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L'affaire CGM-CMA:
10 ans après la privatisation, des énigmes en suspens dans ce feuilleton franco-libanais...
La compagnie est fondée en 1976 par Johnny Saadé. En 1978, le premier porte-conteneurs de la compagnie est affrété: le Ville d'Orient.
En 1996, les frères Saadé, dits proches de Rafiq Hariri, rachètent la CGM (Compagnie générale maritime) à l'Etat français pour moins de 20 millions de francs lors d'une privatisation qui fit scandale. La CGM avait alors 1 milliard de francs de liquidité et sa valeur totale était proche de 2 milliards de francs, comme l'a révélé en 1999 un accord entre les deux frères ennemis. Depuis le conflit a repris de plus belle et de nombreuses plaintes, notamment pénales, sont actuellement encore en cours.
Par cette privatisation discutable sous le gouvernement d'Alain Juppé, la CMA-CGM devint la troisième compagnie de frêt maritime du monde, aujourd'hui dirigée par Jacques Saadé à partir d'un superbe siège social récemment érigé face au port de Marseille.
Pour comprendre les clés de ce dossier complexe, un rapport d'audit sur la situation avait
été édité dès 1997 par le cabinet du célèbre ex-inspecteur de police Antoine Gaudino.
Les rebondissements qui semblent se manifester ainsi que la place symbolique qu'occupe la grande compagnie maritime dans le lien franco-libanais rend légitime la mise à disposition pour le public francophone d'une information aux ramifications désormais internationales. >>

Juin 2008
CMA-CGM : Bras de fer sans fin entre les frères Saadé
Publié le mercredi 4 juin 2008 dans le quotidien La Provence
Jacques Saadé, président du directoire de la CMA-CGM, a été entendu, à sa demande, le mercredi 28 Mai, par la juge d'instruction parisienne Françoise Desset. Cette longue audition du patron de la 3e compagnie maritime mondiale visait, selon M e Michel Moatti, à "s'expliquer de A à Z" sur le bras de fer judiciaire acharné que Johnny Saadé livre à son frère depuis la privatisation de la CGM, en 1996. L'audition s'est logiquement déroulée sous le statut de témoin assisté; l'instruction a été ouverte sur la base d'une nouvelle plainte de Johnny alléguant la présentation de faux bilans.

Toutes les juridictions françaises déjà saisies de ce conflit fratricide ont renvoyé Johnny Saadé dans ses cordes. En septembre2006, la cour d'appel d'Aix-en-Provence condamnait même celui-ci à une amende civile de 15000euros, sanctionnant "lecaractère abusif" de la plainte déposée à Marseille, en septembre2003. L'instruction fouillée du juge marseillais Charles Duchaine s'était conclue par un non-lieu, estimant que Johnny n'avait pas été floué par Jacques à l'occasion de la signature d'un protocole, en 2000 à Beyrouth, visant à compenser la cession à Jacques des parts détenues par Johnny dans le maritime.

"Excédés par ces plaintes répétitives", les avocats de Jacques Saadé ont saisi le tribunal correctionnel de Marseille, devant lequel Johnny est appelé à comparaître, le 12septembre, pour dénonciation calomnieuse. "On en a assez, on veut en terminer", martèle Me Michel Moatti. En mars 2007, le tribunal de commerce de Marseille avait condamné Johnny à verser 750 000 euros de dommages et intérêts pour dénigrement.

Août 2007
Devant les multiples pressions exercées par la CMA-CGM depuis près de 9 mois et afin de ne pas exacerber les tensions, LibanVision a décidé, avant une éventuelle refonte de ce dossier, de modifier le contenu en ligne dédié aux affaires CMA/CGM vs Mistral Holding.
En effet, Monsieur Jacques Saadé à préféré poursuivre dans sa logique de menace contentieuse et ignorer notre lettre ci-dessous.
Nous laissons donc nos lecteurs juges de cette attitude.

>> Lettre ouverte de LibanVision à Mr Jacques Saadé

12 Mars 2007



26 Février 2007
Jacques Saadé, patron de CMA-CGM, est mis en cause dans des affaires judiciaires, en Egypte et en Syrie. En mars doit avoir lieu la prochaine audience pour l'affaire égyptienne, où des responsables locaux de la société sont inculpés et au cours de laquelle un mandat d'arrêt international pourrait-être lancé. Jacques Saadé est également convoqué par un juge d'instruction syrien, des poursuites ayant été lancées pour faux et usage de faux.

