallée de Nahr
Ibrahim avec ses monuments et ses sites archéologiques
;
l’ensemble du site naturel et des sources de la
vallée de l’Oronte, avec ses monuments
;
le monument du temple d’Echmoun ;
le parc naturel de l’île
aux Palmiers
(face à al-Mina, photo aérienne
ci-dessus).
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Noel
2004
Des
vestiges romains
datés du IIe siècle après J-C découverts
à Gemmayzé lors de
fouilles menées par une équipe du département
d’archéologie de l’UL
sous la supervision de la Direction Générale des
Antiquités
Gemmayzé
dévoile ses dessous romains. Il y a quelques jours, à une centaine
de mètres de l’Escalier des arts, les ouvriers qui creusaient
les fondations d’un nouvel immeuble appartenant à Karim Bassil
tombent sur des ruines antiques.
C’est l’extension d’une nécropole dont une partie a été mise
au jour il n’y a pas très longtemps sur un chantier appartenant
aussi à Bassil. Point étonnant, selon M. Assaad Seif, responsable
à la Direction générale des antiquités (DGA), qui explique que
Gemmayzé est situé dans le prolongement du Decumanus maximus,
un des deux axes principaux qui traversent l’antique Beyrouth
: le Cardo (Nord-Sud) et le Decumanus (Ouest-Est).
Il ajoute que les spécialistes avaient toujours situé la nécropole
romaine dans ce quartier et ses abords, rappelant que des tombes
ont été découvertes ces dernières années à Kantari, Akkaoui,
La Sagesse, Mar Mitr et près de la SNA.
« Le tell d’Achrafieh a été le lieu consacré aux inhumations
», indique Seif, qui signale également que ce modèle de tombes,
avec leur bassin et leurs canalisations d’eau, ressemble à celui
mis au jour dans la nécropole de Tyr. Les archéologues qui travaillent
actuellement sur le terrain ont pu dégager une partie du nivellement
de la route romaine, un fond de bassin d’eau, des fragments
de canalisation et des tombes creusées dans la roche, contenant
un squelette intact, un bout de mosaïque et trois sarcophages
: l’un en marbre (avec l’ébauche d’une sculpture en guirlande),
l’autre en terre cuite (avec le couvercle en demi-cercle) et
un autre encore en calcaire.
Des pièces de monnaie en bronze ont été retrouvées dans les
sépultures, car, comme l’explique M. Seif, selon la tradition
funéraire, on glissait dans la bouche du mort une ou plusieurs
pièces de monnaie pour lui permettre d’entreprendre sa traversée
vers l’au-delà en payant son passage sur la barque qui remonte
la rivière Styx. Les tombes renfermaient aussi des fioles en
verre ou en terre cuite qui, autrefois, étaient remplies d’onguents
à base d’huile parfumée.
L’ensemble est daté du IIe siècle après J-C. Par ailleurs, des
traces de destruction et des débris de céramique remontant au
IVe siècle, c’est-à-dire au début de l’époque byzantine, ont
été prélevés. Supervisées par la DGA, les fouilles sont menées
par une équipe d’étudiants et de professeurs du département
d’archéologie de l’Université libanaise (UL), sous la direction
de Abdallah Alaeddine.
ARCHÉOLOGIE
En vedette, le premier temple romain à la périphérie du centre-ville
de Beyrouth Les dernières découvertes à Gemmayzé : des tombes
hellénistiques et une céramique de l’âge du fer Beyrouth n’en
finit pas de se raconter.
Octobre 2005- Les explorations
qui se déroulent depuis cinq mois à la rue Maroun Naccache (Gemmayzé)
apportent leur moisson de découvertes archéologiques et une
somme de connaissances, permettant d’ajuster notre savoir sur
la période romaine de la ville. Alors qu’on croyait que le monticule
d’Achrafieh était une zone de nécropoles, la mise au jour, à
Gemmayzé, de vestiges romains comprenant des habitations de
type rural, un système de canalisation d’eau et un temple doté
de quatre autels démontre que l’extension romaine vers l’Est
n’était pas seulement de type funéraire. La ville romaine, ouverte,
sans rempart, s’étendait au-delà du « decumanus maximus ». Les
opérations de fouilles sont menées par la Direction générale
des antiquités (DGA), en collaboration avec une équipe d’archéologues
de l’Université libanaise, dirigée par Fadi Béaïno. Elles couvrent
un terrain de 1 600 m2 au milieu duquel se dressait la demeure
ancienne de Me Michel Assaf. La bâtisse, datant du XIXe siècle,
rachetée en 2003 par Joseph Moawad puis démolie pour ériger
un complexe hôtelier et résidentiel, reposait sur un sous-sol
gorgé d’histoire. Les excavations ont, en effet, dévoilé les
strates superposées des périodes médiévale, romaine, hellénistique
ainsi qu’une céramique datant de l’âge du fer. Mais les fouilles
à ce niveau-là ne font que commencer. « Il faut attendre la
suite des opérations, et la prospection exhaustive et méthodique
des couches pour développer une réflexion sur cette période
», souligne Assaad Seif, archéologue à la DGA et responsable
scientifique du site. Il ajoute que des ouvrages de maçonnerie
(murs) mais aussi des tombes ont été dégagés au niveau des strates
hellénistiques. Les sondages ont aussi donné accès à trois phases
d’occupation datant de la période romaine où s’inscrit en vedette
un temple que l’archéologue Seif, respectueux de la « rigueur
scientifique », désigne comme une « structure cultuelle ». «
Même si l’hypothèse du temple est confirmée à 80 %, nous préférons
rester prudents jusqu’à ce que tous les composants architecturaux
soient réunis et la reconstitution de l’édifice établie, souligne-t-il.
« Une bonne partie des objets archéologiques n’ayant pas été
trouvés à leur place originale, c’est-à-dire in situ, nous travaillons
dans le négatif, dans les tranchées de récupération », a-t-il
précisé, expliquant qu’au cours de la période médiévale, le
site a été transformé en carrière, et 90 % des pierres du temple
ont été démontées et réutilisées pour la construction des bâtiments
avoisinants. Les 10 % restantes pourraient être exposées in
situ, dans le jardin de l’immeuble Moawad… où vestiges du passé
et modernisme signeront l’identité de la ville. Reste que «
ce temple est le premier à avoir été découvert en dehors du
centre-ville », a ajouté Assaad Seif, rappelant que les autels
dégagés à la place de l’Étoile et à Lazarieh attestent la présence
de monuments cultuels. Trois phases d’occupation romaine Érigé
avec des blocs de calcaire dur et de grès de sable, le temple
de Gemmayzé est composé de plusieurs pièces dont la fonction
n’a pas encore été définie. Les fouilles ont mis au jour des
murs d’appareillage présentant deux mètres d’épaisseur, et livré
des colonnes de marbre et de granite de 1,20 mètre de diamètre.
Le bâtiment, qui a « une structure tentaculaire allant au-delà
du site fouillé », semble avoir été érigé sur les ruines d’un
monument romain plus ancien, dont il ne reste que les fondations
et les soubassements . Exposé sud-nord, l’entrée orientée vers
le « decumanus » qui se croise au forum avec le Cardo, il est
doté de quatre autels, dont deux couverts d’inscriptions, l’une
dédiée à la triade héliopolitaine, Jupiter-Vénus-Mercure, l’autre
à la déesse marine Leucothéa , fille de Cadmus. Menant plus
loin leurs investigations, les archéologues ont dégagé deux
autres couches d’occupation romaine. L’une dévoilant un système
de canalisation d’eau, des habitations de type rural, une réserve
de monnaies et des débris de poterie. L’autre, datant d’une
période antérieure, a fait apparaître 30 tombes renfermant des
squelettes d’enfants, d’adultes et de quatre chiens qui, peut-être,
« appartenaient à des chasseurs ou encore à des membres de l’armée
romaine. Pour avancer une explication scientifiquement valable,
les spécialistes planchent sur le sujet », souligne Assaad Seif.
