
Précedemment...
Du 24 au 27 Février
2003
L' Institut International
du Protocole et du Savoir-Vivre
propose
un Atelier sur des cas pratiques
du Protocole
dirigé par :
Monsieur Maurice Mestat
Directeur et Chef du Protocole e.r. du Parlement
Européen
Lieu: Ecole Patriarcale
Zoukak El-Blat
Du Lundi au Jeudi de 18h à 20h
Renseignements et Inscription
Tel
961 (0) 5 455 027
Fax 961 (0) 5 453 656
ou par


**
Du 3 au 8 Février 2003
Séminaire
d'initiation sur le principes généraux du Protocole et
du Savoir-Vivre
dirigé par Mme Marie-France Lecherbonnier
en collaboration avec
l'Institut International du Protocole et du Savoir-Vivre et de la LAU-Lebanese
American University
Lieu: Ecole Patriarcale
Zoukak El-Blat
Tous les Jours de 18h à 20h
Date limite d'inscription: le 25 Janvier
2003

Marie-France Lecherbonnier se bat pour
que le bon goût ne se perde pas. (Photo Michel Sayegh).
Marie-France Lecherbonnier
est une dame française très b.c.b.g. Traits fins, l’élégance discrète
et une tenue impeccable. Ponctuelle : à l’heure fixée pour la rencontre,
on la trouve déjà installée dans le lobby de l’hôtel. Elle vous accueille
avec ce qu’il faut de courtoisie, s’enquiert de ce que vous désirez
boire, parle sans élever le ton, remercie aimablement le garçon qui
dépose un jus de fruit devant elle... Bref, Mme Lecherbonnier est une
parfaite illustration de civilité.
Normal, elle est l’auteur d’un épais manuel de savoir-vivre (édité chez
Albin Michel), qui recense et codifie toutes les situations dans lesquelles
il faut faire preuve de bonnes manières. Elle a aussi publié un ouvrage
dense sur le Protocole : histoire et coulisses (Éditions Plon-Perrin).
Elle est également animatrice à la télévision française (TF1) d’une
série d’émissions sur le savoir-vivre, l’art de recevoir et celui de
la table. D’où son invitation à Beyrouth, pour une série de conférences,
à l’occasion du lancement d’un Institut international du protocole et
du savoir-vivre, au sein de l’Académie des hautes études diplomatiques
et des relations internationales. Civilité, politesse, convivialité,
ponctualité, bienséance.... Des notions qui semblent de nos jours dépassées
et qui, pourtant, continuent de régir les rapports humains, qu’ils soient
sociaux, professionnels ou même familiaux et de couple. Certains pensent
que ce sont là des règles désuètes, qui ne s’accordent plus avec la
vie et la mentalité modernes. Erreur. «Le savoir-vivre est plus que
jamais d’actualité, il fait même un retour en force», assure Mme Lecherbonnier.
La politesse à la mode
« À toutes les époques où les rapports humains
se sont détériorés et se sont durcis, on a vu la politesse revenir à
la mode, lien indispensable au maintien de relations conviviales. Il
en est ainsi de notre temps où pour faire pièce à l’arrivisme, au cynisme,
à l’individualisme, le goût du savoir-vivre reprend vigueur », explique-t-elle.
À nouveau au goût du jour, ce corpus de règles, qui régissent les comportements,
puise ses racines loin dans le temps. « Les origines du savoir-vivre
remontent au XIIe siècle, indique Mme Lecherbonnier, au départ les pères
s’adressaient à leurs fils pour leur donner une sorte de morale. Puis,
au XIVe siècle, sont apparues un ensemble de règles pour la table. Mais
elles s’adressaient toujours aux enfants. Ce n’est qu’à partir du XVe
siècle que l’on a eu véritablement des règles de politesse. Qu ’Antoine
de Courtin va regrouper, au XVIIe siècle, dans un ouvrage destiné aux
adultes et intitulé Le nouveau traité de civilité qui se pratique en
France parmi les honnestes gens (1671). »
Un nouveau code des bons usages
Édifiées, au départ, sur le modèle de l’étiquette
en vigueur à la cour royale, les règles du savoir-vivre vont évoluer.
Au XIXe siècle, la classe dirigeante, formée de la grande bourgeoisie
industrielle, va ériger un nouveau code comportemental, adapté à sa
soif de reconnaissance sociale. «Pour être reconnu, il fallait recevoir
chez soi, et là, la richesse ne suffisait pas. Il fallait aussi savoir
faire les choses. Le manuel de la baronne Staffe, Les Règles du savoir-vivre
dans la société moderne, devient alors le code des bons usages pour
tous... et une formidable leçon de bon ton aux nouveaux riches.» Bien
évidemment, le savoir-vivre du XXIe siècle ne se base plus sur ce code
qui remonte à 1889. Il a néanmoins hérité ses éléments constitutifs
des périodes précédentes. «Le souci de l’éducation nous vient de la
Renaissance, notre goût du protocole de l’époque classique et notre
attention aux usages du siècle dernier, signale Marie-France Lecherbonnier.
Mais évidemment, tout cela a pris une nouvelle dimension. » Le savoir-vivre
actuel se caractérise par l’interaction de deux pôles apparemment opposés,
en fait complémentaires : le protocole et la convivialité. «Le système
des préséances se retrouve dans nos habitudes quotidiennes: à table,
on offre les meilleures places aux personnes les plus importantes, devant
une porte, on cède le passage à son supérieur, à une personne âgée,
à une femme en signe de respect. Nos manières de saluer, de présenter
les personnes les unes aux autres, de recevoir, de servir à table, d’envoyer
des faire-part, de remercier...Tout est pétri de règles qui nous viennent
d’antan», assure Mme Lecherbonnier. Naturellement, avec la technologie,
de nouvelles règles de conduite se sont mises en place, soit en remplacement
de coutumes anciennes soit en parallèle. « Ainsi, pour les vœux et les
félicitations, on peut les souhaiter au moyen d’une carte, d’un coup
de fil, d’un message par fax, sur portable ou même d’un mail. La politesse
exige de rappeler les personnes qui ont laissé un message sur répondeur
ou à la personne qui a répondu à votre place. Et, dans le cas du portable,
il faut nécessairement rappeler les appels en absence. » Le nouveau
savoir-vivre privilégie donc le dialogue, la communication entre les
gens sur le formalisme et la bonne conduite imposée. « Ce qui est important
dans le savoir-vivre aujourd’hui, c’est la reconnaissance de l’autre.»
Dépoussiéré, se souciant davantage de l’authenticité des relations humaines,
le savoir-vivre penche de nos jours plus du côté de la convivialité
que de celui d’un protocole rigide. « Et pour rester un instrument de
cohésion sociale, il va trouver sa modernité dans son rôle de philosophie
pratique », conclut cette grande prêtresse du bon ton !
Zena Zalzal
- L'Orient Le Jour du 6 Février 2003

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