En Janvier 1997, la célèbre revue économique française titrait déjà:

"Jacques Saadé : Mon frère, ma galère"

> La blogosphère est riche en articles plus ou moins crédibles concernant les litiges entre les frères Saadé, la CMA-CGM et la Mistral Holding notamment. Nous avons préféré brisé tous les liens directs sur le sujet mais vous pourrez aisément consulter la prolifique littérature en ligne en faisant par exemple une recherche sur Google avec une requête du type
"blogs affaire cma-cgm"


Mr.Jacques Saadé au pied du siège social
de la CMA-CGM à Marseille
Vu de Marseille...

CMA/CGM ET LE POUVOIR


avec "le Canard de Marseille"
Revue de presse satirique et autre autour de Jacques Saadé et de la CMA-CGM...



Le numéro 3 mondial lance un second service direct entre la Chine et le port de Beyrouth
CMA CGM : le volume des marchandises importées d’Asie au Liban en hausse de 20 % cette année
Beyrouth-Septembre 2007- Après avoir été le premier transporteur maritime à lancer une ligne directe entre l’Asie et le Liban en juin 2004, la CMA CGM a annoncé le lancement d’une seconde liaison hebdomadaire entre la Chine et le port de Beyrouth sans transbordement. La cérémonie de lancement officielle, qui devait se dérouler hier, a été annulée suite à l’assassinat du député Antoine Ghanem.
Le nouveau service de la CMA CGM est complémentaire au premier appelé le Phoenician Express. Ce dernier relie l’Asie (Corée du Sud, Chine, Taïwan, Malaisie) directement à Beyrouth (en passant par Djeddah et Port-Saïd) avant de repartir vers Lattaquieh en Syrie puis continuer vers l’Adriatique (Italie, Croatie, Slovénie), d’où il rejoint l’Asie en passant par Damiette (en Égypte).
Le nouveau service, lui, inclut la Thaïlande. Le Levant Express dessert ainsi la Chine, la Thaïlande et la Malaisie avant de rejoindre l’Égypte, la Grèce, la Turquie, la Syrie, et le Liban d’où il repart directement en Chine. Les conteneurs chinois mettent ainsi 17 jours à arriver au port de Beyrouth.
En visite au Liban, la directrice de la CMA CGM pour les lignes Asie-Méditerranée, mer Rouge, mers Noire et Adriatique, Christine Cabau, a expliqué à L’Orient-Le Jour que l’augmentation des liaisons hebdomadaires directes entre l’Asie et le Liban a été dictée par la nécessité de répondre à la demande croissante de produits chinois sur le marché libanais. En effet, le volume de conteneurs asiatiques importés au Liban a augmenté de 18 % en 2006, suivie d’une hausse de plus de 20 % en 2007, sans parler de l’activité de transbordement, a-t-elle affirmé.
Selon elle, les deux navires en provenance d’Asie déchargent entre 600 et 700 TEU (tonnes équivalent vingt pieds) par semaine à destination du marché local, et entre 200 et 300 TEU pour le transbordement.
Les produits chinois sont d’ailleurs tellement demandés dans la région que les prix du transport maritime de la Chine vers le Proche-Orient ont augmenté de près de 15 %, la capacité des transporteurs mondiaux n’étant pas en mesure de répondre immédiatement à l’accroissement des exportations chinoises.
Mais il n’en va pas de même pour les exportations libanaises vers l’Asie. Ainsi, les navires arrivent pleins de Chine au Liban, mais y retournent presque vides. Pour cela, la CMA CGM a créé d’autres liaisons lui permettant de profiter des exportations libanaises.
En novembre 2006, elle a notamment inclus le port de Beyrouth dans sa ligne reliant le nord de l’Europe (Hambourg et le Havre) au nord de la Chine en passant pas Beyrouth, puis Djeddah, qui sert de port d’éclatement des marchandises libanaises dans la région du Golfe.
Outre le lien affectif qui lie le groupe au pays du Cèdre, son fondateur et président Jacques Saadé étant libanais, le troisième transporteur mondial croit au potentiel du Liban. En effet, malgré l’instabilité politico-sécuritaire qui caractérise le pays, le trafic de la CMA CGM vers le Liban a augmenté de 40 % cette année, alors qu’il est stable en Syrie par exemple. Au total, près de 70 000 TEU ont desservi le marché local et 170 000 TEU ont été transbordées.
Le port de Beyrouth a aussi « pour vocation de devenir un centre de transbordement régional », estime Mme Cabau, à condition de développer ses capacités.
Selon elle, le terminal de conteneurs du port a atteint sa capacité maximale de 500 000 TEU par an et commence à être saturé. Les autorités portuaires étudient actuellement l’éventualité d’étendre les quais ou de construire un nouveau terminal.
De son côté, la CMA CGM est disposée à accompagner les projets de développement du port de Beyrouth, conclut Christine Cabau.