Signalons enfin que les travaux de fouilles n’ont couvert à
ce jour que 60 % de la superficie du terrain. Mais la boîte
de Pandore est ouverte. Attendons voir ce que le sous-sol cache
encore en réserve.
May Makarem pour l'Orient LeJour
  
Août 2004
Inauguration de
l’écomusée de Terbol
à l’initiative de la Fondation nationale
du patrimoine
Une modeste maison en briques de
terre battue, enduites et chaulées:
un hymne à la vie rurale
Pour garder en mémoire
un mode de vie dont la disparition s’accélère, la Fondation
nationale du patrimoine a peaufiné un bel ouvrage à Terbol,
dans le caza de Zahlé. La restauration d’une bâtisse vernaculaire
et son aménagement en un musée où sont exposées les diverses
faces de la vie du paysan: son habitat, ses instruments aratoires
et un jardin thématique qui restitue, au rythme des saisons,
l’atmosphère agricole de la région. Appartenant au Dr Maher
Rami dont la famille, originaire de Falougha, s’était installée
dans la plaine de Terbol au XVIIIe siècle, cette bâtisse a été
louée pour une durée de 15 ans. Le bail symbolique a donné à
la Fondation l’autorisation de procéder aux rénovations nécessaires
et par conséquent de préserver une construction appartenant
à notre héritage architectural.
S’inscrivant tout naturellement dans le paysage de la Békaa,
la maison à Liwan est composée de plusieurs pièces autonomes,
«témoignant de l’occupation des lieux par une famille élargie».
En briques séchées au soleil, enduites de terre puis chaulées,
elle est coiffée d’une toiture formée d’une charpente en bois
recouverte de roseaux. Sérieusement endommagée par la fuite
du temps, elle a été restaurée «suivant le mode d’origine»,
indique l’architecte Jean-Marc Bonfils, ajoutant qu’avant d’entreprendre
les travaux de réfection, il s’est penché sur «les techniques
et les traditions de construction de la région», et a ouvert
un mur et démonté les briques existantes «pour étudier leur
composition et leurs différents systèmes d’appareillage». C’est
donc selon ce concept qu’ont été rajoutés au bâtiment d’origine
la cafétéria et la boutique du musée qui propose des publications
sur la flore et les cultures, des cartes postales, des CD-Rom
sur l’architecture traditionnelle au Liban ainsi que des objets
artisanaux et des produits du terroir. Le tout exposé dans des
«youk» (niches) modelées et ornées d’éléments décoratifs par
«fodda» (signifiant littéralement argent). Une femme des champs,
façonnée au travail de la terre, et qui «s’est éclatée» à pétrir
la glaise pour faire revivre un «art rural» tombé dans l’oubli.
Une collection d’objets ethnographiques
Le musée de Terbol, inauguré le vendredi 20 août 2004, comprend
deux bâtisses reliées par un liwan.. La première, dédiée à la
vie familiale, abrite le séjour et s’articule autour des «youk»
(alcôves servant aux rangements), et du silo à grains ou «tabout»
qui constitue la cloison avec la resserre. Le séjour, où se
déroulaient toutes les activités, à l’exception des tâches ménagères,
a été agencé selon le mode ancien. On y trouve un «diwan», un
berceau, un coffre de mariée, un poêle en fonte (sobia), des
tapis tissés (bsat ), une lampe à huile, un garde-manger (namlieh
), un moulin à café, un mortier et un pilon, un fer à repasser,
une «tablié» autour de laquelle s’asseyait la famille pour manger,
un sac à couture, une quenouille, etc. Dans la resserre où étaient
engrangées les provisions de l’hiver, on y découvre les ustensiles
qui servaient autrefois à la conservation de la «mouné» : des
«kwara» ou silos mobiles, des récipients en bois déclinant les
unités de volumes pour les céréales et les légumineux; des «fukkhara»
pour l’eau potable, des grandes jarres (khâbiyé) pour stocker
olives, huile d’olive, kishk et raisinés; des barattes; un «maajan»,
pour pétrir la pâte à pain, des tamis, des passoires, des «lakan»
et des plateaux en cuivre rouge étamé… et la liste est longue.
Dans la deuxième bâtisse, composée de plusieurs unités, entrent
en scène les outils agricoles. Cette collection d’objets ethnographiques
a été en grande partie constituée par Nehmé Saghbini, natif
du village. La pièce d’à-côté accueille une exposition photographique
retraçant les différentes étapes de la réhabilitation du musée.
Une salle audiovisuelle permettra la projection de courts-métrages
et de diapositives sur la vie, les usages et les coutumes du
paysan. Au programme également, une promenade dans un jardin
thématique aménagé pour familiariser le visiteur avec les cultures
traditionnelles de la plaine : peupliers et genévriers, arbres
fruitiers, vignes et potager de légumes et de céréales rythment
le passage des saisons. Interrogée, il y a quelque temps, par
L’Orient-Le Jour, Nayla Kettaneh Kuning, membre du comité exécutif
de la Fondation nationale du patrimoine, initiatrice et chef
du projet, avait indiqué que «des accords seront conclus avec
les tours-opérateurs pour inclure Terbol dans un circuit d’écotourisme
comprenant la visite des sites archéologiques de la Békaa et
les domaines des vignobles avoisinants devraient participer
à la valorisation de la région et déboucher sur une dynamique
économique». De même, la Fondation fait appel à la création
d’un rassemblement des Amis du musée de Terbol pour «assurer
la continuité du projet», et permettre, ultérieurement, à la
Fondation de s’intéresser à la mise en valeur du patrimoine
dans d’autres villages. Et créer ainsi une chaîne d’écomusées.
Signalons enfin que Mado Corm-Mellerio et Jean-Louis Mellerio
ont signé la scénographie ; la paysagiste Isabelle Kuning, le
jardin. Les cartels ont été préparés et rédigés par l’archéologue
Nour Majdalani-Hakim et l’anthropologue Houda Kassatly qui ont
été également chargées de la réalisation des films documentaires
et du choix des objets exposés. Nicole Machnouk a été coordinatrice
du projet.
May MAKAREM-L'Orient-LeJour
  
Juin
2004

Pierre Abi Saad présente son dernier ouvrage:
"Liban, Mémoires du temps.
Les poissons fossiles"
L'aventure
des poissons fossiles marque la vie de l'auteur depuis sa plus
tendre enfance au point que cette passion a forgé son
destin professionnel. On connait ainsi le premier musée
de poissons fossiles au Liban dans la cité de Byblos,
on pourra désormais se référer à
un livre sur le mêm sujet et sous forme d'atlas avant
de découvrir prochainement un nouveau musée de
poissons fossiles à Beyrouth, au sein de la Planète
de la Découverte.
Invité à présenter
son livre par Mr Frédéric Clavier, chef de la
Mission Culturelle Française au Liban et par Mr Jarjoura
Hardane, Doyen de la Faculté de Lettres de l'USJ, Mr
Abi Saad a levé le voile sur un ouvrage en deux parties;
l'une portant sur l'histoire des fossiles, l'autre sur les espèces
et la diversité de la faune et de la flore.
Il a par ailleurs insisté sur le fait que ce résultat
est le fruit d'une étroite collaboration avec Mireille
Gayet, directrice de recherche au CNRS, et Anne Belouze, agrégé
de sciences naturelles. Ce livre qui se veut scientifique mais
aussi vulgarisateur, a pour objectif de sensibiliser tous les
libanais à la richesse patrimoniale de leur pays.

Mai 2004
La Banque mondiale,
la France et l'Italie au secours du patrimoine libanais
Le renouveau économique passe par la mise en valeur du patrimoine
et d’un environnement continuellement agressé. Un prêt à hauteur
de 62 millions de dollars a été accordé par la Banque mondiale,
la France et l’Italie, pour créer les conditions d’un meilleur
développement et améliorer la qualité de vie dans cinq villes
historiques, en l’occurrence Tripoli, Byblos, Saïda, Tyr et
Baalbeck. Placé sous la houlette du Conseil du développement
et de la reconstruction (CDR), le projet vise à développer le
potentiel archéologique et touristique des cinq sites historiques.
Ce prêt important, rappelons-le, est resté en suspens pendant
quatre ans à cause des zizanies et des tiraillements politiques.
Il a été avalisé in extremis par le Parlement le 27 janvier
dernier, lorsque la Banque mondiale a menacé de l’annuler (1).
C’est donc pratiquement au «dernier quart d’heure» que le prêt
a été sauvé, permettant la mise en œuvre d’un plan dont la gestation
avait débuté en 2001. Un constat précis de l’état des lieux
a été établi. Des études portant sur le tissu urbain, architectural,
économique et social ont été mises au point. Un budget relatif
à chaque ville a été retenu par les experts. Le chiffre reste
toutefois confidentiel. Les dossiers d’exécution, élaborés suivant
une approche équilibrée entre la conservation du patrimoine
archéologique et l’aménagement urbain, seront adjugés à la fin
de l’année. Les travaux débuteront en 2005 et devraient être
achevés dans les cinq années à venir, c’est-à-dire en 2010.
Établies par la Banque mondiale, les règles et les procédures
relatives aux adjudications sont très rigoureuses, indique M.
Jean Yasmine, responsable du chapitre archéologie.
Culture Heritage and Urban Development (CHUD) est le
nom donné à ce projet.
Il requiert la collaboration de nombreuses institutions étatiques,
notamment les ministères des Travaux publics et de l’Énergie,
chargés de l’exécution de plusieurs projets d’infrastructure
dans les villes, mais aussi les ministères de la Culture et
du Tourisme, les municipalités, la Direction générale des antiquités
(DGA), la Direction générale de l’urbanisme (DGU) et l’Unesco.
Le CHUD devrait bénéficier du soutien et de la volonté commune
des forces actives et des collectivités locales, condition sine
qua non pour réussir ce travail d’intérêt général. Des campagnes
de sensibilisation à la valeur de l’héritage culturel sont menées
auprès de la population, attirant son attention sur l’importance
du tourisme culturel comme source de revenu. En effet, pour
marquer ses objectifs à long terme, créer du travail, éradiquer
la pauvreté et la stagnation économique, le plan met l’accent
sur la synergie culture/ économie. «Il est centré sur une approche
stratégique pour protéger, conserver et mettre en valeur le
patrimoine culturel du pays qui agira comme moteur pour la promotion
du tourisme et le développement économique», souligne Jean Yasmine.
Le chantier, qui comprend trois volets, concerne tout d’abord
la réhabilitation des centres historiques et l’infrastructure
des villes. En clair, il s’agit de l’organisation globale de
l’espace, de l’embellissement des espaces publics, de la réorganisation
du trafic routier, la création de parkings, la protection et
l’aménagement des façades maritimes. Le plan vise aussi à promouvoir
les activités culturelles, les métiers traditionnels et les
services relatifs au patrimoine et au tourisme. Il lorgne également
du côté d’un dispositif législatif relatif au bâtiment et propose
de mettre en place un règlement d’urbanisme approprié aux quartiers
historiques et à leurs zones limitrophes. En bref, il s’agira
de définir les mesures juridiques permettant à la DGU et aux
municipalités d’exercer une autorité réelle pour stopper l’érosion
du patrimoine, ou toute sorte de dégradation de l’environnement.
Colonnes romaines en péril
La conservation et la gestion des monuments archéologiques,
principalement ceux de Baalbeck et de Tyr, constituent le deuxième
volet du projet. Pour une meilleure compréhension des sites,
des sondages, des explorations et des recherches scientifiques
y seront menés. Les travaux seront suivis de documentations
et de publications. En effet, faute de rapports de fouilles,
mis à part une publication de l’émir Maurice Chéhab sur la période
médiévale et une autre relative à 700 m2 d’explorations menées
récemment par la DGA, les opérations archéologiques entreprises
à Tyr, dans les années 70, n’ont pas été accompagnées de relevés
ou d’études scientifiques détaillées. Par conséquent, «un gros
travail, relatif aux fouilles, à la documentation et à la consolidation
des vestiges, attend les spécialistes», révèle M. Yasmine. Il
ajoute que le sous-sol de Tyr engrange quelque 600000 m2 d’installations
à caractères urbains ou culturels, appartenant à différentes
périodes, allant de l’âge du bronze à la période médiévale et
même à l’ottoman tardif. Côté Baalbeck, le spécialiste indique
que mis à part l’engagement allemand pour la création du musée
de Baalbeck, aucune action scientifique n’a été menée pour la
consolidation des structures ou la mise en valeur des monuments,
depuis 1975. Or «Baalbeck est situé à proximité de la faille
de Yammouné, et l’impact des mouvements sismiques sur les édifices
archéologiques est à prendre en considération, a dit M. Yasmine.
Dépourvues de tout support architectural, les colonnes du temple
de Bacchus ou de Jupiter risquent de s’effondrer si un tremblement
de terre de plus de 3 degrés a lieu. Elles connaîtront le même
sort que celui des trois autres effondrées dans les années 50.
Il est par conséquent urgent de les consolider». La pollution
de l’air par le CO2 dégagé des pots d’échappement des véhicules
et des pesticides utilisés dans les terrains agricoles autour
de la cité antique de Baalbeck est également un facteur non
négligeable dans la détérioration de la pierre antique. «Une
étude comparative, faite à partir des photographies prises par
la mission archéologique allemande au début du siècle passé,
a pu établir une dégradation avancée des vestiges. Si on laisse
les choses en l’état, d’ici à 100 ans les monuments pourront
fondre comme cire au soleil», signale M. Yasmine, ajoutant qu’en
raison de l’air marin, l’état des vestiges à Tyr est tout aussi
inquiétant. La restauration et le traitement de la pierre des
édifices sont donc prévus dans le plan. La consolidation des
monuments sera suivie de la mise en valeur des sites: éclairage
de la pierre, organisation de circuits thématiques, installation
de panneaux signalétiques, construction de pièces destinées
à la billetterie et au gardiennage, aménagement de parking,
etc. Au programme également, l’inventaire des pièces archéologiques
qui se trouvent dans les dépôts de la DGA, afin de les présenter
dans les musées des sites.
Restructuration de la DGA
La DGA, la DGU et les municipalités étant les principaux acteurs
de ce projet, leur «renforcement institutionnel» est capital
pour maintenir en place les objectifs du projet. Aussi, pour
améliorer le rendement des fonctionnaires et les sensibiliser
aux questions de gestion et d’aménagement des villes historiques,
des sessions de formation seront organisées, au cours des cinq
prochaines années, par le CDR qui fournira aussi l’assistance
technique et l’expérience du personnel durant la réalisation
du projet. Le plan se penche également sur la restructuration
de la Direction générale des antiquités (DGA), parent pauvre
de l’Administration. Avec un budget annuel de quatre milliards
de livres libanaises et un effectif humain réduit au minimum,
la DGA peut à peine répondre aux besoins de fonctionnement courants.