Justice. Nouvelle enquête sur les comptes CMA-CGM
La guerre sans fin des frères Saadé

9 Juillet 2007

Digne d'une tragédie grecque, la lutte sans merci entre les deux frères Saadé vient de reprendre. Jacques et Johnny, héritiers de l'armateur libano-syrien Rodolphe Saadé, ont codirigé la Compagnie maritime d'affrètement (CMA) jusqu'en 1996, année où la privatisation de la Compagnie générale maritime (CGM) déclenche leur brouille. Aujourd'hui l'aîné des Saadé, Jacques, 69 ans , basé à Marseille, est à la tête de l'empire CMA-CGM, troisième transporteur mondial de conteneurs. Le cadet, Johnny, 64 ans, basé à Beyrouth, jure qu'il a été spolié, et ne s'adresse plus à son frère que par avocats interposés. Depuis quelques temps, on croyait la guerre éteinte. Or une information judiciaire pour faux bilan vient d'être ouverte discrètement, fin mai, au pôle financier du tribunal de Paris. Confiée au juge d'instruction Françoise Desset et Renaud Van Ruymbeke , l'enquête vise les comptes de la CMA-CGM. Elle fait suite une plainte avec constitution de partie civile déposée par Johnny Saadé.
Johnny ne décolère pas. Il accuse son frère de l'avoir doublé en prenant la majorité des parts de la CMA, puis d'avoir détourné de l'argent des caisses de la CGM, et enfin de l'avoir roulé dans la farine en lui faisant signer un accord, à Beyrouth, en septembre 2000. Cette transaction devait mettre fin à leur différend, Johnny cédant ses parts à Jacques contre 40 millions de dollars payables en plusieurs échéances. Les braises avaient fini par refroidir. Mais en 2003, Johnny a trouvé que Jacques tardait à lui régler les cinq derniers millions, et que de toute façon, au vu du succès de la CMA-CGM, le chiffre de 40 était loin du compte. Ces dernières années, Johnny a déposé plusieurs plaintes, pour abus de biens sociaux à Nanterre, pour escroquerie et abus de confiance à Marseille, ainsi qu'en Syrie et au Liban. En vain.
Cette fois, Johnny Saadé et son trio d'avocats - Me. Christian Lestournelle, Jean-Pierre Gastaud et Jean-Pierre Versini-Campinchi - ont trouvé un nouvel angle d'attaque, en dénonçant une " présentation de comptes inexacts ". Ils exposent que Johnny a été trompé sur la nature des bilans de la CMA-CGM, cela pour lui faire accepter une transaction qui se révèle, aujourd'hui, désavantageuse. A l'appui de sa nouvelle plainte déposée à Paris, Johnny Saadé a produit un rapport réalisé en août 2005 par un expert-comptable renommé William Nahun.
L'affaire laisse de marbre Me. Olivier Metzner, l'avocat de la CMA-CGM et de Jacques Saadé. " Toutes les procédures qui ont été lancées se sont achevées par des non-lieux en faveur de Jacques. Son frère est prêt à lancer n'importe quelle accusation, notamment dans le cadre de plaintes pénales, pour essayer de convaincre Jacques Saadé de l'indemniser à nouveau ", déclare l'avocat. Courroucé d'avoir été pris à parti par Johnny, dans des courriers adressés à plusieurs parlementaires français, Jacques a fini par contre-attaquer, en portant plainte pour diffamation. Conséquence : Johnny a été mis en examen puis renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris par le juge d'instruction Jean-Louis Peries, et son procès doit se tenir en décembre. Une belle foire d'empoigne en perspective.
Johnny Saadé n'en a cure. Il pense déjà tenir une autre piste pour montrer que les comptes de la CMA-CGM sont faux: il vient de se constituer partie civile dans une enquête pour corruption, ouverte en Egypte.
Dans cette affaire qui a éclaté fin juin, des officiels du port de Damiette, près d'Alexandrie, sont soupçonnés d'avoir reçu des pots-de-vin de la société française, qui aurait ainsi cherché à échapper à des taxes sur le déchargement des conteneurs. Les autorités américaines et britanniques suivent l'enquête de près. La CMA-CGM, elle, conteste catégoriquement
.

Michel Deléan pour le "Journal Du Dimanche" du 9 Juillet 2006




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