Or il lui est demandé de conduire une tâche écrasante et multiforme:
entretenir et surveiller les lieux, restaurer un patrimoine
endommagé, protéger des sites menacés ou déjà envahis par une
urbanisation galopante, prendre des mesures concernant l’aménagement
de leurs abords. Mais tout cela ne peut se faire sans les crédits
nécessaires et sans des équipes spécialisées. Selon M. Yasmine,
«seulement huit archéologues sont affectés à la DGA et un seul
architecte restaurateur, Khaled Rifaï, qui n’est même pas cadré.
Il est contractuel». Le projet CHUD va enfin combler les lacunes
et permettre de développer le potentiel archéologique et touristique
des cinq villes historiques. Il compensera le handicap dont
elles souffrent sur ce plan, par rapport à Beyrouth, et les
aidera à dessiner leur avenir.
May MAKAREM-L'Orient-LeJour
|
La préservation du village de Salima est un projet
franco-libanais conçu pour la réhabilitation globale du village de Salima.
Cette petite localité située dans le Metn est réputée pour sa place publique
entourée de sérails et de vieilles demeures. Le projet est parrainé par
l’association Patrimoine Sans Frontières, l’Apsad, et la Faculté d’Architecture
de l’Université Libanaise de Tripoli et a été baptisé ‘Réinventer l’espace
public ". Dans cet objectif, les étudiants ont effectué un inventaire
de l’ensemble des édifices historiques du village et ont même réalisé
des maquettes de ces monuments qui ont déjà fait l’objet
d’une exposition à l’Institut du Monde Arabe à Paris en septembre 2002.
Pour la troisième année consécutive, en collaboration avec l’Institut
français d’architecture (IFA), l’Association pour la protection des sites
et anciennes demeures au Liban (APSAD) et l’Alliance internationale des
Libanais pour l’éducation et la solidarité
(AILES), Patrimoine sans frontières investit le village de Salima. Il
faut dire que la réussite de l’Atelier 2002 a ouvert la voie à de nombreuses
propositions, tant de la part des associations partenaires que des architectes
et des habitants, donnant naissance au festival SEIL (Salima entre invention
et liberté). Il se déroule du 18 au 31 août 2003 et s’articule autour
de la rénovation des fontaines du village.
Salima, le village ressuscité par l'Hebdo Magazine
Festival SEIL (Salima entre invention
et liberté)

Entre «invention et liberté»,
la réhabilitation des fontaines publiques est à l’honneur cet
été
Au-delà de
la programmation d’événements culturels (musique, cinéma,
ateliers pédagogiques, etc.), «l’objectif de ce festival
est de mettre en valeur les atouts et qualités du village
– son environnement bâti et naturel – en suscitant un
tourisme vert, facteur de développement économique.
Notre but est d’aider à reconstruire et à redynamiser
une région, tout en préservant le patrimoine architectural
et environnemental», affirme Mme Béatrice de Durfort,
présidente de Patrimoine sans frontières (PSF). Rappelons
que l’atelier d’architecture de l’édition 2002 a permis
de répertorier les ressources humaines et les richesses
patrimoniales de Salima dont le sérail et la place d’armes
(midan) datant du XVIe siècle, sept églises, deux sanctuaires
druzes, plusieurs magnaneries du XIXe siècle et des
dizaines de demeures anciennes. Mais aussi, un réseau
de fontaines, méritant réhabilitation et valorisation,
autour desquelles les architectes Habib Debs et Bernard
Khoury, l’Atelier de recherches de l’Alba et Table rase
ont réinventé un espace public. Leurs projets seront
réalisés avec l’aide des 30 étudiants en architecture
venus des écoles françaises et libanaises (Lille, Marseille,
Versailles, Paris-La Villette, Paris Belleville, Alba,
Deir el-Kamar et Tripoli). L’opération est financée
par le PSF. Les fontaines rénovées seront inaugurées
le samedi 30 août et constitueront «un lieu d’échanges
entre les différentes communautés», a souligné Mme Durfort,
ajoutant que l’objectif de son organisme est de «convertir
un patrimoine à charge, témoin des déchirures communautaires,
en un bien commun (...), de favoriser la reconstruction
d’une identité commune, grâce à la réappropriation par
la population d’un lieu de rencontre à forte charge
symbolique».

Salima, un village à reconstruire dans la pure tradition
architecturale
|
Photo,
vidéo et site Internet
Une
exposition de photos sur Salima est prévue à l’Institut
national du patrimoine, à Paris. De même, des reportages
vidéo, portant sur l’ensemble des manifestations du
festival SEIL (format de 13’ ou 26’) seront réalisés
par Michel Tabet et Olivier Koches (vidéastes journalistes).
Des reportages photographiques relatant divers aspects
de la vie quotidienne au village (pratiques sociales,
vie religieuse, cadre architectural et patrimonial)
seront signés René-Paul Savignan et Prune Brenguier
(photographes-vidéastes). Toutes ces images constitueront
un documentaire complet au terme de l’opération, en
2007. La matière produite donnera lieu à la création
d’un site Internet- Salima.
Cinéma et musique
Pour
faire revivre tous les espaces du village et réinvestir
un patrimoine commun à tous, Beirut DC (association
qui cherche à produire, à promouvoir et à distribuer
des films non commerciaux et à organiser des ateliers
de formation) et «..né. à Beyrouth» (association travaillant
à la promotion et à la diffusion du cinéma contemporain
libanais) présenteront, sous le thème «Le cinéma libanais
d’aujourd’hui», des projections de courts, moyens et
longs métrages, suivies de rencontres/débats avec les
réalisateurs et les acteurs.
Parallèllement, l’association libanaise dédiée à la
recherche, la création et le développement de la musique
improvisée libre au Liban (MILL) organise dans la forêt
du village, le vendredi 22 août, un concert (en soirée)
et un atelier d’initiation pour enfants et adultes (à
14 heures).
Dossier réalisé
avec le concours de
May MAKAREM

Août 2003
|
>>> La Ciné-Caravane
de la Mission Culturelle Française à SALIMA
le Jeudi 28 août avec la projection du film Harry,
un ami qui vous veut du bien
(sélection du festival de Cannes
2002)
|
Guerres et
Paix:
Réinventer l’espace public à Salima
l’APSAD ( Association pour la protection et la Sauvegarde
des Anciennes demeures (Liban ) et PSF ( Patrimoines Sans
Frontières ) (Association loi de 1901, France ) ont lancé
un projet pour l’aménagement de la place centrale de Salima,
village libanais situé à une trentaine de kilomètres de
Beyrouth. Ce village constituait, sous l’empire Ottoman,
le siège des émirs Abillama qui gouvernaient la partie
centrale de la montagne libanaise. Du fait de la préservation
à travers le temps, de nombreux édifices témoins de cette
époque et du rôle prééminent de ce village, qui a souffert
des ravages de la guerre du Liban ( 1975 - 1991 ), une
équipe d’architectes et d’enseignants libanais collabore
avec les habitants de Salima, afin d’éviter qu’une reconstruction
massive fasse fi de cet héritage historique. PSF et l’Institut
français d’Architecture proposent à des étudiants en architecture
français et libanais, en collaboration avec l’APSAD, un
atelier autour des thèmes de la reconstruction de territoires
historiques déchirés par la guerre. Cet atelier s'est
déroulé du 18 au 29 août 2002, avec les participations
et interventions de Jade Tabet, Habibs Debs, Fadlallah
Dagher, Hana Alammudine, Joumana Ghandour, Mona Hallak,
Matthieu Ollagnon, et Béatrice de Durfort ( Présidente
de PSF) , Fiona Meadows ( Responsable du Salon d’actualité
de l’IFA) .
Avec la participation de l’Ecole d’Architecture de l’Académie
des Beaux-arts , Beyrouth; La Faculté d’Architecture de
l’Université libaniase, Tripoli, et la Lebanese Américan
University et des écoles d’architecture de Paris-La Villette,
de Marseille Lumigny et de Nantes-Atlantique.
Renseignements en France:
Clarisse Chappaz PSF 61, rue François Truffaut 75012 Paris
Tél : 01 40 02 05 90 / fax : 01 40 02 05 91 mailto:info@patrimsf.org
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Un objet design
À Aïn el-Qamar, à proximité de l’école
publique du village, travaillent l’équipe de Table rase,
l’architecte Sophie Skaff et la designer Yasmina Skaff.
À partir d’une structure existante, mélange de béton et
d’aluminium, elles ont remodelé tout un espace et imaginé
une fontaine. « Valoriser un volume créé par pur besoin
et conçu sans aucun souci esthétique ; exploiter en second
lieu l’apport extérieur-intérieur » sont les intentions
à l’origine de la régénération de la construction, indique
l’architecte. Tout d’abord, la démolition de la façade
ouest a permis de libérer l’accès au bassin et de rendre
toute la lumière aux espaces intérieurs. Le plafond de
la pièce, peint en blanc vernissé, fera miroiter les reflets
changeants de l’eau et des arbres. Ensuite, pour « favoriser
le contact visuel », 17 ouvertures, clin d’œil aux 17
fontaines du village, ont été pratiquées sur la façade
nord, là où la vue caresse la montagne et la vallée. En
forme de meurtrière étroite et longue, chacune sera équipée
d’une cruche contemporaine, un « objet design » en cuivre,
ressemblant à une flûte et fixée sur une baguette indémontable.
Une rallonge de 50 centimètres de long permet de la manier
avec aisance, pour y boire directement ou remplir son
gallon. Sur chaque flûte sera gravé le nom de la fontaine,
« Aïn el-Qamar », autour de laquelle sera créé un espace
vert mettant en scène chèvrefeuilles de bois et tonnelle
de vignes. Le toit de la construction, situé à hauteur
de la route, sera par ailleurs aménagé pour accueillir
deux bancs et une table. Leur structure en béton qui abrite
les réservoirs d’eau et les gaines techniques de l’électricité
et de la plomberie, sera revêtue de bois de « qotran »
(bois à consistence très dure qu’on trouve dans certaines
régions du Moyen-Orient). Quant à la réhabilitation de
Aïn as-Saha (fontaine de la place des armes ou midane),
elle a été confiée au groupe d’architectes de l’Atelier
de recherches de l’Alba : Rana Haddad, Pierre Hage-Boutros
et Gregory Buchakjian. « La fontaine datant des années
1920 est en bon état de conservation. Notre intervention
s’est limitée à faire nettoyer la pierre, niveler le sol,
planter les deux jardinets qui bordent la fontaine, reconstituer
le muret de clôture en partie détruit et construire des
bancs publics », a indiqué l’architecte Pierre Hage-Boutros,
ajoutant que son groupe a été également désigné pour réinventer
l’espace public autour de Nabeh al-mouhayyar (la source
des dilemmes). Situé entre deux routes, l’une haute et
l’une basse, le site, traversé de part et d’autre par
des escaliers, offre une esplanade avec fontaine et bassin.
Comme le nom de la fontaine l’indique, l’eau prend divers
parcours, suivant une ligne sinueuse, avec de nombreux
tours et détours. Le projet élaboré racontera, à travers
une série de petites interventions, l’histoire de l’eau.
À titre d’exemple, des roues hydrauliques, de grandes
tiges en bois fixées sur rotule tout au long du canal
d’irrigation qui suivront le mouvement d’ondulation de
l’eau, et pour éviter les glissements, des anneaux de
métal (matériau antidérapant qui brille la nuit) ont été
incrustés dans le sol. Au menu également, un auvent à
la structure tubulaire qui portera une vigne, des bancs
et un cabanon pour les enfants.
Signalons enfin que ces projets ont été réalisés par
des étudiants en architecture dont 15 sont venus de Marseille-Luminy,
de Versailles, de Paris-la Villette, de Paris-Belleville,
et 20 de l’Université libanaise et de l’Alba.
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Salima 3e édition: développement et préservation
s’inscrivent sur le site

Traditionnellement
habité par deux communautés (druze et chrétienne), ce
village est l’un des premiers à avoir subi des destructions
importantes, lors du déclenchement de la guerre dans
la montagne. Il est également l’un des derniers à attendre
encore le retour d’une partie importante de sa population.
Ce retard lui a néanmoins permis d’échapper à la reconstruction
massive et anarchique qui a défiguré nombre de villages
à caractère historique dans le Mont-Liban. L’état de
conservation des lieux et la qualité de son paysage
architectural ont été jugés «assez exceptionnels» pour
susciter un projet de préservation novateur. L’APSAD
et une équipe d’architectes et d’enseignants libanais
ainsi que les associations françaises Patrimoine sans
frontières et l’IFA collaborent étroitement depuis trois
ans, dans le cadre d’une réflexion sur la protection
du site. Pour un rappel des faits, c’est suite à un
appel lancé par l’APSAD que Patrimoine sans frontières
a effectué, en 2001, ses premières missions de repérage
et de diagnostic. L’engagement des ministères de la
Culture et des Déplacés dans un processus innovant et
qualitatif a achevé de convaincre l’organisme international
de s’engager et de soutenir les démarches initiées en
vue de la préservation de ce village du Metn. Pendant
ce temps, l’APSAD s’instaure maître d’ordre à Salima,
contribuant techniquement et financièrement à la mise
en place d’un plan directeur de reconstruction qui sera
adopté par la Direction générale de l’urbanisme. L’association
dresse également l’inventaire des bâtisses anciennes
dont plus de 80 seront estampillées «bâtiment à caractère
historique» par le ministère de la Culture. De même,
une procédure de suivi des permis de construire est
mise au point avec le ministère des Travaux publics
et la Direction générale de l’urbanisme. Dans une action
visant à aider l’habitant, l’APSAD établit un partenariat
avec 14 compagnies libanaises spécialisées dans la vente
de matériaux de construction (béton, pierres, sanitaires,
peintures, etc.). Elles accordent le matériel nécessaire
à la restauration au prix de revient ou à un prix réduit.
M. Assem Salam, président de l’APSAD, considère que
le projet, impliquant les pouvoirs publics et mobilisant
citoyens, entreprises privées et ONG, mise sur «l’exemplarité
d’une action expérimentale, dont la réussite pourra
déboucher sur la mise en place de véritables outils
opérationnels, permettant d’élargir le champ de sauvegarde
du patrimoine culturel, social et architectural, à d’autres
secteurs géographiques du Liban». En effet, le projet
suscite un intérêt grandissant chez les habitants d’autres
villages – principalement Abey et Mtein – qui tentent
de développer la même démarche dans leur commune. La
participation, par ailleurs, de l’Alliance internationale
des Libanais pour l’éducation et la solidarité (AILES),
au festival SEIL, «permet d’introduire la notion du
patrimoine dans son activité éducative et culturelle
(...). Protéger notre mémoire pour nous projeter dans
un avenir pacifié et harmonieux: c’est ainsi que nous
concevons l’évolution de notre société et à cette fin,
nous œuvrerons passionnément sans relâche», déclare
M. Rami Adwan, président d’AILES, qui a pris en charge,
pour la seconde année consécutive, l’animation de l’espace
public, proposant bibliobus, jeux, lectures, cours de
français et, en collaboration avec l’association MILL,
des ateliers de «Musique improvisée libre»... Diffusant
en sourdine une vision de Salima et de multiples alternatives
à son développement et à sa préservation.

Le
Festival SEIL et le Village de Salima
dans le site de l'APSAD
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Conférences
Plusieurs
conférences seront données dans le cadre du festival SEIL, à
Salima.
mercredi 20 août, à 10 h: «Complexité et échelles des
espaces publics au Liban» par Michaël Davie, géographe, chercheur,
enseignant à l’université de Tours.
Jeudi 21 août, de 10 à 12h30: « Analyse typologique et
morphologique du bâti dans les villages de montagne libanaise
» avec Habib Debs, architecte-urbaniste, enseignant à l’AUB
et à l’Alba. La parole sera ensuite donnée à Pierre Hage-Boutros,
Rana Haddad et Grégory Buchakjian, membres de l’Atelier de recherches
de l’Alba, qui débattront sur les «Points d’eau: dispersion
des fontaines, proximités imprévisibles qu’elles peuvent révéler,
récits qui les portent, singularité de leur quotidien.
Comment, à la fois, s’approprier une fontaine et la mettre en
commun?»
Vendredi 22 août, à 10h : conférence/débat avec Bernard
Khoury, architecte, professeur à l’AUB.
Lundi 25 août, de 10h à12h30 : «Matières d’identité»
par Georges Arbid, architecte et historien de l’architecture,
enseignant à l’Alba et à l’ AUB .
Mardi 26 août, à 10h: place à «L’eau et l’enfant» avec
Yasmina Skaff (cofondatrice de Table rase) et Sophie Skaf (architecte,
cofondatrice de Table rase).
Mercredi 27 août, à 10h: Mathieu Lucas, étudiant de fin
de diplôme de l’École d’architecture de Lille, racontera «Les
magnaneries de la région de Salima».


Alerte au patrimoine mondial
L’association
Patrimoine sans frontières, présidée par Mme Béatrice
de Durfort, a été créée en 1992.
Avec
le soutien du ministère de la Culture, elle mène des
opérations d’alerte, de préservation et de sensibilisation
en direction du patrimoine culturel international, dans
des situations de danger ou de disparition imminente.
Les actions de Patrimoine sans frontières constituent
des réponses apportées à des demandes issues des populations
locales concernées. L’association dirige ses efforts
vers les oubliés du patrimoine quels qu’ils soient:
sites, ensembles, bâtiments, objets, savoir-faire, etc.
Dont la portée symbolique et affective constitue un
élément essentiel pour que se transmette la mémoire
des peuples. Structure légère et indépendante, le fonctionnement
de PSF repose sur l’établissement d’un réseau multidisciplinaire
de professionnels en France et à l’étranger, et sur
l’établissement de partenariats avec des organismes
publics et privés.
Salima, village à environ
30 km de Beyrouth habité par deux communautés, druze
et chrétienne, est l’un des premiers villages à avoir
subi des destructions lors du déclenchement de la guerre
civile libanaise dans la montagne. Il est également
l'un des derniers à attendre encore le retour d'une
partie importante de sa population. Ce retard lui a
néanmoins permis d'échapper à la reconstruction massive
et anarchique qui menace le patrimoine architectural
des villages du Mont-Liban. Le village possède une architecture
qui reflète une prééminence, due à l’installation des
émirs Abillamaa en 1515, sur le plan politique (le Sérail
ou palais des émirs, la dernière extension daterait
de 1796), sur le plan économique (plusieurs usines à
soie du XIXe siècle dont le caractère architectural
est remarquable) et sur le plan religieux (six églises
anciennes à travers le village et un sanctuaire druze).
PSF s'investit dans une action de mise en valeur, de
réhabilitation et de ré-appropriation de la place du
village, lieu de rencontre des populations.
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Inauguration des quatre fontaines
retrouvées à Salima
Maison
typique à proximité du site qui abrite
Nabeh el-Mouhayyar, ou la source des dilemmes.
Jugés « assez exceptionnels
», l’état de conservation de Salima et la qualité de
son paysage architectural ont suscité un projet de préservation
novateur. Afin d’éviter une reconstruction massive et
anarchique, l’Apsad et une équipe d’architectes et d’enseignants
libanais ainsi que les associations françaises Patrimoine
sans frontières et l’Institut français d’architecture
collaborent depuis trois ans avec les habitants de la
localité dans le cadre d’une réflexion sur la protection
de l’environnement et du patrimoine. Les repérages et
les évaluations menées en 2002 par les équipes mixtes
libano-françaises ont permis d’établir une première
cartographie des richesses humaines, spatiales et patrimoniales.
Outre le sérail et la place d’armes (midane) datant
du XVIe siècle, le village est truffé de vieilles demeures
à caractère architectural remarquable, de magnaneries
construites au XIXe siècle, six églises anciennes et
un sanctuaire druze. Les études ont révélé également
un réseau de 17 fontaines de qualité qui, selon les
experts, méritent réhabilitation et valorisation pour
redevenir des lieux de retrouvailles entre les jeunes
générations de Salima. Aussi, trois équipes d’architectes
libanais ont-elles réinventé un espace public autour
de quatre fontaines choisies par la municipalité. Entièrement
financées par Patrimoine sans frontières, elles ont
été inaugurées le 30 août 2003.
Tout d’abord, Aïn el-Horch, où officie l’architecte
urbaniste Habib Debs. Située au pied d’une vieille magnanerie
et emmurée tristement dans le ciment, la source était,
de mémoire d’habitant, un réservoir qui emmagasine l’eau
conduite par canalisation de Qornayel, le village voisin.
Le spécialiste décide alors de gommer cette laideur
en recomposant une création pure et simple. Mais alors
que les murs sont démolis et que les ouvriers creusaient
la terre pour aménager l’emplacement de la nouvelle
architecture, la source originelle jaillit des grosses
pierres datant d’une centaine d’années. Dès lors, Habib
Debs rejette le projet élaboré initialement pour se
fier, au fur et à mesure des découvertes, à l’inspiration.
Le concept retenu est basé sur la construction d’une
sorte de « cadre ouvert qui montre le miracle de l’eau
sortant de la terre. Un cube parfait de béton blanc,
2m x 2m x 2m, qui tranche vivement avec la palette de
la nature et qui sera l’unique élément artificiel de
l’intervention», indique l’architecte, précisant que
«la source découverte sera insérée telle quelle dans
le cadre blanc, c’est-à-dire dans un U renversé, faisant
office de portique protégeant les habitants de la pluie
en hiver et qui, en même temps, laisse la source, canalisée
dans un plan d’eau, bien en vue». Se détachant comme
une empreinte résolument contemporaine, le nouvel ouvrage
révèle le passé et laisse à l’air libre et à la curiosité
des regards les réfections d’antan, réalisées avec des
moellons de blocs. La fontaine sera, par ailleurs, prolongée
par une aire de cultures en terrasses que traverse un
vieil escalier menant à la magnanerie. Un banc de pierre
érigé à l’ombre d’un vieil olivier est également prévu
dans le projet. « Nous avons voulu créer un endroit
où tous les sens seraient sollicités : à la fois voir
l’eau, entendre son bruit et sentir les fragrances des
douces odeurs exalter la nature », explique Habib Debs.
En bref, intérieur et extérieur, détail et volume général
s’amusent entre eux, se renvoient leurs dessins, pour
susciter des architectures particulières, unifiées par
une ligne dynamique, simple et belle.
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email/courriel:

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Un
nouveau musée au Liban

Le « Musée du patrimoine libanais »
présente pièces antiques, documents historiques et des tableaux
de maîtres
L’art dans sa diversité au bâtiment du
téléphérique à Jounieh
Reconstitution de la chambre d’un moutassarref.
Au sein du bâtiment
abritant la centrale téléphérique de Jounieh, quelque 700 mètres
carrés déployés en U accueillent la collection de la « Fondation
Semaan Joseph al-Ehdeny » qui avait reçu en 2002 le feu vert
des ministères de la Culture et du Tourisme pour se transformer
en « Musée du patrimoine libanais ». L’espace qui a été
inauguré le 5 septembre 2003 mettra en scène un ensemble d’objets
de fouilles archéologiques, de documents historiques et d’œuvres
d’art islamiques et contemporaines signées César Gemayel, Khalil
Salibi, Habib Srour, Daoud Corm et Saliba Doueihy.
« Des pièces certifiées authentiques par les
spécialistes libanais Charles Mazloum et Johnny Khalil Sarkis,
mais aussi par l’Alliance européenne des antiquaires », indique
M. Simon Khazen, héritier de la fondation. L’exposition fait
la part belle au héros de la jacquerie Youssef bey Karam (1823-1889),
au « juge fondateur de la cour d’appel », Semaan Khazen (1898-1973)
et à l’historien et ancien ministre des Affaires étrangères,
Jawad Boulos. C’est malheureusement au rythme des secousses
et des ondes de vibration infligées par l’envol ou l’atterrissage
des cabines téléphériques que le visiteur découvre la trace
émouvante des différentes civilisations. S’offrant comme un
parcours chronologique, l’archéologie décline des bijoux phéniciens
en pâte de verre et des figurines en terre cuite représentant
des déesses de la fertilité ; des vases en terre cuite remontant
au VIIe siècle avant J-C. De l’époque romaine, défilent des
statuettes en bronze représentant différentes divinités, une
tête de femme en pierre calcaire, des chapiteaux corinthiens
et des bases de colonne en basalte. Le parcours est ponctué
d’un petit autel avec inscriptions grecques, d’un linteau de
porte en trois pièces à motifs décoratifs, de moulins à grains
et de chapiteaux funéraires de l’époque mamelouke. Le chapitre
byzantin dévoile, pour sa part, une mosaïque, un bénitier, un
couvercle de sarcophage orné de croix byzantines et de décorations
géométriques en pierre volcanique noire datant du V siècle après
J-C. Également dans la collection, une base de colonne en basalte
de Horan (VIe siècle après J-C), des pierres tombales islamiques
en marbre blanc et un panneau iranien en céramique décoré de
calligraphies koufiques datant du XVIIe siècle, des arcs de
porte et des moucharabieh, sculptés en pierre calcaire du XIXe
siècle.
Dans une vitrine trônent des Corans sacrés et des enluminures
datant du VIIe siècle. Sur un autre étalage sont exposés des
bracelets, des colliers, des pendentifs et des boucles d’oreille
qui remontent à une période récente. Se distinguant chacune
suivant le style adopté par les différentes tribus, des ceintures
en argent ciselé tapissent un pan de mur. Au menu également,
des « cash pouch » (besace) ; des « sarmas » (de la soie brodée
de fil d’or) et le lit d’un gouverneur ottoman, du XIXe siècle.
Un grand espace est ensuite réservé à un personnage haut en
couleur, Youssef bey Karam (1823-1889), héros de la jacquerie.
Sont présentés : des pièces d’armes lui ayant appartenu, ses
vestes de coton coloré brodé, ses tenues d’apparat en velours
rouge richement brodées de fil d’or, ses livres et des dizaines
de manuscrits écrits de sa main qui racontent un pan de l’histoire
du Liban. Place aussi aux œuvres de l’historien et ancien ministre
des Affaires étrangères Jawad Boulos (1900-1982). « La fondation
possède plus de 200 manuscrits et 5 000 ouvrages ayant appartenu
au disparu », souligne M. Khazen.
Un peu plus loin, une atmosphère toute particulière
se dégage du bureau (mobilier) et de la bibliothèque de cheikh
Semaan el-Khazen al-Ehdeny (1898-1973), « juge fondateur de
la cour d’appel libanaise », historien et auteur de nombreux
ouvrages. Simon Khazen révèle que la bibliothèque de son aiëul
renferme quelque 495 documents historiques, 333 manuscrits,
un millier d’ouvrages anciens illustrant diverses périodes de
l’histoire du Liban (entre 1770 à 1920), mais aussi ses publications
et des écrits inédits. Au rendez-vous aussi des grands peintres,
César Gemayel, Khalil Saleeby, Habib Srour, Daoud Corm et Saliba
Douaihy (1912-1994). « La fondation a travaillé de longues années
pour réunir cette collection, et si nous avons choisi le bâtiment
du téléphérique, c’est parce que nous n’avions pas trouvé un
autre local disponible et à la portée de notre bourse. Il faudrait
toutefois savoir que le téléphérique est le lieu le plus fréquenté
du Liban : on y compte quelque 350 000 visiteurs par an », souligne
M. Simon Khazen. « Un passage obligé donc, et des plus agréables,
vers le musée qui ouvrira ses portes vendredi aux amateurs d’art
et d’histoire », conclut-il.
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Tourisme et Loisirs tournés vers la découverte du
patrimoine libanais:
« Esprit-nomade »
Aventures et vagabondages
Depuis quelques années, l’écotourisme occupe
une place prédominante dans la vie des Libanais. Les uns s’y
adonnent pour fuir le vacarme de la ville et retourner aux sources,
les autres par amour du sport. Et les sociétés, les agences
et les clubs qui offrent une panoplie d’activités de plein air
pour tous les goûts «champignonnent» partout. « Esprit-nomade
» est la dernière-née de ces sociétés. Fondée en 2003 par Nidal
et Vincent Ghorayeb, elle offre une alternative aux activités
classiques de la ville, les samedis soir. À l’heure où la majorité
des agences d’écotourisme choisissent le dimanche pour organiser
des activités, «Esprit-nomade» a opté pour les samedis après-midi.
La raison? Nombreuses sont les personnes qui préfèrent, le dimanche,
faire la grasse matinée plutôt que de se réveiller avec le chant
du coq. « Le but de notre agence est de faire découvrir aux
participants une autre facette du Liban, où la beauté de la
nature se mêle à la richesse archéologique, explique Nidal Ghorayeb.
Pour cela, nous cherchons lors de nos sorties à faire connaître
le patrimoine naturel et culturel du Liban, à participer au
développement des régions rurales et à leur conservation. Nous
nous efforçons de même de changer certaines mentalités, et cela
en incitant les participants à nos sorties à participer à des
actions d’utilité publique. » Ainsi, lors d’une sortie, les
randonneurs se trouvent en train d’aider à la cueillette des
fruits pour une heure de temps environ, avant de poursuivre
leur marche ou leur sortie à vélo. « Nous prévoyons également
lors de nos randonnées des pêches nocturnes, des conférences
pour sensibiliser les gens au patrimoine et des visites culturelles
de sites connus ou encore ignorés des Libanais, note M. Ghorayeb.
Nous proposons des programmes hebdomadaires ou encore du sur-mesure
à l’intention de groupes privés.» «Le Liban est idéal pour les
activités d’écotourisme, poursuit Nidal Ghorayeb. C’est un pays
riche en sites classés sur la liste du patrimoine mondial de
l’humanité. Il renferme aussi plusieurs réserves naturelles,
des centaines d’églises et de mosquées historiques, sans oublier
les temples romains, dont la majorité est inconnue. C’est un
pays qui se distingue aussi par sa biodiversité et par son climat,
qui permet de pratiquer les activités de plein air en toutes
saisons.»
Activités bénéfiques aux populations rurales
Mais c’est aussi un patrimoine fragile, menacé par les constructions
anarchiques de béton qui envahissent les villes, défiguré par
les carrières qui éventrent les montagnes. Sans compter que
les sites historiques subissent des actions de vandalisme. «La
densité démographique en expansion dans un espace géographique
limité demeure à mon avis la principale source de danger, estime
M. Ghorayeb. À cela s’ajoutent l’absence ou la non-application
des lois qui protègent le patrimoine, ainsi que l’absence d’une
culture écologique dans la société libanaise. Nous essayons
à travers nos activités de sensibiliser les gens à la nécessité
de conserver le patrimoine.» Ces activités sont aussi bénéfiques
aux populations rurales. «Nous incitons les randonneurs à faire
des achats dans les régions que nous visitons, ce qui assurera
des revenus financiers immédiats bien que modestes aux habitants,
indique M. Ghorayeb. Ces derniers seront de même encouragés
à maintenir leur mode de vie traditionnel.» Les frais de la
sortie sont fixés entre 20 et 25 dollars, en fonction des services
inclus. Ceux-ci comportent en général le transport, une randonnée
avec un guide et un repas rural. «Certains estiment que nos
prix sont élevés, note le fondateur d’«Esprit-nomade», mais
il est contre nos principes de céder au tourisme de masse. Nous
tenons à assurer une bonne qualité de services, ainsi que le
bien-être et le confort des membres du groupe que nous accompagnons.
Par ailleurs, le prix d’une journée est presque égal à celui
d’un repas en ville.» Et de conclure en insistant sur le fait
que ces activités ne conviennent pas aux personnes «sensibles
à nos principes» ou qui recherchent le luxe.
Pour de plus amples informations,
appeler au 03/223552 ou visiter le site web de l’agence à l’adresse
www.esprit-nomade.com
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Du Nord au Sud du Liban,
opérations en cours pour le sauvetage des sites historiques
et du Patrimoine libanais
Objectifs: Améliorer le recrutement
dans les métiers de la culture, du tourisme et du patrimoine.
Encourager les investissements privés dans ce secteur. Augmenter
le nombre de bâtiments historiques restaurés et l’étendue d’espaces
publics réhabilités à caractère historique et à usage municipal
et touristique. Augmenter la valeur des propriétés dans et autour
des espaces historiques et culturels.
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Tripoli, vitrine des mamelouks
L’aide de la Banque mondiale pour améliorer et
embellir les cités historiques du Liban constitue la dernière
chance pour sauver le patrimoine mamelouk de Tripoli, selon des
experts. La vieille ville qui s’étend sur six kilomètres carrés
abrite quelque 200 vestiges mamelouks dans un état de délabrement
avancé. Les prêts de la BM, auxquels s’ajoutent d’autres sources
de financement (la France 12 millions, l’Italie 10 millions et
le gouvernement libanais 6 millions), arrivent au bon moment pour
sauver ce patrimoine qui comprend des tours, des mosquées, des
écoles coraniques, des bains publics, des fontaines, des souks
et des khans (caravansérails). On croit comprendre que 19 millions
de dollars seront affectés à Tripoli. L’étude d’urbanisation,
élaborée par les architectes Habib Debs et Jade Tabet, est à trois
volets. Elle comprend la restauration de bâtiments ainsi que leur
environnement immédiat, l’aménagement de la façade nord de la
ville riveraine du fleuve Abou Ali et la construction d’habitations
pour les familles qui squattent le bâtiment historique de khan
al-Askar (caravansérail des militaires) depuis 1956, date où un
tremblement de terre a fait de nombreux déplacés. Les travaux
commenceront par le khan al-Askar, qui est dans un état de dégradation
avancée. Datant de l’époque mamelouk, il sera aménagé en centre
culturel. Par ailleurs, l’Allemagne se charge de la restauration
du khan al-Khayyatines (caravansérail des tailleurs) et le ministère
du Tourisme du Kkhan al-Saboun (caravansérail du savon). Surplombée
par la citadelle croisée de Saint-Gilles, la capitale du Nord
comprend des vestiges romains, byzantins, arabes, croisés et ottomans.
Mais ce sont surtout les vestiges de la dynastie mamelouk qui
caractérisent la vieille ville, avec notamment les mosquées al-Mansouri,
Tinal, al-Bortasi, Sidi Abelwahed al-Miknas et plusieurs madrasa
(école coranique) dont la plus célèbre, al-Cortawiya. Tripoli
peut se targuer d’abriter des souks vieux de 700 ans, considérés
comme les plus importants du Liban, car ils ont conservé leur
tissu urbain et sont habités jusqu’à aujourd’hui, alors que les
centres des autres villes ont été détruits au cours de la guerre
civile, ou encore envahis par le béton. On signale que la restauration
de la vieille ville en vue d’y attirer les touristes passe par
le quartier mamelouk et ottoman al-Tall et de sa mosquée datant
de 1885. Gestion du projet
Le CDR, qui conduit la stratégie d’ensemble, a nommé à la tête
du projet les responsables suivants : Maged Fattal, coordinateur
du projet. Nabil Itani s’occupe du chapitre urbain. Jean Yasmine
se consacre à l’archéologie. Abbas Kesrouani, formalités administratives
et appels d’offres. Fayza Saad, socio-économiste.
Les urbanistes officiant
ARS Progetti, spécialisée dans l’aménagement des sites archéologiques,
et ECC ont signé le projet d’étude concernant Baalbeck.
Jacques Liger-Bélair, Byblos.
Saïd Bitar, Saïda. Habib Debs et Jad Tabet, Tripoli. Pierre el-Khoury,
Tyr.
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Le port de Tyr
Le port de Tyr, qui fut jadis le « Port sidonien
», appelé ainsi à cause de son orientation vers le Nord, reprendra
sa forme initiale. Remédier aux problèmes À Tyr, l’étude du projet
urbain élaboré par le bureau d’architecture de Pierre el-Khoury
englobe la vieille ville et la rue Hamra, qui relie les deux sites
archéologiques (l’hippodrome et la cité insulaire). Suivant le
tracé mythique de la chaussée d’Alexandre, la rue Hamra sera donc
aménagée en une promenade touristique qui mènera à la fontaine
de Hiram et à l’école de Jaafaria, située place du Hammam. Les
façades des boutiques et des maisons donnant sur cette place seront
entièrement rénovées. De même, le remblai créé à la périphérie
de la cité insulaire, vers la fin de la guerre, sera ceinturé
d’un verger et réaménagé en parking. Toujours à la périphérie
du site archéologique, mais cette fois longeant un mur ancien
de 500 mètres, ponctué d’ouvertures sur les vestiges et la mer,
le bureau d’architecture implante «un passage culturel» autour
de quatre vieilles bâtisses dont une ancienne école anglicane
et son église, et une belle demeure patricienne ayant appartenu
à la famille al-Mamlouk. Aujourd’hui propriétés de la Direction
générale des antiquités, ces bâtiments datant du début du XIXe
siècle sont en état de délabrement avancé. Ils seront restaurés
pour accueillir diverses activités culturelles mais aussi les
bureaux de la DGA, et un «Centre de recherches archéologiques
sous-marines». Le réaménagement du port de pêche dans sa forme
ancienne et l’embellissement de la façade maritime sont également
au programme. Le plan d’exécution comprend la restauration des
bâtiments publics et privés bordant les quais et l’installation
du mobilier urbain. Dans le périmètre, deux khans (khan al-Rabou
et khan al-Achkar), datant du XVIIIe siècle, seront restaurés.
La promenade littorale, accessible aux automobiles, comprendra
une voie piétonne de trois mètres de large où seront construits
des petits «balcons» ou plates-formes permettant une vue étendue
sur la mer. La plage sera nettoyée jusqu’à 100 mètres de profondeur.
L’intervention est dite «soft», c’est-à-dire «il n’y a pas d’actions
violentes, c’est-à-dire pas de démolition ou d’expropriation de
bâtiments, nous remédions simplement aux problèmes posés, en maintenant
l’équilibre entre le passé et le présent»,
explique cheikh Pierre el-Khoury
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